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Vers un meilleur contrôle de l’épidémie de diabète au Canada : sénatrice Mégie
30 juillet 2021
OPINIONS
image Marie-Françoise Mégie
Marie-Françoise Mégie
GSI - (Québec - Rougemont)

En juin, le Sénat a adopté à l’unanimité le projet de loi C-237, Loi prévoyant l’élaboration d’un cadre national sur le diabète, qui a été présenté par la députée libérale Sonia Sidhu, et dont j’étais la marraine au Sénat.

Mes motivations pour accepter de le faire étaient mon expérience avec le pied diabétique chez les personnes âgées, et le fait que la prévalence du diabète au Canada est en hausse. Avant la pandémie, on estimait que 50 % des jeunes adultes de notre pays allaient développer le diabète de type 2 au cours de leur vie.

La pandémie de COVID-19 a généré de nouveaux problèmes pour les personnes atteintes du diabète, mais un cadre national pourrait aider le pays à mieux contrôler l’épidémie de diabète.

Depuis le début de la pandémie, les études montrent que le diabète est l’une des principales comorbidités (en anglais seulement) associées au développement de formes sévères de COVID-19 et un facteur de risque de complications pouvant mener au décès . De plus, d’après une nouvelle hypothèse, il y aurait un lien entre la COVID-19 et le développement du diabète. Il faudra mener de plus amples recherches pour déterminer s’il s’agit d’un lien de causalité. Le Canada participe déjà au registre mondial sur les cas de diabète liés à la COVID-19. Nous devons comprendre comment le diabète se manifeste chez les patients atteints de la COVID‑19 afin de définir la meilleure approche pour les traiter et en faire le suivi. Sathish Thirunavukkarasu, qui est médecin, détenteur d’un doctorat en épidémiologie du diabète et chercheur à l’Institut de recherche sur la santé des populations de l’Université McMaster, est le référent canadien lié à l’étude mondiale. Le docteur Thirunavukkarasu a récemment déclaré à CBC News (en anglais seulement) qu’il est important de comprendre si la COVID-19 jouerait un rôle majeur dans cette épidémie de diabète.

Le diabète représente déjà 30 milliards de dollars en coûts de soins de santé au Canada. Certains rapports préliminaires montrent que nous faisons face à une hausse des complications liées au diabète en raison des perturbations dans les services de santé durant la pandémie. Par exemple, les cas d’ulcères du pied diabétique et d’acidocétose diabétique (en anglais seulement) ont augmenté à cause du manque d’accès aux soins et aux services destinés aux personnes atteintes du diabète. Il faut replacer les diagnostics, les traitements et le suivi de ces personnes sur la bonne voie.

Diabète Canada a démontré qu’en investissant 150 millions de dollars, le Canada pourrait économiser plus de 20 milliards de dollars dans le secteur de la santé et prévenir plus de 770 000 nouveaux cas de diabète. Le coût n’est pas seulement financier : il y a un coût social et humain également.

Le cadre national pour le diabète qui est prévu dans le projet de loi C-237 doit comprendre des mesures pour sensibiliser les Canadiens au diabète et au prédiabète. Nous devons aussi définir les besoins en formation, en orientation et en éducation pour les professionnels de la santé et ceux qui s’occupent de la prévention et du traitement du diabète, et notamment les lignes directrices de pratique clinique. Il faut aussi octroyer plus de fonds pour promouvoir la recherche et améliorer la collecte de données sur la prévention et le traitement du diabète.

Il ne s’agit pas de réinventer la roue. Il suffit d’étudier les cadres, les stratégies et les pratiques exemplaires qui sont déjà en place pour la prévention et le traitement du diabète, y compris les outils qui visent à réduire les inégalités en matière de santé. Finalement, l’Agence du revenu du Canada doit faire en sorte que les crédits d’impôt soient relativement accessibles et conçus pour aider le plus de personnes atteintes du diabète possible. Un cadre national pour le diabète nous aiderait grandement à y parvenir.

La santé est à la une depuis plus d’un an. C’est là une belle occasion d’inspirer des changements de mode de vie pour faire reculer le diabète au Canada. Grâce aux conférences de presse quotidiennes, les autorités de santé publique ont de plus en plus d’influence. Elles devraient réitérer les recommandations actuelles sur le diabète afin d’aider la proportion de la population canadienne (1 Canadien sur 4) qui vit avec un prédiabète ou un diabète.

Le budget fédéral de 2021 instaure un nouveau cadre national pour le diabète ainsi que de nouveaux investissements dans la recherche. Cette année marque le 100e anniversaire de la découverte de l’insuline, pour laquelle des chercheurs canadiens ont reçu le prix Nobel. Cette découverte a aidé à sauver des millions de vies. On peut espérer qu’un traitement curatif soit trouvé.


La sénatrice Marie-Françoise Mégie représente la division de Rougemont au Québec au Sénat.

Une version de cet article a été publiée dans le journal The Hill Times le 8 juillet 2021 (en anglais seulement).