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Délibérations du Comité sénatorial permanent des
Affaires étrangères et du commerce international

Fascicule 10 - Témoignages du 6 février 2007


OTTAWA, le mardi 6 février 2007

Le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international se réunit aujourd'hui, à 18 heures, pour étudier les questions qui pourraient survenir occasionnellement se rapportant aux relations étrangères en général.

Le sénateur Hugh Segal (président) occupe le fauteuil.

[Traduction]

Le président : Je déclare ouverte la présente séance du Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international.

J'aimerais présenter des excuses à nos homologues étrangers que nous avons l'honneur d'accueillir aujourd'hui. Un des mystères concernant le fonctionnement du Sénat est que, même si un horaire est établi, il continue de s'affairer, et tant qu'il n'a pas terminé, les comités ne peuvent pas siéger; voilà pourquoi nous n'avons pas pu respecter l'heure fixée pour notre rencontre. C'est un des inconvénients, et j'en suis sincèrement désolé. Si j'étais traité de la même façon dans votre pays, je serais très offensé. Vous êtes très aimables d'être restés, et nous vous en sommes fort reconnaissants. C'est un honneur pour nous de vous accueillir.

J'aimerais présenter les membres du comité. Le sénateur Stollery, vice-président, a présidé le comité pendant de nombreuses années. Sa vaste expérience des affaires étrangères nous aide dans nos études actuelles.

Le sénateur Andreychuk, ancienne juge et ambassadrice, est présidente du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Elle s'intéresse beaucoup aux questions des droits de la personne et au droit international.

Le sénateur Corbin est un membre de longue date. Grâce aux connaissances qu'il a acquises en tant que membre du Sénat et député, il nous est d'une aide précieuse.

Je constate que le sénateur Dawson est absent.

Le sénateur De Bané, premier Canadien d'origine arabe élu à la Chambre des communes, s'est occupé d'un grand nombre de portefeuilles à titre de ministre. Il est né en Palestine.

Le sénateur Di Nino est coprésident du tout nouveau Groupe d'amitié parlementaire Canada-Afghanistan. Il a récemment visité l'Afghanistan et a vu de près la contribution qu'apportent nos troupes, ainsi que celle des autres pays alliés, dans cette région.

Le sénateur Downe est membre du comité exécutif de l'Association parlementaire canadienne de l'OTAN. Il est un ardent défenseur des droits des aînés et des anciens combattants et des intérêts de l'Île-du-Prince-Édouard, la province la plus petite, mais de loin la plus déterminée du pays.

Le sénateur Eyton est absent.

Le sénateur Mahovlich est un canadien renommé non seulement pour son travail remarquable au sein du Sénat, mais aussi pour sa carrière exceptionnelle au hockey, ayant joué pour les équipes de Toronto et de Montréal.

Le sénateur Merchant est originaire de la Saskatchewan. Elle a de l'expérience dans le milieu des affaires et celui de l'éducation de cette province.

J'invite M. Thórdarson, chef de la délégation, et M. Hansen à faire des observations préliminaires et à présenter certains membres de la délégation. Nous allons ensuite passer à une période de questions et commentaires sur le programme de libre-échange entre nos pays.

Gudlaugur Thór Thórdarson, député, Islande, chef de délégation, Comité parlementaire de l'Association européenne de libre-échange (AELE) : Étant tous politiciens, nous reconnaissons qu'il nous arrive parfois d'avoir de longues discussions. C'est un problème commun.

Je vais me présenter et dire quelques mots au sujet de notre visite, et ensuite je donnerai la parole à mes collègues.

Je m'appelle Gudlaugur Thór Thórdarson. Comme vous vous en doutez bien, ce n'est pas un nom très répandu. Je suis chef de la délégation, président du Comité de l'environnement du Parlement islandais et vice-président du groupe parlementaire du Parti de l'indépendance, qui est un parti conservateur-libertarien européen.

Je vous remercie de votre accueil chaleureux à Ottawa. Les membres de notre comité avaient très hâte de faire ce voyage et d'échanger des points de vue avec les honorables représentants du Parlement canadien.

Le Comité parlementaire de l'AELE a tenu des négociations visant à conclure un accord de libre-échange avec le Canada. Ces négociations ont été lancées en 1998, dans le cadre d'une visite à Ottawa, et nous estimons qu'elles sont sur le point d'aboutir.

Comme vous le savez sans doute, elles ont piétiné pendant de nombreuses années. Toutefois, l'an dernier, le vent a tourné et les pourparlers ont repris de plus belle. Sans avoir accès aux renseignements sur leur état, j'ai bon espoir que le Canada et l'AELE parviendront prochainement à un accord de libre-échange.

Nous, les membres du Comité parlementaire de l'AELE, aimerions penser que les négociations ont progressé suite aux efforts que nous avons déployés en préparation de cette visite. Quoi qu'il en soit, je peux vous assurer qu'un accord de libre-échange entre l'AELE et le Canada serait un énorme pas en avant qui profiterait à toutes les parties intéressées.

Avant de céder la parole à mes collègues, que ce soit pour des présentations, des questions ou des commentaires, j'aimerais vous donner un aperçu des politiques de libre-échange de l'AELE et aborder brièvement certains sujets d'intérêt commun.

Les pays de l'AELE et le Canada jouissent d'une position enviable sur les marchés internationaux, et nous avons tous intérêt à ce que le cycle de négociations de Doha aboutisse. Les pays de l'AELE se sont engagés avant tout à assurer la réussite des négociations commerciales de Doha.

Par ailleurs, on ne peut pas fermer les yeux sur le fait qu'on s'affaire à conclure des accords commerciaux politiques. Les ratés évidents du cycle de Doha y sont pour quelque chose. Cette hâte, souvent qualifiée de « course mondiale aux accords de libre-échange », entraîne une discrimination grandissante envers les opérateurs économiques. L'AELE, pour sa part, estime que les accords bilatéraux viennent compléter et non remplacer le système d'échanges commerciaux.

Ces temps-ci, la concurrence est vive dans l'arène du libre-échange. Néanmoins, il s'agit d'une saine concurrence. Nous pourrions dire que le principal rival de l'AELE sur les marchés mondiaux est l'Union européenne, dont aucun des pays de l'AELE n'est membre. Depuis le début des années 90, l'AELE s'efforce d'accéder aux mêmes marchés que ceux de l'Union européenne et a, en quelque sorte, poursuivi les mêmes objectifs qu'elle.

L'AELE a établi un vaste réseau de relations contractuelles avec des pays d'Europe centrale et orientale qui, pour la plupart, appartiennent maintenant à l'Espace économique européen, et de la Méditerranée. Nous avons aussi conclu des accords avec le Mexique, le Chili, Singapour, la Corée et l'Union douanière d'Afrique australe. S'étendant des Amériques jusqu'en Asie puis en Afrique, le réseau d'AELE compte, à ce jour, 15 accords de libre-échange et neuf déclarations conjointes de coopération.

En outre, dernièrement, l'AELE a joué un rôle plus proactif et, dans bien des cas, elle a pris le pas sur l'Union européenne. Elle a d'ailleurs conclu récemment des accords avec l'Égypte, l'Union douanière d'Afrique australe et la Corée. Plusieurs autres sont en cours de préparation et de négociation.

En tant que Comité parlementaire de l'AELE, nous approuvons ses politiques concernant les pays tiers et nous avons tout fait pour convaincre le conseil de l'AELE d'adopter une stratégie commerciale ambitieuse destinée à attirer des partenaires prometteurs tels que l'Inde, la Russie, la Chine et le Japon. Nos efforts semblent avoir porté fruit puisque l'AELE a entrepris depuis peu en Inde une étude conjointe de faisabilité qui pourrait bientôt donner lieu à un accord économique global. Quant aux autres pays que j'ai cités, les membres de l'AELE tentent présentement de trouver des moyens de renforcer les relations commerciales actuelles.

J'ai parlé plus tôt de l'Union européenne. Il ne faut pas oublier que l'UE est notre plus grand marché, et que trois des quatre pays de l'AELE ont accès à ce marché intérieur grâce à leur adhésion à l'Espace économique européen, l'EEE.

Le quatrième pays, la Suisse, entretient des relations commerciales avec l'UE par le biais d'accords bilatéraux. Je veux donc attirer votre attention sur le fait que l'UE est à la fois notre principal concurrent sur le marché international, comme je l'ai expliqué plus tôt, et un marché extrêmement important pour nous, un marché intérieur auquel nous avons un accès total.

Bien sûr, je parle ici d'une saine concurrence. Nous considérons l'UE comme l'un de nos meilleurs alliés.

Honorables sénateurs, sachez que nous ne sommes pas ici uniquement pour apporter notre pierre à l'édifice afin que soit conclu un accord de libre-échange entre l'AELE et le Canada. Nous sommes aussi curieux de connaître votre avis sur les autres aspects du commerce international. En tant que parlementaires de l'AELE, nous aimerions beaucoup savoir ce que vous pensez du cycle de Doha en général ainsi que de l'ALENA, son état actuel et ses perspectives d'avenir. Enfin, il serait bon de connaître la stratégie du Canada en matière de commerce extérieur ainsi que votre opinion sur la conjoncture commerciale internationale.

Monsieur le président, si vous me le permettez, je vais maintenant céder la parole à mes collègues de Norvège, de Suisse et du Liechtenstein, afin qu'ils fassent une courte présentation; ensuite nous échangerons nos points de vue.

Svein Roald Hansen, député, Norvège, chef adjoint de délégation, Comité parlementaire de l'AELE : Je siège au Parlement de Norvège, en tant que représentant du Parti travailliste, un parti social-démocrate.

Le Canada est l'un des principaux partenaires commerciaux de la Norvège. En fait, c'est le plus important après l'Union européenne et les États-Unis. D'ailleurs, nous entretenons d'excellentes relations. Nous sommes aussi impatients de conclure un accord de libre-échange entre le Canada et l'AELE.

Je vais m'arrêter ici et céder la parole à mon homologue suisse.

Mario Fehr, député, Suisse, Comité parlementaire de l'AELE : Je viens de Zurich, la région germanophone de Suisse. Je suis député social-démocrate depuis 1999 et je siège également au comité de l'AELE ainsi qu'au comité des affaires étrangères.

La Suisse joue un rôle particulier au sein de l'Europe étant donné qu'elle n'est membre ni de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen. Par contre, nous avons conclu de nombreux accords bilatéraux — 18 au total — avec l'Union européenne. Bon nombre d'entre eux sont des accords de libre-échange sur des questions précises.

Nous aimerions également conclure un accord semblable avec le Canada, un pays avec lequel nous entretenons de bonnes relations depuis longtemps, non seulement sur le plan économique, mais aussi en ce qui concerne les droits de la personne et l'environnement.

Personnellement, j'estime que des accords de libre-échange équitables profitent à tous les partenaires. Je pense que la Suisse est le cinquième investisseur étranger en importance au Canada. Nous effectuons donc beaucoup d'échanges commerciaux, mais ce n'est pas notre seul point commun.

Franz J. Heeb, député, Liechtenstein, Comité parlementaire de l'AELE : Je suis député au Liechtenstein. La Principauté du Liechtenstein est un très petit pays qui compte 35 000 habitants et s'étend sur 160 kilomètres carrés. Sur le plan économique, j'imagine que vous ne nous redoutez pas trop, mais sachez que nous sommes de très bons skieurs, tout comme les Suisses et les Autrichiens.

Depuis que je suis tout jeune, je suis impressionné par le talent des joueurs de hockey canadiens. Après avoir vu le nombre de patineurs sur la glace hier soir, je comprends maintenant pourquoi vous êtes aussi bons.

Le président : Chers collègues, c'est un honneur pour nous que de vous avoir ici aujourd'hui. La façon dont ça fonctionne habituellement, c'est que les membres de notre comité posent des questions ou formulent des commentaires et vous demandent de réagir. En ma qualité de président, je vais donc me prévaloir de mon droit de poser la première question.

Ce que je vais dire ne concerne pas nécessairement tous les membres de la délégation. Nous sommes un peu inquiets face à certaines forces de la concurrence qui s'exercent dans le secteur de la construction navale, chez nous et dans certains pays membres de l'AELE. Nous sommes dans la même situation que vous concernant les accords de libre- échange. Nous ne savons pas exactement ce que contiendra l'accord de libre-échange entre le Canada et l'AELE, mais chose certaine, il devrait être un accord de la « première génération » visant surtout l'élimination des droits de douane.

J'ai connu un professeur d'économie qui disait qu'à leur stade initial, les accords de libre-échange se ressemblent tous : « Il doit y avoir un échange libre et sans entrave entre les signataires de cet accord à l'exception de [...] » — puis une myriade d'exemptions s'étirant sur 300 ou 400 pages.

Pourriez-vous nous dire ce que représenterait, selon vous, la hausse du volume des échanges entre les pays de l'AELE et le Canada si l'accord envisagé, supposons qu'il fonctionne comme bon nombre d'accords de première génération, donnait un résultat optimal à court ou moyen terme? L'accord ferait-il augmenter sensiblement le niveau d'échanges commerciaux entre nos pays, ou permettrait-il d'éviter les difficultés commerciales auxquelles nous faisons face à l'heure actuelle? Je prends l'exemple de la construction navale car je sais que c'est quelque chose qui vous préoccupe, tout comme nous d'ailleurs.

M. Thórdarson : Pour vous donner une réponse courte : non. Je pense qu'il nous est impossible d'anticiper, pour l'instant, ce que nous pourrions tirer d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'AELE. C'est pareil pour les autres accords que nous avons conclus; nous n'avions pas prévu tout ce qu'ils nous ont apporté.

D'abord et avant tout, l'accord viendrait renforcer les relations entre les nations, ce qui, à mon avis, est loin d'être négligeable. Ces pays ont beaucoup de choses en commun. Par exemple, celui que je représente, l'Islande, a toujours perçu le Canada comme un allié. Entre 1874 et 1914, le cinquième de la population islandaise a quitté l'île pour s'établir au Canada et, depuis ce temps, nous entretenons de bonnes relations avec ces gens car ils nous ont été d'un grand secours, à bien des égards.

À mon avis, la collaboration est indispensable. Les relations commerciales sont bénéfiques sur de nombreux plans. Nous sommes des pays nordiques, tout comme la Norvège, et nous nous ressemblons beaucoup, notamment en ce qui a trait à l'environnement.

Pour être honnête, nous en avons discuté un peu plus tôt au sein de la délégation. Les comités parlementaires que nous avons rencontrés aujourd'hui ont exprimé des opinions semblables. L'accord de libre-échange suscite de vives inquiétudes : si l'accord se concrétise, quelle incidence aura-t-il sur telle ou telle industrie et que pourrons-nous y faire? J'ai trouvé cela étrange car cela fait longtemps que nous ne parlons plus de ces questions en ces termes.

À la fin de la dernière séance, je me suis rappelé que la dernière fois où je me suis interrogé là-dessus remonte à 1991, alors que j'étais en Islande. C'était l'année où nous avions conclu l'accord sur l'EEE, ce qui était un grand pas à cette époque pour l'Islande. On craignait qu'il nuise à telle industrie, tel secteur, et cetera, mais maintenant, il n'y a plus personne qui s'en préoccupe.

Les accords ont bien sûr entraîné des changements. Par contre, ils ont ouvert la voie à de nombreuses possibilités dont nous avons grandement bénéficié. Évidemment, nous avons pris d'autres mesures pour demeurer concurrentiels, mais mine de rien, le PIB par habitant a beaucoup progressé depuis. Aucun politicien sérieux ne veut retirer notre pays de l'Espace économique européen. En fait, il n'y a plus personne qui en parle. C'est ce qui se produit avec ces accords de libre-échange. Une fois qu'ils sont conclus, c'est très rare que les gens veuillent faire marche arrière.

Le président : Pourriez-vous nous décrire brièvement comment les syndicats, dans vos pays respectifs, ont réagi face à l'accord signé en 1991 et celui dont il est présentement question? Sont-ils aussi optimistes et positifs que vous?

M. Thórdarson : Tout à fait. L'accord sur l'EEE a permis non seulement d'avoir accès aux marchés, mais a aussi donné lieu à une coopération dans de nombreux domaines. Il nous a été très bénéfique. De plus, comme je l'ai déjà dit, nous avons une délégation plus importante aujourd'hui.

Je ne suis ni socialiste ni social-démocrate, mais nous en avons eu de bons. Par exemple, en Islande, les syndicats veulent abolir les barrières tarifaires et favorisent l'accès à des produits agricoles et des aliments meilleur marché car, selon eux, les habitants vivront mieux s'ils peuvent acheter des produits moins chers. Il y a 20 ans, un député islandais aurait probablement eu des réponses différentes, mais aujourd'hui, c'est là que nous en sommes et je ne pense pas que cela changera.

Le président : Merci. Le sénateur Downe vient de l'Île-du-Prince-Édouard. J'aimerais mettre en garde notre collègue du Liechtenstein. L'Île-du-Prince-Édouard, avec ses 125 000 habitants, est connue comme étant très agressive.

Le sénateur Downe : Merci, monsieur le président, pour cette merveilleuse présentation. Je souhaite la bienvenue aux membres du comité aussi. Je regrette que vous ne soyez pas venus un peu plus tard sur la côte est, pour que nous puissions vous démontrer le succès et l'humanité de notre chasse au phoque. Je sais que la pêche est aussi très populaire en Islande.

Je m'interroge sur l'approbation de l'accord de libre-échange dans vos pays respectifs. Est-ce que votre comité est mandaté pour l'approuver? Est-ce qu'il va à votre Parlement, ou à votre comité exécutif?

M. Thórdarson : C'est le Parlement qui l'approuve. Ce comité ou cette délégation, en coopération avec d'autres organes, détermine l'idée d'ensemble, si je peux dire, ou la stratégie sur les accords de libre-échange dans lesquels s'engage l'AELE, notre objectif, et cetera. La technologie est au niveau du gouvernement et du secrétariat de l'AELE, mais c'est le Parlement qui a le dernier mot.

Le sénateur Downe : Je suppose que si trois des quatre pays étaient d'accord, vous iriez de l'avant avec ces trois-là. Il n'est pas nécessaire que tous les pays soient d'accord.

M. Thórdarson : Non.

M. Fehr : Chacun des quatre pays doit approuver la loi. Par exemple, chez moi en Suisse, généralement, on interroge la Commission des affaires étrangères, ce qui vient d'être fait. Nous cherchons à nous faire donner un mandat, ou un cadre de travail pour amorcer les négociations avec l'Albanie, le Pérou et la Colombie, alors nous avons été informés, non pas de tous les détails, mais on nous a demandé « Est-ce que vous êtes prêts à faire ceci, et pensez-vous que ce soit une bonne chose? ». Ensuite, la Commission des affaires étrangères a dit « Oui, c'est bon; nous pensons que c'est une bonne chose ».

Nous avons une longue expérience de ce genre d'accords de libre-échange. Nous en avons discuté à maintes reprises, et nous avons constaté que c'est utile à notre économie, parce que nous sommes très axés sur l'exportation. En fin de compte, quand le gouvernement a achevé les négociations, il revient au Parlement, et alors, nous pouvons dire oui ou non. Nous ne pouvons pas discuter des détails. Nous pouvons poser des questions. Peut-être y a-t-il eu des négociations avec l'Égypte lors desquelles la question des droits de la personne est venue sur le tapis. Certains d'entre nous avons demandé « Pourriez-vous aussi traiter des questions de droits de la personne dans les négociations? ».

Avec le Canada, personne ne poserait ce genre de question. Pour nous, le Canada est un partenaire naturel. Ce n'est pas un pays du tiers monde, et nous ne sommes pas un pays du tiers monde, alors c'est un partenaire naturel pour les accords de libre-échange. Je pense que tout le monde, en Suisse, sera d'accord avec ce point de vue. Si un accord avec le Canada devait être proposé au Parlement là-bas, personne ne serait contre. Si un accord avec, par exemple, la Chine devait être proposé à notre Parlement, c'est certain qu'il y aurait des gens pour soulever la question des droits de la personne.

Le sénateur Di Nino : Je vous souhaite, moi aussi, la bienvenue et vous fais nos excuses pour vous avoir fait attendre.

Quelle est la population des pays de l'AELE, environ?

M. Thórdarson : Cela dépend.

Le sénateur Di Nino : Voyons — quelle est-elle aujourd'hui?

M. Thórdarson : J'espérais que vous n'alliez pas poser cette question.

Le sénateur Di Nino : Monsieur le président, je retire la question.

M. Thórdarson : Je redis la même histoire. L'un de mes amis, qui a été premier ministre de l'Islande pendant 13 ans, m'a dit que quand on me demanderait combien de personnes vivent en Islande, je devrais répondre moins d'un million, sinon ça irait mal, mais en fait, la réponse, c'est 300 000 habitants.

Le sénateur Di Nino : Je parlais des quatre pays.

M. Hansen : En Norvège, il y 4,5 millions de personnes.

M. Fehr : En Suisse, nous sommes plus de 7 millions.

Le sénateur Di Nino : Si j'ai bien compris, il y a des échanges commerciaux d'une valeur de 11 milliards de dollars entre le Canada et les pays de l'AELE. Généralement, avec le monde développé en particulier, les échanges commerciaux ne sont pas assujettis à autant de tarifs qu'à une certaine époque. Pour la plupart, il me semble que les tarifs ont été largement réduits ou même éliminés. Quelle proportion de ces 11 milliards de dollars d'échanges, d'après ce que vous savez, sont assortis de tarifs, ou d'un tarif autre que minimum? En avez-vous une idée?

M. Hansen : Je ne sais pas.

Le sénateur Di Nino : Je ne le sais pas moi non plus. Je devrais avoir ce renseignement, mais je ne me suis pas tellement bien préparé. Je m'en excuse.

M. Fehr : Je sais que, par exemple, le chocolat fait en Suisse est assorti de tarifs pour entrer sur votre marché. Peut- être la question suivante devrait-elle aussi être soulevée : quels autres échanges commerciaux pourrait-il y avoir s'il n'y avait pas de tarifs? Est-ce qu'il pourrait y avoir même plus d'échanges commerciaux? Pourrait-il y avoir plus d'avantages pour nos cinq pays s'il y avait moins de tarifs? Je ne pourrais pas répondre à cette question avec exactitude, mais je suis sûr qu'il y aurait plus d'échanges commerciaux, et plus d'avantages.

Le sénateur Di Nino : Je pose la question parce qu'il me semble que de plus en plus, ces temps-ci, les obstacles aux échanges commerciaux sont posés par la réglementation et les normes. Je me demandais si elles font obstacle aux échanges commerciaux entre les pays de l'AELE et le Canada. Vous avez donné l'excellent exemple des chocolats et de ses composantes. Avez-vous pu constater des obstacles d'une nature que l'on pourrait plus qualifier de relevant de la réglementation et des normes, dans des relations entre le Canada et l'AELE?

M. Thórdarson : Est-ce que vous parlez des obstacles techniques?

Le sénateur Di Nino : Je parle d'obstacles techniques, comme les OGM, les organismes génétiquement modifiés. Vous savez que c'est un sujet qui est beaucoup plus discuté dans les pays de l'Union européenne. Je me demandais si vous aviez constaté que c'était un obstacle aux échanges commerciaux avec notre pays.

M. Thórdarson : Comme je l'ai dit, si vous voulez des détails sur les négociations commerciales et les accords de libre-échange, malheureusement, ce n'est pas à nous qu'il faut les demander. Cependant, je sais de quoi vous parlez. C'est un sujet dominant à l'OMC et entre les pays, particulièrement les obstacles techniques de toutes sortes, et ils sont nombreux. Je ne me souviens pas avoir entendu de plaintes sur ces sujets avec les pays qui dialoguent ou négocient avec les pays de l'AELE. Bien entendu, je ne peux en être tout à fait sûr, mais je pense que si c'était un grave problème, nous en aurions probablement entendu parler, parce que nous recevons d'habitude quelques rapports sur les négociations avec chaque pays, même si, en général, nous n'entrons pas dans les détails.

Le sénateur Di Nino : D'après votre expérience avec les négociations qui se sont déroulées ces dernières années, qu'est-ce qui semble être le plus gros obstacle à l'augmentation des échanges commerciaux entre notre pays et votre groupe?

M. Thórdarson : Les négociations se poursuivent depuis neuf ans, ou c'est la neuvième année. Si j'ai bien compris, c'est la première étape dans le sens de l'accord de libre-échange. Nous avons conclu de tels accords avec d'autres pays, des pays tiers, avec lesquels nous passons à la seconde ou la troisième étape; nous essayons d'élargir nos horizons en nous intéressant à d'autres secteurs que seulement les produits. Si je comprends bien, on n'en est encore qu'à la première étape avec le Canada.

Je regrette de ne pas avoir de détails. Dans les réunions de l'AELE, quand deux parties discutent de certaines choses, on reçoit des réponses différentes sur les raisons qui font qu'on n'a pas abouti, comme on peut facilement le voir. Il suffit de voir les négociations de Doha, par exemple. Si vous posez la question aux Européens, leur réponse sera toute autre que celle des Américains.

À ce que je comprends, il y a bien des choses que nous pouvons faire pour resserrer les liens entre les pays. Ce serait certainement la première étape. J'ai d'autres idées aussi — par exemple, l'aviation. Je pense que ce serait un premier pas important. Ce serait le premier accord de libre-échange transatlantique que conclurait le Canada, et je pense qu'il resserrerait les liens entre des pays amis. Nous avons beaucoup en commun en général, et ceci augmenterait définitivement les échanges commerciaux. S'il ne le faisait pas, ce serait bien la première fois qu'un accord de libre- échange n'aurait pas cet effet.

Le sénateur Di Nino : Je suis tout à fait d'accord avec vous. Le Canada est un pays commercial. Notre PIB est énorme comparativement à la plupart des autres pays, en matière de commerce.

Il y a un autre domaine d'intérêt pour nous, et pour vous bien entendu. Je regardais les chiffres que j'ai reçus, et il semble y avoir un déséquilibre important dans les échanges entre les pays de l'AELE et le Canada en votre faveur, ce qui peut arriver. Cependant, au plan de l'investissement direct à l'étranger, nous avons fait beaucoup mieux que vous. Nous avons des investissements de vos pays qui se chiffrent à environ deux fois ce que nous avons pu investir dans les pays de l'AELE.

Avez-vous des commentaires sur les capacités de vos pays d'investir ici? Y a-t-il des obstacles que nous devrions essayer d'atténuer ou d'éliminer, afin d'attirer plus d'investissements de vos pays et de continuer à encourager nos investisseurs à aller dans votre région du globe?

M. Thórdarson : En fait, je pense que c'est tout à fait juste. Si vous regardez les chiffres de l'AELE, nous exportons plus vers vos pays que vous n'importez, mais si vous regardez chaque pays, c'est très différent. Par exemple, le Canada importe plus en Islande, même si c'est peu en comparaison, mais tout compte.

En ce moment, les banques de l'Islande cherchent à ouvrir des banques au Canada, au moins deux. Je pense, très franchement, que ce qui est le plus important, c'est de s'ouvrir à cette possibilité. Dans tous les pays de l'AELE, il y a eu des sociétés qui ont investi dans les pays de l'Europe, en l'Europe de l'Est et dans bien d'autres pays. Nous pourrions dire, tant de notre côté que, peut-être aussi, du vôtre, qu'en Amérique du Nord dans l'ensemble, il semble qu'on ne fait pas d'efforts pour faire venir des gens. Quand on parlait à vos parlementaires aujourd'hui, ils ont dit qu'il se peut qu'on ait le regard trop tourné vers l'Inde et la Chine, et cetera. C'est très important, mais il ne faut pas oublier la petite Europe qui est, après tout, une région riche où vous pouvez vendre beaucoup de produits, si cela vous intéresse.

Cet accord de libre-échange est important parce qu'il serait tellement symbolique. Il attirerait définitivement l'attention dans les médias de ces pays. Je m'exprime pour l'Islande, et mes collègues peuvent s'exprimer pour leur pays, mais il y a beaucoup d'intérêt pour les relations avec le Canada. Peut-être n'est-ce pas vraiment bon mais, avec les difficultés qu'il y a aux États-Unis, nous nous tournons vers le Canada parce que nous pensons qu'il y a des possibilités et que quelque chose est en train de s'ouvrir.

M. Heeb : J'aimerais ajouter que le libre-échange a beaucoup apporté à l'Europe. Ainsi, nous avons appris différents goûts, appris à consommer de la pizza italienne et de la choucroute allemande, et cetera. Nous avons appris beaucoup ensemble. Je pense que cela nous a permis de comprendre différentes cultures et d'autres économies, aussi. Avec ces négociations, l'AELE et le Canada essaient de créer la même plate-forme. Je pense que ce serait une chance fantastique de nous comprendre, entre l'Europe et l'Amérique.

Le sénateur Andreychuk : Je me rappelle quand les négociations ont été amorcées, et qu'on a été portés à regarder au-delà de l'Europe, pour diversifier et trouver un terrain commun, des possibilités communes et on s'est mis à piétiner. C'est devenu plus, je dirais, comme des négociations bureaucratiques, où je pense que vous avez peut-être été préoccupés par l'Europe tout comme nous, en plus de continuer d'être préoccupés par les États-Unis.

Qu'est-ce qui a donné cet élan politique maintenant, qui vous a amenés ici, vous a poussés à vous engager et à tourner votre attention sur ici, alors que nous semblons, comme vous l'avez fait remarquer, chercher des débouchés ailleurs, notamment en Chine, en Inde, et vous avez parlé aussi de l'Équateur? Est-ce une manière d'attirer notre attention sur l'Europe? Y a-t-il pour nous quelque avantage concurrentiel en Europe? Y a-t-il quelque avantage concurrentiel pour vous à conclure un accord avec le Canada, pour vous tourner ensuite vers les États-Unis?

M. Thórdarson : Je pense que vous avez raison. Nous faisons partie du marché intérieur en Europe, alors vous aurez accès à ce marché si vous concluez un accord avec l'AELE. Vous entrerez alors dans l'espace Économique européen. De la même manière, nous gagnerions probablement accès à l'ALENA, si l'AELE conclut un accord avec le Canada.

Depuis deux ou trois ans, nous avons été très proactifs. Un grand intérêt s'est manifesté, dans nos pays, pour les progrès des négociations, et je me souviens que le seul accord de libre-échange qui ait suscité des questions à mon Parlement est celui avec le Canada. Quand allons-nous finir par conclure cet accord avec nos amis du Canada?

Nous songeons à vous rendre visite depuis quoi? Trois, quatre ans? Nous sommes enfin ici et l'apprécions, et nous sommes heureux de constater qu'il y a des endroits plus froids que l'Islande.

Le président : Oui, mais c'est un froid sec.

M. Thórdarson : Mais des gens chaleureux.

Le sénateur Andreychuk : Pourriez-vous décrire l'avantage qu'auraient, selon vous, vos pays à venir au Canada, à part nos échanges commerciaux immédiats? Nous en avons une idée, particulièrement moi, au sujet de l'Islande, grâce à l'un de nos collègues, le sénateur Johnson, qui nous parle beaucoup de l'Islande. Quel avantage y aurait-il pour vous à venir ici, et éventuellement aux États-Unis? Est-ce que vous y voyez un avantage pour vous, ou est-ce encore que ce que fait l'Europe, vous le faites, en ce qui concerne les États-Unis?

M. Thórdarson : Non. Comme je l'ai dit, tout accord de libre-échange crée des occasions ou des débouchés pour les gens et les sociétés de chaque pays. Je ne sais pas si un grand pays peut s'en sortir sans libre-échange, du moins pas pour longtemps; il ne peut être prospère. Il n'y a aucune chance qu'un petit pays puisse fonctionner sans libre-échange, alors nous essayons de conclure le plus grand nombre possible d'accords de libre-échange. Avant l'avènement du libre- échange, nous étions le pays le plus pauvre de l'Europe, et maintenant nous sommes l'un des plus riches.

Je vois beaucoup de possibilités pour tous les pays de l'AELE, particulièrement, quand je regarde la situation selon la perspective de l'Islande, parce que la distance est très grande, mais nous avons beaucoup en commun. Nous avons des liens avec le Canada, et les rapports que nous avons liés avec le Canada suscitent un vif intérêt. Jusqu'ici, cela a été bon pour les affaires. Si nous pouvions stimuler ces affaires, il y aurait encore bien plus de possibilités.

Le président : Merci. Je n'ai pas d'autres demandes d'intervention ou commentaires des sénateurs, alors je vais poser une dernière question à la délégation. Il s'agit de la perspective et des conseils dont vous pouvez faire part au comité au sujet de votre commerce et d'autres relations avec nos amis de la Russie. C'est un peu en dehors du sujet, parce qu'il ne s'agit pas de l'AELE en tant que telle, mais nous faisons tous partie du monde plus vaste de ceux qui essaient de gérer les relations politiques, commerciales et énergétiques. Je serais très intéressé à connaître votre point de vue sur les relations qui sont en train de se créer dans le Nord de l'Europe, en particulier, et sur nos amis de la Russie et les perspectives à long terme d'un cadre de référence économique stable, ou sur certaines des difficultés et les défis dont vous aimeriez peut-être nous parler. Ainsi pourrions-nous profiter de vos connaissances plus directes du sujet, en raison de la géographie.

M. Thórdarson : C'est une grosse question. Nous savons tous l'importance de bons rapports avec la Russie, et nous connaissons aussi les problèmes. Nous pourrions dire qu'il n'y a pas toujours la même notion du respect des règles établies et appliquées dans le monde des affaires, entre les pays. Il arrive qu'ils aient d'autres idées de la manière dont les choses devraient se faire. En ce qui concerne l'énergie, les enjeux de la sécurité ont suscité un vaste débat sur la meilleure façon de procéder.

J'aimerais penser qu'une plus grande coopération dans le domaine commercial et d'autres serait favorable à un climat de sécurité qui soit le meilleur possible. C'est une question complexe. Peut-être pourrions-nous nous réunir dans quelques semaines pour ne discuter que de ce sujet. Plus les relations sont développées entre pays occidentaux, et plus nous avons d'échanges commerciaux avec la Russie, plus il sera possible d'avoir de bons rapports entre ces pays, ce qui revêt une importance énorme pour chaque pays, particulièrement pour notre petit pays de l'Islande et pour sa voisine, la Norvège.

M. Hansen : C'est vraiment une grande question, et je ne suis pas expert du sujet. La Norvège est d'avis qu'il est particulièrement important de trouver le moyen de coopérer avec la Russie pour ce qui concerne l'exploration de la mer Baltique, pour l'exploitation pétrolière et gazière. Nous nous préoccupons particulièrement des normes de forage, et cetera, d'une perspective environnementale, parce que c'est tellement important. Peut-être la meilleure chose que nous puissions faire est de travailler ensemble, non seulement la Norvège, le Canada et l'Union européenne, mais aussi la Russie, pour les rassembler autant que possible dans un même cadre. Si nous collaborons avec eux, vous collaborez avec eux et les États-Unis aussi, peut-être alors pourraient-ils jouer avec nous, alors je pense que nous devrions tous coopérer. C'est peut-être le meilleur conseil que j'ai à donner.

M. Fehr : Je suis tout à fait d'accord. Votre question est des plus intéressantes. Je ne peux pas vous donner des conseils, mais je peux vous dire que c'est un débat continu en Suisse. Par exemple, la Commission des affaires étrangères a récemment décidé de faire son voyage annuel en Russie parce qu'il se passe bien des choses. On ne sait pas vraiment ce qui arrivera après le président Poutine, après les élections de 2008. Aussi, nous avons vu grandement évoluer les relations entre notre voisin du nord, l'Allemagne, et la Russie, et devenir plus réalistes depuis que l'ex- chancelier Schroeder a laissé sa place à la chancelière Merkel. Il y a toujours un gros problème de droits de la personne en Tchétchénie, auquel le Canada s'intéresse toujours vivement. La Russie est un peu comme une boîte noire, mais peut-être vaut-il mieux parler à une boîte noire, parce qu'on a au moins l'assurance qu'elle n'explosera pas. Nous devrions dialoguer.

Si les Suisses parlent de relations avec un pays comme la Russie, c'est une relation plus rationnelle. Cependant, s'ils parlent de relations avec un pays comme le Canada, c'est très différent parce que 36 000 Suisses vivent au Canada. Le Canada est un grand investisseur dans un pays sûr qui se préoccupe de l'environnement et des droits de la personne. C'est tout à fait différent. Pour les politiciens suisses, la Russie reste une boîte noire.

Le sénateur Mahovlich : Nous faisons beaucoup d'affaires avec la Russie — le hockey. Cela va très bien. L'un de nos plus grands joueurs de hockey canadiens était originaire de l'Islande. Il s'appelle Frank Frederickson, et c'est un parent du sénateur Janis Johnson. Il est au Temple de la renommée du hockey et un grand héro au Canada. Si vous avez l'occasion d'aller à Toronto, ne manquez pas de faire un tour au Temple de la renommée.

M. Thórdarson : Est-ce qu'il a joué avec les Falcons?

Le sénateur Mahovlich : Je crois que c'est possible, mais vous en saurez plus si vous allez au Temple de la renommée.

Le sénateur Di Nino : J'ai un commentaire, très rapidement, aux fins du compte rendu : le Canada a été le grand gagnant dans ses relations avec les pays de l'AELE au plan du capital humain, notamment avec 36 000 Suisses. Combien y a-t-il au Canada de gens originaires de la Norvège?

M. Hansen : Il y a 330 000 Norvégiens.

Le sénateur Di Nino : Nous vous remercions pour cet important investissement que vous avez fait dans notre pays. Non seulement y est-il apprécié, mais il a été avantageux pour nous.

Le président : C'est un honneur pour nous que vous soyez venus à cette réunion du comité aujourd'hui. Nous apprécions votre patience. Nous espérons que les bureaucrates, qui en principe relèvent de nous, concluront une entente rapidement pour que notre Parlement puisse envisager le plus tôt possible de passer à l'étape suivante dans ce qui est une relation stratégique et commerciale importante pour le Canada avec vos pays. Nous vous remercions infiniment d'être venus.

La séance se poursuit à huis clos.