COMMUNIQUÉ

Le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense

Plus de transparence sur le nouveau rôle du Canada dans les missions de paix de l’ONU réclament des sénateurs

28 novembre 2016


Ottawa – Le gouvernement fédéral doit obtenir l’approbation du Parlement avant de déployer des troupes à l’étranger et d’engager des ressources limitées pour des opérations de soutien de la paix des Nations Unies. C’est le message que des sénateurs ont tenu à envoyer aujourd’hui.

Le Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense a rendu public son rapport, Déploiements de l’ONU : Prioriser nos engagements au Canada et à l’étranger, après avoir examiné le plan de réengagement du gouvernement dans les opérations de soutien de la paix des Nations Unies.

Le gouvernement avait annoncé ce plan en mars 2016. À l’été, il s’est engagé à affecter 600 militaires, 150 policiers et 450 millions de dollars sur trois ans à une opération de l’ONU dont les détails restent encore à préciser, de même que 30 millions de dollars pour la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, en Afrique.

Le Comité est d’avis qu’il faut consulter le Parlement avant de déployer nos militaires. Dans une démocratie parlementaire, le gouvernement a l’obligation d’informer ses citoyens de la nature d’une mission proposée, en particulier ses objectifs, les risques qu’elle comporte, les règles d’engagement et les plans de retrait.

Avant que toute mission soit envisagée, les engagements en cours des Forces armées canadiennes devraient être pris en compte, y compris en matière de défense nationale et nos contributions au NORAD et à l’OTAN.

Les sénateurs sont conscients que le Canada peut potentiellement contribuer encore davantage au renforcement de la stabilité dans le monde. Le rapport mentionne d’autres domaines où le Canada peut fournir une aide utile. Ceux-ci comprennent des contributions non militaires qui renforcent la gouvernance et l’état de droit à l’étranger. L’établissement d’un centre de formation sur les opérations de soutien de la paix à l’intention des soldats, des policiers et des civils étrangers permettrait au Canada de transmettre ses connaissances et son expertise dans ce domaine.

Dans son rapport, le Comité adresse huit recommandations au gouvernement. Ces recommandations ont pu être formulées après des mois de consultations avec de hauts gradés militaires, des universitaires et des diplomates, ainsi qu’après une mission d’étude au siège de l’ONU.

Les recommandations du Comité visent à favoriser l’ouverture et la transparence des décisions gouvernementales, à faire en sorte que le Canada puisse tenir ses engagements internationaux actuels, et à intégrer davantage les femmes dans les opérations de soutien de la paix comme le prévoit la résolution 1325 de l’ONU.

Faits en bref

  • Le gouvernement fédéral a demandé au Comité d’examiner le renouvellement de l’engagement à l’égard de l’ONU dans le cadre de son étude globale sur l’examen de la politique de défense, qui fera l’objet d’un rapport ultérieur.
  • Le Canada apporte déjà une contribution majeure à l’ONU : au cours de la dernière année fiscale, il a versé environ 1,5 milliard de dollars aux programmes et aux agences de l’ONU.
  • Les femmes représentent seulement 4 % des effectifs des opérations de paix de l’ONU et 15 % de la Force régulière du Canada. La résolution 1325 de l’ONU demande aux États membres de veiller à inclure les femmes dans tous les aspects des opérations de paix.

Citations

« Engager les membres des forces militaires à servir dans des opérations potentiellement dangereuses compte parmi les responsabilités les plus graves du gouvernement. Il ne faut pas prendre ces décisions à la légère. Le Canada a beaucoup à offrir pour contribuer à la stabilité dans le monde, mais le gouvernement a le devoir d’être franc avec les Canadiens au sujet des coûts des missions de paix de l’ONU et surtout des risques que comporterait un nouveau déploiement de casques bleus. »

- Sénateur Daniel Lang, président du comité

« Depuis des décennies, le monde se tourne vers le Canada pour obtenir son aide et son appui. On nous demande à nouveau de déployer nos ressources et d’employer notre savoir-faire et notre compassion pour offrir un certain espoir à ceux qui sont aux prises avec la violence. Notre rapport décrit les nombreuses façons dont le Canada peut contribuer à faire du monde un endroit plus sécuritaire. Les Canadiens ont la volonté et la capacité de faire une différence positive tant ici qu’à l’étranger – il faut agir maintenant. »

- Sénatrice Mobina S.B. Jaffer, vice-présidente du comité

« Bien que le gouvernement n’ait pas encore cru bon d’annoncer quelle mission de l’ONU il entend soutenir, il semble probable que celle-ci se déroulera dans une région francophone de l’Afrique. Nous avons été avisés que cela pourrait alourdir le fardeau que nos unités militaires francophones doivent déjà assumer. Nous devons nous assurer qu’un meilleur soutien soit offert à nos militaires et à leurs familles avant, pendant et après leur déploiement à l’étranger. »

- Sénateur Jean-Guy Dagenais, membre du comité

Liens connexes

 

Pour plus de renseignements, veuillez contacter :

Bureau du sénateur Daniel Lang
Président du comité
(613) 947-6234
daniel.lang@sen.parl.gc.ca

Bureau de la sénatrice Mobina Jaffer
Vice-présidente du comité
(613) 992-0189
mobina.jaffer@sen.parl.gc.ca