Le sénateur Serge Joyal questionne la ministre de l'Environnement et du Changement climatique au sujet des initiatives liées aux changements climatiques

Période des questions—L'environnement et le changement climatique

Les initiatives liées aux changements climatiques

14 décembre 2016


L'honorable Sénateur Serge Joyal :

Bienvenue au Sénat, madame la ministre. Nous ne pouvons pas sous-estimer les obstacles et les embûches qui se dresseront devant le Canada au cours des quatre prochaines années à cause de la nouvelle administration qui entrera en fonction au sud de la frontière et des personnes qui y seront responsables de la politique environnementale. Certaines d'entre elles nient l'effet des activités humaines sur l'environnement; d'autres veulent recommencer à exploiter des ressources que le Canada souhaite mettre de côté. Le gouvernement a annoncé des initiatives à ce sujet, et je les ai saluées.

Nous nous retrouvons avec une administration qui ne souhaite pas être le partenaire du Canada, maintenant que vous avez conçu, avec l'administration sortante actuelle, des initiatives visant à encourager la technologie verte, la recherche et un engagement à l'égard de l'atteinte des objectifs de la 21e Conférence des parties à Paris et à la 22e Conférence des parties à Marrakech. Comment le gouvernement canadien pourra-t-il maintenir le niveau de développement et de recherche de ces technologies vertes si l'administration américaine s'efforce d'atteindre un objectif diamétralement opposé? Le Canada devra soit mettre la pédale douce dans l'atteinte de ses objectifs, soit totalement revoir son approche concernant les moyens d'atteindre ces objectifs, qui tiennent à cœur à la majorité des Canadiens. Je n'ai pas vraiment l'impression que le gouvernement a saisi l'ampleur des défis qui nous attendent si nous souhaitons réellement maintenir et atteindre les objectifs établis par la communauté internationale, objectifs que le Canada s'est engagé à respecter.

L'honorable Catherine McKenna, C.P., députée, ministre de l'Environnement et du Changement climatique : Merci, honorable sénateur. C'est une très bonne question. Il faut évidemment collaborer avec toutes les administrations. Une nouvelle administration dirigera bientôt les États-Unis. J'étais à Washington il y a quelques semaines pour discuter avec des républicains, des démocrates, des groupes de réflexion conservateurs. Je crois qu'il vaut mieux attendre et voir ce qui se passe. Nous savons que la prochaine administration s'est engagée à l'égard de la qualité de l'air et de l'eau. Ce sont certainement des points que nous avons en commun. En matière de lutte aux changements climatiques, il y a des avantages conjoints en matière de santé.

Je crois qu'il faut garder à l'esprit un point plus vaste et très important : lorsque, il y a un peu plus d'un an cette semaine, 195 pays ont signé l'Accord de Paris, ils ont envoyé aux marchés le signal que nous nous dirigeons vers un avenir plus sain, à faibles émissions de carbone. Si on veut être bien positionné, si on souhaite créer des emplois, des emplois aujourd'hui — nous comptons 50 000 emplois dans le secteur des technologies propres, les emplois de l'avenir —, si on veut stimuler la croissance et encourager l'innovation, il faut investir dans ce domaine.

Pas plus tard que cette semaine, c'était fantastique de voir Google, Jeff Bezos, Bill Gates et plusieurs autres entrepreneurs de premier plan annoncer un fonds de 1 milliard de dollars aux États-Unis, un fonds qui investira dans des technologies propres pouvant aider des pays en développement. Environ 350 entreprises ont envoyé une lettre au président Obama et au président désigné Trump leur demandant de continuer d'appuyer l'Accord de Paris et de poursuivre la lutte contre les changements climatiques. Pourquoi? Parce que je crois qu'elles se préoccupent de nos enfants et de nos petits-enfants, mais surtout parce qu'elles ont le sens des affaires. Elles y voient une occasion d'affaires.

En fin de compte, nous devons faire ce que nous estimons être juste pour le Canada et les Canadiens, en tenant compte de la compétitivité, mais c'est une occasion à saisir. C'est la raison pour laquelle vous avez vu, avec le premier ministre, toutes les provinces et territoires, et les trois organismes autochtones nationaux dire : « Nous croyons que les changements climatiques sont bien réels. Nous savons que nous devons agir et nous allons le faire ensemble, en laissant les provinces déterminer les systèmes et les mesures qui leur conviennent, mais allant de l'avant. » C'est une chose que j'ai certainement à cœur.

Je vais continuer de collaborer avec la prochaine administration, bien entendu. Je vais collaborer étroitement avec d'autres pays, comme la Chine, qui est engagée dans la lutte contre les changements climatiques. Lorsque j'étais là-bas, la semaine dernière, mon collègue, le négociateur chinois pour la lutte contre le réchauffement climatique, a dit : « Nous allons seulement de l'avant. » Ils investissent des billions de dollars. L'ancien gouverneur de la Banque du Canada a dit de la Chine qu'elle offrait une occasion de 30 billions de dollars. Le Canada ne veut pas la manquer. C'est aussi la chose à faire pour nos enfants.

Des voix : Bravo!