Trésors Parlementaires - Regard sur les Archives du Sénat du Canada

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Les transports

Le préambule de cette loi d’intérêt privé prévoit que les personnes nommées à l’article 1 seront constituées en personne morale pour la construction d’un chemin de fer interocéanique reliant l’Est du Canada et la Colombie-Britannique.

Les réseaux de transport sont l’armature qui assure la cohésion du Canada. Habitant la plus grande région de l’Amérique du Nord, les Canadiens ont besoin de transports sécuritaires, efficaces et confortables, tant pour l’approvisionnement en biens que pour leurs déplacements personnels.

Régulièrement, les sénateurs et les députés viennent des quatre coins du pays se rassembler à Ottawa pour débattre des affaires nationales. Le Nouveau-Brunswick est bien plus près d’Ottawa que ne l’est la Colombie-Britannique, mais un bon réseau de transport peut faire en sorte que les déplacements d’un parlementaire de Vancouver à Ottawa sont plus rapides et plus confortables qu’un voyage de la péninsule acadienne à la capitale. En outre, en raison des conditions météorologiques difficiles et de la faible population du Canada par rapport à son territoire, le seul maintien d’un réseau de transport minimal peut s’avérer être un projet coûteux. Le pouvoir de légiférer en matière de transports au Canada est divisé entre le Parlement fédéral et les législatures provinciales; la coopération est donc de mise pour obtenir les meilleurs résultats. Les transports terrestres, aériens et maritimes sont essentiels à la société et à l’économie du Canada.

Les transports terrestres : l’ère des chemins de fer

La Colombie-Britannique a décidé de se joindre à la Confédération en 1871 à la condition que l’on construise un chemin de fer transcontinental, et sir John A. Macdonald, le tout premier premier ministre du Canada, estimait qu’un tel chemin de fer était essentiel à la cohésion de la nation canadienne. Une décennie plus tard, en 1881, la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique (CFCP) a été incorporée afin de commencer la construction de la ligne ferroviaire transcontinentale. Le chemin de fer Canadien du Pacifique a été construit entre 1881 et 1885, reliant la vallée du bas Fraser, à l’ouest, à la baie Georgienne et à la vallée de l’Outaouais, à l’est. Le premier crampon a été enfoncé à l’est à Callander Station en Ontario (renommé Bonfield en 1886). Le dernier crampon, quant à lui, a été enfoncé à Craigellachie, en Colombie-Britannique. Le premier train de voyageurs transcontinental a mis moins de six jours pour faire le trajet. Il est parti de la station Dalhousie à Montréal, à l’intersection des rues Berri et Notre-Dame, le 28 juin 1886, et est arrivé à Port Moody le 4 juillet. Au cours de l’année, le CFCP a déplacé son terminus de l’ouest de Port Moody à Gastown, ville qui a peu de temps après pris le nom de Vancouver. Au cours du XXe siècle, le principal concurrent du CFCP était la société des Chemins de fer nationaux du Canada, appelée Canadien National (CN). Au cours des années 1960, le CFCP a progressivement cessé ses services de transport de voyageurs et, en 1978, il a transféré les services de voyageurs qui lui restaient à une nouvelle société d’État fédérale, VIA Rail. Aujourd’hui, VIA Rail a son siège social à Montréal, au Québec, et celui du CFCP se trouve à Calgary, en Alberta.

L’honorable Donald A. Smith, administrateur de la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique, enfonce le dernier crampon du chemin de fer le 7 novembre 1885. Source : Alexander Ross / Bibliothèque et Archives Canada / C-003693
L’honorable Donald A. Smith, administrateur de la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique, enfonce le dernier crampon du chemin de fer le 7 novembre 1885. Élu en 1870 à la première Assemblée législative du Manitoba, M. Smith a été élu à la Chambre des communes en 1887 pour représenter une circonscription du Québec. En 1897, il est nommé premier baron Strathcona et Mont-Royal.
Acte concernant le chemin de fer Canadien du Pacifique, 1881
Acte concernant le chemin de fer Canadien du Pacifique, 1881

Les transports maritimes : des canots
aux paquebots

Quittant leurs foyers du centre du Québec, les coureurs des bois et les voyageurs d’antan ont dessiné la Nouvelle-France. Ils ont exploré le cœur de l’Amérique du Nord en canot, fredonnant des chansons que nous chantons encore aujourd’hui : V’la l’bon vent, C’est l’aviron, Alouette et Auprès de ma blonde. À son apogée en 1712, la Nouvelle-France s’étendait de Terre-Neuve aux Rocheuses, et de la baie d’Hudson au golfe du Mexique.

À la fin des années 1650, les commerçants français Pierre-Esprit Radisson et son beau-frère, Médard Chouart, Sieur des Groseilliers, ont appris des Cris qu’un riche territoire à fourrures gisait au nord et à l’ouest du lac Supérieur. Ils ont donc mis le cap sur le bassin supérieur des Grands Lacs. Un an plus tard, ils revenaient de leur expédition avec des fourrures d’une excellente qualité, confirmant le potentiel de la région de la baie d’Hudson. En 1670, une charte royale britannique incorporait le « Gouverneur et la Compagnie des aventuriers d’Angleterre » dans la région de la baie d’Hudson, d’où le nom usuel de la société « Compagnie de la Baie d’Hudson ». À compter des années 1680, les activités nordiques de la compagnie étaient basées à York Factory, d’où les commerçants de fourrures de la compagnie ont exploré la Terre de Rupert, la région du bassin de la baie d’Hudson qui comprend aujourd’hui les Prairies et les territoires du Nord. L’actuelle ville d’Edmonton, en Alberta, était à l’origine un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Dans l’Est, on a terminé avant la fin du XIXe siècle la construction d’un réseau de canaux à faible tirant d’eau permettant la navigation sans interruption du lac Supérieur à Montréal. La Voie maritime du Saint-Laurent, un système d’écluses, de canaux et de chenaux, permet aux navires océaniques de remonter les Grands Lacs jusqu’à Thunder Bay. La construction de canaux de plus en plus grands le long du fleuve Saint-Laurent a commencé dès 1783. Le canal Welland, qui relie les lacs Ontario et Érié, a été reconstruit entre 1913 et 1932. L’Administration de la voie maritime du Saint-Laurent a été créée par une loi du Parlement en 1951 pour diriger la construction, l’exploitation et l’entretien de la voie au Canada.

Loi sur l’Administration de la voie maritime du Saint-Laurent, 1951
Loi sur l’Administration de la voie maritime
du Saint-Laurent, 1951
Le 26 juin, la reine Elizabeth II et le président américain Dwight D. Eisenhower ont officiellement inauguré la Voie maritime. Source : Office national du film du Canada. Photothèque / Bibliothèque et Archives Canada / C-033278
Le 25 avril 1959, le brise-glace canadien NGCC D’Iberville a entamé le premier voyage
sur la Voie maritime du Saint-Laurent. Le 26 juin, la reine Elizabeth II et le président américain
Dwight D. Eisenhower ont officiellement inauguré la Voie maritime. Des cérémonies d’inauguration auxquelles ont participé la reine et le vice-président américain Richard Nixon ont été tenues
le lendemain à Massena, dans l’État de New York.

La construction de la Voie maritime du Saint-Laurent et du projet de développement énergétique a commencé en 1954, et la voie s’est ouverte à la navigation commerciale cinq ans plus tard. Faisant 3 774 km de long, la voie navigable permet à de grands navires de naviguer de l’île d’Anticosti, où le fleuve Saint-Laurent se jette dans le golfe du Saint-Laurent, jusqu’à la tête du haut du lac Supérieur. En 1998, au moyen d’une loi, on a remis l’administration de la voie maritime au Canada entre les mains d’utilisateurs de la voie et d’autres acteurs, représentés par un organisme sans but lucratif sous contrat avec le gouvernement canadien et nommé Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Les transports aériens : l’ère de l’aviation

L’avènement de l’aviation moderne au cours du XXe siècle a soulevé une question constitutionnelle au Canada : puisque la Constitution de 1867 ne contenait aucune disposition sur l’aéronautique, qui avait compétence en la matière, le Parlement fédéral ou les législatures provinciales? En 1919, le Parlement a pris l’initiative en adoptant la Loi de la Commission de l’Air. Dans une décision de 1932, le Comité judiciaire du Conseil privé à Londres a déterminé que l’aéronautique relevait du Parlement du Canada. Cette décision a été confirmée en 1952, lorsque la Cour suprême a déterminé que le secteur de l’aéronautique avait une dimension nationale et qu’elle devait continuer de relever du gouvernement fédéral afin d’assurer la paix, l’ordre et le bon gouvernement. Après la Seconde Guerre mondiale, les aéronefs ont cessé d’être des nouveautés coûteuses et sont devenus un moyen de transport essentiel. Les aviateurs canadiens qui avaient combattu pendant la guerre ont mis à profit leurs compétences en aviation en temps de paix. Tout comme le réseau ferroviaire a été essentiel à l’ouverture de l’Ouest des années auparavant, l’exploration du Nord n’aurait pu se faire sans l’avènement de l’aviation et des pilotes de brousse.

Air Canada a été fondée au moyen d’une loi en 1937 sous le nom de Lignes aériennes Trans-Canada. Aujourd’hui, près d’un milliard de voyageurs transitent par les aéroports du Canada. D’autres compagnies aériennes, aussi bien locales que nationales, assurent des liaisons qui contribuent à la cohésion du pays.

Loi de la Commission de l’Air, 1919
Loi de la Commission de l’Air, 1919
Photo de la page de signature, à la toute fin de la Loi de la Commission de l’Air de 1919
Cette photo de la page de signature, à la toute fin de la Loi de la Commission de l’Air de 1919, renseigne sur le processus législatif. Comme il s’agit d’un projet de loi de la Chambre des communes, le greffier de la Chambre atteste que les députés l’ont adopté, ont ordonné que le greffier renvoie le projet de loi au Sénat et demandent aux sénateurs de l’adopter. Le greffier du Sénat atteste que le projet de loi a été adopté au Sénat sans amendement. Puis, sur la page suivante que l’on voit repliée dans la photo, le gouverneur général atteste qu’il accorde la sanction royale au projet de loi au nom de Sa Majesté.