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Délibérations du comité sénatorial permanent de
l'Agriculture et des forêts

Fascicule 7 - Témoignages du 20 avril 2004


OTTAWA, le mardi 20 avril 2004

Le Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts se réunit aujourd'hui à 18 h 45 pour examiner les questions liées au développement et à la commercialisation de produits agricoles, agroalimentaires et forestiers à valeur ajoutée sur les marchés national et international.

Le sénateur Joyce Fairbairn: (vice-présidente) occupe le fauteuil.

[Traduction]

La vice-présidente: Je souhaite la bienvenue aux honorables sénateurs, à nos invités et à tous ceux qui suivent nos délibérations ce soir sur Internet. Je remplace notre président, le sénateur Oliver, qui ne pouvait pas être ici aujourd'hui. Cette réunion a pour thème les questions liées au développement et à la commercialisation de produits agricoles, agroalimentaires et forestiers à valeur ajoutée sur les marchés national et international.

Ce soir, nous avons invité des représentants officiels de Atlantic Beef Producers Co-operative pour qu'ils nous donnent un aperçu des questions rencontrées par leur industrie se rapportant aux produits à valeur ajoutée et aux perspectives pour les agriculteurs.

Nous accueillons le président, M. Dean Baglole, accompagné de M. Inglis, membre du conseil d'administration. Je dois dire, messieurs, que le moment de votre venue ne peut pas être mieux choisi. La semaine dernière, nous avons soumis notre rapport spécial sur l'ESB. Au cours de ces délibérations, nous avons parlé de votre initiative sur la façon de créer dans ce pays un meilleur système pour affronter le genre de problèmes que nous connaissons depuis le mois de mai dernier, quand les Américains ont fermé leur frontière à nos bovins. Nous avons hâte de vous entendre.

M. Dean Baglole, président, Atlantic Beef Producers Co-operative: Honorables sénateurs, nous remercions le comité de nous donner l'occasion de parler ce soir. Nous vous prions de nous excuser de ne pas avoir des documents à vous remettre. Cela s'est fait de manière si impromptue.

Nous ne sommes pas sûrs de ce que vous savez vraiment à notre sujet. Si vous me le permettez, nous allons vous donner un bref aperçu de ce que nous représentons et comment notre coopérative a vu le jour.

L'Atlantic Beef Producers Co-operative compte plus de 190 producteurs de bovins dans les trois provinces Maritimes qui se sont associées à un détaillant, Co-op Atlantic, dans un projet de construction d'un abattoir pour faciliter les activités de leur industrie et répondre à leurs besoins dans les Maritimes. Cette initiative a été prise avant le 20 mai. Nous y avons travaillé pendant un an avant cela, bien que l'ESB ait considérablement changé les règles du jeu.

Nous avons commencé avec une marque de boeuf qui était exclusive aux provinces Maritimes. Cette marque, Atlantic Tender Beef Classic, a été introduite afin d'essayer de commercialiser un produit local dans les magasins. À cette époque, des épiceries du Canada atlantique ne vendaient pas de viande de boeuf produit localement. Nous avions une usine de transformation à Moncton, au Nouveau-Brunswick où les bovins étaient transformés. Cette installation a changé d'orientation quand elle a été vendue à Maple Leaf Foods qui a abandonné le secteur du boeuf. Il ne restait plus aux producteurs que d'envoyer leurs bovins en Ontario puisque c'est l'endroit le plus proche. Cela ne nous convenait guère puisque nous avions déjà une marque que nous avions prévue de commercialiser avec les détaillants. Dans les provinces Maritimes, les consommateurs cherchaient le produit. Nous avons dû transporter nos bovins sur pied jusqu'en Ontario puis se faire livrer la viande.

Nous avons lancé le projet de construction d'une usine de transformation du boeuf. Au sein du partenariat, l'Atlantic Beef Producers Co-operative était le producteur. Les producteurs sont entrés en jeu en amassant des fonds et ils ont pu en investir suffisamment pour devenir les principaux actionnaires de cette usine et, notre associé détaillant, Co-op Atlantic, sera un plus petit actionnaire.

Nous pensions qu'il était nécessaire de créer quelque chose dans les Maritimes qui nous permettrait de survivre. L'industrie du boeuf dans les Maritimes est une industrie de 100 millions de dollars à la ferme. Sans une usine de transformation locale, nous pensions qu'il y aurait de très grande perte d'emploi dans ce secteur.

L'accès au marché a été l'une des choses qui nous a intéressé dans l'idée de construire une usine avec un détaillant. Auparavant, en tant que producteurs, nous vendions simplement une marchandise à une usine de transformation de la viande qui la revendait à quelqu'un d'autre dans la chaîne. Nous avons estimé qu'il serait de notre intérêt de participer à la chaîne le plus possible. Nous avons réussi à intéresser un nombre suffisant de producteurs et à recueillir suffisamment d'argent pour commencer la construction de cette usine.

Ce ne sera pas une grande usine en comparaison à certaines usines de l'Ouest du Canada et de l'Ontario. Notre usine aura une capacité d'abattage annuelle de 26 000 bovins, environ 500 par semaine. Le plan initial prévoyait l'abattage de bovins finis — bovins gras, boeuf de marque — dans cette usine.

L'ESB a, bien sûr, eu des répercussions tragiques sur l'industrie. L'impact a été très négatif sur les producteurs des provinces maritimes. Les fermiers ne retiraient que 25 ou 30 cents sur le dollar pour les bovins et devaient payer 25 p. 100 de cette valeur pour les transporter par camion en Ontario. Il y avait une forte motivation chez les producteurs pour faire quelque chose dans les Maritimes.

Nous croyons fermement au concept de la ferme à la table qui devrait nous permettre d'offrir un boeuf que les consommateurs des provinces maritimes et du Canada atlantique sauront qu'il est produit localement. Ils connaissent les producteurs qui ont facilité sa commercialisation. Les épiceries peuvent aussi afficher avec fierté qu'elles vendent de la viande de boeuf produit localement.

M. Inglis peut peut-être parler du prix.

M. Brian Inglis, membre du conseil d'administration, Atlantic Beef Producers Co-operative: Il y a deux ans, Co-op Atlantic a inscrit notre boeuf dans le Programme des prix d'excellence de Canadian Grocers Association. Co-op Atlantic n'est qu'un petit protagoniste dans l'industrie de l'alimentation. Nous représentons seulement 12 p. 100 de l'industrie au Canada Atlantique.

Nous avons introduit de la viande. Généralement, les gens introduisent des produits à valeur ajoutée dans ce concours, un produit quelconque transformé. Nous étions probablement la première entreprise qui ait introduit seulement un rôti.

Cette année, à Banff, nous avons remporté le Grand Prix récompensant les produits frais. Grâce à ce prix, le secteur de la ferme à la table s'est beaucoup intéressé à nous.

Nous donnons à ces bovins une alimentation spéciale. Il faut suivre un protocole. Il y a un programme.

M. Baglole: Ainsi que le disait M. Inglis, l'alimentation de nos bovins vise à répondre aux critères du programme. Les producteurs se sont inscrits et ils savent quel protocole il faut suivre pour y arriver. Avec Co-op Atlantic, nous nous sommes accordés à ce qu'ils ne seront pas les seuls clients de cette usine particulière. Ils seront probablement les plus grands clients, mais cette industrie offre d'autres possibilités que nous nous employons à trouver et que nous espérons.

C'est une entreprise assez ambitieuse pour une bande de producteurs de boeuf des Provinces Maritimes. L'usine, le traitement des déchets et tout ce qui s'ensuit va coûter près de 20 millions de dollars. Ça a été un très gros projet entrepris en grande partie bénévolement. Ceux qui s'y sont engagés l'ont principalement fait, car ils en voient la nécessité pour progresser.

Nous avons suscité beaucoup d'intérêt à travers l'Amérique du Nord. En février, quelques personnes sont venues des États-Unis pour voir notre projet. De nombreux groupes de producteurs ont cherché des moyens d'avoir un plus grand contrôle de leurs produits et peut-être survivre.

Nous ne disons pas aux producteurs qu'ils recevront plus d'argent de l'usine qu'ils n'en reçoivent maintenant. Nous ne saurons pas ce que l'on peut payer jusqu'à ce que l'usine démarre. Ils savent, au moins, que tout est transparent. Ils auront l'occasion de voir les chiffres en dollars et en cents et juger si c'est une entreprise qui est rentable pour eux.

Nous avons été chanceux, car c'est une initiative des Maritimes et des producteurs originaires de trois provinces y participent. L'usine sera construite sur l'Île-du-Prince-Édouard. Nous sommes allés voir les trois gouvernements provinciaux et leur avons demandé de manifester leur intérêt. Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard est celui qui nous a offert le plus d'encouragement pour nous établir. Il joue un rôle important dans le lancement de ce projet.

Notre usine a démarré avec la réputation d'une usine qui abat des boeufs de marque, de première qualité. Suite à l'ESB et étant donné qu'il n'y a pas d'autres abattoirs classés conformément aux normes fédérales dans nos provinces, il y a eu une vive inquiétude savoir si cette usine aura ou non la capacité de traiter certaines des vaches laitières de réforme et d'élevage de boucherie (vaches de réforme). Nous n'avons pas encore pris de décision à ce sujet. Cela ne faisait pas partie de notre plan d'affaires original qui avait été préparé avant l'ESB.

Nous essayons de trouver une solution à ce problème. Nous cherchons des fonds et nous essayons de trouver des moyens d'aider certaines de ces personnes et aussi de ces industries.

Nous estimons que nous sommes uniques, en tout cas au Canada. Je ne connais pas beaucoup d'exemples en Amérique du Nord où les producteurs et les détaillants ont un lien direct avec les usines de transformation.

Étant donné l'ESB et tout ce qui s'est passé, la traçabilité a fait l'objet d'importantes discussions dans le marché et auprès du public. Comment pouvons-nous suivre le produit? Que pouvons-nous faire pour offrir aux consommateurs le niveau de confiance qu'ils souhaitent?

Nous estimons que notre usine offre une vraie occasion d'y arriver. Ce sont nos 190 producteurs qui fourniront les bovins. Il existe une corrélation directe entre ceux qui fournissent le produit et ceux qui fournissent la viande.

Nous avons fait part de notre intérêt pour la traçabilité et de tout ce qui s'est fait autour de cette question. Nous avons adressé des lettres au ministre fédéral de l'Agriculture lui faisant part de notre intérêt. Nous avons été déçus de ne pas avoir reçu de réponse à ce jour.

Nous estimons que nous pouvons être uniques mais aussi servir de cobayes. Nous pouvons offrir au gouvernement du Canada, à l'ANAC et à l'industrie la possibilité de chercher des options.

Si j'ai pris la parole ce soir, c'est parce que nous aimerions beaucoup travailler avec le gouvernement fédéral et avec Agriculture Canada pour chercher ces options. Pour l'heure, nous n'avons encore rien entendu à ce sujet.

Nous croyons que cette industrie offre de formidables perspectives. Nous savons que c'est un enjeu difficile. Nous savons que nous devons être différents d'une usine qui abat 10 000 bovins par semaine alors que nous en abattrons 500. Selon l'économie d'échelle, nous sommes considérablement désavantagés.

Nous estimons aussi que le produit local est important. Nous croyons que nous avons la possibilité d'offrir un produit-créneau qui pourrait être unique dans l'industrie du boeuf. Nous sommes très enthousiasmés par nos perspectives, le potentiel que nous voyons pour ce que nous envisageons de faire et comment il peut se développer dans tout le Canada. Les gens parlent d'usines similaires en Alberta et en Saskatchewan. C'est une période passionnante pour nous en tant que producteurs.

Je serai heureux de répondre à vos questions. Je ne sais pas s'il y a quelque chose d'autre que je peux ajouter aujourd'hui, mais nous vous remercions de nous avoir donné l'occasion de vous parler aujourd'hui.

La vice-présidente: Merci. C'est certainement un plaisir pour le comité d'entendre un rapport aussi enthousiaste et aussi optimiste que le vôtre, car nous avons entendu de très intéressants mais très difficiles témoignages faits par d'autres personnes qui sont confrontées, surtout dans l'Ouest, à ce problème qui est considérable et, effectivement, elles envisagent, au moins dans deux cas en Alberta de faire quelque chose de similaire.

Le sénateur Hubley: Vous avez certainement passé un message très positif ce soir. Je suis très heureux qu'il vienne de l'Île-du-Prince-Édouard et que l'usine se situera très près d'où nous habitons le sénateur Callbeck et moi.

Vous avez parlé de l'économie d'échelle, et comme nous l'ont mentionné certains témoins, cela peut être une chose très positive. J'aimerais que vous nous parliez des efforts que vous pourriez faire pour répondre à une demande en boucherie spécialisée ou personnalisée, des marchés à créneaux qui peuvent exister. Nous avons entendu dire que les communautés asiatiques en particulier représentent une possibilité de marché à créneaux. À votre avis et selon les résultats de votre enquête, quelle sorte de marché à créneaux envisagez-vous pour votre usine de l'Île-du-Prince- Édouard?

M. Inglis: L'usine a été construite spécialement comme une usine dédiée à une marque et Co-op Atlantic a collaboré avec les producteurs pour l'établir, aussi, la première marque produite par l'usine sera destinée au marché local, environ 300 têtes dès que nous ouvrirons. Les possibilités existent grâce à notre taille; dans notre cas, être une petite entreprise est un atout. Notre entreprise est petite, nous communiquons directement avec les producteurs et nous pouvons donc nous adapter vite, par exemple, nous étudions les produits naturels sans hormones pour l'usine. C'est très facile à faire. Nous y sommes presque. Cela nous ouvrira un petit créneau pour commencer. La traçabilité sera un grand bond en avant. Une fois de plus, étant donné que notre entreprise est petite, nous croyons pouvoir être l'une des premières usines à offrir un produit complètement traçable, ce qui plairait aux Japonais. L'équipement que nous achetons est européen et il faut se conformer aux normes européennes pour pouvoir exporter. C'est un domaine que nous avons étudié. Toutefois, nous voulons respecter notre plan d'affaires original qui prévoyait une usine dédiée à une marque pour le Canada atlantique, par la suite nous pourrons chercher des marchés à créneaux. Cependant, nous disposons de tous les éléments pour y arriver.

Le sénateur Hubley: Ce sont des possibilités. Vous avez parlé d'une alimentation spécialisée. C'est un atout qu'une petite industrie peut réaliser et étant donné la situation actuelle, cela peut servir de promotion pour votre entreprise.

M. Inglis: Oui. Nous ne faisons rien de spécial. Nous suivons une logique. En d'autres mots, nous essayons — et nous avons réussi — de voir les 190 producteurs utiliser la même alimentation pour animaux. Ils utilisent tous des céréales fourragères durant les derniers 90 jours afin que les bovins qui arrivent à l'usine soient très uniformes, ainsi nous serons uniformes et nous continuerons la marque. Je ne veux pas vous induire en erreur et vous faire croire que nous avons inventé une alimentation spéciale. Nous ne l'avons pas inventée, mais nous achetons régulièrement le même type de bovins et nous utilisons la même alimentation pour animaux.

Le sénateur Hubley: Est-ce seulement durant les 90 derniers jours?

M. Inglis: Durant les 90 derniers jours, les animaux se nourrissent de céréales fourragères. C'est comme cela que les producteurs font la finition des bovins.

Le sénateur Hubley: Est-ce que votre usine sait ce que ces bovins ont mangé avant cela?

M. Inglis: Nous communiquons d'un bout à l'autre de la chaîne, oui.

Le sénateur Callbeck: Ainsi que l'a mentionné le sénateur Hubley, cette usine n'est pas très loin de l'endroit où nous vivons et je sais que tout le monde en est content. L'usine est certainement perçue comme un vrai essor de l'industrie du boeuf dans toute la région des Maritimes, et comme vous l'avez mentionné, elle permettra aux agriculteurs de se hisser dans la chaîne agroalimentaire et d'augmenter leur part du prix à la consommation des aliments.

Nous avons reçu un document de la Bibliothèque du Parlement qui décrit les actions; chaque action coûte 60 $ et donne droit au producteur de livrer à l'usine un animal par an. Le document annonce que 18 000 actions ont déjà été achetées, mais qu'il y a une capacité de 26 000, il reste donc encore 8 000 en circulation. Pourriez-vous nous parler des actions, qui les détiennent, comment sont-elles réparties, et cetera?

M. Baglole: Les actions dont vous parlez, sénateur Callbeck sont celles de la coopérative Atlantic Beef producers Co-operative. C'est la compagnie ou la coopérative que les producteurs ont fondée afin d'être les propriétaires de l'usine. Nous l'avons structurée en vendant ce que nous avons appelé un «hook», même si ce n'est pas un très joli terme. Chaque espace dans l'usine pouvant être acheté par les producteurs coûte 60 $. Nous avons 26 000 espaces en se basant sur 500 bovins par an. Cela permettrait d'arriver au 1,56 million de dollars que les producteurs ont avancé pour réaliser le projet de cette usine.

Les prévisions que nous avions pour notre première vente ont été dépassées. Nous avions fixé à 18 000 le nombre requis minimal d'actions devant être achetées. Ne pas atteindre ce chiffre aurait signifié qu'il n'y avait pas suffisamment d'intérêt chez les producteurs de l'industrie pour aller de l'avant. En fait, nous l'avons dépassé de beaucoup, et nous sommes très satisfaits des chiffres que nous avons atteints. Nous avons suspendu les ventes après la première vente afin de pouvoir réfléchir et calculer exactement le nombre de bovins que nous pourrions abattre. Comme l'a mentionné M. Inglis, avec Co-op Atlantic notre principal client, en tout cas au début, nous ne voulions pas recevoir un plus grand nombre de bovins que nous pourrions vendre. Nous voulons être très prudents et faire cela du point de vue commercial. Nous nous sommes assurés de ne pas en vendre trop au début, mais nous avons établi une liste d'attente de personnes prêtes à en acheter dès que l'occasion se présente. Il y a un grand nombre de producteurs sur cette liste qui attendent tout simplement de pouvoir acheter un espace dans cette usine pour leurs bovins. Ces 60 $, cet espace dans l'usine, sont valides tant que l'usine existera. C'est un investissement unique. Pour un producteur qui a 100 bovins, cela coûtera 6 000 $ et c'est valable pour la vie, ce qui est très attrayant.

Aujourd'hui, nous payons plus de 80 $ pour transporter un animal en Ontario, par conséquent, ne payer que 60 $ pour devenir le propriétaire d'une part d'une usine allait de soi pour de nombreux producteurs. Ils estimaient que c'était la bonne chose à faire.

Le sénateur Callbeck: Il n'y aura donc pas de problème avec les 26 000 actions?

M. Baglole: Non. Il y a une autre raison pour laquelle nous n'avons pas vendu le reste des actions, nous voulions réfléchir et examiner de façon réaliste le problème des vaches de réforme que nous avons dans le Canada atlantique. Ainsi que vous pouvez l'imaginer, le transport de bovins en bonne santé, vigoureux et jeunes des Maritimes à l'Ontario est très long. C'est encore plus difficile quand il s'agit d'un animal qui a passé plusieurs années dans une étable à vaches laitières. Encore une fois, nous ne voulions pas éliminer cette perspective pour ces producteurs, s'il y en a une. Nous avons construit notre usine dans l'espoir de l'agrandir. Tout a été conçu de façon à pouvoir augmenter facilement nos capacités d'abattage le cas échéant.

L'expansion n'est pas quelque chose dont j'aime particulièrement parler avant l'ouverture de notre usine, mais c'est vrai. Nous avons essayé d'examiner toutes les options, mais pour ce qui est de vendre les autres actions, ce n'est pas un problème. Nous n'aurons aucun problème à répondre à ces exigences.

Le sénateur Callbeck: Je crois que vous avez dit que les producteurs détiennent la majorité de ces actions en circulation.

M. Baglole: Oui.

Le sénateur Callbeck: Quel est le pourcentage détenu par Co-op Atlantic?

M. Inglis: Ils ont 20 p. 100; Co-op Atlantic estime que pour cette usine prospère, les producteurs doivent être les actionnaires prédominants. C'est une initiative des producteurs, nous avons aussi réalisé que Co-op Atlantic ne sera pas le seul associé détaillant, aussi nous avons estimé qu'il n'était pas nécessaire que Co-op Atlantic détienne plus de 20 p. 100.

Le sénateur Callbeck: Vous n'avez pas l'intention d'acheter des bovins à des non-membres?

M. Baglole: C'est exact. L'usine sera autonome avec ses propres producteurs. C'est ce que nous avons voulu dès le début. À l'époque, quelques producteurs de boeuf dans les Maritimes n'ont pas acheté pour une raison ou une autre. La situation était difficile à cause de l'ESB et les sommes demandées étaient trop élevés pour certains producteurs. Pour une raison ou une autre — le type de bovins qu'ils nourrissaient ou pour une autre raison — ils estimaient qu'ils se porteraient mieux sans nous. La grande majorité nous a rejoint et a manifesté son intérêt, par conséquent, les chiffres existent certainement pour cette usine tourne.

M. Inglis: Ce qui rend aussi ce projet unique, c'est que c'est un circuit fermé, c'est comme une coopérative de la dernière génération. Ce sont les 190 membres qui fournissent les bovins. Ils ne livreront pas des bovins quand bon leur semblera. Ils collaboreront avec un coordinateur et ils seront obligés de livrer leurs bovins à une certaine date. C'est droit de livraison; par conséquent, les éleveurs de bétail ne peuvent pas se présenter tous en même temps durant la première semaine d'octobre par exemple. Ils doivent livrer leurs 100 bovins, puis quelqu'un d'autre livre la centaine qui suit, ainsi l'approvisionnement sera régulier. C'est cela qui fait l'unicité de ce projet en comparaison à beaucoup d'autres usines de transformation de bovin qui achètent dans le marché libre. Ils ont un droit de livraison, puis on s'attend à ce qu'ils livrent effectivement.

M. Baglole: Il y a des pénalités en cas de non-livraisons. Nous avons été assez stricts avec nos producteurs et nous avons fait comprendre dès le début que personne ne bénéficiera de cette usine si elle ne réussit pas. Pour réussir, il faut qu'elle fonctionne à plein régime. Je suis un producteur de boeuf de l'Île-du-Prince-Édouard. C'est leur entreprise et il a été difficile à certains producteurs de s'y adapter. Ce sont eux les actionnaires, ils ont acheté des actions, mais ils ont passé leur vie à élever du bétail et à considérer l'usine comme une sorte d'ennemi. Ils doivent aujourd'hui considérer «them» comme étant «us». Cela va demander quelques efforts, mais nous avons essayé d'être francs. Nous avons été très clairs. Nous n'avons pas enjolivé la situation. Nous avons essayé de tout étaler sous leurs yeux.

Le sénateur Callbeck: En agissant de cette façon, vous avez la possibilité ou la perspective de pénétrer les principaux points de vente au détail.

M. Baglole: C'est exact, oui. D'autres détaillants ont manifesté leur intérêt et l'entente conclue avec Co-op Atlantic indique qu'ils ne seront pas nos seuls associés détaillants. Ils sont associés à l'usine, mais leur marque est la seule chose qui leur est exclusive. Ils sont propriétaires de Atlantic Tender Beef Classic et nous serons leur seul transformateur. Cependant, nous envisageons de produire des marques pour un certain nombre d'autres détaillants, le secteur des services d'alimentation et d'autres perspectives qui existent.

Le sénateur Tkachuk: Il y a des années que nous parlons de la valeur ajoutée, pourtant, quelque part au Canada, nous n'avons pas réussi aussi bien que nous l'aurions voulu. Nous cultivons tout ce grain dans les Prairies et nous ne produisons pas de céréales. Je vous demanderai quelques renseignements sur la façon dont vous vous y êtes pris.

Je veux juste confirmer quelque chose. Je crois que vous avez dit que Co-op Atlantic ne vendait pas de boeuf de l'Atlantic. Où avez-vous obtenu vos boeufs?

M. Inglis: Co-op Atlantic existe depuis 77 ans, on nous a depuis toujours dit que le boeuf de l'Ouest était le seul boeuf; c'est le meilleur boeuf; l'Alberta fait un travail excellent. Co-op Atlantic vendait du boeuf de l'Ouest.

Nous avons un service de l'agriculture et un service des épiceries. Le personnel du service de l'agriculture assistait à une réunion des épiciers au cours de laquelle les producteurs se plaignaient de la qualité du boeuf pour une raison quelconque. Cela nous a créé des problèmes, et il y a eu une querelle entre les agriculteurs et le service de l'épicerie au sujet de la qualité supérieure du boeuf de l'Ouest sur le boeuf de l'Est ou vice-versa.

Nous avons commencé à étudier le boeuf de l'Est et fait quelques tests de dégustation. Nous avons, ensuite, eu des groupes de discussion et nous nous sommes rendu compte que le consommateur de l'est du Canada préférait acheter du boeuf de l'Est, si celui-ci était disponible et aussi bon que le boeuf de l'Ouest. Puis, nous avons approfondi notre étude et nous nous sommes rendu compte qu'il était aussi bon que le boeuf de l'Ouest. C'était simplement une idée reçue.

C'est ainsi que cette idée de programme de promotion et de faire une marque de boeuf de l'Est est arrivée. Nous y travaillons depuis 1997.

Le sénateur Tkachuk: À qui les producteurs de boeuf des Maritimes vendaient leurs bovins à cette époque?

M. Inglis: Ils le vendaient à un petit abattoir situé dans les Maritimes et les vaches de réforme y étaient livrées aussi. Ils livraient des bovins provenant du Québec et du Maine, les abattaient et les exportaient vers Cuba et partout ailleurs.

Le sénateur Tkachuk: Où se situait exactement cet abattoir dans les Maritimes?

M. Inglis: Il se trouvait à Moncton, au Nouveau-Brunswick. C'était Hub Meat Packers.

Le sénateur Tkachuk: Est-ce que cette entreprise a fait faillite?

M. Inglis: Non, Maple Leaf Foods l'a achetée et a mis fin à l'abattage des bovins parce que c'est une entreprise de viande de porc et que c'était le seul abattoir de boeuf qu'elle avait au Canada. C'est pour cela qu'elle a fermé.

Nous étions déjà engagés dans notre programme de marque à cette époque et nous risquions de le perdre. Nous avons donc conclu un accord avec Better Beef de l'Ontario. Chaque semaine, nous expédions tous les bovins vers l'Ontario et Better Beef les abat. Puis nous les rachetons, nous ramenons par camion toutes les coupes et nous les livrons à la chaîne de magasins de détail afin de garder notre marque tout en travaillant avec les producteurs de boeuf pour reconstruire l'usine.

Le sénateur Tkachuk: Vous avez dit que le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a apporté son soutien à la construction de l'usine. J'imagine que vous auriez pu la construire dans n'importe quelle province maritime. Vous verse-il de l'argent?

M. Baglole: Non.

Le sénateur Tkachuk: De quel genre de soutien parlez-vous?

M. Baglole: Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard nous a offert un terrain à un bon prix. Nous payons le terrain, mais à un bon prix.

Le sénateur Tkachuk: Est-ce que le prix est réduit par rapport à celui du marché ou pensez-vous simplement que c'était un prix raisonnable?

M. Baglole: Eh bien, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard envisageait de commencer à construire une zone alimentaire, qui attirerait le secteur agroalimentaire dans l'Île-du-Prince-Édouard. Ils ont considéré que l'usine de boeuf pourrait être le centre de la zone alimentaire et ce qu'ils nous ont proposé, franchement, était une installation de traitement des déchets. Ils ont offert de construire l'usine de traitement de déchets pour pouvoir construire cette usine de boeuf. Les usines de traitement des déchets coûtent cher. Nous allons devoir payer des frais d'utilisation, mais c'était soit continuer soit abandonner le projet. Comme je l'ai dit tout à l'heure, si nous ajoutons le prix de l'usine au traitement des déchets et à nos coûts de lancement, nous avons une opération de 20 millions de dollars, mais les calculs ne justifient pas une dépense de 20 millions de dollars pour abattre 500 têtes par semaine.

Ils deviendront des actionnaires, d'une certaine façon, pour nous aider à commencer, mais ils étudient des possibilités pour passer cela, peut-être aux producteurs. La possibilité est que les producteurs de boeuf détiennent éventuellement 80 p. 100 des actions de l'usine. Ils commenceront avec 50.

Le sénateur Tkachuk: Expliquez-moi, est-ce que l'usine de traitement était dans le projet original ou faisait-elle partie de l'original? Est-ce que le gouvernement provincial finance l'usine de traitement des déchets? Êtes-vous son plus grand client ou son seul client?

M. Baglole: Pour commencer nous serons son seul client, mais une fois de plus, je ne peux pas parler pour le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard.

M. Inglis: Lorsque nous nous sommes déplacés dans les trois provinces, l'un des endroits que nous avons trouvés très intéressants était Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Moncton a suscité notre intérêt pour la bonne raison qu'il y avait déjà une usine de traitement des déchets et que nous aurions pu utiliser ses égouts, nous n'aurions donc pas eu besoin de construire une usine de traitement des déchets si nous étions allés là-bas. À ce stade, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a réalisé qu'il voulait attirer un plus grand nombre d'entreprises à l'Île-du-Prince-Édouard, il devrait livrer concurrence à Moncton. Ils ont réalisé que nous devions offrir un traitement des déchets à nos clients. C'est une sorte de catalyseur qui a fonctionné pour les deux parties.

Le sénateur Tkachuk: Est-ce qu'il y a une usine de traitement des eaux usées à Moncton, ou bien la ville rejette-t-elle simplement ses eaux d'égout brutes?

M. Inglis: Elle rejette des eaux d'égouts brutes et elle possède une usine de traitement, et elle attire d'ailleurs beaucoup d'entreprises dans ses parcs industriels à cause de cela.

Le sénateur Tkachuk: Quand vous dites que le gouvernement de l'IPE se rendra utile en faisant en sorte que les producteurs deviennent propriétaires à 80 p. 100 de l'usine, est-ce qu'il offre des prêts ou quelque chose du genre? Vous avez dit qu'il se rendrait utile d'autres manières. Y a-t-il un autre incitatif dont je ne suis pas au courant?

M. Inglis: Nous nous sommes rendu compte, après avoir parlé à bien des gens, que la dette est mortelle pour une usine de transformation. Dans ce secteur, les profits sont minces, et nous avons voulu concevoir l'usine comme une école dite 3P, c'est-à-dire dans le cadre d'un partenariat public-privé, avec un contrat de crédit-bail. Un promoteur construit l'usine et l'on signe une entente de 20 ans avec ce dernier. Ensuite, on paye un loyer. C'est ce que nous avons fait, de sorte que l'usine n'est pas inscrite comme valeur dans nos livres. Nous avons un partenaire qui a construit l'usine en notre nom et le gouvernement a travaillé avec ce dernier. Nous n'avons pas eu besoin d'emprunter presque 11 millions de dollars pour construire l'usine. Un promoteur l'a fait à notre place.

Le sénateur Tkachuk: Un promoteur a conclu un partenariat avec le gouvernement provincial?

M. Inglis: Nous avons signé une entente de 20 ans avec cette personne. À la fin de la période, nous possédons l'usine. Le gouvernement a travaillé avec lui pour garantir qu'il ne perdra pas d'argent si nous échouons.

Le sénateur Tkachuk: Ils ont donc garanti l'argent. Est-ce pour contourner d'éventuels problèmes causés par l'Accord de libre-échange?

M. Inglis: C'est plutôt un échange de créance contre actif, strictement un arrangement d'affaires.

Le sénateur Tkachuk: Votre usine sera-t-elle syndiquée?

M. Inglis: Le directeur général que nous avons embauché a déjà travaillé dans des usines syndiquées et d'autres non syndiquées. En fait, il a eu trois usines: deux ne sont pas syndiquées et l'autre est syndiquée. Nous n'en sommes pas encore là. Les syndicats ont communiqué avec nous. Co-op Atlantic traite avec les syndicats. Ils ont des usines de transformation qui sont syndiquées, et il faudra donc attendre de voir ce qui va se passer.

Le sénateur Mercer: Je vous souhaite la bienvenue. À titre de sénateur de Nouvelle-Écosse, je trouve très excitant d'entendre dire que l'on va établir une certaine capacité dans le Canada atlantique. Je préférerais que ce soit en Nouvelle-Écosse, mais l'Île-du-Prince-Édouard n'est pas loin.

La présidente a donné un exemple en Alberta et a parlé d'un programme de la ferme au consommateur. J'ignore si vous avez entendu parler du programme Sunterra. Ils ont témoigné devant nous il y a quelques mois, mais c'est beaucoup plus détaillé ici. C'est une entreprise plus petite, mais je pense qu'elle a été couronnée de succès parce qu'elle sert un marché qui était vraiment déficient dans l'Atlantique, puisque nous devions envoyer notre bétail à Toronto.

Avec l'ouverture de cette usine, les producteurs vont-ils maintenant augmenter la capacité? Augmentent-ils la taille de leur troupeau en prévision de ce changement?

M. Baglole: Oui, dans une certaine mesure. La seule chose qui les empêche d'augmenter encore plus leurs troupeaux, c'est la crise de l'ESB et l'incertitude quant à l'ouverture de la frontière. Nous avons essayé de dire très franchement à nos producteurs que cette usine, même si elle va donner un coup de pouce extraordinaire au secteur du boeuf dans les Maritimes, ne va pas résoudre les problèmes de l'Amérique du Nord si l'ESB continue de constituer une menace pendant une période prolongée. Ils s'en rendent compte. C'est la seule chose qui empêche certains producteurs d'aller vraiment de l'avant. Ils ont manifesté beaucoup d'intérêt, mais s'il y a un obstacle qui leur nuit à l'heure actuelle, c'est l'ESB.

Le sénateur Mercer: Ce doit être difficile d'être compétitif en termes de prix offerts aux consommateurs quand vous expédiez du bétail à 80 $ par tête dans les abattoirs de l'Ontario avant de ramener la viande ici, d'être compétitif par rapport à Sobeys et Loblaws, qui sont tous les deux présents dans le Canada atlantique. Prévoyez-vous que cela influera directement sur le prix de détail? Pensez-vous que vous supprimez l'intermédiaire et que la marge bénéficiaire du producteur sera plus élevée?

M. Inglis: Il n'y aura pas de changement du prix de détail, tout comme il n'y en a pas eu pendant la crise de l'ESB ou celle du porc. Par contre, les producteurs vont désormais participer à la chaîne et, si l'usine est rentable, en tant qu'actionnaires, ils verront augmenter leur rentabilité.

Le sénateur Mercer: J'en reviens à l'argument de la ferme jusqu'à l'assiette. Vous avez dit que ce sera plus cohérent parce qu'on utilisera le même produit pour nourrir toutes les têtes de bétail, et qu'on leur donnera du grain pendant les 90 derniers jours. D'où provient cette nourriture pour le bétail? Du Canada atlantique?

M. Inglis: Oui.

Le sénateur Mercer: Nous avons donc un secteur qui en nourrit un autre?

M. Inglis: Comme vous le savez, à l'Île-du-Prince-Édouard, on cultive beaucoup de céréales par rotation. C'est important de préciser que 80 p. 100 des bovins gras viennent de l'Île-du-Prince-Édouard, province dans laquelle on les nourrit au grain, lequel grain est produit dans le cadre de l'alternance des cultures, avec la pomme de terre, de sorte que la boucle est bouclée. Plus nous stimulons le secteur, plus il y a de clients. De plus, au sujet de l'augmentation des troupeaux, étant donné que les cultivateurs s'intéressent tous au même programme et travaillent plus directement avec les producteurs, ils produiront eux-mêmes un plus grand nombre de têtes de bétail qui constituent le programme. Si nous pouvons augmenter le nombre de têtes de bétail constituant le programme, passant de 70 p. 100 à 90 p. 100, par exemple, nous obtiendrons une croissance interne grâce à cette communication et en travaillant plus étroitement avec les producteurs.

Le sénateur Mercer: Comment vous mettez-vous d'accord sur le prix du bétail que vous achetez de l'agriculteur? Vous appelez cela les droits de livraison. En tant qu'agriculteur, j'ai le droit de livrer un certain nombre de têtes de bétail et vous fixez le calendrier de livraison. Vous ne pouvez pas savoir à l'avance quel sera le marché à une certaine date, alors comment déterminez-vous le prix que vous me paierez pour mon bétail?

M. Baglole: À l'origine, nous avions créé un comité chargé d'établir un barème de prix, formé d'un représentant du secteur du détail et de producteurs, qui examinait la question et s'efforçait de trouver un plan ou une formule qui serait satisfaisante pour le Canada atlantique, qui rendrait l'usine efficiente tout en donnant aux producteurs le rendement dont ils avaient besoin. Ils ont proposé une formule qui sera adoptée par l'usine et dont les producteurs sont très contents, qui n'aura aucune incidence négative sur le secteur du détail et qui, à notre avis, fera l'affaire. Nous avons dit tout à l'heure que tout cela est nouveau pour nous. Il nous faudra exploiter cette affaire pendant un certain temps pour voir exactement ce que nous pouvons faire. Vous parlez d'augmenter la valeur ou d'obtenir plus d'argent pour notre produit, et ces possibilités existent. Nous en avons la conviction. Dans certains marchés particuliers — M. Inglis a fait allusion à la possibilité d'un produit naturel — nous pouvons nous positionner rapidement parce que nous sommes une petite entreprise, ce qui nous donne un avantage. S'il y a quelque part un marché qui veut payer un certain montant pour un produit particulier, nous sommes prêts à discuter. S'il y a une possibilité pour nous d'amener nos producteurs à se lancer dans ce marché et si c'est à leur avantage, nous n'allons pas manquer de le faire.

Le sénateur Mercer: Vous avez dit que votre capacité serait de 500 têtes de bétail par semaine ou de 26 000 par année, mais vous avez également mentionné qu'il y avait place pour un agrandissement et que vous avez en quelque sorte prévu cela dans le plan de votre usine.

Disons que tout va pour le mieux pour vous. Quelle serait votre capacité maximale en cas d'agrandissement?

M. Inglis: Nous pourrions commencer dès demain en créant un deuxième quart de travail, ce qui doublerait notre capacité, et puis le travail en fin de semaine pourrait ajouter encore 20 p. 100.

Le sénateur Mercer: Ce qui m'amène à mon autre question: Combien de travailleurs emploierez-vous au départ et par la suite, si vous doublez la production et ajoutez encore 20 p. 100?

M. Baglole: Au début, il y aura de 60 à 70 employés à l'usine.

Le sénateur Mercer: Cela en fera un employeur important à l'Île-du-Prince-Édouard.

M. Baglole: Oui, c'est une grosse affaire pour l'Île-du-Prince-Édouard, et la province aime beaucoup le projet parce qu'elle considère l'agriculture d'une manière intégrée. Le secteur du boeuf est important pour aider le secteur de la pomme de terre, car comme M. Inglis l'a dit, on cultive du grain, on cultive du foin et un secteur alimente l'autre. Il y a aussi du fumier pour engraisser le sol. Tout est complémentaire.

Quand l'usine a fermé à Moncton, il y avait beaucoup d'inquiétude et l'on craignait de perdre un pourcentage important de notre industrie.

Le sénateur Mercer: L'usine de Moncton transforme maintenant du porc seulement.

M. Inglis: On n'y fait même plus de porc. Tous les porcs s'en vont en Nouvelle-Écosse, chez Larsen's.

Le sénateur St. Germain: Transformez-vous les vaches de réforme des troupeaux actuels de ces actionnaires?

M. Baglole: Nous ne transformons rien du tout pour l'instant. Nous ne transformerons rien avant septembre.

Le sénateur St. Germain: Disons que j'ai un troupeau de boeufs et que j'achète 150 unités à 60 $ l'unité. S'agit-il de bovins gras?

M. Baglole: Des bovins gras seulement.

Le sénateur St. Germain: Des bovins gras seulement.

M. Baglole: C'est bien cela.

Le sénateur St. Germain: Qu'est-ce que je fais de mes bêtes de réforme?

M. Baglole: Actuellement, on les envoie en Ontario ou au Québec.

Le sénateur St. Germain: C'est la première fois que vous mentionnez le Québec.

M. Baglole: Je crois savoir que c'est là que se trouve l'usine pour les vaches.

Le sénateur St. Germain: Vous n'avez cessé de dire qu'il fallait expédier les bêtes en Ontario. Pourquoi ne les envoyez-vous pas au Québec, qui est plus près?

M. Baglole: Il n'y a au Québec aucune usine de transformation des bovins gras.

Le sénateur St. Germain: Aucune?

M. Baglole: Aucune qui était intéressée à notre produit. L'ajout d'une chaîne d'abattage des vaches augmenterait considérablement le coût. Nous n'avons pas prévu cela dans notre plan d'affaires original.

C'est une bonne question. C'est une possibilité et nous pourrions vous renvoyer la question. Comment pourrions- nous trouver de l'argent pour ajouter une chaîne d'abattage des vaches dans cette usine pour faciliter cela dans les provinces maritimes? Avez-vous des idées là-dessus?

Le sénateur St. Germain: Pourquoi ne pouvez-vous pas ajouter une chaîne d'abattage des vaches si vous ajoutez un deuxième quart de travail?

M. Baglole: Cela ne peut pas se faire sur la même chaîne. Tout a changé à cause de l'ESB et des inquiétudes au sujet des bêtes de moins de 30 mois ou de plus de 30 mois. Il faut utiliser des scies et des couteaux différents. Il faut que les produits soient séparés dans les réfrigérateurs.

Même l'ACIA ne sait pas avec certitude s'il nous faut une chaîne de transformation séparée pour traiter ces bêtes. Ce sont des coûts que nous ne pouvons pas encore assumer, mais nous cherchons des solutions.

Le sénateur St. Germain: Votre plus grand défi, ce sera la concurrence. Ne croyez-vous pas que les grandes entreprises vont vous avaler purement et simplement pour s'emparer de cette part du marché, ou bien n'avez-vous pas assez d'importance dans ce marché?

M. Inglis: Nous n'avons pas tellement d'importance, mais par ailleurs, c'est Co-op Atlantic qui est le détaillant. Nous prenons ce bétail depuis quatre ans; depuis deux ans, nous l'expédions en Ontario par camion, et nous sommes déterminés à continuer.

Le sénateur St. Germain: Quel pourcentage du marché de détail du boeuf représentez-vous dans le Canada de l'Atlantique?

M. Inglis: Nous avons 12 p. 100 du marché de détail total, au niveau des magasins d'alimentation.

Le sénateur St. Germain: L'alimentation de détail, d'accord.

M. Baglole: Vous avez constaté une hausse sensible de vos ventes de boeuf avec le programme ATBC.

M. Inglis: Pendant notre première année, le tonnage du boeuf a augmenté de 14 p. 100.

Le sénateur St. Germain: C'est arrivé quand vous avez adopté la méthode du produit de marque?

M. Inglis: Oui. La deuxième année, l'augmentation a été de 7 p. 100, et de 9 p. 100 la troisième année.

M. Baglole: Ce sont des chiffres extraordinaires.

Le sénateur Tkachuk: Des chiffres impressionnants.

Le sénateur St. Germain: Jusqu'à un certain point, vous avez créé un office de commercialisation volontaire.

M. Baglole: Pas du tout.

M. Inglis: Non.

Le sénateur St. Germain: Vous fixez la production et le prix. J'ai déjà été président de l'Office de commercialisation du poulet de la Colombie-Britannique. Chaque fois que je dis cela, le sénateur Gustafson s'énerve.

Le sénateur Tkachuk: Cela ne veut pas dire que personne d'autre ne peut vendre du boeuf dans leur marché.

M. Inglis: Nous vendons seulement à nous-mêmes. C'est une boucle fermée. Vous avez absolument raison. D'autres intervenants peuvent vendre dans notre marché. Nous ne dictons pas l'offre.

Nous croyons avoir quelque chose d'unique à offrir. Les Canadiens de l'atlantique exigent un produit local. Ils vont chez Sobeys et Loblaws et demandent pourquoi il n'y a pas de produit local. Ils ne vont pas changer leur goût en matière de viande, mais ils cherchent des coupes de viande locales.

M. Baglole: Nous serons là pour leur en vendre.

Le sénateur St. Germain: Et si je comprends bien, la majorité des produits retournent à Co-op Atlantic. Si votre usine produit plus que les besoins de Co-op Atlantic, vous pouvez vendre à Sobeys ou Loblaws.

M. Inglis: C'est exact.

Le sénateur St. Germain: En fait, vous n'êtes pas différent de l'Office de commercialisation. C'est comme cela que nous fonctionnions.

M. Baglole: La différence, c'est que nous traitons seulement avec les actionnaires de notre compagnie. Nous ne dictons pas le prix des produits de tout autre intervenant.

Le sénateur St. Germain: Je ne veux pas m'obstiner, mais dans un arrangement d'office de commercialisation, on achète des actions ou l'on achète des quotas.

Le sénateur Tkachuk: Ils ne fixent pas les prix comme vous le faisiez pour les poulets.

Le sénateur St. Germain: Nous le faisions. Je m'excuse. Allez-vous me pardonner?

Le sénateur Tkachuk: Et aussi pour les oeufs et le fromage.

Le sénateur Gustafson: Je veux seulement vous souhaiter la bienvenue. Vous avez un programme fascinant. Le sénateur St. Germain a oublié un élément. La différence entre les offices de commercialisation et vous, c'est que vous pouvez encore vendre du boeuf aux États-Unis si vous le voulez.

M. Baglole: Nous pouvons vendre n'importe où.

Le sénateur Gustafson: C'est toute une différence. Cela change tout le programme.

Le secteur du bétail, c'est vraiment de la libre entreprise. C'est probablement le secteur le plus fortement axé sur la libre entreprise.

J'ai engraissé du bétail pendant des années. Quand le gouvernement de l'Alberta subventionnait le bouvillon gras à hauteur de 70 $ par tête, c'était impossible d'engraisser des bouvillons en Saskatchewan de manière rentable. Il n'y avait pas moyen. Il fallait aller en Alberta. L'Alberta est un grand champion de la libre entreprise, mais la province subventionnait son boeuf.

Vous savez comment fonctionne l'industrie du boeuf: un acheteur se présente. Il représente peut-être les producteurs de boeuf de l'Iowa. Il a beaucoup d'argent. Il dit: «Je vais vous donner 1,20 $ pour ces veaux de 600 livres». Comment vos producteurs réagiront-ils quand vous ne pourrez pas égaler le prix offert par cet acheteur?

M. Baglole: Ils vont y réfléchir sérieusement. Il n'y a pas de doute là-dessus.

Notre plus proche concurrent sera l'Ontario. On y transforme 10 000 têtes de bétail par semaine. Nous en faisons 500. Est-ce qu'ils s'inquiètent vraiment de nous voir leur prendre une part du marché? Est-ce qu'ils viendraient nous offrir plus cher que ce qu'ils payent à leurs clients en Ontario.

Nous savons qu'il y aura de la concurrence. Je pense qu'ils ont plus à perdre en essayant d'offrir plus cher que nous dans leur marché local, c'est-à-dire l'Ontario, que nous en les ayant dans notre cour, pour ainsi dire.

Le sénateur Gustafson: C'est un bon argument. Les minotiers du Manitoba en sont un bon exemple. Les petits minotiers indépendants se débrouillaient très bien. Ils se disaient que tant et aussi longtemps qu'ils ne prendraient pas trop d'importance, les grandes entreprises ne viendraient pas leur faire de la misère. S'ils devenaient trop gros, ils seraient balayés.

On vendait des actions dans une minoterie. On en a construit deux ou trois. Les gens là-bas se demandaient s'ils devraient prendre encore plus d'importance. Est-ce que cela attirerait Robin Hood?

M. Baglole: Les Maritimes manquent de boeuf. Nous devrons importer du boeuf. Il nous faudra importer du boeuf avec cette nouvelle usine. Comme M. Inglis l'a dit, nous serons loin de répondre à la demande de boeuf dans le Canada atlantique.

Nous voulons faire du bon travail avec ce que nous avons. Nous allons travailler avec nos partenaires. Nous pensons pouvoir réussir dans notre région. Nous ne cherchons pas à devenir la Cargills du Canada atlantique. Nous voulons seulement servir notre région.

Le sénateur Gustafson: Je vous souhaite le meilleur succès.

Le sénateur Tkachuk: À titre d'information, quel pourcentage du marché avez-vous dans les Maritimes?

M. Inglis: Douze pour cent.

Le sénateur Lawson: Cela fait du bien d'entendre parler d'un programme positif. Peut-être devriez-vous le rebaptiser la boutique de boeuf de l'Île-du-Prince-Édouard. Cela aurait un certain cachet.

M. Baglole: Si cela nous permettait de faire plus d'argent, nous le ferions probablement.

Le sénateur Lawson: Je passe beaucoup de temps en Californie, comme je l'ai déjà dit, et depuis six mois, j'observe la guerre des magasins d'alimentation là-bas. Il y a eu une grève de cinq mois dans les grands supermarchés. Ce n'était pas à cause d'un conflit patronal syndical, mais parce qu'on avait peur de Wal-Mart, qui est arrivé avec ses supermarchés, ses bas prix, ses bas salaires et ses services réduits au minimum. Les supermarchés ont décidé qu'il leur fallait réduire leurs coûts d'au moins 14 p. 100, que ce soit en réduisant les pensions, les cotisations de bien-être ou les salaires. Ils avaient de bonnes relations avec leurs employés et étaient terrorisés par l'arrivée de ce monstre. Wal-Mart compte un million d'employés dans le monde entier et a donc un énorme pouvoir d'achat. C'est maintenant chose du passé, mais cela a causé tout un bouleversement dans le secteur. C'est le plan de Wal-Mart, d'essayer d'obliger tout le monde à baisser ses prix. Ils ont aussi une politique en vertu de laquelle à la fin de chaque année, les fournisseurs doivent automatiquement réduire les prix de 5 p. 100 s'ils veulent continuer de fournir leurs produits l'année suivante. Cet approvisionnement à l'extérieur, à l'étranger est à la mode, en particulier aux États-Unis et partout dans le monde. Ils achètent beaucoup de leurs produits en Inde, en Chine et ailleurs.

Aux États-Unis, il est maintenant question d'aller s'installer à l'étranger, en Inde, et l'on s'attend à perdre six millions d'emplois d'ici 10 ans. Tout le monde dit que c'est magnifique. C'est magnifique, sauf lorsqu'on commence à réfléchir à l'infrastructure, aux impôts, et cetera. Qui gagnera assez d'argent pour payer des impôts?

J'aime votre programme et ce que vous nous avez présenté. Vous semblez savoir où vous vous en allez. Je vous souhaite le meilleur succès. Je pense que vous vous y prenez très bien.

M. Inglis: Je voudrais faire un commentaire là-dessus. La raison pour laquelle Co-op Atlantic est dans le secteur du boeuf, et c'était d'ailleurs notre point de départ, c'est que nous sommes conscients précisément de ce que vous dites. Nous essayons de marquer notre différence, puisque nous avons 12 p. 100, et peut-être 15 p. 100 du marché. Ce qui nous différencie, c'est ce qui nous permettra de survivre face à Loblaws, sans même parler de Wal-Mart, parce que Loblaws se prépare à subir l'assaut de Wal-Mart. Nous avons fait beaucoup de réunions de groupes témoins et nous avons notamment déterminé que les gens vont appuyer un produit local dans le Canada atlantique. Ils ne sont pas prêts à payer plus cher, mais quand deux produits sont côte à côte, ils achètent le produit local. Nous avons commencé par le boeuf et cela a bien marché. Nous le faisons maintenant pour les oeufs. Nous travaillons avec les producteurs d'oeufs. Loblaws importe tous ses oeufs de l'Ontario et du Québec. Pas nous. Nous vendons seulement des oeufs du Canada atlantique.

Nous achetons maintenant nos céréales, dans la mesure du possible, dans le Canada atlantique. Nous faisons aussi de la litière pour chats. Ce n'est pas grand-chose, mais nous emballons maintenant notre propre litière pour chats dans l'Atlantique. Nous employons quatre personnes de plus. Si nous pouvons nous faire connaître et être présents dans un nombre croissant de créneaux, alors nous allons commencer à revitaliser les régions rurales. Cela fonctionne vraiment, parce que les Canadiens n'hésitent pas à appuyer des Canadiens quand ils sont au courant de la situation. Ils refusent toutefois de payer plus cher. Nous sommes assez excités parce que nous croyons aussi qu'il y a des possibilités dans le secteur du porc dans le Canada atlantique.

Le sénateur Lawson: Le monde entier reconnaît l'excellence du Canada dans de nombreux domaines. Si vous avez suivi le dossier des diamants dans les Territoires du Nord-Ouest, vous savez qu'au début, la compagnie DeBeers a dit qu'il n'y en avait pas là-bas. Non seulement il y a des diamants, mais leur présence soulève aussi d'autres questions qui sont en jeu. Les environnementalistes, entre autres, disent: «Un instant! DeBeers a importé aux États-Unis des diamants qui se sont révélés être des diamants de la guerre». Et puis il y en avait qui étaient taillés à l'étranger et la qualité n'était pas ce qu'elle aurait dû être. Alors, ils ont dit: «Attendez voir, il y a le Canada, où l'on trouve des marchands honnêtes et respectables et des artisans habiles. En plus, ce n'est pas une zone de conflit, ils ne se tirent pas dessus dans ce pays». Aujourd'hui, bien souvent, les diamants canadiens, identifiés par le petit logo en forme d'ours polaire, se vendent à des prix alléchants. Je pense que vous vous y prenez exactement de la bonne façon. Vous exploitez les atouts que vous avez là-bas, c'est-à-dire votre produit local.

M. Inglis: Nous faisons l'éducation du consommateur en lui disant que le produit est disponible et qu'il est aussi bon sinon meilleur que les produits qui viennent d'ailleurs; donc, à prix égal, les gens n'hésitent pas à l'acheter.

Le sénateur Lawson: Nous devons cesser de nous excuser d'être Canadiens et faire savoir au monde entier que nous sommes aussi bons que n'importe qui d'autre.

Le sénateur Callbeck: Vous nous avez fait un excellent exposé ce soir. Je reconnais que ce projet convient à merveille à l'île-du-Prince-Édouard, étant donné notre rotation des cultures et la repousse des pommes de terre et tout le reste. Je veux seulement vous remercier une fois encore d'être venu. Je vous souhaite assurément le meilleur succès.

Le sénateur Mercer: Vous avez parlé des 135 magasins de Co-op Atlantic par l'entremise desquels vous allez vendre votre produit à d'autres détaillants. Avez-vous déterminé quels seront ces détaillants?

M. Inglis: Non.

Le sénateur Mercer: Comme j'habite en ville, je n'ai pas accès à un magasin de Co-op Atlantic. J'aimerais participer au programme et il me faudrait donc aller en voiture jusqu'à Windsor pour acheter mon boeuf?

M. Inglis: C'est bien cela. Cela s'en vient. À mesure que nous nous rapprochons de notre date de lancement, nous avons mis sur pied notre équipe de cadres de direction qui comprend un spécialiste du marketing. Il travaille à ce dossier. Le boeuf haché est l'un des secteurs les plus prometteurs. Ce sera unique dans le Canada atlantique. Actuellement, personne ne fabrique du boeuf haché dans l'atlantique. Cela m'étonnerait que nous n'ayons pas un programme pour écouler du boeuf haché local et de grande qualité dans les magasins Sobeys, Loblaws et ailleurs. Ils doivent l'importer et c'est un produit qui a une duré de conservation très courte. Vous pourrez probablement acheter du boeuf haché local en ville, d'ici un an, nous l'espérons.

Le sénateur Mercer: Vous avez votre propre marque, qui s'appelle Atlantic Tender Beef Classic. Avez-vous décidé quelle sera l'appellation des autres produits?

M. Baglole: Ce sera décidé en partenariat entre l'usine et le client. Dans le cas de Sobeys, par exemple, les possibilités sont illimitées quant à ce qu'un détaillant pourrait demander et ce que nous pourrions faire pour être son fournisseur. Tout cela sera décidé à l'avenir.

Le sénateur Mercer: Quand je séjournerai au chalet, dans le comté de Pictou, j'essayerai d'acheter vos produits.

La vice-présidente: Ces dernières semaines, avez-vous par hasard entendu des interventions de la part d'Albertains qui envisagent un programme semblable, mais évidemment dans un contexte différent?

M. Baglole: Nous n'avons pas eu de contact direct avec eux. Nous avons communiqué avec beaucoup de gens des États-Unis et de l'Ouest. Il y a des gens venus de l'Ouest qui ont passé quelques jours chez Co-op Atlantic, et qui ont passé une journée à discuter avec nous pour examiner l'affaire sous l'angle de l'usine, cherchant des moyens d'instaurer la coopération dans le secteur agricole. Nous comptons que beaucoup de ces gens-là vont reprendre contact avec nous. Nous n'avons pas encore eu de contact direct avec les gens de l'Alberta en particulier.

La vice-présidente: Merci beaucoup. Vous nous avez fait ce soir une très bonne présentation. Dans les autres régions du pays, on aurait beaucoup de choses à apprendre de vous. Nous vous souhaitons le meilleur succès.

La séance est levée.


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