Délibérations du comité sénatorial permanent des
Langues officielles

Fascicule 11 - Témoignages du 12 février 2007


OTTAWA, le lundi 12 février 2007

Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit aujourd'hui à 16 h 5 pour étudier, afin d'en faire rapport de façon ponctuelle, l'application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que des règlements et instructions en découlant, au sein des institutions assujetties à la loi.

Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.

[Français]

La présidente : Chers collègues et invités, bonjour et bienvenue à cette réunion du Comité sénatorial permanent des langues officielles. Je m'appelle Maria Chaput, et je suis la présidente du comité. Je viens du Manitoba.

Avant de donner la parole aux témoins, permettez-moi de vous présenter les membres du comité. Vous avez, à ma droite, le sénateur Claudette Tardif, de l'Alberta et, à ma gauche, le sénateur Gerald Comeau, de la Nouvelle-Écosse.

Aujourd'hui, nous poursuivons notre étude sur l'application de la Loi sur les langues officielles. Plus spécifiquement, notre comité s'intéresse présentement à la prise en compte des langues officielles dans l'organisation des Jeux olympiques de Vancouver 2010.

[Traduction]

Nous recevons aujourd'hui des représentants du Comité paralympique canadien, que nous avons invités à comparaître pour discuter de la prise en compte des langues officielles dans l'organisation des Jeux paralympiques d'hiver de 2010.

[Français]

Pour représenter le Comité paralympique canadien, nous recevons le directeur des communications, M. Phil Newton et la gestionnaire des communications, Mme Sophie Castonguay. Je vous souhaite la bienvenue.

[Traduction]

Vous disposez de 10 à 12 minutes pour faire votre déclaration liminaire, après quoi, les sénateurs vous poseront des questions. Vous avez la parole.

Phil Newton, directeur des communications, Comité paralympique canadien : Je vous remercie de l'occasion qui m'est offerte de prendre la parole devant vous aujourd'hui. L'emploi des deux langues officielles est une dimension importante de la défense de notre cause et c'est pourquoi c'est un plaisir d'en discuter avec vous aujourd'hui.

S'agissant du mouvement paralympique canadien dans son sens le plus large, je dirais que nous sommes à la recherche d'une victoire pour la dignité et la valeur humaines au nom du segment de la population qui, grâce à l'appui du gouvernement du Canada, ne sera pas laissé à l'abandon. Nous prenons ce rôle très au sérieux et nous savons que pour le remplir avec efficacité nous devons agir dans les deux langues officielles. D'entrée de jeu, je tiens à vous assurer que nous n'agissons pas ainsi uniquement parce que c'est la loi. C'est pour nous un impératif.

Je vais commencer par un peu d'histoire. Le mouvement a pris naissance immédiatement après la Seconde Guerre mondiale quand un médecin, qui avait quitté l'Allemagne nazie pour gagner l'Angleterre, Ludwig Gutman, a créé un programme de réadaptation fondé sur les sports pour les soldats grièvement blessés qui rentraient chez eux. Le sport était pour lui un élément essentiel de thérapie physique et mentale. Depuis, un véritable mouvement mondial s'est développé sous les auspices du Comité international paralympique, qui sanctionne le Comité paralympique canadien de la même façon que le Comité international olympique sanctionne le Comité olympique canadien. Nous travaillons sous ses auspices.

Le Canada est un chef de file du monde paralympique. Nous ne nous contentons pas de remporter des médailles; nous sommes au premier rang des défenseurs des objectifs du mouvement au Canada et dans le monde. À Vancouver, le Canada a déjà établi de nouvelles marques en matière de parité avec les Jeux olympiques en hissant les drapeaux ensemble — le mouvement est présenté comme les Jeux olympiques et paralympiques. Ce travail se fait au nom de nos athlètes mais aussi de tous ceux au Canada qui ont un handicap quelconque. J'ai toujours plaisir à rappeler aux gens que tous nous serons handicapés un jour. Il ne s'agit pas seulement de ceux qui sont en fauteuil roulant.

Notre mission est essentiellement de préparer l'équipe en vue des Jeux, mais nous sommes une association fondée sur un mouvement en ce sens que nous voyons le travail que nous faisons pour le compte des handicapés au Canada comme ayant un large impact social.

L'organisation est divisée en trois : la division de l'équipe, axée sur la haute performance, qui se consacre à la constitution des équipes et à leur participation aux Jeux; une division de développement, qui se charge du développement du sport à la base chez les personnes handicapées — à des fins de loisirs ou de compétition; et une division des communications, qui cherche à accroître la visibilité.

La principale différence entre les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques, c'est que la visibilité des Jeux olympiques est quelque chose que la division des communications gère. Pour le sport paralympique, c'est quelque chose que nous avons à créer. Ce n'est pas en tête de priorité des agences de nouvelles au Canada et nous devons donc travailler dur pour l'obtenir. Le gouvernement du Canada est indissociable de l'effort de visibilité du sport paralympique au pays et nous lui en sommes très reconnaissants. Il n'a eu de cesse d'accroître son engagement au fil des années et Sport Canada est un de nos parrains indéfectibles. Nous sommes aussi commandités par un certain nombre d'organisations du secteur privé et je peux dire avec plaisir que le nombre de nos commanditaires augmente. Le mouvement est en meilleure forme aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été au pays. Nous attendons avec impatience les Jeux de 2010, qui marqueront un tournant puisque c'est la première fois que les Jeux paralympiques se tiendront au Canada.

En ce qui concerne l'organisation des Jeux, nous sommes un partenaire du Comité d'organisation des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver, et l'un de nos membres siège au conseil d'administration du COVAN. L'équipe des communications du CPC travaille aussi en partenariat avec celle du COVAN.

Nous avons notre propre politique linguistique, ce qui signifie que le CPC est bilingue en ce sens que toutes les communications sont présentées dans les deux langues officielles et que toute la gestion des équipes est dans les deux langues officielles. Beaucoup des membres de notre équipe viennent du Canada francophone. Certains des grands noms du monde du sport paralympique, comme Chantal Petitclerc, viennent du Canada français. Le CPC se présente immédiatement dans les deux langues officielles. Nous ne préparons pas un communiqué dans une langue pour attendre trois jours une traduction. Ils sont présentés simultanément.

C'est pour nous un impératif, pas seulement parce que c'est obligatoire. En termes de sensibilisation, de visibilité et de leadership de la part des médias, le Canada français est loin devant le reste du Canada dans sa reconnaissance du sport paralympique. C'est le principal marché et le principal auditoire pour le développement du sport paralympique au Canada. Le Canada français exige ce que nous avons à offrir plus que le reste du Canada. Pour ce qui est de la reconnaissance qui sera obtenue aux Jeux paralympiques de Vancouver, je dirais que la sensibilisation au Canada français va se faire non seulement à cause de la politique sur les langues officielles, mais à cause de la motivation et de l'intérêt des gens qui habitent au Canada français.

Mme Sophie Castonguay est responsable des communications de langue française au Comité paralympique canadien. Nous jugeons la question suffisamment sérieuse pour attribuer les responsabilités regroupées au sein de la division des communications à une seule personne. Mme Castonguay se charge des communications à l'externe et à l'interne pour le site Web et pour les communications avec l'équipe, qui sont d'une grande importance, parce que nous offrons tous nos services à l'équipe dans les deux langues officielles.

[Français]

Sophie Castonguay, gestionnaire, Communications, Comité paralympique canadien : Madame la présidente, en ce qui concerne les Jeux paralympiques, le fait que les athlètes représentent l'essence même de l'équipe canadienne, il nous fait plaisir d'offrir les services aux entraîneurs et aux athlètes dans les deux langues officielles. Même les bénévoles sélectionnés et les personnes qui oeuvrent au sein de l'équipe canadienne sont bilingues.

Dans le cas où il est impossible de trouver une personne bilingue, on s'assure que l'équipe soit bilingue et qu'un soutien soit disponible dans les deux langues officielles. Un athlète ou un entraîneur peut demander des informations ou des services dans la langue de son choix. C'est quelque chose qu'on a toujours tenu à faire et je crois que les athlètes sont bien servis.

Bien sûr il y a toujours place à l'amélioration et c'est avec l'expérience que vient l'amélioration. Pour ce qui est des Jeux de 2010 qui se tiennent au Canada, les deux langues officielles sont l'anglais et le français. On est donc certains que tout se déroulera en français et en anglais.

J'aimerais faire un petit commentaire suite à la lecture de votre documentation. Je lisais que le français et l'anglais étaient les deux langues officielles des Jeux olympiques. En ce qui concerne les Jeux paralympiques, puisque c'est une organisation qui est complètement différente, elle n'est pas tenue de commenter les Jeux en français, en anglais et dans la langue du pays. Donc, c'est l'anglais et la langue du pays.

Par exemple à Pékin, le commentateur doit faire les présentations en anglais et probablement en mandarin. Au Canada, pour les Jeux de 2010 cela ne pose aucun problème. Les deux langues officielles étant le français et l'anglais, il est évident que l'affichage des résultats se fera dans les deux langues. C'est le commentaire que je voulais apporter puisqu'il s'agit de deux organismes différents.

Étant donné que je suis francophone et déléguée du programme, je fais la supervision des communications. Et comme le disait M. Newton, tout ce que l'on fait, on est tenu de le faire dans les deux langues officielles.

Concernant la représentation au sein de l'équipe, le Québec est vraiment le leader du mouvement paralympique au Canada, avec une représentation de 20 à 25 p. 100 d'athlètes francophones au sein de l'équipe canadienne, ce qui est beaucoup.

Le sénateur Tardif : Il nous fait plaisir de vous accueillir au comité. J'ai eu le grand plaisir de connaître Mme Petitclerc qui était étudiante à la faculté Saint-Jean de l'Université de l'Alberta pendant quelques années lorsque j'étais doyenne.

J'aimerais revenir sur la distinction que vous faites entre les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques et les exigences des langues officielles. Vous dites que vous êtes des organismes complètement séparés. Donc, n'êtes-vous pas tenus en tant qu'organisme de respecter les langues officielles?

[Traduction]

M. Newton : Bien sûr, nous le faisons ici au Canada, mais ce que Mme Castonguay voulait dire, c'est que la langue officielle du Comité international paralympique est l'anglais, à la différence du Comité international olympique, où l'anglais et le français sont les langues officielles.

[Français]

Le sénateur Tardif : Il s'agit de distinctions de niveau international.

M. Newton : Oui.

Le sénateur Tardif : Au Canada, quel est votre mandat?

[Traduction]

M. Newton : Notre mandat — notre politique interne et la politique des Jeux paralympiques sont dans les deux langues officielles.

[Français]

Le sénateur Tardif : Est-ce que votre site web est en français?

[Traduction]

M. Newton : Oui, nous avons deux sites web complets, un en anglais et un en français.

[Français]

Le sénateur Tardif : Est-ce que c'est un site bilingue?

[Traduction]

M. Newton : L'internaute peut choisir la page d'accueil du CPC en français ou en anglais.

[Français]

Le sénateur Tardif : Lorsque vous dites que vous offrez le service complet des communications, vous voulez dire que tout se fait dans les deux langues officielles de façon simultanée. Quels sont les services offerts dans les deux langues aux athlètes?

Mme Castonguay : Tout ce qui est du domaine public : les brochures, les affiches, les outils promotionnels et les campagnes de publicité. C'est également tout ce qui est destiné aux médias comme les communiqués de presse et le guide d'information aux médias. Le site Internet étant un moyen de communication public, il est tout à fait bilingue.

Nous avons comme politique la diffusion de l'information en simultané et non pas deux jours plus tard. Par exemple, un communiqué de presse sera envoyé en français et en anglais afin que l'information soit disponible simultanément dans les deux langues.

Le sénateur Tardif : Quel pourcentage de votre personnel est bilingue?

[Traduction]

M. Newton : Je dirais que c'est plus de la moitié.

[Français]

Mme Castonguay : Parmi les 12 personnes, dépendant de ce que vous qualifiez de bilinguisme — un employé pouvant parler autant en français qu'en anglais ou répondre à des questions et les comprendre, — je dirais huit à dix personnes sur 12 peuvent le faire.

La présidente : Afin de clarifier davantage, j'aimerais ajouter une question à celle du sénateur Tardif. Vous êtes tous deux des représentants du Comité paralympique canadien. Si je comprends bien, le site web du Comité paralympique canadien est disponible dans les deux langues officielles du Canada et si le Comité international paralympique n'a pas un site dans les deux langues officielles du Canada, c'est parce qu'il est international; la langue d'usage est l'anglais.

Mme Castonguay : Exactement.

La présidente : Maintenant, quand on pense aux Jeux paralympiques de Turin, quelle est la langue officielle à Turin?

Mme Castonguay : L'italien.

[Traduction]

M. Newton : L'anglais et l'italien.

[Français]

La présidente : Donc, l'utilisation de la langue française aurait été plutôt limitée lors de ces Jeux.

[Traduction]

M. Newton : C'était limité sauf pour le Canada.

La présidente : Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là?

M. Newton : Toutes nos communications en direction du Canada étaient en français et en anglais.

[Français]

Mme Castonguay : Au comité d'organisation, le pays hôte doit tenir ses communications en anglais et dans la langue officielle du pays. Donc, dans ce cas-ci, à Turin, c'est en anglais et en italien.

La présidente : En ce qui concerne les Jeux olympiques, un Grand Témoin de la Francophonie, Mme Lise Bissonnette, a témoigné devant nous, est-ce que nous ne devrions pas avoir également un Grand Témoin de la Francophonie pour viser les Jeux paralympiques?

Mme Castonguay : Je sais que l'étude de Mme Bissonnette a porté sur les Jeux olympiques. Pour ce qui est du CIO, les langues officielles sont l'anglais, le français et la langue du pays. Aucune étude n'a été faite sur les langues officielles au Comité paralympique international, parce que dans la constitution du Comité paralympique international, il est clairement dit que l'anglais est la langue d'usage, ainsi que l'allemand parce que le bureau est situé en Allemagne. Les communications à l'interne se font en allemand. Mais le choix de l'utilisation d'une autre langue repose sur le choix du Comité organisateur lorsque celui-ci organise les Jeux dans son pays. Pour Pékin, ce sera l'anglais et le mandarin, par exemple. C'est pour cela que ce sont deux organisations différentes, soit le CIO et le CIP. Ils ont deux constitutions différentes.

La présidente : Vous l'avez bien expliqué. Merci beaucoup.

Le sénateur Champagne : C'est bien dommage que l'on retrouve une différence aussi importante entre le CIO et le CIP puisqu'en fait, au départ, c'est quand même — j'allais dire une aile — une suite des Jeux olympiques. C'est dommage qu'on ait choisi de ne pas garder cet élément qui faisait du français et de l'anglais les deux langues officielles des Jeux olympiques, en y ajoutant bien sûr la langue du pays hôte. Peut-être que monsieur Newton pourrait nous dire à quelle porte nous devrions frapper pour suggérer gentiment mais fortement au CIP de faire en sorte que le français redevienne une langue que l'on utilise régulièrement lors des Jeux paralympiques, tout comme aux Jeux olympiques.

[Traduction]

M. Newton : Autrement dit, pour obtenir le parallélisme des deux Jeux. Sir Philip Craven est le président du Comité international paralympique et M. Xavier Gonzalez en est le directeur général. Ils sont à Bonn, en Allemagne.

C'est l'histoire et la tradition à l'œuvre. Je ne veux pas parler au nom du CIP, mais je vais vous donner un indice. Le développement du mouvement olympique est associé de près à la France et c'est pourquoi le français s'est implanté dans le mouvement olympique.

Le sénateur Champagne : Il est également vrai que, pendant ces années surtout, le français était parlé sur tous les continents. Le français était la deuxième langue en Russie et au Brésil.

M. Newton : C'est juste. Le CIP, lui, s'est toutefois développé plus tard, dans les années 1960 et 1970. Il a choisi l'anglais pour langue de travail, étant entendu que les langues des pays d'accueil seraient aussi employées. À cause de ce problème de langue au CIP, rien n'empêche de présenter les Jeux dans les deux langues officielles au Canada. Ce sont nos langues officielles à nous et c'est dans ces langues que les Jeux seront présentés.

Le sénateur Champagne : Qu'en est-il de la télédiffusion des Jeux? Même si sur le terrain les langues seront sans doute l'anglais et le mandarin, sera-t-il possible de voir ces Jeux sur un réseau français?

M. Newton : Tout à fait — si Radio-Canada achète les droits de radiodiffusion et est présente aux Jeux.

Je vais vous expliquer le mécanisme. Le Comité international paralympique vend les droits de radiodiffusion des Jeux paralympiques tout comme le Comité international olympique vend les droits de radiodiffusion des Jeux olympiques. Les pays du monde se font concurrence pour l'achat des droits de télédiffusion.

Au Canada, cela a toujours été CBC et Radio-Canada. Je présente un mémoire à la commission qui examine Radio- Canada et je dis qu'elle devrait continuer à le faire, que c'est un excellent rôle à jouer pour Radio-Canada. Mon argument, c'est que le sport amateur en général et les Jeux paralympiques en particulier devraient être couverts par Radio-Canada à cause du mandat social qu'elle a, de l'appui qu'elle reçoit du gouvernement fédéral et du peu de stations commerciales sur le marché qui sont conscientes de l'auditoire qui existe pour le sport paralympique même si partout dans le monde, en particulier en Europe, il existe actuellement des ligues professionnelles. Le samedi après-midi en France, vous pouvez regarder du basket-ball en fauteuil roulant ou des cyclistes aveugles présentés de manière passionnante. C'est du vrai sport et c'est vraiment excitant. Pas la moindre concession n'est faite au handicap des sportifs. Après les avoir regardés 30 secondes, vous oubliez leur handicap.

Le sénateur Champagne : Au Québec, avec Chantal Petitclerc et André Viger, nous savons très bien combien cela peut être passionnant. Assurez-vous seulement de leur faire plaisir en leur parlant dans la langue de leur choix.

M. Newton : Sur ce point, s'occuper des sportifs est tout à fait essentiel au succès de l'équipe. La question de la langue est primordiale. Comment peut-on s'occuper d'eux si on ne s'adresse pas à eux dans leur langue? Cela va sans dire.

[Français]

Mme Castonguay : Le pays qui achètera les droits de télévision pour les Jeux olympiques de 2010 obtiendra dans le forfait les droits de diffusion pour les Jeux paralympiques d'hiver, sans avoir à débourser de supplément. Ce qui n'est pas le cas pour 2008 ou les Jeux précédents. CBC devait acheter les droits pour ce qui est des Jeux olympiques et refaire une autre offre s'il était intéressé à acheter les droits pour les Jeux paralympiques.

Pour ce qui est de Vancouver 2010, le consortium obtiendra gratuitement les droits de diffusion pour les Jeux paralympiques. C'est déjà une étape de franchie, ils n'ont pas à débourser de supplément. Il faut alors voir quelle sera la couverture médiatique. Mais étant donné que les Jeux seront au Canada, et que nos athlètes d'hiver font toujours excellente figure à ces Jeux, je crois que l'on aura une très bonne couverture médiatique. Mais c'est toujours en pourparlers avec CTV et le consortium.

Le sénateur Comeau : Je crois que lors de la comparution de CTV devant notre comité, on a peut-être négligé de leur demander leurs intentions concernant la couverture des Jeux paralympiques. On devrait peut-être les inviter à revenir pour entendre leur réponse, parce qu'il serait très important de s'assurer que les deux langues officielles sont respectées parce que l'on veut voir les Jeux paralympiques en français, dans la mesure du possible.

J'aimerais connaître la mécanique par laquelle les gens deviennent des athlètes paralympiques. Est-ce qu'ils commencent par participer à des Jeux régionaux et, de compétition en compétition, arrivent aux Jeux paralympiques? En d'autres mots, comment est-ce qu'ils se rendent à Vancouver?

[Traduction]

M. Newton : C'est un sport différent en ce sens que le chemin qui mène aux Jeux et les sports sont développés inégalement au pays. Par exemple, le hockey sur luge est bien ancré en Ontario et dans l'ouest du Québec et il commence à l'être en Colombie-Britannique en prévision des Jeux. Mais il y a un grand trou au milieu que nous aimerions remplir, en particulier dans les Prairies, qui sont folles de hockey. Pourquoi ça ne l'est pas? C'est une bonne question.

Au Québec, le développement est poussé pour à peu près chaque sport paralympique, et c'est la même chose en Ontario. Comme je l'ai dit, la Colombie-Britannique arrive sans doute en troisième place au pays, et l'Alberta en quatrième. Il y a aussi des rencontres régionales, en été et en hiver.

Le sénateur Comeau : J'essaie de me souvenir si je connais un sportif paralympique qui vient de Nouvelle-Écosse.

M. Newton : Je suis certain qu'il y en a.

Le sénateur Comeau : C'est peut-être quelque chose qu'il faut examiner si l'on veut obtenir une bonne couverture partout au pays, si nos Olympiens de Nouvelle-Écosse, par exemple, peuvent joindre un club qui leur permettra d'aller aux Olympiques.

M. Newton : Pour ce qui est du développement du sport, la principale mesure qui doit être prise et la principale suite des Jeux de 2010 que nous espérons, c'est la création d'un système de sports paralympiques au Canada. Nous travaillons avec Sport Canada dans ce but. Ce que j'entends par là, c'est un système qui assure la relève, qui va des jeux d'enfants et des loisirs jusqu'au podium. Actuellement, ça n'existe pas.

La forme sous laquelle le système existe — et c'est une bonne chose — c'est le leadership exercé par chaque organisation sportive nationale. Hockey Canada a une branche paralympique ou de hockey sur luge. C'est intégré et c'est une bonne chose. Cela signifie que les sportifs jouent au hockey et que les entraîneurs et les joueurs échangent. Pour ce qui est du développement du système, en ce qui concerne le hockey, Hockey Canada joue un rôle de chef de file tout comme le fait Canada alpin pour le ski de descente et Ski combiné nordique Canada pour le ski de fond.

Le système est bien développé dans certaines régions et inexistant dans d'autres. Il est très important d'avoir un système uniforme partout au pays. Nous parcourons le pays pour discuter avec les gouvernements provinciaux parce qu'il n'y a pas que le gouvernement fédéral qui ait un rôle à jouer.

Pour ce qui est de la couverture, c'est Radio-Canada qui a joué le rôle de chef de file jusqu'à présent. Le transfert à CTV nous inquiète un peu. Nos craintes ont toutefois été apaisées par les affirmations ferventes des cadres de CTV que Vancouver bénéficiera de la meilleure couverture des Jeux olympiques de tous les temps. C'est ce qu'ils nous ont dit. Je dois me fier à leur parole. Ils ont l'air très enthousiaste à propos des Jeux. Ils ont aussi vu le caractère unique et la passion suscitée par les Jeux olympiques et en ont parlé. Je suis certain qu'ils songent à la commercialisation lorsqu'ils tiennent ces propos parce qu'il y a là un marché. Il s'agit de convaincre une grande partie du monde des sports qu'il y a bien là un marché.

Comme média, notre plus gros défi est de convaincre les journalistes sportifs d'assister aux Jeux. Une fois sur place, c'est toujours la même chose : ils n'en reviennent pas. Sauf qu'il faut parfois les y traîner.

Le sénateur Comeau : Quand les gens parlent des langues officielles, ils disent que le Québec est la patrie du français et que le reste du pays est la patrie de l'anglais. Faites-vous preuve de sensibilité; pour être plus précis, êtes-vous sensibles à l'existence de francophones hors Québec?

M. Newton : Cela transparaît non seulement dans la façon dont nous faisons notre travail de communication mais aussi dans le fait que beaucoup de nos sportifs francophones viennent d'ailleurs que du Québec. Nous avons des Métis francophones de la Saskatchewan et des francophones qui vivent en Colombie-Britannique. Notre équipe reflète le Canada et les sportifs viennent de partout au pays.

Le sénateur Comeau : Vous êtes un partenaire du COVAN. Vous êtes en partenariat avec les Olympiques canadiennes depuis des années et j'imagine que vos rapports de travail sont excellents.

M. Newton : Nous partageons les mêmes locaux.

Le sénateur Comeau : Estimez-vous que jusqu'à présent les choses se passent bien au COVAN?

M. Newton : Tout à fait. Contrairement aux comités organisateurs précédents, ils ont pris des mesures au nom du mouvement paralympique qui ont innové sur le plan de la parité des Jeux paralympiques et des Jeux olympiques. Par exemple, ils se désignent sous le nom de Comité des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver, ce qui est extrêmement important, parce qu'il s'agit de deux choses différentes.

Pour ce qui est des langues officielles, tout ce qui a été fait et tout ce qu'ils font est dans les deux langues officielles. Les rapports de travail sont excellents. Ils sont en train de se développer actuellement, au fur et à mesure, parce que nous en sommes encore au stade de formation et ils se concentrent surtout sur la construction actuellement. Au fur et à mesure que nous nous rapprocherons des Jeux, nos relations vont devenir de plus en plus intimes, jusqu'à ce que nous soyons là sur le terrain.

Le sénateur Comeau : De toute évidence, il vous faudra des bénévoles. Êtes-vous en train d'en recruter provenant des deux communautés linguistiques? Les bénévoles se joignent-ils à vous?

M. Newton : Tout à fait. C'est intéressant. Nous travaillons étroitement avec les organismes nationaux du sport, les ONS. Il y a toute une liste de choses que nous essayons de les amener à faire — à cause de leurs différences. Ils sont comme des planètes différentes. Ils ont différentes capacités. Certains d'entre eux n'ont pas de divisions de communications et nous essayons d'amener chacun d'eux à en avoir une. Nous essayons de nous assurer que chaque organisme est entièrement bilingue. Une fois que ce sera fait, nous avons une équipe école de bénévoles sur place, parce que nous développons des gens qui connaissent les membres de l'équipe au sein des divisions de communications des ONS qui sont aussi bilingues. C'est essentiellement notre équipe école.

D'ici à 2010, ça ne sera sans doute pas complet, et nous allons donc regarder à l'extérieur, comme nous l'avons fait par le passé. Bien avant les Jeux, huit ou dix mois avant, nous lançons un appel aux bénévoles, et les postes sont généralement comblés six mois avant les Jeux et les bénévoles travaillent avec nous, vont aux séances d'orientation de l'équipe et font tout en préparation pour les Jeux.

Le sénateur Murray : Je reviens aux questions du sénateur Comeau au sujet de la collaboration entre votre organisation et, dans le cas du COVAN, à l'échelle internationale, est-ce que le CIP a des représentants au conseil du CIO, par exemple?

M. Newton : Je n'en suis pas sûr. Oui, ça doit, parce qu'il y a du financement dans les deux sens entre les deux, et qu'il y a des accords de partage des fonds.

Le sénateur Murray : Le CIP n'est pas considéré comme sa simple ramification, n'est-ce pas?

M. Newton : Pas du tout. C'est un organisme indépendant qui a ses propres statuts et sa propre histoire; sa mission est tout à fait différente. Notre mandat comporte une dimension sociale et c'est tout à fait différent.

Le sénateur Murray : Mais les Jeux ont lieu au même moment?

M. Newton : Au même endroit, oui. Les Jeux paralympiques ont lieu dix jours après les Jeux olympiques, dans les mêmes installations. Vous avez des skieurs aveugles — et c'est beaucoup plus excitant — qui dévalent les mêmes pistes que les skieurs olympiques.

Le sénateur Murray : C'est merveilleux et cela fait énormément pour démythifier ce que l'on entend par handicapé.

M. Newton : Précisément. C'est la beauté du message. Oui, c'est passionnant et oui, c'est du sport.

Le sénateur Murray : Combien de pays seront représentés aux Jeux paralympiques?

Mme Castonguay : À Turin, il y avait une quarantaine de pays.

[Français]

Mme Castonguay : C'est beaucoup moins que pour les Jeux d'été.

Le sénateur Murray : Combien de moins?

Mme Castonguay : À Athènes, 140 pays étaient inscrits, mais vraiment représenté aux Jeux, entre 130 et 140 pays différents. Donc, 40 pays pour ce qui est des Jeux d'hiver.

[Traduction]

Le sénateur Murray : Et combien de sports y a-t-il aux Jeux paralympiques?

M. Newton : À combien de jeux êtes-vous allée, Sophie?

Mme Castonguay : Deux.

[Français]

Aux Jeux d'été, il y a 19 sports au programme alors que pour les Jeux olympiques d'hiver, il y a quatre sports au programme et cinq épreuves. On appelle « ski nordique » les épreuves de ski de fond et de biathlon. Les cinq disciplines sont le ski alpin, le ski de fond, le biathlon, le hockey sur luge et le curling en fauteuil roulant qui a fait ses débuts à Turin en mars 2006.

Le sénateur Murray : Combien y a-t-il d'athlètes?

Mme Castonguay : Pour l'équipe de Turin, je crois qu'il y avait 35 athlètes et deux guides. Soit un guide pour le ski alpin. Les skieurs non-voyants skient avec un guide. On a un skieur non-voyant accompagné de son guide pour le ski alpin et le ski de fond. Les guides reçoivent aussi une médaille

Le sénateur Murray : Vous parlez de 35 athlètes du Canada. Mais somme toute, pour les 40 pays en liste, combien y a-t-il d'athlètes?

Mme Castonguay : À peu près 500 athlètes au total. Ce sont des Jeux beaucoup plus modestes que les Jeux d'été. Les principales raisons justifiant qu'il y ait moins d'athlètes au Jeux paralympiques d'hiver sont les suivantes : l'hiver peut incommoder certaines personnes en fauteuil roulant qui ont de la difficulté à sortir de la maison ou à se rendre à la pente de ski, le manque d'accessibilité au chalet et aux salles de bain et le coût de l'équipement. Ce sont des causes à caractère plus social. Le chiffre 35 peut paraître petit, par contre le système sportif canadien commence à développer plus sur le plan local et récréatif.

Au Québec seulement, il y a maintenant 23 centres de ski qui possèdent de l'équipement adapté. Alors une personne en fauteuil roulant peut skier avec ses enfants et ses petits-enfants, louer de l'équipement et les services d'un entraîneur ou d'un moniteur.

Le sénateur Champagne : C'est ce que fait madame le lieutenant-gouverneur du Québec.

Mme Castonguay : Exactement. Elle donne beaucoup d'argent pour l'achat de ces équipements. Il y a quelques années, seulement un ou deux centres de ski alpin avait cet équipement. Aujourd'hui, au Québec, il en existe 23 qui sont adaptés. C'est une très grande amélioration.

Le sénateur Murray : Des 40 pays qui seront représentés dans les compétitions, savez-vous combien de pays francophones y sont représentés?

Mme Castonguay : C'est une bonne question. Je le sais pour la France parce que c'est une très grosse équipe et ils sont très forts en ski nordique. J'y vais vraiment de mémoire. Je ne pourrais pas vous dire.

Le sénateur Murray : Pour les Jeux d'hiver, il est probable que les pays d'Afrique n'y soient pas.

Mme Castonguay : C'est cela.

Le sénateur Murray : Les pays africains sont-ils là pour les Jeux d'été?

Mme Castonguay : Oui.

[Traduction]

M. Newton : Il y a deux questions reliées à ceci. Les Jeux paralympiques sont encore en période de croissance et de différenciation. Je veux dire par là que nous avons appris à organiser les rencontres pour qu'elles soient plus compétitives. Il y a aussi le développement d'un plus grand nombre de sports. Par exemple, en été, l'aviron, qui pourrait être un sport idéal pour quelqu'un de handicapé, pourrait s'ajouter. En hiver, le bobsleigh et la luge et peut- être la planche à neige et le patinage de vitesse sont autant de sports où il pourrait y avoir de nouveaux sportifs paralympiques. Du côté des Jeux d'été, l'équipe compte entre 150 et 200 sportifs, des Canadiens. Il y a à peu près 2 000 sportifs partout dans le monde.

Je veux vous donner une idée de la façon dont ça fonctionne et de ce que fait le CIP pour promouvoir le sport dans le monde. Les pays en développement, évidemment, ont beaucoup plus de mal que les pays avancés à constituer et financer une équipe paralympique.

Il y aura un échange d'équipement et d'expertise avec les nations en développement. L'Afrique ne sera pas oubliée. Pour ce qui est de votre question sur le français, il y aura beaucoup plus d'athlètes francophones aux Jeux d'été qu'aux Jeux d'hiver. En effet, les anciennes colonies françaises seront bien représentées.

Le sénateur Murray : D'où émane le financement?

M. Newton : Ce sont les différentes nations qui sont responsables du financement. Le CIP joue un rôle sur le plan de l'encouragement, mais les fonds dont il dispose sont nettement moins importants que ceux de l'organisation olympique internationale.

Le sénateur Murray : En ce qui a trait à la tenue des Jeux à Vancouver, comment tout cela sera-t-il financé?

M. Newton : Grâce aux commanditaires fédéraux, provinciaux et du milieu des affaires, en plus du financement accordé par le Comité olympique. En d'autres termes, les commanditaires contribuent des sommes importantes et, en contrepartie, ont leur mot à dire quant au déroulement et à la gestion des Jeux.

Le sénateur Murray : Vous parlez des Jeux paralympiques?

M. Newton : Non, je ne parle pas des Jeux paralympiques mais des Jeux olympiques. Il faut se rappeler que les athlètes des Jeux paralympiques utilisent les mêmes installations que les athlètes olympiques.

Le sénateur Murray : Je vais maintenant m'écarter un peu de la question de la langue à proprement parler, tout en vous promettant de ne pas trop insister, pour vous demander si vous avez des rapports avec d'autres organisations ou décideurs qui représentent les personnes handicapées au Canada?

M. Newton : Tout à fait. À tous les niveaux. De façon générale, on peut dire que nos membres sont les organisations, sportives ou autres, qui représentent les personnes handicapées au Canada. C'est de ces membres qu'est constitué le Comité paralympique canadien. Il s'agit d'une organisation assortie d'un conseil dont les administrateurs sont élus par ces mêmes membres.

Le sénateur Murray : Participez-vous d'une manière ou d'une autre à l'élaboration de recommandations ou à l'étude des politiques gouvernementales relatives à ces personnes et aux différents ministères concernés?

M. Newton : Oui. Conformément à notre mandat, nous nous intéressons à la santé, à la forme physique et aux personnes handicapées et à tous les aspects gouvernementaux qui ont un lien avec ces questions.

Le sénateur Murray : Dans le cadre des Jeux, nous allons accueillir des athlètes venant d'un grand nombre de pays différents. Avez-vous eu, ou pensez-vous qu'il y aura des problèmes d'immigration avec les autorités canadiennes?

M. Newton : Ce n'est pas quelque chose à laquelle nous nous sommes intéressés. Il s'agit d'une question qui relève davantage du COVAN parce que notre principale responsabilité, c'est l'équipe canadienne et pas tellement le déroulement des Jeux.

Le sénateur Murray : Vous dites donc que c'est le COVAN qui s'occupera des athlètes qui viennent des divers pays, pas votre organisation?

M. Newton : C'est exact.

Le sénateur Murray : Bon, je n'irai pas plus loin. Il y a bien d'autres questions que j'aimerais aborder, mais ce sera pour une autre fois et pour d'autres témoins.

M. Newton : Nous sommes à votre entière disposition.

Le sénateur Murray : Je vous en remercie.

[Français]

Le sénateur Tardif : À part le Comité paralympique canadien, il y a aussi des organismes nationaux de sport. Vous avez indiqué que le Comité paralympique canadien était complètement bilingue et que les services étaient offerts dans les deux langues officielles. Les organismes nationaux de sport offrent-ils également des services dans les deux langues officielles, et si oui, quels sont-ils?

[Traduction]

M. Newton : Je suis heureux que vous ayez posé cette question parce que je participe à l'heure actuelle à l'élaboration d'une stratégie de communications visant à sensibiliser les organismes nationaux de sport à l'importance de promouvoir activement les sports paralympiques. Les sports sont intégrés. Il y a des divisions de communications qui travaillent beaucoup pour promouvoir, par exemple, le hockey amateur, ce qui profite à Hockey Canada, mais pas tellement le hockey paralympique. En fait, je n'aurais pas dû citer Hockey Canada parce qu'ils font la promotion du sport paralympique. Je vais éviter de nommer des organisations en particulier.

Il est important d'examiner la qualité du matériel de communications en français. En effet, si leur politique est de communiquer avec les francophones, on découvre, en fouillant davantage pour déterminer par exemple si les communiqués de presse sont publiés en français et en anglais simultanément, que la situation pourrait être améliorée. Il suffit de connaître un peu les médias pour savoir qu'un communiqué de presse présenté deux jours après l'événement en question n'a strictement aucune valeur. Si la version française se fait attendre pendant deux jours en raison de problèmes de traduction ou de manque de capacité, il est clair que ça pose problème.

[Français]

Le sénateur Tardif : Cela renforce l'idée que je me faisais de certains organismes nationaux de sport qui n'offrent pas des services dans les deux langues officielles, particulièrement sur le plan des communications. Y a-t-il des personnes qui peuvent travailler avec les athlètes?

[Traduction]

M. Newton : Il y a des différences marquées entre les différents organismes, comme je l'ai dit, on parle de cultures, d'histoire, et de niveaux de financement qui sont très différents. Certains ont plus de financement que d'autres.

[Français]

Le sénateur Tardif : Il y aurait alors beaucoup de différences entre un organisme national de sport et un autre face à leur engagement à la dualité linguistique, même s'ils sont chapeautés par le Comité paralympique canadien qui est complètement bilingue?

[Traduction]

M. Newton : C'est exact. Pour que vous compreniez dans quelle mesure nous sommes différents des organismes nationaux de sport, je vous dirais qu'ils sont responsables de l'épanouissement des équipes dans un domaine sportif donné. Nos rapports avec eux se limitent à la persuasion et à l'influence. On ne peut exercer d'influence directe. Les équipes ne relèvent de nous que pendant les deux semaines que durent les Jeux. En d'autres termes, nous formons les équipes, fournissons les équipements aux athlètes, assumons leur transport et organisons leur performance aux Jeux. Ce sont les organismes nationaux de sport qui sont responsables des coupes mondiales et des autres événements sportifs qui ont lieu entre les Jeux. Bien qu'il y ait une distinction à faire, il faut que nous travaillions ensemble.

Il y a autre chose, par rapport à leur financement. Souvent, ces organismes n'ont pas les mêmes commanditaires que nous. Ainsi, la visibilité de ces organismes est une question qui se négocie prudemment pour éviter tout conflit en matière de promotion entre les différents commanditaires. Ce qui veut dire qu'entre les Jeux, nous devons nous faire oublier pendant que Canada Alpin ou Athlétisme Canada et leurs commanditaires, qui sont différents des nôtres, s'affichent parce qu'il ne faudrait pas qu'on nous associe à leurs commanditaires à eux. Voilà pour ce qui est de l'influence qu'on peut exercer.

[Français]

Le sénateur Tardif : Et les commanditaires, par exemple, n'exigeraient pas nécessairement l'affichage dans les deux langues officielles?

[Traduction]

M. Newton : Pas nécessairement; ça dépend du commanditaire. Je ne suis pas certain de pouvoir vous répondre de façon générale. Ce qui est clair, c'est que nos commanditaires exigent et apprécient que tout se fasse dans les deux langues officielles.

[Français]

Le sénateur Tardif : Ce n'est pas le cas pour les organismes nationaux du sport qui ont des compétitions sur le plan nationale aussi bien sur le plan internationale.

Mme Castonguay : La politique de bilinguisme de chaque fédération varie d'une organisation à l'autre. S'ils avaient une politique de bilinguisme écrite, probablement que cela les amènerait à prodiguer plus de services dans les deux langues officielles.

Le sénateur Tardif : Je remarque justement qu'il y a en 2006, une politique sur le sport pour les personnes ayant un handicap, mais dans cette politique, on ne fait pas mention d'exigences en matière de langues officielles. C'est regrettable.

La présidente : J'aurais une observation à faire sur la dernière question du sénateur Tardif. Ces commanditaires sont importants parce qu'ils donnent des sommes substantielles et que les athlètes en ont besoin afin de participer aux Jeux. Alors si un commanditaire arrive et fait sa publicité uniquement en anglais, il n'y a aucun problème. Si on avait un gros commanditaire venant du Québec, est-ce que ce commanditaire pourrait faire sa publicité uniquement en français? Est- ce que c'est le commanditaire lui-même qui décide ou est-ce que la politique s'applique de façon différente?

[Traduction]

M. Newton : C'est une bonne question. Selon notre politique, bien sûr, la communication se fait dans les deux langues officielles. Par contre, nous avons des commanditaires nationaux présents au Québec. Par exemple, l'un de nos commanditaires, Rona, a des programmes de marketing distincts pour le Québec et pour le reste du Canada.

Nous n'avons pas beaucoup d'influence sur les activités de promotion de nos commanditaires. En effet, c'est une décision qui leur revient entièrement. Nous nous contentons de coordonner la participation des athlètes et de formuler des suggestions portant sur la meilleure façon de présenter les sports paralympiques. Pour ce qui est des programmes de marketing, on ne nous demande pas ce qu'on en pense et nous n'avons pas notre mot à dire.

[Français]

La présidente : J'aimerais vous remercier tous les deux. Vous avez très bien répondu à nos questions et de mon côté, j'ai appris beaucoup de choses aujourd'hui, pas nécessairement ce que j'aurais voulu entendre, mais c'est une réalité.

[Traduction]

M. Newton : C'est nous qui vous remercions.

[Français]

La présidente : Nous allons suspendre la réunion pour quelques minutes et nous reprendrons nos travaux à huis clos dans quelques minutes.

La séance se poursuit à huis clos.