période des questions — La sécurité publique

Le Service correctionnel du Canada--Les programmes de réhabilitation destinés aux Autochtones

17 février 2021


L’honorable Pierre-Hugues Boisvenu
[14:40]

Ma question s’adresse au sénateur Gold, le représentant du gouvernement au Sénat. Mercredi dernier, les médias nous apprenaient l’évasion du détenu David Everett Alexson du Centre de guérison Waseskun dans Lanaudière; il s’agit d’un pavillon de ressourcement dont la vocation est celle de préparer des hommes autochtones, provenant pour la plupart d’entre eux du milieu carcéral, à la réinsertion sociale. Heureusement, le criminel a été retrouvé dimanche dernier par la Sûreté du Québec.

Ce cas me rappelle beaucoup le scandale qu’avait provoqué le transfert de Terri-Lynne McClintic, l’une des meurtrières de Victoria (Tori) Stafford, dans un établissement autochtone similaire.

Avant de poser ma question, j’aimerais vous rappeler le passé criminel d’Alexson, et je cite un article de La Presse :

Il purge une peine d’emprisonnement indéterminée pour les deux chefs de meurtre au deuxième degré, mais aussi pour incendie criminel, évasion de garde légale, voie de fait contre un agent de la paix, bris de prison avec intention et introduction par effraction avec intention.

Sénateur Gold, nous savons que des centaines de délinquants s’autodéclarent Autochtones afin de bénéficier de privilèges en prison sans pour autant avoir démontré qu’ils le sont. Pouvez-vous nous indiquer si tel est le cas pour M. Alexson?

L’honorable Marc Gold (représentant du gouvernement au Sénat)
[14:41]

Merci pour la question. Je n’ai pas ce détail sur ce détenu.

Cependant, je profite de l’occasion pour souligner le travail important qui est fait au Centre de guérison Waseskun, au Québec. J’ai eu le privilège, si je peux dire, de le visiter à plusieurs reprises lorsque je siégeais à la commission et que je présidais des audiences à cet endroit. J’ai été fort impressionné par le travail effectué pour donner aux détenus une occasion de redécouvrir leurs racines et de trouver une façon de suivre le programme Red Path pour reconnaître leur culpabilité. J’avoue croire que ce programme, dans la grande majorité des cas — et grâce aux efforts des détenus et du centre —, porte ses fruits.

Le sénateur Boisvenu
[14:43]

Sénateur Gold, cette décision, si c’est le cas, représente un risque pour la communauté autochtone et la sécurité publique en général.

Dans le cas de McClintic, la communauté des Premières Nations de Nekaneet avait exprimé sa colère, car elle n’avait pas été consultée sur le transfert d’une meurtrière sur son territoire. Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, avait aussi exprimé son indignation relativement à l’attribution du statut d’Autochtone par le Service correctionnel sans vérification préalable. Le gouvernement du Canada doit admettre que l’attribution du statut d’Autochtone à un délinquant sous sa responsabilité doit reposer sur un processus rigoureux. Le processus actuel sans vérification nourrit les préjugés envers ces communautés et, pire encore, il gonfle injustement les statistiques en matière de criminalité concernant ces communautés.

Alors, sénateur Gold, comment un meurtrier aussi dangereux que cet assassin sous responsabilité fédérale peut-il se retrouver dans un centre autochtone à sécurité minimale? Le gouvernement a-t-il révisé les critères qui permettent à un dangereux criminel d’être transféré dans un établissement à sécurité minimale, comme il l’avait promis en 2018 dans le cas de McClintic?

[14:44]

Merci, cher collègue. Il faut souligner un fait qui est peut-être mal compris par ceux et celles qui nous écoutent. Peu importe le statut d’un détenu, qu’il soit Autochtone ou non, les critères pour déterminer son niveau de sécurité et les institutions auxquelles il sera envoyé sont indépendants de la question du statut.

Si quelqu’un a commis un crime horrible comme un meurtre — et il y en a trop dans notre société —, mais qu’il a travaillé sur lui-même, a complété les cours et les programmes et a réussi à convaincre les commissaires et la commission qu’il mérite que son niveau de sécurité soit changé de maximal à moyen ou à minimum, c’est ce qui compte. Les critères mettent l’accent uniquement sur la question de la sécurité du public.