Conférence

Forum des industries renouvelables

17 octobre 2017


L'honorable Sénateur Paul J. Massicotte :

Mesdames et Messieurs, bonjour.

Tout d’abord, je tiens à remercier Industries renouvelables Canada de m’avoir réinvité au forum. J’y étais déjà en novembre dernier pour parler de l’importance des biocarburants dans le cadre de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Je suis heureux de revenir aujourd’hui pour poursuivre la discussion et faire part de mon point de vue sur les outils les plus récents du gouvernement fédéral pour lutter contre les changements climatiques.

En tant que sénateur et vice-président du Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles, les changements climatiques font partie de mes principales préoccupations. Comme le savent probablement ceux qui suivent ce qui se passe sur la Colline, le comité étudie depuis quelque temps les effets de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Le rapport final, qui proposera des recommandations, devrait être présenté en juin prochain. Nous avons déjà publié deux rapports provisoires : l’un sur le secteur de l’électricité, l’autre sur les transports. Nous nous apprêtons également à en publier un autre sur l’industrie pétrolière et gazière. Ces études ont pour but de déterminer, afin d’en faire rapport, les coûts et les effets de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone pour les ménages et les entreprises du Canada et de trouver les meilleurs moyens de les réduire au minimum.

 Vous m’excuserez de commencer mon exposé par une affirmation pessimiste, mais, après avoir entendu des dizaines de spécialistes qui ont témoigné devant le comité sur cette question au cours de la dernière année et demie, je ne crois pas que le Canada – ni les autres pays d’ailleurs – puisse atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 fixés dans l’Accord de Paris. C’est également ni plus ni moins ce qu’a confirmé la commissaire à l’environnement et au développement durable dans son rapport de l’automne.

Les conséquences des changements climatiques seront donc même beaucoup plus importantes que prévu. Ce qui, bien entendu, ne devrait pas être une excuse pour baisser les bras et ne pas faire sa part pour, à tout le moins, minimiser les conséquences très graves des changements climatiques. En tant que pays responsable, le Canada doit encore faire sa juste part. C’est pourquoi j’appuie certainement les instruments de politique fédérale comme les normes sur les carburants propres et la tarification du carbone – qu’il s’agisse d’une taxe sur le carbone ou d’un système de plafonnement et d’échange. 

Si nous sommes réellement déterminés à faire la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, une hausse constante du prix sur les émissions de carbone, même au‑delà de 50 $ la tonne, est le principe fondamental de notre stratégie. Tant que les combustibles fossiles demeurent artificiellement économiques et rentables, leur utilisation augmentera. La tarification du carbone est le moyen le plus puissant pour inciter les entreprises et les consommateurs à changer leurs habitudes et leurs modes de fonctionnement et les amener à réduire leur empreinte carbone.                                                                                       

De plus, il est très clair maintenant que la tarification du carbone à elle seule ne suffira pas pour atteindre l’objectif du Canada de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Nous devons encore prendre d’autres mesures pour réduire nos émissions de 219 millions de tonnes supplémentaires par année. Voilà pourquoi les investissements dans des technologies alternatives et l’innovation, comme les industries renouvelables, sont indispensables.

La tarification du carbone stimulera bien entendu la croissance des industries renouvelables, alors que les entreprises et les consommateurs se tourneront de plus en plus vers les biocarburants. Pourvu que les biocarburants soient offerts à un prix concurrentiel, bien entendu. Je suis conscient qu’il peut être difficile d’offrir des carburants renouvelables à un prix concurrentiel, mais la hausse du prix du carbone au cours des prochaines années facilitera les choses.

C’est là où la norme sur les carburants propres devient utile. J’espère sincèrement que ses exigences pour diminuer l’intensité des émissions de carbone seront assez strictes pour favoriser une utilisation accrue des biocarburants. 

Ainsi, dans l’ensemble, la norme sur les carburants propres, combinée à l’objectif d’atteindre des réductions annuelles des émissions de gaz à effet de serre de 30 mégatonnes d’ici 2030, est sans aucun doute un bon complément à une hausse du prix du carbone. Mais, encore une fois, malgré cette norme, je crains que ce ne soit pas suffisant. 

Merci.

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