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Délibérations du comité sénatorial permanent des
Pêches

Fascicule 18 - Témoignages


OTTAWA, le mardi 23 avril 2002

Le Comité sénatorial permanent des pêches se réunit aujourd'hui, à 19 h 05, pour faire l'étude de questions relatives aux océans et aux pêches.

Le sénateur Gerald J. Comeau (président) occupe le fauteuil.

[Traduction]

Le président: Chers collègues, nous entendrons ce soir les porte-parole de la Fédération du saumon atlantique. M. Chase et ses collègues ont énormément contribué à notre étude sur l'aquaculture, il y a deux ans, quand un groupe de membres du comité s'est rendu à St. Andrews-by-the-Sea.

La Fédération du saumon atlantique est un organisme influent et bien connu qui milite en faveur de la protection de l'habitat, de la protection des bassins hydrographiques et d'une gestion avisée des stocks de saumon sauvage.

La Fédération du saumon atlantique est aussi un organisme international dont la réputation en matière d'information et de programmes publics n'est plus à faire. Nous sommes très heureux d'accueillir ce soir M. Chase.

M. Stephen Chase, vice-président, Affaires gouvernementales, Fédération du saumon atlantique: Monsieur le président, je vous remercie de nous avoir invités à prendre la parole devant vous ce soir pour le compte de la Fédération du saumon atlantique.

Comme on peut s'en douter, le saumon tient beaucoup à son habitat et, tout comme l'homme tient à son chez-soi, le saumon atlantique ne peut s'en passer.

Dans la région atlantique du Canada et au Québec, la santé et le bien-être environnementaux se mesurent à l'aune du saumon sauvage de l'Atlantique. En effet, il fait partie de l'alimentation des Premières nations et il est source d'identité culturelle tant pour les Autochtones que pour les autres. Il est aussi une source d'activités récréatives et il rehausse notre qualité de vie. Enfin, il crée de l'emploi et de la richesse pour les particuliers, les entreprises et les localités rurales du Canada. Le saumon sauvage de l'Atlantique aide, en somme, à définir qui nous sommes et où nous habitons. Il fait partie de notre patrimoine et il est notre responsabilité. Il faut aussi que ce soit notre legs.

Le saumon sauvage de l'Atlantique qui vit à nos côtés dans les Maritimes, à Terre-Neuve et au Labrador ainsi qu'au Québec, fait face à des difficultés de plus en plus grandes. Bon nombre des stocks sont faibles ou menacés, alors que d'autres ont déjà disparu.

La dégradation de l'habitat continue de gruger le potentiel de production de cette ressource. Il est clair que des changements fondamentaux s'imposent dans les priorités et l'orientation du gouvernement. Il faut pouvoir relever ces défis et protéger cette précieuse ressource publique. À cette fin, la Fédération du saumon atlantique prône trois principes fondamentaux qui sont, à son avis, incontournables si l'on veut donner une nouvelle orientation à la politique relative à l'habitat et à la pêche du saumon sauvage de l'Atlantique et, partant, garantir notre legs aux générations futures.

J'aimerais aujourd'hui vous faire comprendre les problèmes tels que nous les voyons et vous décrire certaines solutions. À l'aide de l'exposé et du mémoire que j'ai déjà soumis, j'essaierai de décrire à votre comité les défis que doit relever le saumon sauvage de l'Atlantique dans l'est du Canada, l'importance d'un habitat de qualité pour le saumon en environnement d'eau douce et en milieu marin, les cadres, sur le plan des lois, de la politique et des programmes, mis en place par le ministère des Pêches et des Océans pour protéger et conserver les habitats, et, enfin, les partenariats que la Fédération estime essentiels pour assurer une bonne intendance du saumon sauvage de l'Atlantique.

Tout d'abord, voyons un peu ce qu'est la Fédération du saumon atlantique. Organisme international sans but lucratif, elle prône la conservation et une gestion avisée du saumon sauvage de l'Atlantique et de son environnement.

Elle a en place un réseau de sept conseils régionaux, notamment au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve et au Labrador, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Québec, dans le Maine et en Nouvelle-Angleterre. Elle compte comme membres plus de 150 associations locales de protection des cours d'eau et 40 000 bénévoles. Le conseil régional s'occupe de tout le saumon atlantique du Canada et des États-Unis qui vit en environnement d'eau douce.

La Fédération du saumon atlantique est vouée à la réalisation des objectifs suivants: tout d'abord, maximiser la survie du saumon sauvage de l'Atlantique, ensuite, lui garantir un environnement d'eau douce et un environnement marin sains, porter à son niveau optimal le nombre de saumons sauvages qui reviennent frayer dans leur cours d'eau natif et, enfin, porter à son niveau optimal la survie du saumon sauvage en eau douce et en mer. Dans la poursuite de sa mission et de ses objectifs, la fédération milite auprès du gouvernement, de l'industrie et du grand public en faveur de toutes les mesures essentielles à la réalisation de ses objectifs en matière de conservation.

Durant ses 53 années d'existence, la fédération a poursuivi ces objectifs en étroite collaboration avec le ministère des Pêches et des Océans et avec d'autres organismes gouvernementaux canadiens, américains et européens, que ce soit au niveau fédéral ou au niveau des provinces et des États, et avec des partenaires industriels. Elle élabore avec eux des initiatives en matière de recherche, d'intendance et d'information publique toutes axées sur la survie du saumon grâce à une amélioration des habitats en environnement marin et en environnement d'eau douce. Cette collaboration a été productive, mais il reste encore bien des possibilités à explorer qui permettraient d'améliorer la conservation, la protection et la croissance des populations de saumon grâce à une collaboration entre la fédération, le ministère des Pêches et des Océans, les provinces et les Premières nations.

Pour vous situer en contexte, je précise que les populations de saumon baissent en Amérique du Nord depuis 20 ans. Si je vous montrais le tableau illustrant le déclin abrupt des populations, vous remarqueriez que la ligne est à un angle de 45 degrés environ. De 1980 à l'an 2000, les gros saumons qui remontent les rivières d'Amérique du Nord sont passés de 800 000 à peu près à 80 000 environ. On peut donc effectivement qualifier le déclin d'abrupt.

De nombreux facteurs contribuent à l'appauvrissement des stocks de saumon sauvage dans nos rivières, dans nos eaux côtières et dans nos océans, y compris la pollution industrielle et municipale, les pratiques d'utilisation des terres, les prédateurs, les barrages et retenues, le réchauffement de la planète, l'aquaculture et diverses pratiques de pêche. D'autres causes du déclin sont moins bien définies. Les réductions des périmètres et des prises dans la pêche du saumon n'ont pas comme tel réussi à inverser la tendance.

Dans la région de la baie de Fundy, par exemple, les populations de saumon sauvage dans 33 cours d'eau font face à un danger imminent d'extinction biologique. Bon nombre de ces cours d'eau ont perdu leurs populations de saumon en raison, en grande partie, des retenues et de la pollution.

En fait, à la demande de la Fédération du saumon atlantique qui s'est adressée au ministère des Pêches et des Océans, un processus a été mis en place. C'est ainsi qu'un processus de rétablissement a été adopté pour l'intérieur de la baie de Fundy, il y a quelques années. Il fait l'objet de vastes consultations entre les ministères fédéraux et provinciaux, les Premières nations et d'autres intéressés. Grâce à ce processus, on est en train de dresser un plan visant l'intérieur de la baie.

La Loi sur les espèces en péril qui sera bientôt adoptée jouera un rôle essentiel dans le rétablissement des populations de saumon à l'intérieur de la baie de Fundy. Ces populations ont ceci de particulier qu'elles ne migrent pas au Groenland comme le font les autres saumons d'Amérique du Nord et d'Europe. Elles se déplacent vers une zone au large du Banc Georges. Il est essentiel que la loi soit adoptée de manière à pouvoir servir de guide pour le rétablissement des populations et à débloquer des fonds.

Un autre domaine qui préoccupe vivement la fédération concerne les pluies acides et leur impact sur la partie méridionale du bas-plateau de la Nouvelle-Écosse. Sur une carte de la Nouvelle-Écosse illustrant la partie méridionale de la province à partir de Yarmouth jusqu'à la côte Est en passant par Halifax, vous pouvez voir que la plupart des cours d'eau ont été endommagés par les précipitations acides, à tel point que le pH oscille aux alentours de 4.3. Un pH de 7 est neutre. Les eaux sont donc très acides. La vie aquatique y a partout été décimée.

Il y a vingt ans, nous croyions avoir réglé la question des précipitations acides, mais ce n'est pas le cas. C'est la raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui et pour vous dire aussi qu'il faut absolument faire quelque chose à ce sujet.

Étant donné les tendances qui se sont dessinées jusqu'ici, d'autres cours d'eau au nord de ces régions, au nord de la baie de Fundy, de la Nouvelle-Écosse, sont peut-être en danger à moins que nous ne menions une action concertée grâce à des partenariats entre gouvernements et organismes de conservation. Le temps est notre ennemi. Il en reste très peu si nous souhaitons rétablir ces populations.

La survie du saumon atlantique dépend beaucoup de l'existence d'un habitat sain et productif. L'habitat est l'endroit où vit le saumon. L'existence d'un habitat de qualité est aussi importante pour lui qu'elle l'est pour toutes les autres espèces animales. Il dépend en effet, soit directement ou indirectement, de cet habitat sûr et de qualité et du système d'entretien de la vie qu'il offre pour se reproduire, vivre et croître.

L'existence d'un habitat en eau douce est vitale à la reproduction du saumon sauvage de l'Atlantique. Or, l'habitat en eau douce est souvent endommagé et perdu à la suite de changements à la fois évidents et subtils, gros et petits, provoqués par l'activité humaine. Les conséquences de la pollution et du dommage causé aux frayères par l'envasement sont importantes. J'avais des photographies de cours d'eau où l'on pouvait voir des panaches de limon. J'avais une carte aérienne de l'Île-du-Prince-Édouard où l'on pouvait voir des panaches de limon sortir des rivières et se répandre dans le golfe du Saint-Laurent et dans le détroit de Northumberland. Quelque cinq millions de tonnes de limon, je crois, venu des terres agricoles de l'Île-du-Prince-Édouard se retrouvent dans l'eau chaque année. Si j'en crois ce qu'on m'a dit, cela équivaut à une colonne de camions à benne stationnés pare-chocs à pare-chocs le long d'une route de 500 kilomètres.

De plus, le bien-être économique, social et environnemental de l'Est du Canada dépend en grande partie de la durabilité des écosystèmes aquatiques riches et diversifiés, y compris des ressources de pêche en milieu marin et en eau douce. La gestion efficace de la pêche récréative contribue grandement aux économies locales et régionales. Dans la région de l'Atlantique et au Québec, on estime que la pêche récréative du saumon crée des retombées de plus de 200 millions de dollars par année. Au Nouveau-Brunswick seulement, on estime que la pêche récréative correspond à plus de 50 millions de dollars par année, et des évaluations semblables peuvent être faites pour les autres provinces de l'Atlantique.

Dans toutes les régions de l'Est du Canada où on le retrouve, le saumon sauvage est à la base de milliers d'emplois, principalement dans les collectivités rurales où les nouvelles formes de développement économique sont difficiles à mettre en place. Il s'agit du type de développement économique durable le plus efficace puisqu'il contribue grandement à l'économie depuis plusieurs générations dans l'Est du Canada.

Le cycle de vie du saumon sauvage de l'Atlantique comprend une période en eau douce et une période en milieu marin. Les saumons de l'Atlantique adultes frayent dans les ruisseaux et les rivières où ils peuvent avoir passé jusqu'à trois ans dans une nurserie lorsqu'ils étaient des alevins avant de migrer vers la mer. Ces petits saumons, c'est-à-dire les saumoneaux, quittent les baies et les estuaires pour migrer vers les bassins récepteurs situés au large de la côte sud- ouest du Groenland. C'est là que les saumons d'Amérique du Nord et d'Europe se retrouvent avant de retourner dans leurs rivières natales. La capacité de retour aux sources du saumon de l'Atlantique est légendaire et elle est une de ses caractéristiques les plus remarquables. Le saumon est un des rares poissons qui peuvent retourner dans la rivière ou le ruisseau où il est né à partir d'endroits aussi éloignés que le Groenland.

Donc, le saumon de l'Atlantique dépend de la qualité de son habitat en eau douce et en milieu marin. Nous devons agir afin de protéger et d'améliorer les habitats en milieu marin et en eau douce du saumon sauvage, à la condition que nous en ayons la volonté de le faire, et nous devons appuyer les politiques et les programmes dans ce domaine.

Parmi les deux types d'habitats dont dépend le saumon de l'Atlantique, l'habitat en eau douce présente les plus grandes possibilités immédiates d'amélioration en ce qui concerne les pratiques de gestion et les mesures correctives. Un grand nombre des rivières et des estuaires du Canada atlantique et du Québec font l'objet d'activités humaines nuisibles, et il n'existe aucun inventaire à jour de l'étendue de la détérioration de l'habitat du saumon par diverses activités, pas plus que de la nature et de l'étendue des mesures requises pour corriger les problèmes connus.

Nous avons constaté qu'il était utile de tenir compte des deux habitats du saumon. En ce qui concerne l'habitat en eau douce, que nous pouvons voir et toucher et dans lequel nos organismes bénévoles peuvent travailler, on peut dire à coup sûr que nous sommes en mesure d'identifier et de résoudre les problèmes existants. Quant à l'habitat en milieu marin, c'est beaucoup plus difficile parce que l'océan est en quelque sorte un grand trou noir. Ce sont les deux modèles que nous avons utilisés pour demander au gouvernement fédéral de prendre les mesures requises en matière d'habitat en eau douce et d'habitat en milieu marin.

Il faudra, en partenariat avec les gouvernements fédéral et provinciaux et avec les Premières nations, élaborer pour l'habitat en eau douce des plans propres à chaque cours d'eau et axés sur les conditions environnementales existantes et leurs incidences sur le saumon, telles que les habitudes d'utilisation des terres, la qualité de l'eau, les passes à poisson, les prédateurs et la qualité de l'habitat. Nous aimerions aussi que des mesures correctives propres à chaque cours d'eau soient élaborées, par exemple la mise en place d'un réseau de bénévoles local formé d'organismes écologistes, la préparation et la mise en oeuvre de plans de gestion environnementale, le renforcement des programmes de soutien aux écloseries et le stockage des gènes pour les espèces en voie d'extinction.

Dans l'habitat en milieu marin, on a récemment constaté une baisse marquée du taux de survie des saumons en mer. Les causes de cette baisse sont incertaines, mais elles peuvent correspondre à une combinaison de facteurs naturels et anthropiques. De plus, bien que nous sachions que des saumons disparaissent en mer, nous ne savons pas quand cela se produit. C'est pourquoi il est impossible d'identifier les causes de cette mortalité.

J'ai assisté à des réunions à Montréal aujourd'hui où nous avons discuté de l'état des stocks dans les régions de l'Atlantique, c'est-à-dire au Québec, dans le Canada atlantique et à Terre-Neuve. La production de saumon alevin est raisonnablement bonne, mais le nombre d'adultes qui reviennent frayer ne correspond pas au nombre qui migrent vers l'océan. Nous n'en connaissons pas la cause. Ils pourraient avoir été la proie de prédateurs comme les phoques et les oiseaux, capturés sous forme de prises accessoires par l'industrie de la pêche ou victimes du piètre état de l'océan ou du manque de nourriture. Ce dernier facteur pourrait être attribuable à la pêche de certaines espèces fourrage dont se nourrissent les saumons, comme les crevettes, les petites crevettes et les capelans, ainsi qu'à la pêche d'espèces souvent utilisées à d'autres fins, allant de la combustion à l'alimentation d'autres espèces. D'autres facteurs pourraient aussi être en cause, par exemple le changement des routes de migration marine, l'exposition à des maladies et à des parasites et des changements survenus dans l'écosystème. Le réchauffement de la planète est certes un facteur important. On ne peut donc pas s'attaquer à un seul facteur.

Heureusement pour nous qui travaillons dans l'environnement marin, l'Organisation pour la conservation du saumon de l'Atlantique Nord, qui repose sur des partenariats gouvernementaux dans l'Atlantique Nord, a formé, à la demande répétée de la FSA au cours des dernières années, un comité de coordination de la recherche internationale qui a établi une liste de priorités fondées sur celles qu'ont identifiées et examinées d'éminents scientifiques internationaux.

Sous l'égide de l'OCSAN, les priorités ont été identifiées, et les travaux peuvent maintenant débuter. Nous attendons maintenant que les gouvernements s'engagent et fournissent le financement requis à cet organisme. Évidemment, les questions relatives à l'océan ont une si grande portée qu'aucun gouvernement ne peut s'y attaquer seul. Toutefois, cette coalition internationale de gouvernements a pris toutes les démarches requises, et elle n'attend que les fonds requis pour entreprendre ses travaux.

Monsieur le président, je vais maintenant vous exposer certaines des solutions que nous entrevoyons. Nous avons consacré du temps à l'étude de ces problèmes, et j'aimerais vous présenter les solutions que nous proposons.

Pour qu'un programme de soutien public efficace, intéressant et rentable puisse être offert et pour que nous en obtenions le meilleur rapport qualité-prix, nous devons obtenir de toute urgence et maintenir les ressources bénévoles qui contribueront à un programme global de préservation du saumon sauvage. Malheureusement, au cours des dernières années, étant donné la baisse des populations de saumons et l'interdiction de pêche dans de nombreux cours d'eau, les ressources bénévoles diminuent rapidement, au moment même où le besoin est le plus criant, si l'on veut relever les défis auxquels font face les populations de saumons dans les rivières locales.

Il est aussi malheureux que le MPO a très peu fait pour rallier à sa cause la masse de bénévoles qui, autrement, manifesterait son vif intérêt pour le saumon de l'Atlantique et son leadership en matière de protection du saumon. Il est vrai que lorsqu'on interdit la pêche dans des rivières à saumons, bien des gens s'en désintéressent, et c'est ce qui s'est passé dans plusieurs régions de l'Atlantique. Alors qu'ils pourraient être d'un grand secours, les gouvernements ne font pratiquement rien. Sans ce genre de leadership, les ressources bénévoles s'épuisent, et nous perdons un important bassin de ressources gratuites.

La Loi sur pêches confère au MPO le mandat de conserver et de protéger l'habitat du poisson et de maintenir des ressources de pêche en eau douce et en milieu marin, y compris l'habitat du saumon de l'Atlantique. En 1986, le ministre des Pêches et Océans a déposé la Politique de gestion de l'habitat du poisson qui prévoit un plan d'ensemble pour la conservation, la protection et l'amélioration de l'habitat du poisson, y compris l'exécution du Programme de gestion de l'habitat du poisson qu'un témoin du MPO est venu vous expliquer, je crois.

La politique de gestion de l'habitat du poisson trace aussi les grandes lignes du concept de la planification intégrée pour la gestion de l'habitat du poisson, laquelle prévoit l'intégration des besoins en matière d'habitat aux objectifs de gestion des pêches. La politique propose diverses stratégies de mises en oeuvre axées sur les objectifs, les buts et le concept de planification intégrée énoncés en matière de gestion de l'habitat du poisson. On y retrouve justement les demandes formulées par la FSA au ministère des Pêches et Océans depuis plusieurs années, c'est-à-dire la protection et la conformité, la planification intégrée en eau douce et dans les océans, l'amélioration de l'habitat, le soutien scientifique, la gestion de l'information, la consultation publiques, l'information et l'éducation publique, l'action coopérative et la surveillance de l'habitat. Essentiellement, c'est tout ce dont nous avons besoin.

La FSA est d'avis que le MPO, grâce à son mandat de conservation et au cadre qu'il a mis en place pour exécuter un programme intégré en matière d'habitat, est à même d'étendre la portée du programme de gestion de l'habitat à l'Atlantique et au Québec. L'ASF a défini les besoins existants, et on a aussi efficacement démontré la raison pour laquelle le saumon de l'Atlantique est important pour nous sur le plan culturel, social et économique. Par conséquent, le temps est maintenant venu pour le MPO d'agir conformément aux objectifs énoncés et d'assumer le leadership de la mise en oeuvre d'un programme de gestion de l'habitat du poisson pour l'Atlantique, de concert avec les provinces et la FSA.

Aujourd'hui, des représentants provinciaux m'ont informé que l'habitat aquatique était une responsabilité du gouvernement provincial. C'est pourquoi la coopération est essentielle. Nous envisageons donc un partenariat formé par le gouvernement du Canada, les gouvernements provinciaux, la FSA, qui représenterait les organismes écologistes, et les Premières nations.

Le président: Même si je n'en ai pas l'habitude, je dois vous arrêter. Qu'est-ce que l'habitat aquatique?

M. Chase: L'habitat aquatique englobe tous les éléments de l'environnement d'eau douce.

Certaines de ces expressions comportent des subtilités. Le MPO est responsable de l'habitat du poisson, mais les provinces sont responsables de l'habitat aquatique. Quelle est la différence? Eh bien, vous pouvez fort bien avoir un habitat aquatique sans poisson. C'est pourquoi le Canada et les provinces doivent former un partenariat de coopération.

La FSA a souvent demandé au MPO de diriger une initiative renouvelée à laquelle participeraient les ministères et organismes fédéraux, les gouvernements provinciaux, les Premières nations et les organismes écologistes afin de rétablir l'abondance du saumon sauvage. Dans le cadre de cette initiative, le MPO assumerait le leadership d'un programme coordonné auquel participeraient les ministères et organismes fédéraux, les gouvernements provinciaux, les Premières nations et les organismes écologistes. La FSA est disposée à former un partenariat avec le ministère pour rassembler et coordonner les diverses ressources des gouvernements fédéral et provinciaux et des ONG en vue d'élaborer un plan d'ensemble visant à rétablir l'abondance du saumon de l'Atlantique. La FSA forme depuis longtemps d'excellents partenariats avec le MPO à propos de diverses initiatives, dont la recherche scientifique conjointe, l'éducation publique et le renforcement des capacités des Autochtones. Voilà un excellent point d'appui pour passer immédiatement à une initiative intégrée de gestion de l'habitat.

Chaque année, la FSA verse aussi des fonds au MPO. Notre organisme a contribué environ 1,5 million de dollars à l'initiative du MPO visant l'intérieur de la baie de Fundy et dans le cadre de la recherche scientifique conjointe. Chaque année, nous contribuons plusieurs milliers de dollars à des initiatives scientifiques menées par le MPO à Terre-Neuve et à la surveillance du Groenland. Nous sommes prêts à mettre de l'argent sur la table.

Selon nous, la nouvelle initiative en matière d'habitat doit inclure tous les éléments de la politique de gestion de l'habitat du poisson du MPO que nous avons mentionnés plus tôt. Afin d'en assurer le lancement, la FSA propose la signature d'un protocole d'entente dans le cadre duquel le MPO élaborerait le programme à la suite d'un processus complet de consultations avec les provinces et les conseils régionaux de la FSA.

Dans le Canada atlantique, le public s'inquiète déjà depuis quelque temps de la perte de l'habitat du poisson productif. Le moment est propice à une concertation des efforts des gouvernements et des partenaires écologistes en vue de changer la situation et d'établir un partenariat produisant des résultats positifs pour le saumon sauvage de l'Atlantique.

Je tiens à préciser que nous envisageons cette initiative comme une approche visant tout l'écosystème qui profitera non seulement au saumon sauvage, mais également aux autres espèces indigènes de poissons d'eau douce. Le bon fonctionnement du partenariat constituera un défi. Toutefois, la Fédération du saumon atlantique est prête à relever ce défi en tant que partenaire capable et compétent du MPO et d'autres gouvernements pour qu'il soit possible de trouver et de coordonner les ressources fédérales, provinciales et des ONG en ce qui concerne la préparation du plan global dont nous avons besoin.

L'efficacité du programme de restauration de l'habitat dépendra principalement de l'efficacité des organismes de gestion communautaires. Ces organismes doivent assumer un rôle légitime dans la formulation et l'exécution des plans de gestion d'habitat et de gestion des ressources. Leur efficacité dépendra donc des programmes intensifiés de recherche scientifique et de gestion des habitats du MPO qui assureront un soutien scientifique central aux populations de saumon sauvage en environnements d'eau douce et marins.

Il faut renforcer les programmes en matière de science et d'habitat du MPO pour appuyer les initiatives relatives au saumon sauvage en environnements d'eau douce et marins. Il faut obtenir la participation des ressources bénévoles et la maintenir pour qu'elles puissent contribuer au programme global en matière de saumon sauvage. Finalement, il faut que le gouvernement du Canada, les gouvernements provinciaux, les ONG, les Premières nations et d'autres intervenants s'activent dans le dossier du partenariat.

Nous demandons instamment au gouvernement fédéral de faire preuve de leadership et de prendre un nouvel engagement important pour les ressources en saumon sauvage de l'Atlantique, au Québec et dans le Canada Atlantique.

C'est ainsi que se termine mon exposé. Je regrette de ne pas avoir les photos ni les cartes voulues, mais je pourrais cependant vous les transmettre.

Le président: Ce serait parfait. Nous allons nous assurer que les membres du comité reçoivent les photos et puissent se reporter à votre exposé. Tout document que vous fournissez ce soir va faire partie des pièces du comité.

Le sénateur Phalen: Monsieur Chase, j'ai plusieurs questions et vous avez répondu à bon nombre d'entre elles dans votre rapport. J'ai toutefois une question au sujet de l'expression «impératifs de conservation du saumon de l'Atlantique.» Que désigne-t-elle et comment y répond-t-on?

M. Chase: Je vais commencer par vous donner un bref aperçu de la situation du saumon.

Chaque rivière est identifiée en fonction de l'exigence minimale de conservation prévue pour elle; ainsi, lorsque l'on établit la superficie générale de l'habitat, on peut estimer le potentiel productif de la rivière. On sait combien de poissons adultes sont nécessaires pour en assurer la propagation. Lorsque les poissons reviennent et sont mesurés, les chercheurs peuvent dire s'il y en a un nombre suffisant pour en assurer la propagation. Pas plus tard qu'aujourd'hui, nous avons appris que certaines rivières dans le Canada Atlantique ne répondent pas aux impératifs — il n'y a pas assez de poissons adultes qui reviennent repeupler les rivières. Certaines rivières n'arrivent qu'à 6 p. 100 de l'échelle, tandis que la plupart d'entre elles se situent à 50 ou 75 p. 100. Certaines rivières dépassent en fait l'exigence minimale de conservation.

Ai-je répondu à votre question, sénateur?

Le sénateur Phalen: Comment arrive-t-on au ratio? Est-il calculé en fonction d'un certain nombre d'oeufs nécessaires pour produire un certain nombre de poissons? Qu'est-ce que l'on recherche?

M. Chase: Cela se mesure en fonction de la ponte par mètre carré et en s'appuyant sur des facteurs scientifiques. On mesure la superficie de la frayère, de la nurserie dans la rivière, de la zone productrice d'alevins pour en estimer la productivité recherchée.

Le sénateur Phalen: Beaucoup de rivières ne répondent pas à leur exigence de conservation, n'est-ce pas?

M. Chase: C'est exact.

Le sénateur Phalen: Pour quelles raisons, d'après vous?

M. Chase: Il y en a plusieurs, mais elles varient. On peut parler de l'envasement qui s'explique par les pratiques de l'agriculture et de la foresterie, par la présence de véhicules près des ruisseaux, ainsi que par le développement urbain et rural. L'écoulement du limon bouche en fait la nurserie qui peut être une nappe de cailloutis, idéale pour le frai. Lorsqu'elle est recouverte de limon, la frayère disparaît purement et simplement.

Le sénateur Phalen: Vous avez dit que vous ne saviez pas ce qui arrivait aux saumoneaux qui migrent.

M. Chase: Nous avons mené un grand programme scientifique en partenariat avec le MPO dans la baie de Fundy. Au cours des six ou sept dernières années, nous avons relâché des saumoneaux portant des marqueurs électroniques. Nous avons des bouées sonores et les poissons qui s'échappent de certaines rivières sont suivis au moment où ils sortent de la baie de Fundy et au moment où ils descendent vers l'océan.

Le sénateur Phalen: Ne sont-ils pas suivis dans l'océan?

M. Chase: Ils ne sont pas suivis à l'extérieur de la baie de Fundy. Nous avons été en mesure de préciser plusieurs facteurs qui ont un impact ou non. Nous avons appris que la prédation par les oiseaux n'est pas aussi grave qu'on le croyait. Nous avons appris que la plupart des saumoneaux arrivent à sortir des estuaires et des baies, à dépasser les bouées sonores et à arriver dans l'océan. Toutefois, le nombre de poissons qui arrivent dans l'océan ne correspond pas au nombre qui en revient. Il se produit donc quelque chose dans l'océan qui empêche que le nombre prévu de poissons ne revienne.

Cela arrive des deux côtés de l'Atlantique, autant en Europe qu'ici.

Le sénateur Phalen: Où vont les grilses?

M. Chase: Ils migrent jusqu'au Groenland, tout comme les gros saumons.

Le sénateur Phalen: Reviennent-ils?

M. Chase: Oui.

Le sénateur Phalen: Qu'en est-il des saumons vides? Où vont-ils?

M. Chase: Ces saumons, communément appelés saumons noirs, viennent à l'automne, déposent leurs oeufs, restent dans les rivières pendant l'hiver et migrent ensuite vers la mer au printemps. Ils sont en ce moment même en train de descendre vers la mer.

Le sénateur Phalen: Quand reviennent-ils?

M. Chase: Ils pourraient revenir l'automne. Ordinairement, ils passent l'été et le début de l'automne au large du Groenland et reviennent ensuite dans les rivières, à l'automne.

Le sénateur Phalen: J'ai ici un document de l'agriculture et des pêches de Nouvelle-Écosse, qui dresse un tableau comparatif de la pêche à la ligne, par comté, en Nouvelle-Écosse. Il se peut que vous ne puissiez pas répondre à cette question. Cinquante pour cent des comtés ont vu la pêche à la ligne augmenter entre 1985 et 2000. Au Cap-Breton, si l'on se reporte au nombre de jours de pêche autorisés, le chiffre en 1985 est de 157 446, en 1990, d'environ 158 000 et, en 1995, d'environ 109 000. Pour l'an 2000, ce chiffre est de 11 530. C'est une baisse considérable. Les chiffres du Cap- Breton sont les seuls à avoir ainsi baissé. Les autres fluctuent. Comment peut-on l'expliquer?

M. Chase: La seule explication que je peux vous donner, c'est que les pêcheurs à la ligne sont moins nombreux vu le déclin de la population des saumons. Il y a moins de pêcheurs, car la pêche n'est pas aussi productive qu'elle ne l'était. Toutes les provinces s'inquiètent du fait que la vente des permis a autant diminué, tout comme les recettes tirées de la vente de tels permis.

Le sénateur Phalen: Cette baisse spectaculaire ne s'applique qu'au Cap-Breton, puisque dans 50 p. 100 des autres secteurs, on note des augmentations.

M. Chase: Il est vrai que les ventes de permis de pêche au saumon dans toutes les provinces ont environ diminué de moitié par rapport à il y a dix ans.

Le président: J'aimerais poser une question complémentaire au sujet des saumoneaux qui descendent vers la mer et ne reviennent pas. Si je me souviens bien, et je ne sais pas trop où j'ai obtenu cette information, il est possible que les saumoneaux attrapent quelque chose au moment de leur migration entre les lacs et l'océan. Ils pourraient être infectés par un produit chimique.

M. Chase: Effectivement.

Le président: Ils l'absorbent dans leur système. Une fois qu'ils arrivent à la mer, l'eau de mer active cette substance, ce qui les rend stériles.

M. Chase: Des travaux de recherche ont été faits à ce sujet. Je crois que vous voulez parler, sénateur Comeau, de l'étude effectuée sur certains produits chimiques qui proviennent de divers articles comme les détergents, les pesticides et les herbicides. Ils ont un effet sur les saumons et plusieurs hypothèses ont été émises à ce sujet. Par exemple, lorsque les saumons passent de l'eau douce à l'eau de mer, l'osmose de l'eau dans les cellules doit changer et ces produits chimiques influent sur cette capacité. Par conséquent, les poissons meurent dans les estuaires une fois qu'ils arrivent à l'eau salée. Une autre hypothèse, c'est que la capacité du poisson à se nourrir s'en trouve affaiblie. Il ne fait aucun doute que ces études sont valables.

Cela permet d'illustrer le fait que nous devons mieux comprendre la migration du poisson entre l'environnement d'eau douce — où nous pouvons voir et comprendre diverses tendances — et le trou noir que représente l'environnement marin, tout comme nous devons mieux comprendre ce qui se passe dans les océans.

Le sénateur Johnson: Je crois que le problème que pose le saumon sauvage est critique. Je suis membre de votre association depuis de nombreuses années et je pêche le saumon. J'ai pêché dans beaucoup de pays de l'Atlantique Nord. Avez-vous dit que les stocks ont diminué, passant de 800 000 à 80 000 en l'espace de 20 ans?

M. Chase: Les chiffres ont baissé. En l'espace de 20 ans, ils n'arrivent plus qu'à 10 p. 100 de ce qu'ils étaient. Les chiffres que je vous ai donnés s'appliquent aux gros saumons redibermarins; il y en avait près de 800 000 en 1980 et seulement 80 000 sont revenus en 1999. Les chiffres sont à peu près semblables pour les grilses. Heureusement, les chiffres que nous donne notre organisme scientifique international indiquent une très légère amélioration pour l'an 2001, qui se poursuit cette année, si bien que je crois que l'on est passé de 80 000 à 100 000. Le tableau sur cette diapositive montre un angle de 45 degrés. Les chiffres ont commencé à légèrement augmenter, ce qui est encourageant, mais ce ne sont pas les chiffres attendus.

Le sénateur Johnson: De toute évidence, les polluants et tous les facteurs que vous avez cités ont un effet et je suis sûre que la plupart des causes sont d'ordre environnemental. C'est ce que nous avons conclu dans le cadre de toutes nos études en comité.

L'un de vos objectifs vise à faire en sorte que l'on cesse de tuer le saumon sauvage de l'Atlantique. Pouvez-vous l'expliquer?

M. Chase: Oui.

Le sénateur Johnson: Que voulez-vous dire par «tuer»? Parlez-vous de la pêche sportive, de la pêche commerciale, de quoi exactement? Dans quelle mesure faut-il cesser ces activités pour augmenter le nombre de saumons?

M. Chase: La Fédération du saumon atlantique est d'abord et avant tout un organisme de conservation. Ce qui nous intéresse, c'est le bien-être du saumon sauvage, et nous n'avons jamais hésité à demander l'interdiction de pêche dans les rivières lorsque cela s'imposait.

Le sénateur Johnson: Pour combien de rivières avez-vous demandé l'interdiction de pêche jusqu'ici?

M. Chase: Cela se produit le plus fréquemment dans le cas d'une rivière au cours de l'été, par exemple, lorsque la température de l'eau s'élève à un point tel qu'il est très dangereux de pêcher le saumon. Nous demandons alors d'interdire la pêche dans ces rivières jusqu'à ce que les conditions en permettent la reprise. Nous appuyons également le MPO lorsqu'il décide d'interdire la pêche dans une rivière à cause du nombre inférieur de poissons par rapport aux impératifs de frai. Nous visons à protéger les populations de poisson dans les rivières pour qu'elles retrouvent leur abondance.

Le sénateur Johnson: Le MPO et les provinces sont-ils à l'écoute de la Fédération du saumon atlantique?

M. Chase: Certainement. Nous avons d'excellentes relations de travail avec le MPO et toutes les provinces. Nous collaborons régulièrement avec eux dans le cadre de groupes de travail ou de projets de recherche.

Le sénateur Johnson: Vous avez parlé de ce qu'il faudrait faire en matière de conservation. Pourquoi n'obtenons- nous pas de meilleurs résultats?

M. Chase: Je crois que nous sommes légèrement frustrés face à l'attitude du MPO qui ne fait pas preuve de leadership et qui ne favorise pas la négociation entre toutes les parties.

Nous croyons qu'il est possible de justifier des mesures face aux problèmes environnementaux, sociaux, culturels et économiques. Au cours de l'année écoulée, nous avons passé du temps sur l'argument économique. Nous avons demandé au MPO de faire un investissement annuel dans les milieux marins et d'eau douce, soit près de 5 millions de dollars pour la recherche sur le milieu marin et de 10 à 15 millions de dollars sur le milieu d'eau douce. La pêche au Canada vaut bien plus que 200 millions de dollars par an. Nous pensons qu'il serait bon de soutenir cette économie.

Je n'aime pas me retrouver contraint de défendre un tel argument économique, mais il me semble que lorsque le saumon sauvage a perdu son statut commercial au moment de la fermeture de la pêche, le MPO ne s'y est plus du tout intéressé. L'objectif déclaré du MPO, c'est la conservation des espèces de poisson. Je ne crois pas qu'il soit précisé qu'il s'agit de la conservation des espèces commerciales seulement. Nous sommes frustrés, parce que nous avons un poisson qui est précieux pour de nombreuses raisons et pour diverses personnes — Autochtones et non-Autochtones — si bien que l'on peut parfaitement défendre l'argument économique, mais rien ne se passe.

Peut-être n'est-il pas juste de dire que rien ne se passe. On retrouve des fonctionnaires très dévoués à Pêches et Océans. Malheureusement, ils commencent à prendre leur retraite et ne sont pas remplacés. Les programmes sont restreints à cause d'un manque d'argent. C'est la raison pour laquelle nous donnons de l'argent au MPO, et non le contraire. C'est pour que ce genre de travail se poursuive.

Le sénateur Johnson: À mon avis, vous avez parfaitement raison de dire que nous n'avons pas fait ce qu'il fallait pour assurer la survie du saumon sauvage; c'est un argument irréfutable. Avez-vous des liens avec des pays comme l'Islande, qui impose des règles strictes de conservation pour ses rivières, et avec le Groenland, ainsi qu'avec d'autres pays du nord qui ont des rivières à saumon?

M. Chase: Bien sûr que oui. Nous sommes en partenariat avec plusieurs organisations non gouvernementales en Europe et en Islande. Le North Altantic Salmon Fund est un organisme très actif dans le contexte européen. Il y a aussi le Atlantic Salmon Trust et la Salmon and Trout Association du Royaume-Uni, ainsi que le Fonds mondial pour la nature dans le contexte européen. Nous avons un partenariat stratégique avec ces groupes.

Le sénateur Johnson: Pensez-vous qu'ils s'en tirent mieux que nous?

M. Chase: Il me serait difficile de répondre.

Le sénateur Johnson: Y retrouve-t-on le même nombre de morts en mer que ceux dont nous parlons? Probablement. S'en tirent-ils mieux pour ce qui est de la conservation? D'après ce que j'ai pu voir en Irlande et en Islande lors de mes vacances de pêche, il semble qu'il y ait plus de restrictions là-bas qu'ici.

M. Chase: Ils connaissent le même déclin.

Le sénateur Johnson: Je suis au courant du déclin, je parle de préservation.

M. Chase: Je dirais qu'au bout du compte, nous obtenons de meilleurs résultats en Amérique du Nord que les Européens en Europe.

Le sénateur Johnson: C'est bon à savoir.

M. Chase: Pour ce qui est de la conservation, ils sont probablement en avance, mais la pêche du saumon atlantique en haute mer se fait toujours au large de l'Irlande, ce qui a des effets préjudiciables pour les stocks européens.

Le sénateur Johnson: Voulez-vous parler des îles Féroé?

M. Chase: Oui. La pêche commerciale a des effets préjudiciables. En ce qui concerne les programmes de conservation, je dirais que leur financement est supérieur au nôtre.

Le sénateur Johnson: Ils pêchent davantage en haute mer, mais financent davantage la conservation des rivières intérieures.

M. Chase: J'aimerais ajouter, sans vouloir porter préjudice au MPO, que les États-Unis prévoient un financement beaucoup plus important, étant donné que les populations de saumons se retrouvent presque uniquement dans l'État du Maine. Elles étaient auparavant dans une région s'étendant vers le nord à partir du fleuve Connecticut. Plusieurs de ces populations ont maintenant disparu et le saumon figure sur la liste des espèces en voie de disparition dans le cas de huit rivières du Maine; quoi qu'il en soit, le gouvernement américain prévoit un financement important pour repeupler ses rivières et nous aimerions que des mesures équivalentes soient prises dans le contexte canadien.

Le sénateur Phalen: La pêche internationale dans les eaux territoriales du Canada nuit-elle à la pêche canadienne? Cause-t-elle du tort à nos saumons?

M. Chase: Oui. Je ne parle pas ici de la pêche internationale dans le contexte de l'Irlande et des îles Féroé, mais de la pêche commerciale du saumon au sud-ouest du Groenland qui, l'année dernière, équivalait à 40 tonnes de saumons, soit environ 60 000 poissons. Au Groenland, près de 60 p. 100 des poissons viennent d'Amérique du Nord et 40 p. 100 de l'Europe. Sur les premiers 60 p. 100, 95 p. 100 ou davantage arrivent dans les rivières canadiennes et près de 5 p. 100 dans les rivières américaines. Le gouvernement américain prévoit un financement aussi important, car il y a tellement peu de poissons que des mesures d'envergure s'imposent. Toutefois, je ne crois pas que le Canada devrait être satisfait de lui-même.

Cette année, la FSA va étudier, de concert avec le Canada et les États-Unis, un accord de conservation à long terme avec les pêcheurs commerciaux du Groenland. C'est une initiative que nous avons lancée et qui ne pourra se réaliser que si nous disposons de ressources bénévoles et de financement importants.

Le sénateur Mahovlich: Quelles organisations internationales surveilleront cette activité, par exemple, autour du Groenland?

M. Chase: Le Canada et les États-Unis ont un programme de surveillance de la pêche commerciale du Groenland, qui commence habituellement en août et dure jusqu'à la mi-septembre. Des scientifiques du United States National Marine Fishery Service et du MPO se rendent au Groenland pour parler aux pêcheurs. Ils vont même dans les supermarchés vérifier le poisson mis en vente. La FSA donne de l'argent au MPO pour permettre à ces scientifiques de se rendre au Groenland; ils comprennent parfaitement bien ce qui se passe au Groenland et connaissent la nature de la pêche.

Le sénateur Mahovlich: Comment s'appelle cette réglementation?

M. Chase: Il ne s'agit pas de réglementation, mais strictement de surveillance et d'échantillonnage de poissons afin de déterminer leur origine par analyse génétique. Il faut préciser que les habitants du Groenland jouissent d'un droit issu de traités les autorisant à pêcher le saumon sauvage. Chaque année, les membres du Conseil international pour l'exploration de la mer, le CIEM, évaluent les populations de saumons présents dans les océans, après quoi l'OCSAN, soit l'Organisation pour la conservation du saumon de l'Atlantique Nord, détermine l'étendue possible de la pêche au Groenland. L'an dernier, le CIEM a constaté une augmentation du nombre de saumons. Par conséquent, les habitants du Groenland ont profité de leur droit de récolter davantage de poissons.

Les États-Unis et le Canada ont travaillé très fort au sein de l'OCSAN, l'an dernier, pour en arriver à une entente visant à conserver le plus de saumons possible. Ainsi, bien que les pêcheurs du Groenland fussent théoriquement autorisés à récolter 200 tonnes de poissons, ils se sont plutôt limités à environ 40 tonnes, dont une partie correspondait à la pêche de subsistance de la population locale du Groenland, qui est majoritairement autochtone. Nous ne nous opposons pas à la pêche de subsistance, mais nous devons mettre un terme à la pêche commerciale si nous voulons favoriser le rétablissement des rivières de l'Amérique du Nord.

Le sénateur Mahovlich: Je viens de Toronto et j'aimerais vous poser une question sur les Grands Lacs. Il y a environ 100 ans, les saumons de l'Atlantique indigènes ont disparus du lac Ontario. Récemment, on a procédé à l'empoissonnement du lac Ontario afin de rétablir les populations indigènes. À votre avis, ce projet a-t-il bien réussi?

M. Chase: Oui, et je le dis sans hésitation. Selon nous, les rivières et l'environnement naturel demeurent la meilleure nurserie ou aire de multiplication du saumon. Dans certaines rivières, toutefois, les populations de saumon ont chuté bien en deçà des impératifs de conservation. C'est là qu'il faut recourir au réempoissonnement ou à l'élevage en écloseries.

Dans une région comme celle des Grands Lacs, où les populations ont été complètement décimées il y a longtemps, les programmes de réempoissonnement sont d'une importance cruciale — en espérant que les poissons s'adaptent bien. Nous ne serions pas prêts à dire que l'élevage en écloseries s'impose dans tous les cas, mais il est nécessaire dans certaines régions, mais pas partout. Cela dépend des cas.

Le sénateur Mahovlich: Cela s'est-il bien passé dans le Lac Ontario?

M. Chase: Oui.

Le sénateur Mahovlich: Quand je suis allé jouer au golf à Glenn Abby, en septembre dernier, j'ai vu des saumons qui remontaient les rivières.

M. Chase: Je dois avouer que je ne connais pas bien les populations de saumons de l'Ontario.

Le sénateur Johnson: S'agit-il de la même espèce?

Le sénateur Mahovlich: Ce sont des saumons confinés aux eaux intérieures.

M. Chase: Je ne peux pas vous en dire long sur les populations hors du Canada Atlantique et du Québec.

Le sénateur Tunney: Les phoques sont-ils des prédateurs du saumon de l'Atlantique dans certaines régions?

M. Chase: Oui. En fait, nous pensons que les phoques sont l'une des principales causes du déclin des populations de saumons dans les océans.

Le sénateur Tunney: Avez-vous des données quelconques sur la baisse des populations de saumon par rapport à la hausse des populations de phoques?

M. Chase: C'est très difficile à évaluer avec précision, et la plupart des indices qui nous portent à croire à un lien entre les deux sont indirects. Les populations de phoques ont explosé ces dernières années, alors que celles de saumons ont chuté. Lors d'analyses, nous avons trouvé des traces de saumon dans l'estomac de phoques. Le lien entre les deux est fort mal connu, malheureusement. Nous n'en avons que des preuves indirectes, mais ce sont des preuves quand même.

Le sénateur Tunney: Des études montrent, quoique peut-être pas précisément, combien de kilos de saumon consomme un phoque adulte en un an ou combien de kilos de saumon consomme un phoque de sa naissance à l'âge adulte. C'est énorme.

M. Chase: J'en conviens. Autant que je sache, la consommation quotidienne de saumon des phoques équivaut à plusieurs fois leur poids. J'irais même jusqu'à dire qu'il y a aussi des espèces riveraines, comme les harles, dont la consommation de saumoneaux représente plusieurs fois l'équivalent de leur poids. Il est plutôt impressionnant d'observer des harles pêcher le saumoneau. Les saumons ont de nombreux prédateurs, dont les cormorans, les phoques et les harles.

Le sénateur Tunney: Il y a énormément de cormorans dans la région du lac Ontario.

Pensez-vous que le bas niveau des cours d'eau a un effet sur le frai et la survie des saumons?

M. Chase: Absolument. La température est un autre facteur important de déclin des populations de saumoneaux. Nous entendons souvent, dans nos réunions avec le MPO sur l'état des stocks, que les températures élevées des dernières années ont fait beaucoup de tort aux saumoneaux.

Nous nous penchons également sur les pratiques d'utilisation des terres, comme l'exploitation forestière, qui ont provoqué des fluctuations inhabituelles du niveau de l'eau. Le niveau des rivières augmente très rapidement lorsqu'il pleut abondamment, mais redescend également très vite après.

Le sénateur Tunney: Il y a un immense afflux dans le cours d'eau, puis une baisse radicale.

M. Chase: Voilà. De plus, ces forts courants charrient le limon, ce qui détériore l'habitat. Divers facteurs ont des répercussions sur le frai et la survie des poissons.

La prise d'eau à des fins d'irrigation dans l'industrie du bleuet et de la canneberge en Nouvelle-Angleterre, où les rivières sont petites, porte également à réfléchir. Lorsqu'on prend de l'eau d'une petite rivière pour irriguer des cultures, les populations de saumoneaux en souffrent.

Le sénateur Tunney: Tenez-vous une liste des espèces en péril? Y ajoutez-vous des espèces au fur et à mesure que vous en voyez le besoin? Votre liste sera-t-elle incluse dans le projet de loi du gouvernement fédéral sur les espèces en péril, qui cause beaucoup de remous à la Chambre actuellement, et qui sera renvoyé au Sénat en temps et lieu? Les poissons figureront-ils sur la même liste ou feront-ils l'objet d'un projet de loi distinct?

M. Chase: Non. En fait, le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, ou CSEMDC, l'organisme scientifique qui conseille le ministre, a déjà relevé le saumon de l'Atlantique des rivières de l'intérieur de la baie de Fundy comme espèce à risque. Il figure donc déjà sur la liste des espèces en péril et sera protégé en vertu de la loi proposée sur les espèces en péril. Nous nous fions sur cet organisme pour repérer les rivières où l'espèce est en péril. Chaque rivière a une population différente sur le plan génétique. Je vous enjoins, lorsque vous serez saisis de l'étude du projet de loi sur les espèces en péril, de l'adopter rapidement, parce que c'est très important pour le saumon sauvage.

Le sénateur Tunney: Nous sommes allés dans les Maritimes il n'y a pas longtemps. Nous avons visité une station de recherche de la Nouvelle Écosse, où des chercheurs nous ont expliqué — aux membres du comité sénatorial de l'agriculture — comment distinguer les poissons génétiquement et même arriver à en déterminer l'origine. Êtes-vous au courant de cette étude?

M. Chase: Non, je ne suis pas au courant, sénateur, mais je sais qu'on peut maintenant associer les saumons à des rivières précises. La FSA a d'ailleurs collaboré avec le MPO à cet égard et un scientifique écossais se spécialise dans le domaine. On s'est demandé, par exemple, si les saumons des rivières du Maine étaient indigènes ou sauvages. On a établi le profil génétique des rivières, de même que de la baie de Fundy. Ainsi, on peut associer le patrimoine génétique de pratiquement chaque poisson à sa rivière d'origine et déterminer s'il vient d'Europe ou d'Amérique du Nord. Une simple analyse des rivières permet de le savoir.

Le sénateur Tunney: On nous a dit que ces techniques scientifiques servaient maintenant aussi à inculper les braconniers et à prouver leur culpabilité.

M. Chase: Oui, c'est possible. On peut aussi y recourir pour attirer les poissons évadés de sites aquacoles et les y ramener.

Le sénateur Tunney: C'est très intéressant à savoir.

Le président: Le sujet des phoques est revenu à plusieurs reprises. J'ouvrirais une parenthèse pour proposer aux membres de tenir prochainement une séance sur les phoques. Je vais m'assurer avec la greffière de réserver une séance de soir pour discuter de la question.

J'ai lu récemment qu'il y avait plus de phoques que d'humains au Canada atlantique. Cela m'a fait très peur, et j'aimerais bien comprendre un peu mieux ce qui se passe chez nos proches voisins, les phoques, et savoir ce qu'ils mangent.

Le sénateur Cook: À Terre-Neuve, dont je suis originaire, je peux dire que la population humaine n'est pas très nombreuse près des rivières, lesquelles, dans leur majorité, sont toujours dans leur état originel. Subissent-elles les mêmes incidences que les autres? Je sais que le bas niveau d'eau a un effet sur elles, mais est-il aussi marqué que dans le cas des rivières situées près des villes tentaculaires ou des endroits plus pollués? Subissent-elles aussi les effets des pluies acides?

M. Chase: Les rivières de Terre-Neuve sont pratiquement aussi touchées que les autres. Les populations de saumons déclinent à Terre-Neuve comme ailleurs. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les habitats les plus au sud, et Terre-Neuve est en bien meilleure position que les provinces des Maritimes et diverses parties du Québec, parce que bon nombre de ses rivières sont plus vierges et n'ont pas été aussi durement touchées par la pêche ou les activités urbaines.

Cependant, la conservation demeure un problème bien tangible à Terre-Neuve, notamment en ce qui concerne les pratiques forestières et l'aquaculture. À cet égard, l'élevage de la truite arc-en-ciel pose particulièrement problème à Terre-Neuve, comme ailleurs, en fait. Ceci dit, la situation est relativement meilleure à Terre-Neuve que dans d'autres régions.

Le sénateur Cook: Comme cette étude porte sur l'habitat, j'aimerais que l'on ne s'écarte pas de ce sujet. Avez-vous des solutions à nous proposer pour améliorer les frayères des rivières, où les saumoneaux passent les trois premières années de leur vie? Est-ce surtout plus tard, lorsqu'ils migrent vers la mer, que les principaux problèmes se posent? Lorsqu'ils se rendent à l'extrêmité sud-ouest du Groenland, restent-ils en eau profonde? Où se fait la pêche du saumon au Groenland? Près des côtes ou en haute mer?

M. Chase: Au Groenland, le saumon est surtout pêché près des côtes et par des familles qui prennent la mer à bord de petites embarcations de deux ou trois personnes et reviennent à la fin de la journée. Il s'agit d'une pêche côtière.

Les saumons ne vont pas très profond. Je ne sais pas jusqu'à quelle profondeur ils peuvent se rendre, mais ils ne vivent habituellement pas en eaux profondes.

Le sénateur Cook: Je m'interroge sur la distance de la côte et non sur la profondeur de l'eau. Les gens pêchent-ils à 40 milles ou à 10 milles de la côte? Où les Groenlandais pêchent-ils?

M. Chase: Je serais porté à dire que c'est fort probablement assez près des côtes, compte tenu de la nature des bateaux qu'ils utilisent. Ils ne s'éloignent probablement pas de plus de 10 milles de la côte du Groenland.

Le sénateur Cook: J'essaie de comprendre où vivent les saumons lorsqu'ils quittent les rivières et ce qui leur arrive. Lorsqu'ils retournent à l'estuaire où ils ont vécu et frayé, y trouvent-ils un environnement incompatible avec leur milieu marin? Avez-vous fait des recherches à ce sujet?

M. Chase: Selon les études réalisées par les organismes gouvernementaux au fil des ans, les poissons qui se rendent au Groenland retournent effectivement aux rivières où ils sont nés. À une certaine époque, nous ne savions même pas que les saumons se rendaient jusqu'au Groenland. Je pense que c'est le sous-marin américain Nautilus, au cours de l'un de ses voyages sous la glace, qui a découvert l'aire d'alimentation du saumon. C'est à partir de ce moment que nous avons su où se rendait le saumon. Avant cela, personne ne le savait.

Au Groenland, l'industrie de la pêche est relativement récente, elle date de 30 ou 40 ans, et c'est pourquoi elle pose tant de problèmes. Elle découle d'un droit, comme je l'ai dit plus tôt, mais pas d'un droit ancestral autochtone au même sens que ceux de nos Premières nations.

Le sénateur Cook: Nous avons parlé des ressources, j'aimerais maintenant parler de leur gestion. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi le MPO refuse d'unir ses forces avec un groupe d'ONG si compétent et même de financer certains projets. Pourquoi?

Je vais poser la même question au ministre.

M. Chase: J'aimerais bien le savoir. Nous avons toutefois la chance d'avoir un ministre des Pêches et des Océans qui est attentif à nos besoins. Il nous l'a dit, et je le crois.

Il doit composer avec des contraintes budgétaires. Il a des impératifs à satisfaire. Voilà pourquoi nous avons mis l'accent sur l'aspect économique. Il ne s'agit pas uniquement d'une question environnementale, sociale ou culturelle. Ce sont là des considérations valables, mais notre position s'appuie sur des arguments solides. Nous avons ici une pêche qui est commerciale en ce sens qu'elle soutient une pêche récréative qui rapporte beaucoup. Je pense que le ministre souhaite faire quelque chose. Nous le pressons d'agir rapidement.

Le sénateur Cook: En ce qui a trait aux phoques, on a entendu dire, cette année, qu'il n'y avait pas de glace et que les bébés phoques se sont noyés. On va peut-être pouvoir pêcher des crevettes.

Sénateur Tunney, quand j'étais jeune, les gens sur le quai me racontaient qu'un phoque pouvait consommer 60 livres de poisson par jour, s'il arrivait à le trouver.

Le sénateur Tunney: Cela ne m'étonne pas. Au début, ils se nourrissaient de morue.

Le sénateur Cook: Oui, mais ils sont moins exigeants quand ils ont faim.

Le sénateur Adams: Au Nouveau-Brunswick, il y a environ 15 ou 20 ans de cela, on s'inquiétait du fait que les Autochtones utilisaient des filets maillants. Est-ce que cette pratique a toujours cours?

M. Chase: Oui. Chaque année, le MPO accorde une allocation de saumon à chaque Première nation. Les Premières nations capturent des gros saumons et des grilses. La FSA s'est attachée à établir des partenariats avec les Premières nations pour leur faire comprendre que le saumon qui se trouve dans la rivière vaut plus que celui qui se retrouve dans le congélateur. Nous avons réussi, l'an dernier, à établir des liens solides avec les Premières nations de Listuguj, qui est située à l'embouchure de la Restigouche, et la bande indienne d'Eel River. Elles jouent un rôle de premier plan au sein du conseil d'aménagement des bassins hydrographiques de la Restigouche, une initiative de gérance communautaire. Nous sommes fiers de cela, et nous sommes fiers du travail que nous avons effectué avec ces deux Premières nations.

Nous aimerions collaborer avec les Premières nations, les sensibiliser aux avantages que présentent l'exploitation des ressources en saumon et la pêche récréative, vu que ces activités rapportent beaucoup plus que les pratiques actuelles sur les plans de l'emploi et du développement économique.

Le sénateur Adams: Y a-t-il des pêcheurs à la ligne américains qui s'y rendent pour pêcher le saumon? Est-ce que votre organisme a conclu une entente avec les Autochtones? L'industrie rapporte environ 200 millions de dollars par année. Quel pourcentage de ce montant est versé aux Autochtones? Si j'habitais à cet endroit, je m'occuperais peut-être de tourisme, mais comme je suis un Autochtone, le ministère des Affaires indiennes me dirait que je n'ai pas le droit de le faire si je vis à l'intérieur de la réserve. Avez-vous conclu une entente avec les Autochtones en ce qui a trait à la pêche au saumon à la ligne?

M. Chase: Nous n'avons pas conclu d'entente en tant que telle, mais nous avons encouragé les Premières nations à jouer un rôle de chef de file dans la gestion de la ressource. Celle-ci offre toutes sortes de possibilités d'emploi aux Premières nations. Elle ouvre la voie à des projets de développement économique soutenu. Il faut toutefois leur expliquer les avantages que cela présente, parce que je pense que les Autochtones, par nature, veulent conserver les ressources naturelles pour les générations à venir. Il faut les aider à s'organiser. Et c'est ce que nous faisons.

Le sénateur Adams: Le MPO affirme qu'il exerce un contrôle là-dessus, et qu'il impose des paramètres pour ce qui est de l'utilisation des filets maillants. Quel genre de collaboration existe-t-il entre les Autochtones et le MPO?

M. Chase: Le MPO leur accorde une allocation. Il les encourage, à des degrés variables, à pratiquer ou non l'élevage. Il peut leur dire tout simplement: «Voici votre allocation, que vous pouvez accepter ou non.» Je pense qu'il devrait plutôt dire: «Voici votre allocation; si vous ne l'acceptez pas, voici comment vous pouvez en tirer parti et promouvoir la pêche récréative. Vous y gagnerez si vous procédez de cette façon.» C'est le principe que nous essayons de défendre. Est-ce que cela répond à votre question?

Le sénateur Adams: Oui. Merci.

Le sénateur Watt: Il y a une région qu'on a complètement oubliée pendant plusieurs années, et c'est la région de la rivière Koksoak, dans la baie d'Ungava. On y faisait beaucoup de pêche commerciale dans les années 1700. On retrouve tout près, à Kangiqsualujuaq, la rivière à la Baleine et la rivière George. Ce sont trois rivières où l'on trouve du saumon de l'Atlantique.

La Compagnie de la Baie d'Hudson avait coutume de consigner le poids des prises dans les années 1700. Nous avons été en mesure d'utiliser ces renseignements pour assurer la gestion de la ressource. On y trouvait encore du saumon dans les années 60, mais en moins grande quantité et de taille plus petite, le poids du saumon étant passé, disons, de 40 ou 60 livres, à 15 livres en moyenne. C'est une baisse considérable. Ces chiffres nous permettent de voir ce qui arrive au saumon de l'Atlantique dans ces trois rivières.

Je pense que c'est à la fin des années 60 que nous avons commencé à nous rendre compte que les stocks diminuaient rapidement. Le saumon avait presque disparu. Il n'y en avait que quelques-uns qui remontaient vers la rivière. On a appris, en 1968 ou en 1969, que l'on capturait de grandes quantités de saumon de l'Atlantique dans le détroit de Davis, situé dans les eaux internationales au large du Groenland. Depuis, les stocks dans ces rivières n'ont cessé de diminuer. Nous commençons à voir des croisements entre le saumon de l'Atlantique et la ouananiche, le saumon noir. Nous sommes en mesure de suivre l'évolution de la situation, parce que nous connaissons la ouananiche, le saumon noir, le saumon de l'Atlantique. Il y a un croisement entre les deux stocks, et le phénomène semble aller en s'accroissant.

Notre saumon commence tranquillement à revenir, sauf que les espèces sont différentes.

Est-ce que la même chose est en train de se produire dans les rivières du sud des Maritimes?

M. Chase: Sénateur Watt, je ne suis pas tellement au courant de cette situation. Je sais toutefois que, dans le cas de l'aquaculture, il y a croisement entre le saumon d'élevage qui s'évade et le saumon sauvage dans les rivières, ce qui a un impact sur la composition génétique et la capacité d'adaptation de celui-ci. Ce que vous décrivez-là est fort possible, mais tout ce que je peux dire, c'est qu'il pourrait y avoir croisement entre le saumon et d'autres salmonidés, comme la truite et l'omble chevalier.

Le sénateur Watt: Pensez-vous qu'une telle chose est possible?

M. Chase: Oui, mais je ne peux pas vous fournir de preuves scientifiques. Il faudrait que je me renseigne auprès d'un de mes collègues scientifiques.

Le sénateur Watt: Possède-t-on des données scientifiques sur les trois rivières que je viens de mentionner?

M. Chase: Quand j'aurai les données en main, je les montrerai à mon collègue scientifique et je verrai si je peux vous fournir une réponse.

Le sénateur Watt: Possède-t-on des données scientifiques sur les trois rivières que je viens de mentionner, ou est-ce qu'on les laisse de côté parce qu'elles sont situées trop au nord?

M. Chase: Je ne crois pas qu'il y ait de données précises sur ces trois rivières, à part celles que possède le MPO.

Le sénateur Watt: Il se peut qu'il n'ait pas grand-chose.

M. Chase: Le MPO devrait avoir une idée de l'état des stocks dans ces rivières. Je pense qu'il a ces données en main. Toutefois, je ne peux parler en son nom. Je devrai me renseigner.

Le sénateur Watt: Je ne sais si j'ai bien compris, mais vous avez dit que le saumon de l'Atlantique, ou je ne sais plus quelle autre espèce, ne se rend pas jusqu'au Groenland.

M. Chase: À l'intérieur de la baie de Fundy, il y a, à partir de Saint John, 33 rivières qui contournent le parc national Fundy, y compris la rivière Peticodiac, la rivière Shubénacadie, jusqu'à la rivière Annapolis. Les stocks ne viennent pas dans la rivière Annapolis. Les scientifiques nous ont dit que le saumon de ces trois rivières fait partie d'un groupe distinct qui ne migre pas vers le Groenland.

Il y a trois grands groupes de saumon de l'Atlantique. Il y a le saumon d'origine européenne, le saumon d'origine nord-américaine, et tous deux migrent vers le sud-ouest du Groenland. Le troisième groupe provient de l'intérieur de la baie de Fundy. Il a contourne la pointe de la Nouvelle-Écosse et se rend plutôt jusqu'au Banc George. Il s'agit d'une espèce très distincte. C'est, en partie, pour cela qu'il figure sur la liste de la COSEPAC et qu'il gagnerait à être inclus dans la Loi sur les espèces en péril. C'est à cela que je faisais allusion.

Le sénateur Watt: Je commençais à me demander si vous étiez en train de parler du saumon d'estuaire, qui est beaucoup plus petit que le saumon de l'Atlantique. Ce poisson ne migre pas vers les eaux profondes du Groenland. Il reste plutôt au large des côtes. Il semble afficher le même comportement que le saumon de l'Atlantique. Il retourne dans le même cours d'eau d'où il vient.

M. Chase: Certains salmonidés le font. Ce terme englobe la truite.

Le sénateur Watt: Je ne parle pas de la truite, mais des espèces qui ressemblent au saumon de l'Atlantique, mais qui sont de taille plus petite.

M. Chase: Vous parlez du saumon arc-en-ciel?

Le sénateur Watt: Non.

M. Chase: Je n'en connais pas assez sur le sujet pour vous répondre.

Le sénateur Watt: Pourrait-on dire, alors, que vous n'avez pas beaucoup d'informations sur les trois rivières que j'ai mentionnées?

M. Chase: C'est exact, mais je vais me renseigner et recommuniquer avec vous.

Le sénateur Watt: Les données recueillies et utilisées par la Compagnie de la Baie d'Hudson sont conservées dans les archives, à Winnipeg. Vous allez trouver tous les renseignements que vous voulez sur les prises et les changements qui se sont produits au fil des ans.

M. Chase: Merci, sénateur.

Le sénateur Phalen: Vous avez dit que ce ne sont pas tous les saumons qui montent jusqu'au Groenland. Quelles sont les espèces qui n'y vont pas? Où vont-elles?

M. Chase: Je faisais allusion au saumon de l'intérieur de la baie de Fundy.

Je vais demander à mon collègue, M. Whoriskey, s'il a des renseignements à ce sujet.

Le sénateur Phalen: Savons-nous où ils se rendent?

M. Chase: Oui. Je ne sais pas exactement où ils se rendent après avoir contourné la pointe de la Nouvelle-Écosse, mais ils ne migrent pas vers le Groenland.

Je vais essayer de vous trouver ces renseignements et de vous les communiquer.

Le président: Le sénateur Watt a posé une question au sujet de l'entente que le Nunavik et le gouvernement du Québec sont en train de négocier concernant l'inondation de certaines terres. On se demande quel impact ce projet, s'il va de l'avant, va avoir sur certaines des rivières que le sénateur Watt a mentionnées. Est-ce que la Fédération du saumon atlantique a des préoccupations à ce sujet?

M. Chase: Nous n'avons pas examiné la question de façon précise. Je n'ai pas examiné les régions qui vont être inondées, et je ne sais pas si ce projet va avoir un impact sur les rivières à saumon.

Le président: Pourriez-vous en discuter avec vos collègues de la Fédération et nous dire s'ils ont des préoccupations à ce sujet?

M. Chase: J'en discuterai avec eux.

Le sénateur Watt: Il serait utile aussi d'avoir des renseignements sur les effets qu'entraîne le détournement de rivières. Quand les rivières sont détournées, la température de l'eau change. Pouvez-vous nous dire à quelle température l'eau doit être maintenue pour assurer la survie, entre autres, du saumon sauvage de l'Atlantique?

M. Chase: Je vais me renseigner.

Le président: Ce sont des questions qu'on devrait sans doute poser au MPO.

Pour revenir au Groenland, vous avez parlé de la pêche de subsistance. Est-ce que ce sont les Inuits ou les non-Inuits qui pratiquent la pêche commerciale?

M. Chase: Je crois comprendre qu'elle est surtout pratiquée par les Inuits. La plupart des habitants du Groenland sont des Inuits. Il y a toute une série de communautés de pêcheurs le long de la côte du Groenland.

Les Autochtones pratiquent eux aussi la pêche de subsistance. Ils se servent du produit pour nourrir leurs chiens.

Pour ce qui est du volet commercial, bien qu'il soit important, je tiens à signaler qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui achètent du saumon sauvage congelé. L'acheteur dans la région en a toujours en stock. Cela vous donne une bonne idée de la situation. Il s'agit d'un problème essentiellement local.

Le président: Vous avez dit que les rivières du sud de la Nouvelle-Écosse sont très acides. Je vis dans la région, et c'est effectivement le cas. Il y a de nombreuses rivières qui sont sérieusement endommagées à cause des pluies acides. La rivière Tusket était une rivière productive. La connaissez-vous?

M. Chase: J'ai ici un document que je voulais distribuer. On voit, sur cette carte postale, la Nouvelle-Écosse. Il y a une brochure qui l'accompagne. Elle décrit l'ampleur du problème.

Le président: Je vous remercie. Je sais que bon nombre de ces rivières auront de la difficulté à assurer la survie des poissons, même si on en trouve toujours. On continue de trouver du saumon dans certaines de ces rivières — quoique les stocks diminuent — parce que, pour l'instant, il arrive encore à trouver des aires de reproduction qui ne sont pas acides. Ce fonds génétique pourra-t-il être protégé indéfiniment?

M. Chase: Nous pouvons le protéger. Le MPO déploie d'ailleurs beaucoup d'efforts dans ce domaine, ce qui est tout à son honneur, puisqu'il conserve des stocks génétiques dans les écloseries qu'il aimerait fermer. Jusqu'ici, le ministère s'est attaché à protéger ces stocks génétiques.

Pourra-t-il le faire de façon indéfinie? Il est peu probable qu'on arrive à maintenir indéfiniment des stocks génétiques dans des rivières qui ne sont pas en mesure d'assurer leur survie. Voilà pourquoi la Nova Scotia Salmon Association déploie tellement d'efforts. Elle a fait venir des experts internationaux pour leur montrer comment réduire l'acidité des lacs et des rivières. Elle a mis sur pied d'importants programmes de chaulage qui consistent à appliquer de la chaux sur la glace, l'hiver, et dans les cours d'eau, le reste de l'année.

Elle cherche à changer l'acidité des rivières, mais elle ne fait que traiter les symptômes. Les gouvernements au Canada et aux États-Unis doivent s'attaquer au problème des pluies acides. Nous ne pouvons pas continuer de traiter le problème dans les rivières qui ne peuvent assurer la survie des populations de poissons.

Nous aimerions que le Canada exerce des pressions sur les États-Unis, sur les entreprises canadiennes, pour qu'ils s'attaquent au problème des pluies acides.

Il est question de tout cela dans la brochure que je viens de distribuer.

Le président: Est-ce que les collectivités autochtones dans les Maritimes participent aux efforts de conservation des stocks de saumon? J'ai bien dit «participent», surtout en ce qui concerne les Maritimes.

M. Chase: Un grand nombre de collectivités des Premières nations participent de façon active à ces efforts. J'ai cité quelques noms. La Première nation de Fort Folly, à l'intérieur de la baie de Fundy, assure également un rôle de leadership à ce chapitre.

D'autres Premières nations vont participer à cet effort, une fois que nous leur aurons expliqué les avantages que présente la conservation.

Le sénateur Cook: Combien d'énergie, d'argent et de ressources consacrez-vous à la recherche? Est-ce que l'accord de Kyoto va nous permettre de régler le problème des pluies acides? Y a-t-il de l'espoir de ce côté-là?

M. Chase: Je n'ai pas ces chiffres avec moi. Je peux vous envoyer des chiffres qui indiquent combien la FSA consacre à la recherche tous les ans, et le montant est assez élevé. Il se situe entre plusieurs centaines de milliers de dollars et un million de dollars.

Pour ce qui est de l'accord de Kyoto, je pense qu'il nous aiderait à régler le problème des pluies acides. Les États- Unis devraient s'attaquer aux sources de polluants acides, disons, dans l'Ohio, qui est le coeur industriel des États- Unis, et nous devrions faire la même chose dans l'est du Canada, parce que les provinces de l'Atlantique sont exposées aux polluants acides. La carte de la Nouvelle-Écosse nous indique quelles sont les principales régions qui sont touchées par les pluies acides.

Le sénateur Cook: Si les États-Unis ne signent pas l'accord, les provinces de l'Atlantique ne se trouveront pas en meilleure posture puisque la plupart des pluies acides proviennent des États-Unis.

M. Chase: Vous avez raison. Au milieu des années 80, nous avions mis sur pied une campagne très efficace contre les pluies acides. On en voyait les effets à la frontière canado-américaine, et les pluies acides étaient considérées à l'époque comme un problème. Les effets ont commencé à s'estomper vers 1990, et beaucoup de gens ont pensé que les pluies acides ne posaient plus de problème. Or, ce n'est pas du tout le cas. On en voit toujours les effets dans le bas-plateau du sud de la Nouvelle-Écosse, où les rivières sont presque dépourvues de vie aquatique. Leur situation se détériore au fil des ans. Les pluies acides constituent, au Canada, un des problèmes les plus graves qui touchent les habitats.

Le sénateur Phalen: Est-ce que le programme de chaulage, dans certaines régions de la Nouvelle-Écosse, a donné des résultats?

M. Chase: Je crois comprendre qu'il donne des résultats, mais c'est un projet de longue haleine. Le matériel et le produit coûtent cher, mais les bénévoles sont prêts à faire le travail. J'ai assisté à une réunion, en fin de semaine, de la Nova Scotia Salmon Association, et la question a été abordée. Il faudrait entre 20 et 50 unités pour appliquer la chaux, et celles-ci coûtent entre 40 000 $ et 50 000 $ pièce. Ajoutons à cela le coût de la chaux. Les bénévoles de la Nouvelle- Écosse ne peuvent assumer de telles dépenses. Toutefois, ils n'abandonnent pas la partie.

Le sénateur Phalen: On ne voit aucune région du Cap-Breton sur cette carte postale. Est-ce parce que les lacs et des rivières sont traités à la chaux?

M. Chase: Certaines caractéristiques géologiques font que le bas-plateau du sud de la Nouvelle-Écosse, qui est indiqué en rouge, est plus susceptible. Je ne sais pas vraiment quelle est la différence, mais c'est sans doute pour cette raison. La partie sud de la Nouvelle-Écosse est plus exposée aux polluants acides. Il existe des différences géologiques fondamentales entre la partie sud de la province et la vallée de l'Annapolis. Un expert pourrait vous donner plus de précisions.

Le président: Comme vous pouvez le constater, monsieur Chase, vous avez suscité beaucoup d'intérêt ce soir. Je ne peux arrêter les membres de vous poser des questions.

J'aimerais, en leur nom, vous remercier. Veillez transmettre nos salutations à M. Taylor. Nous sommes désolés qu'il n'ait pas pu se joindre à nous ce soir. Vous avez été un excellent remplaçant, et nous vous remercions d'être venu nous rencontrer.

M. Chase: Ce fut un plaisir pour moi d'être ici. Si vous avez d'autres questions auxquelles nous pouvons répondre, que ce soit par écrit ou de vive voix, n'hésitez pas à nous les transmettre.

Le président: Nous irons peut-être au Nouveau-Brunswick cet automne, si notre budget est approuvé. Toutefois, il ne faut rien prendre pour acquis. Nous ferons appel à vos services quand nous organiserons notre voyage dans la région.

M. Chase: Nous accepterons volontiers de vous aider. Vous pourrez peut-être profiter de l'occasion pour visiter notre centre de conservation à St. Andrews. Nous serions très heureux de vous faire visiter les lieux.

Le président: Acceptez-vous que les documents que nous a fournis le témoin soient déposés auprès du greffier du comité?

Des voix: Oui.

La séance est levée.