À propos du Sénat

Le Canada, une monarchie constitutionnelle

Le Canada, une monarchie constitutionnelle
Emblème du Sénat

Depuis 1534, date de la prise de possession du Canada par le roi de France, l'histoire de notre pays a été marquée par le règne d'une succession ininterrompue de souverains, tant français que britanniques, qui ont eu une influence continue sur le développement de notre pays.

Sous la Couronne, le Canada s'est d'abord développé comme colonie de deux empires, au début française, puis britannique, ensuite comme dominion autonome, et maintenant, comme un pays entièrement souverain. La Couronne occupe une place centrale dans notre Parlement et notre démocratie fondée sur la primauté du droit et le respect des droits et libertés. Elle incarne la pérennité de l'État et constitue le principe organique de son unité institutionnelle. La Couronne est à la tête de chacune des trois branches du gouvernement : de l’Exécutif dont le premier ministre est le conseiller principal; du Législatif qui reconnait la Couronne comme partie constitutive du Parlement, agissant avec le consentement du Sénat et de la Chambre des communes; et du Judiciaire puisque toutes les décisions des cours de justice pénale sont rendues au nom de la Reine.

La caractéristique la plus importante de la monarchie constitutionnelle canadienne a été sa faculté de s'adapter aux conditions particulières de l'évolution du Canada en tant que pays souverain. Dans le foyer du Sénat et le salon de la Francophonie sont exposés les portraits des rois et des reines au nom de qui les lois ont été et continuent d'être édictées.

1534
Fleur de lys

François Ier

François Ier

Roi de France de 1515 à 1547
Portrait * : d'après Titien (v. 1820)

François 1er fut le premier roi de France à encourager les explorateurs à mener des expéditions au Nouveau Monde. En 1533, il signe un traité avec l'Espagne et le Portugal qui accorde à la France le droit de naviguer dans les territoires ne figurant sur aucune carte. Vivement intéressé à trouver une route vers la Chine, François 1er finance personnellement l'expédition de Jacques Cartier, capitaine de Saint-Malo. En avril 1534, Jacques Cartier débarque à Gaspé où il est accueilli par les Autochtones et revendique la possession du Canada au nom du roi de France. Les premières tentatives d'établissement des Français, en 1541-1543 à Québec, se soldent par un échec. Les hivers rigoureux déciment les premiers colons, secourus finalement par les Autochtones. En septembre 1543, le premier Viceroy du Canada, Jean-François de la Roque, Sieur de Roberval, rentre alors en France. La route vers la Chine reste introuvable.

1574
Fleur de lys

Henri III

Henri III

Roi de France de 1574 à 1589
Portrait * : École de François Clouet (v. 1580)

Pendant ses 15 ans de règne, Henri III multiplia les initiatives pour affirmer la souveraineté française sur la Nouvelle-France. En mars 1577, il signa un édit royal octroyant à Troilus de Mesgouez, un favori d’origine bretonne, le mandat de « s’approprier au nom du Roi de France de toutes ces terres nouvelles et d’y construire des forteresses pour les occuper et conserver sous sa protection. » Le 3 janvier 1578, Henri III signe un second édit faisant de Troilus de Mesgouez « notre gouverneur et notre Lieutenant général et Viceroy des dites terres-neuves et pays qu’il prendra et conquestera… ». De Mesgouez devint ainsi le second Viceroy du Canada. Malgré ses efforts à satisfaire l’ambition du roi, il n’eut jamais le succès escompté. En dépit de ces revers, Henri III persiste à encourager l'exploration et le développement de ses territoires du Nouveau Monde. En 1588, il renouvelle ainsi au neveu de Jacques Cartier, Jacques Noël, le privilège d’exploitation de la pêche, des fourrures et des mines en Nouvelle-France. De Mesgouez sera reconfirmé dans ses fonctions de Viceroy du Canada par Henri IV en 1598.

1589
Fleur de lys

Henri IV

Henri IV

Roi de France et de Navarre de 1589 à 1610
Effigie en bronze * : d'après Barthélemy Tremblay (v. 1830)

Henri IV, malgré la désapprobation de ses ministres, en particulier du duc de Sully, décide de financer à même ses fonds l'expédition de Pierre Du Gua de Monts et de Samuel Champlain, en vue d'établir une colonie à l'île Sainte-Croix. En 1604, cet établissement devient la première colonie permanente d'immigrants français au Canada. Ainsi est née l'Acadie. En 1608, Champlain établit une autre colonie sur la rive nord du Saint-Laurent dans un lieu nommé Québec, qui deviendra la capitale de la Nouvelle-France, ou Canada. Habile cartographe, Champlain explore l'intérieur et la côte est du continent. Il se rend jusqu'aux Grands Lacs et longe toute la côte de ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Angleterre. Il défend les intérêts de la colonie auprès du roi, colonie dont il a fait son pays d'adoption. Il comprend que l'enracinement des nouveaux Canadiens est impossible sans l'appui des Autochtones. Il conclut la paix avec eux et participe à leurs expéditions. Il est considéré comme le «Père de la Nouvelle-France».

1610
Fleur de lys

Louis XIII

Louis XIII

Roi de France et de Navarre de 1610 à 1643
Portrait * : atelier de Philippe de Champaigne (v. 1630)

Louis XIII, fils d'Henri IV, consolide la position de la France sur les mers grâce à la mise en place d'une marine puissante. En ce qui a trait au Canada, sa politique con­siste à organiser l'administration de la Nouvelle-France. À l'initiative du cardinal de Richelieu, il octroie notamment à la Compagnie des Cent-Associés, une société privée, le mandat exclusif du commerce des fourrures, moyennant l'obligation d'établir, à compter de 1628, de 200 à 300 colons français par année le long du fleuve Saint-Laurent. Mais le peuplement est lent. Les relations avec les Autochtones se détériorent et une série d'escarmouches tient la colonie en alerte. En 1629, les frères Kirke, à la solde de l'Angle­terre, s'emparent de Québec. Les colonies au Canada seront restituées à la France par le Traité de Saint-Germain-en-Laye, signé par Charles 1er et Louis XIII le 29 mars 1632. En 1642, Maison­neuve, en compagnie d'un groupe de dévots catholiques, fonde Ville-Marie, qui deviendra plus tard Montréal.

1643
Fleur de lys

Louis XIV

Louis XIV

Roi de France et de Navarre de 1643 à 1715
Portrait * : atelier de Hyacinthe Rigaud (v. 1700)

Louis XIV, surnommé le Roi-Soleil, est couronné à l'âge de cinq ans. Très tôt, en 1659, il assume personnellement la direction du déve­loppement de la Nouvelle-France. Il nomme Jean Talon intendant de la colonie et promet de lui envoyer 800 hommes par année et d'accroître le budget de la colonie à même le trésor royal. En 1663, il confie l'administration des affaires intérieures de la Nouvelle-France à un conseil souverain formé du gouverneur, de l'évêque et de cinq conseillers.

En 1664, Louis XIV impose le système juridique de la Coutume de Paris comme système de droit civil en Nouvelle-France, coutume qui sera plus tard codifiée pour prendre la forme du Code civil du Québec en 1866, à la veille de la Confédération. Il a institué l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1693, et en a remis l’insigne à plus de 250 habitants de la Nouvelle-France. La Grande Paix de Montréal, traité de paix avec la Confédération iroquoise des six nations est signée au nom du roi en 1701 et met fin aux guerres incessantes avec ces nations autochtones du continent. En avril 1713, Louis XIV signe le Traité d'Utrecht, par lequel il cède une grande partie de l'Acadie à la Grande-Bretagne afin d'obtenir en retour le trône espagnol pour son petit-fils, le prince royal.

1715
Fleur de lys

Louis XV

Louis XV

Roi de France de 1715 à 1774
Portrait * : atelier de Carle Van Loo (v. 1740)

Louis XV, comme son arrière-grand-père Louis XIV, monte sur le trône à cinq ans. Même si la France exerce alors une grande influence culturelle sur l'Europe, la monarchie est endettée et perd progressivement son autorité sur son empire colonial d'Amérique. Le développement et la défense des colonies coûtent cher au trésor royal. Les coûts d'exploitation de la forteresse de Louisbourg, en Nouvelle-Écosse, sont très élevés. Pierre de Rigaud de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, est nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1755; il est le premier Canadien à occuper ce poste. En 1758, la forteresse de Louisbourg tombe définitivement aux mains des troupes britanniques. Entre 1755 et 1763, avec l'approbation tacite de Londres, ordre est donné de déporter plus de 15 000 Acadiens vivant dans les Maritimes. Peu à peu, Louis XV perd une partie de son influence sur la gestion des affaires du gouvernement et les colonies au Canada ont peu de défenseurs influents à la Cour. Ses ministres engagent la France dans une série de conflits en Europe qui mènent à la guerre de Sept Ans et à la perte des colonies au Canada en 1760. Au cours de la bataille décisive sur les plaines d'Abraham à Québec, les deux généraux qui s'affrontent, Montcalm et Wolfe, perdent la vie. Aux termes du Traité de Paris, signé le 10 février 1763 par la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne et le Portugal, la France cède définitivement les colonies qu'elle possède au Canada à la Grande-Bretagne. C'est la fin de l'empire colonial français en Amérique du Nord.

1760
Rose Tudor

George III

George III

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1760 à 1820
Portrait : atelier de sir Joshua Reynolds (v. 1779)

Après la cession du Canada, la Proclamation royale de 1763 re­con­naît aux Autochtones leur droit de premiers occupants et leur accorde la protection royale. Sous le règne de George III, la Grande-Bretagne est confrontée à la Révo­lution américaine, qui mène à l'indépendance des États-Unis d'Amérique en 1783. Deux chefs de la Révolution américaine, George Washington et Benjamin Franklin, invitent les Canadiens à se joindre à eux; ceux-ci refusent. L'armée américaine tente alors de s'emparer du Canada en 1775 sous la conduite des généraux Montgomery et Arnold. Grâce à l'appui des Canadiens français et des Autochtones, l'invasion est repoussée. Des milliers d'Américains qui voulaient rester fidèles au roi, les Loya­listes, se réfugient dans les colonies britanniques de l'Amé­rique du Nord, faisant ainsi augmenter sensiblement la population des Maritimes, du Haut-Canada et du Bas-Canada. L'Acte de Québec, adopté par le Parlement britannique en 1774, avait reconnu entre autres aux francophones le droit à leur langue, leurs lois civiles et leur religion. L'Acte constitutionnel de 1791 dote le Haut-Canada et le Bas-Canada chacun d'une chambre d'assemblée élue. L'usage du français est reconnu dans les débats au Bas-Canada. En 1794, l'Assemblée du Haut-Canada abolit l'esclavage. Ce n'est qu'en 1834 que Londres abolira l'esclavage pour toutes les colonies britanniques.

En 1812, par suite de déclaration de guerre à la Grande-Bretagne par le Congrès américain, une seconde tentative d'invasion du Canada se produit, cette fois par les Grands Lacs et la frontière du Québec. L'attaque est repoussée par le major-général Isaac Brock, ainsi que par le lieutenant-colonel Michel de Salaberry, à la tête des Voltigeurs, milice canadienne-française, et grâce à l'appui des Autoch­­tones et de Tecumseh, chef des Shawnee.

Par le Traité de Gand, signé le 24 décembre 1814, le Canada et les États-Unis se retranchent derrière leurs frontières d'avant-guerre. Au-delà de leurs différences d'origine, de langues et de religions, les habitants du Canada ont partagé le même engagement à défendre leur pays.

N.B. : Selon la tradition orale, le portrait de George III a été offert par le souverain en guise de remerciement aux Canadiens pour leur loyauté.

1820
Rose Tudor

George IV

George IV

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1820 à 1830
Portrait * : sir Thomas Lawrence (v. 1822)

George IV succède à son père George III en 1820. Sous son règne, le Haut-Canada et le Bas-Canada connaissent une période d'accalmie, d'exploration et de développement qui voit naître un nombre important d'institutions, de banques et d'universités : l'Université McGill à Montréal et l'Université Dalhousie à Halifax. De grands travaux sont réalisés notamment le canal Rideau à Ottawa, le canal de Lachine à Montréal, la construction des fortifications de Québec et celle de l'église Notre-Dame à Montréal. La population du Bas-Canada atteint 480 000 habitants; celle du Haut-Canada, 158 000 habitants. En 1829, Westminster adopte la Roman Catholic Emancipation Act, dite «Loi sur la tolérance», alors qu'au Canada cette liberté de culte pour les catholiques avait été reconnue dès 1774.

1830
Rose Tudor

Guillaume IV

Guillaume IV

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1830 à 1837
Portrait * : gravure de Frederick Christian Lewis (1831) d'après un dessin de sir Thomas Lawrence en 1827

Guillaume IV, troisième fils de George III, est le premier membre
de la famille royale à venir au Canada en 1786. Il a alors 21 ans et est capitaine dans la marine roya­le. En 1830, il succède à son frère George IV. En 1831, la Chambre d'assemblée du Bas-Canada reconnaît aux Juifs les mêmes droits et privilèges que ceux dont bénéficient la majorité des électeurs. Leur émancipation complète, en Grande-Bretagne, ne surviendra qu'en 1858. Son règne est marqué par la réforme fondamentale du système électoral en Grande-Bretagne : la Great Reform Act de 1832 accorde le droit de vote à la classe moyenne. Cette réforme aura une influence déterminante sur l'évolution politique au Canada. La rébellion éclate en 1837, menée au Haut-Canada par William Lyon Mackenzie et au Bas-Canada par Louis-Joseph Papineau. Les deux mouvements populaires cherchent à affranchir la Chambre d'assem­blée de la tutelle du gouverneur et de ses conseillers ainsi qu'à prendre le contrôle réel du gouvernement et de la gestion des fonds publics pour le bénéfice du peuple. L'armée britannique doit intervenir pour rétablir l'ordre. La Constitution est suspendue, et les chefs de la rébellion trouvent refuge et soutien aux États-Unis.

1837
Rose Tudor

Victoria

Victoria

Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1837 à 1901
Portrait : John Partridge, 1842

Victoria succède à son oncle, Guillaume IV, alors qu'elle n'est âgée que de 18 ans. Le père de la reine Victoria, le duc de Kent, avait séjourné au Canada de 1791 à 1801 à titre de commandant des Royal Fusiliers, en poste à la garnison de Québec pendant cette période. La reine s'intéresse personnellement aux affaires de ses colonies d'Amérique du Nord. L'Acte d'Union, qui unit le Haut-Canada et le Bas-Canada pour en faire la province du Canada, à la suite du rapport d'enquête sur la rébellion de 1837 rédigé par lord Durham, reçoit la sanction royale en 1840. Cette loi ne reconnaît pas l'usage du français au Parlement. S'ouvre alors une longue période de débats et de tensions qui provoquent l'instabilité des gouvernements successifs où cohabitent les deux majorités linguistiques. En 1848, le gouverneur général du Canada, lord Elgin, reconnaît le principe du gouvernement responsable. En 1857, la reine choisit Ottawa comme capitale du Canada. En 1864, à Charlottetown puis à Québec, des représentants des Maritimes et du Canada se réunissent pour jeter les bases d'une union permanente, surtout dans le but de faire face à la guerre civile qui secoue les États-Unis et pour combler un besoin essentiel de partager les ressources pour développer le pays.

La nouvelle constitution, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique,
reçoit la sanction royale de la reine Victoria le 29 mars 1867
et prend effet le 1er juillet suivant. Ainsi, les Pères de la Confé-dération conçoivent un système fédéral unique à l'intérieur duquel la dualité de la Couronne s'incarne dans deux paliers de gouvernement, fédéral et provincial, tout à fait autonomes l'un de l'autre. Cette approche pragmatique et originale démontre comment, sous le même monarque, deux autorités législatives peuvent s'exprimer selon leur volonté propre. L'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse forment la nouvelle fédération. Le français et l'anglais sont alors reconnus comme langues d'usage au Parlement canadien. En 1870, la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest se joignent à la Confé-dération sous le nom de Territoires du Nord-Ouest. Le Manitoba se joint aussi à la fédération en 1870, la Colombie-Britannique en 1871 et l'Île-du-Prince-Édouard en 1873. La Gendarmerie royale du Canada, premier corps policier national, est fondée la même année. En 1880, les îles de l’Arctique au nord du Canada, jusque-là sous juridiction britannique, passent sous juri­diction canadienne. En 1885, la rébellion des Métis conduite par Louis Riel éclate dans l'Ouest et le gouvernement fédéral est confronté à un conflit armé; puis la question des écoles sépa­rées au Manitoba divise francophones et anglophones. En 1898, le Yukon devient un territoire au même titre que les Territoires du Nord-Ouest. Comme le Canada fait partie de l'Empire britannique, un contingent de soldats canadiens est intégré pour la première fois en 1899 aux forces armées britanniques au moment où éclate la guerre des Boërs en Afrique du Sud.

N.B. : Ce portrait a été sauvé de l'incendie à quatre reprises: deux fois lorsque le Parlement siégeait à Montréal en 1849, une fois lorsque le Parlement siégeait à Québec en 1854 et finalement lors de l'incendie du Parlement à Ottawa en 1916.

1901
Rose Tudor

Édouard VII

Édouard VII

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers de 1901 à 1910
Portrait : sir Luke Fildes, peint à l'origine en 1903

Venu au Canada en 1860, le prince de Galles qui deviendra Édouard VII a posé la pierre d'assise des édifices du Parlement. En 1901, le Canada établit son propre ate­lier pour frapper la monnaie royale. Cette année-là, le duc, futur roi George V, et la duchesse de Cornwall visitent le Canada. En 1904, le dernier Britannique à exercer la fonction de commandant en chef des troupes canadiennes quitte le pays. L'Alberta et la Saskatchewan deviennent les huitième et neuvième provinces du Canada en 1905, confirmant l'union de l'Ouest au jeune dominion et ouvrant les Prairies à l'immigration et au développement. En 1904, ils sont 135 000 immigrants; en 1911, 308 000; en 1913, plus de 400 000 immigrants s'établissent au pays, surtout dans l'Ouest. En 1909, le ministère des Affaires extérieures est créé en vue d'assurer l'initiative cana­dienne en matière de diplomatie internationale. En 1910, un projet de loi est déposé au Parlement pour créer une Marine royale canadienne.

1910
Rose Tudor

George V

George V

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers de 1910 à 1936
Portrait : sir Luke Fildes, peint à l'origine en 1913

Le règne de George V est dominé par la Première Guerre mondiale et la crise économique des années 1930. Entré en guerre le 4 août 1914 en tant que dominion de l'Empire britannique, le Canada en sort comme pays autonome, en devenant signataire, sous son nom propre, du Traité de Versailles en 1919, et membre fondateur de la Société des Nations en 1920. Soixante-mille Canadiens ont perdu la vie dans ce conflit et 200 000 autres ont été blessés. En 1919, un décret du gouverneur en conseil est soumis au roi afin que cessent d'être octroyés à des Canadiens les titres honorifiques donnés en Grande-Bretagne. En 1921, le roi George V accorde au Canada des armoiries qui lui sont propres. La feuille d'érable devient donc le symbole du pays et le rouge et le blanc ses couleurs officielles. En 1923, le Canada signe, de sa propre autorité, avec les États-Unis le Traité du flétan, son premier traité signé sans l'intermédiaire de la Grande-Bretagne. En 1924, le « pavillon rouge avec les armes canadiennes dans le battant » (Red Ensign), est reconnu comme drapeau du Canada. En 1926, à la Conférence impériale de Londres, les dominions britanniques s'entendent pour former le Common­wealth et jeter les bases de leur égalité politique face à la Grande-Bretagne, égalité confirmée par le Statut de Westminster (1931). À compter de 1927, le gouvernement canadien maintient des contacts directs avec le gouvernement britannique sans l'intermé­diaire du gouverneur général. En 1935, la Banque du Canada lance ses opérations comme banque centrale du gouvernement. Au même moment, la crise économique ouvre la voie aux mesures sociales destinées à favoriser le bien-être de tous les Canadiens.

1936
Rose Tudor

Édouard VIII

Édouard VIII

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers de janvier à décembre 1936
Portrait * : photolithographie de Carl Vandyk (1936) Londres, d'après une photo de 1922

Le prince de Galles, futur Édouard VIII, sert entre autres en Flandres lors de la Première Guerre mondiale avec le Corps expéditionnaire cana­dien. À l'occasion de sa première visite au Canada, en 1919, il pose la première pierre de la tour de la Paix de l'actuel Parlement, reconstruit après l'incendie de 1916. Charmé par les paysages de l'Ouest et l'esprit d'indépendance de ses habitants, il acquiert un ranch à Pekisko, en Alberta. Il y séjournera à plusieurs reprises. Il sera le seul monarque à posséder une propriété personnelle au Canada. Sous son court règne, du 20 janvier 1936 au 10 décembre de la même année, le Canada signe un accord commercial avec les États-Unis et procède à l'émis­sion, par la Banque du Canada, des premiers billets de banque bilingues. En juillet 1936, le roi inaugure sur la crête de Vimy, en France, le Monument commémoratif du Canada rendant ainsi hommage aux 60 000 soldats canadiens qui ont donné leur vie pour libérer l'Europe lors de la Première Guerre mondiale.

Édouard VIII abdique en faveur de son frère Albert, qui deviendra George VI.

1936
Rose Tudor

George VI

George VI

Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers de 1936 à 1952
Portrait : d'après sir Gerald F. Kelly par Robert Swan, 1955

À peine trois mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, le roi George VI et la reine Élisabeth (la future reine-mère) visitent le Canada d'un océan à l'autre. George VI devient ainsi le premier souverain ré­gnant à fouler le sol canadien. À l'occasion de cette visite, il accorde la sanction royale à plusieurs projets de loi dans la salle du Sénat et procède au dévoilement du Monument commémoratif de guerre à Ottawa. La Reine Élisabeth pose la première pierre du nouvel édifice de la Cour suprême.

En septembre 1939, le Canada entre officiellement dans la Seconde Guerre mondiale quelques jours après la Grande-Bretagne, suite à un court débat au Parlement. La conscription est imposée en 1942 après un référendum national qui divise profondément le pays. Au total, 1 100 000 personnes, soit 10 p. 100 de la population canadienne de l'époque, participent à l'effort de guerre. Pendant la guerre, les insignes royaux, dont la couronne de St-Édouard, la couronne impériale et le sceptre, de même que les réserves financières de la Grande-Bretagne, sont conservés au Canada.

En 1945, le Canada devient membre des Nations Unies. L'année suivante, le Parlement adopte la première loi sur la citoyenneté canadienne, qui reconnaît la primauté de la citoyenneté cana­dienne sur la qualité de sujet britannique. En 1947 sont émises les lettres
patentes supplémentaires qui reconnaissent au gouverneur général l'exercice de la majorité des prérogatives de la Couronne. Cette même année, George VI abandonne son titre d'empereur des Indes et devient chef du Commonwealth, soulignant ainsi l'indépendance politique des anciennes colonies et la fin de l'Empire britannique. Les appels au comité judiciaire du Conseil privé à Londres sont abolis en 1949 et la Cour suprême du Canada devient le tribunal de dernière instance pour le Canada. En 1949, après un référendum, Terre-Neuve se joint à la Confé­dération, concrétisant ainsi la devise canadienne : A Mari usque ad Mare - D'un océan à l'autre.

1952
Feuille d'érable

Élisabeth II

Élisabeth II

Reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, depuis 1952
Portrait : Lilias Torrance Newton, 1957

Élisabeth II devient reine le 6 février 1952. En 1953, une loi cana­dienne, la Loi sur la désignation et les titres royaux, lui confère formellement le titre de reine du Canada. En tant que chef d'État du Canada, la reine est représentée par le gouverneur général. Vincent Massey fut le premier Canadien nommé à ce poste en 1952. Élisabeth II manifeste son attachement envers le pays à l'occasion de ses 22 visites au Canada à titre de Reine. En 1957, elle est la première souveraine à présider l'ouverture du Parlement. En 1959, elle inaugure, avec le président Eisenhower, la Voie maritime du Saint-Laurent. La même année, Georges Vanier devient le premier gouverneur général francophone. En 1965, l'unifolié est adopté comme drapeau national. La reine participe aux célébrations du centenaire de la Confédération en 1967 et prend le titre de souveraine de l'Ordre du Canada, nouvellement créé. En 1969, la Loi sur les langues officielles fait du français et de l'anglais les deux langues officielles du Canada. La reine proclame l'ouverture des XXIes Jeux olympiques à Montréal en 1976. L'année suivante, en raison d'une modification à la Loi sur la citoyenneté, les Canadiens ne sont plus considérés comme des sujets britanniques. En 1980, le Ô Canada est reconnu par une loi comme hymne national. Le 20 mai 1980 a lieu le premier référendum du Québec sur la séparation de la province du reste du Canada.

Deux ans plus tard, le 17 avril 1982, la reine promulgue la Loi constitutionnelle de 1982, qui comprend la Charte canadienne des droits et libertés, la reconnaissance des droits des peuples autochtones, le caractère multiculturel de la société canadienne et le rapatriement des pouvoirs constitutionnels d'amendement jusque-là réservés à Westminster. Avec ce rapatriement sont réaffirmées la primauté de la règle de droit ainsi que la souveraineté du peuple canadien sur ses institutions et sa constitution. En 1999, le Territoire du Nunavut est créé. Le 12 octobre 2003, la gouverneure générale en conseil, au nom de Sa Majesté, proclame le 28 juillet de chaque année la « Journée de commémoration du Grand Dérangement » des Acadiens, en 1755. Depuis janvier 2005, les lettres de créance et de rappel sont désormais adressées directement au gouverneur général. Ce changement a auparavant été approuvé par la Reine.

La Reine, qui maîtrise les deux langues officielles, demeure associée aux événements marquants de la vie du pays et est respectueuse des choix qui façonnent l'avenir du Canada. En 2012, le pays a célébré le Jubilé de Diamant de Sa Majesté, Élisabeth II, Reine du Canada.

* Portraits donnés au Fonds Canadiana par l'honorable Serge Joyal, sénateur

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