Passer au contenu

La transition à la vie civile des anciens combattants

Photo des soldats

faire dÉfiler vers le bas

Flèche pointant vers le bas

Le rapport

Introduction

Chaque année, plus de 5 000 militaires sont libérés des Forces armées canadiennes (FAC). Se séparer de la « famille » militaire n’est pas un processus aisé pour bon nombre d’hommes et de femmes qui servent au sein des Forces. « Toute nouvelle recrue dans l’armée passe par une phase d’endoctrinement culturel à la vie militaire pour devenir soldat, marin, aviateur ou aviatrice, explique Andrea Siew, directrice du Bureau d’Entraide de la Direction nationale de la Légion royale canadienne. Après ça, on appartient à la communauté militaire. On s’occupe de vous. C’est tout à fait particulier. Une fois qu’on a été libéré… on [ne] dispose [plus] du soutien qu’apportait la structure militaire. » Les membres du personnel militaire en transition ainsi que leur famille doivent désormais se débrouiller seuls; certains ressentent un sentiment d’abandon et d’exclusion.

Au cours des 15 dernières années, plus de 140 000 membres ont quitté les FAC et sont retournés à la vie civile. Pour la plupart d’entre eux, le processus de transition s’est déroulé de manière positive. Selon une étude portant sur la transition du personnel militaire vers la vie civile, menée conjointement en 2011 par le ministère de la Défense nationale (MDN) et Anciens Combattants Canada (ACC), 62 % des anciens combattants des FAC libérés de 1998 à 2007 ont affirmé qu’ils s’étaient facilement adaptés à la vie civile. L’étude a également montré que 89 % des anciens combattants ont travaillé après leur libération des FAC et qu’environ 72 % d’entre eux estimaient que leur expérience militaire les avait aidés dans le cadre de leur emploi civil. La majorité des participants ont mentionné qu’ils étaient satisfaits de leur travail et que leur niveau de satisfaction avait augmenté au fil du temps. Par ailleurs, 73 % des anciens combattants ont affirmé qu’ils étaient satisfaits de leur situation financière actuelle. Le taux de chômage de 8 % des anciens combattants serait comparable à celui du reste de la population canadienne.

Toutefois, bien que la plupart des militaires libérés connaissent une transition positive vers la vie civile, ce n’est malheureusement pas le cas pour certains d’entre eux. Comme l’étude susmentionnée a permis de le constater, 25 % des militaires libérés des FAC de 1998 à 2007 ont affirmé qu’ils s’étaient difficilement adaptés à la vie civile. « [Ce pourcentage] souligne l’existence d’un besoin non rempli, que certains programmes ne sont pas à la portée de tous les vétérans et qu’il y a encore beaucoup de travail à faire », affirme Brad White, secrétaire de la Direction nationale de la Légion royale canadienne.

La transition de la vie militaire à la vie civile peut s’avérer particulièrement difficile pour les membres des forces armées qui souhaitent se tourner vers une nouvelle profession ou trouver un emploi intéressant sur le marché du travail civil après leur libération. Les mondes civil et militaire représentent deux environnements culturels très différents et le processus de transition peut se révéler complexe pour bon nombre d’hommes et de femmes servant dans les Forces. Les militaires des FAC en transition qui souhaitent occuper un emploi civil après leur libération doivent non seulement faire concurrence au reste de la population canadienne en ce qui a trait aux perspectives d’emploi, mais également s’adapter à un nouvel environnement de travail et à un contexte culturel très différent.

Dans le contexte civil, chaque personne est généralement responsable de la gestion de sa carrière. Les travailleurs changent régulièrement d’emploi ou cherchent de nouvelles possibilités d’emploi. La situation est quelque peu différente dans le contexte de la culture militaire. Au sein des FAC, la gestion de la carrière des militaires est assurée par l’armée. La plupart des recrues s’enrôlent dans les FAC alors qu’elles sont relativement jeunes, et l’armée s’occupe des militaires et de leur famille tout au long de leur service. Bien que certains membres choisissent de quitter les FAC après quelques années de service, la plupart d’entre eux poursuivent une longue carrière militaire, qui peut parfois durer plusieurs décennies. Pour de nombreux militaires, leur service au sein des FAC représente leur seule expérience professionnelle à leur actif.

Par conséquent, bon nombre de militaires libérés des FAC n’ont guère d’expérience relativement au processus civil de demande d’emploi, à l’élaboration d’un curriculum vitae, à la préparation à l’entrevue d’emploi et à la mise en valeur auprès des employeurs civils des nombreuses habiletés et compétences spécialisées qu’ils ont acquises dans l’armée. Parallèlement, de nombreux employeurs civils ne comprennent pas suffisamment la culture militaire et ne saisissent pas entièrement les avantages potentiels que les anciens combattants peuvent offrir à leur entreprise.

Les anciens combattants qui recherchent un emploi au sein de la société civile doivent parfois s’accommoder d’une rémunération moindre. La proportion de personnes à faible revenu est considérablement moins élevée chez les anciens combattants que dans l’ensemble de la population. Une étude menée conjointement en 2011 par le MDN, ACC et Statistique Canada a cependant révélé que le revenu des anciens combattants diminuait d’environ 10 % au cours des trois premières années suivant leur libération. En outre, les baisses de revenus ont tendance à varier de façon importante entre les différents groupes d’anciens combattants. Par exemple, le revenu des anciennes combattantes chute de 30 %, alors qu’il diminue de 29 % chez les anciens combattants libérés pour des raisons d’ordre médical, et de 21 % chez ceux dont la durée du service varie de 10 à 19 ans. L’étude a également indiqué que plus d’un tiers des anciens combattants bénéficiait du programme d’assurance-emploi au moins une fois après sa libération. Il s’agit de données significatives, comme l’explique Philip Ralph, secrétaire et directeur des programmes, Wounded Warriors, « [l]a stabilité financière joue un rôle très important dans la capacité ou l’incapacité d’un ancien combattant à effectuer une transition harmonieuse à la vie civile ».

Cela dit, la recherche d’emploi au civil après la libération peut devenir une tâche particulièrement décourageante pour les membres du personnel militaire en transition. Elle peut s’avérer encore plus difficile pour ceux qui ont subi des blessures en servant leur pays et doivent s’adapter à un nouvel environnement de travail tout en composant avec différents handicaps.

Le processus de transition peut se révéler particulièrement ardu pour les militaires malades et blessés. Pour des raisons médicales, la carrière militaire de ces anciens combattants a été écourtée, et ces derniers doivent maintenant s’adapter à la vie civile tout en composant avec différents problèmes de santé physique ou mentale. Plusieurs spécialistes ont témoigné devant le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense (ci-après, le « sous-comité ») en ce qui a trait aux défis et aux problèmes que les membres du personnel militaire malades ou blessés doivent affronter après leur retour à la vie civile, en particulier ceux atteints d’un traumatisme lié au stress opérationnel (TSO), comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Par exemple, selon l’organisme Prospect Human Services Society, les membres du personnel militaire libérés pour des raisons médicales ont tendance à présenter un taux de chômage plus élevé que leurs pairs libérés pour d’autres raisons, leurs revenus diminuent considérablement et ils sont souvent incapables de maintenir le niveau de vie auquel ils aspirent. Ils ont également besoin de « services de placement et de maintien en poste adaptés [à leurs] limites physiques et mentales ». Le fait que les FAC libèrent en moyenne 1 000 personnes par année pour des raisons médicales, et que de 1999 à 2013, plus de 16 240 membres des FAC ont été libérés sur cette même base témoigne de l’ampleur du problème. Notons que ces statistiques ne tiennent pas compte des personnes qui ont été libérées pour des raisons non médicales au cours de cette période, et qui ont subséquemment développé des troubles de santé physique ou mentale associés à leur service militaire.

Les réservistes des FAC éprouvent aussi des difficultés dans le cadre de leur transition vers la vie civile. « La réalité, souvent passée sous silence, c’est qu’à leur retour au pays, les membres de la Première réserve [...] reçoivent peu de soutien, ce qui est pourtant nécessaire à la gestion de leur transition à la vie civile », explique Philip Ralph de Wounded Warriors. Souvent, au moment de leur réintégration à la société civile, ils « sont mal outillés pour évaluer, reconnaître ou gérer leurs besoins [...] lorsqu’ils désirent utiliser les programmes en place, ils se sentent souvent abandonnés en raison des délais, et ils subissent la pression de subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leur famille ». M. Ralph souligne que « les membres de la Première réserve courent le risque de perdre leur emploi civil en raison de leurs blessures ».

En vue de soutenir les militaires en transition, le MDN et ACC ont mis sur pied différents programmes d’aide à la transition. Bon nombre d’entre eux ont été lancés lors de l’adoption de la Nouvelle Charte des anciens combattants en 2006. L’objectif de ces programmes est de faciliter le retour des membres des FAC à la vie civile, notamment en les soutenant dans leurs efforts pour trouver un emploi intéressant à la suite de leur libération. Ces programmes proposent un éventail de services, soit des séminaires et des ateliers de transition, des services d’orientation professionnelle, des programmes de formation professionnelle, ainsi que de l’aide à la recherche d’emploi. De plus, de nombreuses initiatives non gouvernementales ont été lancées par des organismes des secteurs communautaire et privé afin d’offrir un soutien supplémentaire au personnel militaire en transition en vue de les aider dans leur recherche d’emploi sur le marché du travail civil et de les mettre en relation avec des employeurs civils potentiels. Plusieurs entreprises du secteur privé ont exprimé ouvertement leur intérêt à l’égard de l’embauche d’anciens combattants et militaires. En somme, un nombre croissant de ressources sont maintenant offertes aux membres libérés des FAC afin de les soutenir dans le cadre de leur retour dans la population active civile; de plus, la situation s’améliore continuellement.

L’objectif de l’étude est de se pencher sur les initiatives mises en œuvre par les secteurs public et privé afin d’aider les membres des FAC et les anciens combattants libérés à décrocher des emplois intéressants pendant et après leur transition vers la vie civile. Le sous-comité a entrepris cette étude en octobre 2011. Il a tenu 17 réunions sur la question et recueilli des témoignages auprès de 44 différents témoins, y compris des représentants des FAC, des employés de ministères et d’organismes du gouvernement fédéral, en particulier du MDN et d’ACC, ainsi que de nombreux organismes communautaires et privés, comme la British Columbia Institute of Technology, l’Association canadienne des ergothérapeutes, la Compagnie Canada, le Corps canadien des commissionnaires, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP), Du régiment aux bâtiments Canada, Home Depot Canada, les Chantiers Maritimes Irving, Prospect Human Services Society, la Légion royale canadienne, Wounded Warriors, etc.

Le sous-comité aimerait remercier tous les témoins pour leur contribution à cette étude. Il espère que ce rapport reflète aussi fidèlement que possible les opinions qu’ils ont exprimées au sujet de la transition de la vie militaire à la vie civile.

Le rapport, divisé en six sections, porte sur certains problèmes soulevés par les témoins et suggère des moyens pour faciliter la transition vers la vie civile. La première traite des besoins en matière de recherche. Les deuxième et troisième sections présentent des solutions pour renforcer les programmes et services de transitions du MDN et des ACC. La quatrième section s’articule principalement autour des moyens d’améliorer la transition à la vie civile des militaires malades ou blessés. La cinquième présente des moyens de resserrer les liens entre les secteurs militaire et privé. La dernière section propose des solutions pour augmenter les possibilités d’emploi d’anciens combattants dans le secteur privé.

Par ailleurs, le rapport comprend deux annexes, qui présentent un tableau détaillé des programmes et services de transition offerts par les ministères fédéraux, les organismes non gouvernementaux et les intervenants du secteur privé et regroupent les témoignages et les renseignements figurant sur le site Web et dans les documents de ces organismes. L’annexe 1 dresse la liste des principaux programmes et services de transition à la vie civile dont peuvent bénéficier les militaires et les anciens combattants. Quant à l’annexe 2, elle donne un aperçu plus détaillé de ces programmes et services. Elle est divisée en quatre grandes sections. La première section offre un aperçu des programmes de transition vers la vie civile offerts par le MDN aux militaires encore actifs. La deuxième section fournit de l’information sur les programmes de transition offerts par ACC aux anciens combattants après leur libération des FAC. La troisième section se penche sur les programmes et services de transition offerts par des organismes non gouvernementaux. La quatrième section examine les différentes possibilités d’emploi dans le secteur privé pour les militaires en transition et les anciens combattants.

Texture

Recommandation

Nécessité de la recherche

Recommandation 1

Que le programme conjoint d’Étude sur la vie après le service militaire dirigé par le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants se poursuive sur la transition à la vie civile des militaires et qu’une telle étude sur l’emploi des anciens combattants après leur libération soit entreprise dans un proche avenir.

Renforcer les programmes et les services de transition du MDN

Recommandation 2

Que les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale examinent et adaptent régulièrement leurs programmes de transition, en tenant compte des résultats de la recherche en continu sur les questions liées à la transition, de manière à améliorer sans cesse les services offerts aux militaires en transition.

Recommandation 3

Que les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale rendent l’entrevue de transition obligatoire pour tout militaire en processus de libération.

Recommandation 4

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants communiquent avec les ministères et organismes fédéraux et fassent valoir les avantages à engager dans la fonction publique des membres des Forces armées canadiennes et des anciens combattants en transition.

Renforcer les programmes et les services de transition d’ACC

Recommandation 5

Que le ministère des Anciens Combattants effectue un examen de son programme des Services de transition de carrière et son Programme de réadaptation professionnelle au moins tous les trois ans pour en évaluer le rendement et qu’il fasse rapport de ses conclusions aux deux chambres du Parlement.

Améliorer la transition à la vie civile des militaires malades ou blessés

Recommandation 6

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants mettent en œuvre dès que possible les quinze recommandations faites par le vérificateur général du Canada dans son rapport d’octobre 2012 sur la transition à la vie civile des militaires malades ou blessés.

Recommandation 7

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants établissent des partenariats avec des employeurs civils dans le but de concevoir des services de placement direct et de maintien en poste afin que les membres des Forces armées canadiennes et les anciens combattants malades ou blessés en transition vers la vie civile aient des possibilités d’emploi intéressantes.

Initiatives d’aide à la transition du secteur privé et d’organismes non gouvernementaux

Recommandation 8

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants coordonnent les efforts des secteurs public et privé et d’organismes non gouvernementaux pour aider les militaires et les anciens combattants en transition. Au chapitre des priorités à cet égard, le sous-comité recommande également :

  • Que le ministère de la Défense nationale appuie l’élargissement à l’échelle nationale du programme de transition des vétérans et veille à ce que les membres actifs des Forces armées canadiennes souffrant du trouble de stress post-traumatique y aient accès ;
  • Que le ministère des Anciens Combattants appuie l’élargissement à l’échelle nationale du programme de conversion des compétences militaires de la Légion royale canadienne et de l’Institut technologique de la Colombie-Britannique ;
  • Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants aident l’organisme Prospect Human Services à élargir à l’échelle nationale le programme Forces@WORK et fournissent des fonds suffisants pour y parvenir.

Améliorer les possibilités d’emploi dans le secteur privé pour les anciens combattants

Recommandation 9

Que le gouvernement canadien reconnaisse le renouvellement du droit de premier refus accordé au Corps canadien des commissionnaires dans le cadre des contrats de services de gardiens et qu’il envisage aussi d’autres façons d’encourager l’emploi d’anciens combattants dans les contrats du gouvernement fédéral avec d’autres compagnies de sécurité.

Recommandation 10

Que le gouvernement du Canada et la Chambre de commerce du Canada, tout en reconnaissant les nombreuses différences entre les systèmes de soutien aux anciens combattants du Canada et des États-Unis, examinent la possibilité de créer au pays un programme similaire à l’initiative « Hiring Our Heroes » de la Chambre de commerce des États-Unis pour mettre en contact les membres des Forces armées canadiennes et les anciens combattants en transition avec des employeurs dans les collectivités canadiennes.

Recommandation 11

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants intensifient leurs efforts de sensibilisation du secteur privé et invitent les employeurs civils à embaucher des militaires et des anciens combattants en transition vers la vie civile. Au chapitre des priorités à cet égard, le sous-comité recommande également :

  • Qu’un site Web officiel et centralisé sur la transition à la vie civile exploité conjointement par le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants soit créé afin de coordonner les services et les programmes de transition des secteurs public et privé et de mettre en contact les militaires et les anciens combattants en transition avec les employeurs civils.
  • Que le ministère de la Défense nationale joue un rôle prépondérant en donnant aux employeurs civils une meilleure idée des équivalences civiles des emplois militaires.
  • Que les programmes de transition du ministère de la Défense nationale et du ministère des Anciens Combattants aident davantage les militaires et les anciens combattants à mettre en valeur leur expérience, leur formation, leur métier et leurs compétences militaires sur le marché de travail civil.
Recommandation 12

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants élaborent et administrent conjointement un système de prix et récompenses, semblable à celui offert par le Conseil de liaison des Forces canadiennes, qui reconnaîtrait chaque année les organismes du secteur privé qui embauchent des militaires et des anciens combattants en transition.

Recommandation 13

Que le Conseil de liaison des Forces canadiennes et le ministère de la Défense nationale envisagent la possibilité d’étendre le programme ExécuTrek au cours des prochaines années et s’en servent comme outil de sensibilisation pour promouvoir l’embauche de militaires et d’anciens combattants en transition par des employeurs publics et privés.

Recommandation 14

Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants parrainent l’organisation de salons de l’emploi pour les militaires afin de permettre aux employeurs et aux anciens combattants de se rencontrer.

Coordonnées du comité

Pour de plus amples renseignements :
613-990-0088 or 1-800-267-7362

Courriel : veac@sen.parl.gc.ca

Adresse postale :
Sous-comité des anciens combattants
Le Sénat du Canada
Ottawa, Ontario
Canada, K1A 0A4