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Pour une refonte du plan du Canada sur le logement : sénateur Varone

Une grue de construction surplombe des immeubles de grande hauteur au lever du soleil.

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L’un de nos plus grands défis au Canada est la crise grandissante – surtout attribuable au déséquilibre important entre l’offre et la demande – qui frappe le logement abordable. La Stratégie nationale sur le logement n’est pas assez solide pour corriger adéquatement la situation.

Partout au pays, la demande de nouveaux logements surpasse de loin le nombre de logements disponibles. On estime qu’il faudrait construire 1,3 million de logements de plus que le nombre qui est prévu actuellement. Ce déséquilibre entraîne une pression à la hausse sur les prix, ce qui alourdit le fardeau financier des Canadiens, surtout des acheteurs d’une première maison. Cela a également pour effet de réduire le nombre de logements locatifs, de faire grimper les loyers et de forcer les gouvernements à intervenir pour créer davantage de logements abordables.

La crise du logement continue d’exacerber les disparités socioéconomiques. L’intersectionnalité entre l’inabordabilité du logement et les enjeux liés à la santé mentale, la toxicomanie et la pauvreté la vulnérabilité des groupes marginalisés qui sont en situation d’itinérance. Les communautés autochtones, notamment, sont aux prises avec des problèmes particuliers tels que des conditions de vie inadéquates, la surpopulation et le manque d’accès à des services essentiels.

Compte tenu de la complexité et de la gravité de la crise du logement abordable, nous avons besoin d’une stratégie nationale qui peut s’adapter aux conditions variables et qui favorise la collaboration entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et les administrations municipales tout en faisant intervenir le secteur privé.

À l’heure actuelle, la Stratégie nationale sur le logement n’atteint pas ses objectifs. Elle est souvent entravée par un manque de coordination entre les entités gouvernementales et le trop petit rôle accordé au secteur privé, lequel demeure le volet le plus sous-utilisé au Canada. La Stratégie nationale sur le logement doit se muer en un plan cohérent qui optimise l’allocation des ressources, uniformise les politiques et trouve des solutions durables pour bonifier l’offre de logements.

Une stratégie sur le logement actualisée doit établir des lignes directrices claires concernant la coordination des efforts des gouvernements pour construire des logements et en améliorer l’abordabilité. Y inclure une définition nationale d’« accessibilité à la propriété » permettrait d’uniformiser les politiques sur le logement des différents ordres de gouvernement partout au pays. Actuellement, les différents gouvernements et administrations travaillent de façon contradictoire. Ils ont besoin d’un meilleur cadre pour bien travailler ensemble.

La Stratégie nationale sur le logement devrait également libérer le secteur privé du poids fiscal prohibitif qui nuit à ses efforts pour accroître le nombre de logements. Les taxes fédérales, peu importe la forme qu’elles prennent, représente plus de 30 % des coûts liés à la construction de logements. Ce chiffre constitue le principal obstacle à ce qu’on pourrait appeler l’« accessibilité à la propriété ». Le gouvernement fédéral peut adapter sa stratégie sur le logement pour jouer un rôle plus important dans le financement et la construction de logements locatifs durables; toutefois, sans un marché immobilier résidentiel vigoureux, la crise ne fera que s’intensifier.

Les municipalités ont beaucoup trop souvent recours aux droits d’aménagement pour alléger le fardeau des taxes foncières découlant de l’entretien des infrastructures existantes qui repousse involontairement le seuil de l’abordabilité pour les acheteurs d’une première maison. Bien que les droits d’aménagement jouent un rôle essentiel quant aux coûts associés aux nouvelles constructions, ils doivent être ciblés et calibrés de manière à favoriser l’abordabilité et non pas à nuire à celle-ci. Assurer une surveillance provinciale des droits d’aménagement imposés par les municipalités fera en sorte que ces droits atteindront l’objectif visé.

La Stratégie nationale sur le logement devrait comprendre des mécanismes de collecte, d’analyse et de diffusion des données sur les logements disponibles et leur abordabilité. Une approche axée sur les données permet la prise de décisions éclairées, l’adoption de politiques fondées sur des données probantes et la mise en œuvre d’efforts ciblés afin de régler efficacement les problèmes spécifiques d’abordabilité.

En 2025, le secteur du logement au Canada demeure caractérisé par des prix à la hausse, un faible nombre de logements disponibles, un problème d’itinérance qui perdure et une mobilisation inexistante du secteur privé. Pendant que les centres urbains sont aux prises avec de graves difficultés, de nombreuses communautés rurales, éloignées et autochtones sont bloquées , des coûts de transport élevés et une infrastructure inadéquate.

Si on souhaite améliorer le sort des Canadiens à faible et à moyen revenu, il est impératif que tous les ordres de gouvernement comprennent et respectent leur rôle dans la lutte contre la crise du logement. Faisons du Canada un pays où être propriétaire est un rêve réalisable.


Le sénateur Toni Varone est membre du Groupe des sénateurs indépendant et représente l’Ontario. Tout au long de sa carrière, il a participé à diverses initiatives communautaires et gouvernementales en vue de créer des logements sûrs et abordables pour les personnes démunies.

Une version de cet article a été publiée dans le Hill Times le 29 janvier 2025 (en anglais seulement).

L’un de nos plus grands défis au Canada est la crise grandissante – surtout attribuable au déséquilibre important entre l’offre et la demande – qui frappe le logement abordable. La Stratégie nationale sur le logement n’est pas assez solide pour corriger adéquatement la situation.

Partout au pays, la demande de nouveaux logements surpasse de loin le nombre de logements disponibles. On estime qu’il faudrait construire 1,3 million de logements de plus que le nombre qui est prévu actuellement. Ce déséquilibre entraîne une pression à la hausse sur les prix, ce qui alourdit le fardeau financier des Canadiens, surtout des acheteurs d’une première maison. Cela a également pour effet de réduire le nombre de logements locatifs, de faire grimper les loyers et de forcer les gouvernements à intervenir pour créer davantage de logements abordables.

La crise du logement continue d’exacerber les disparités socioéconomiques. L’intersectionnalité entre l’inabordabilité du logement et les enjeux liés à la santé mentale, la toxicomanie et la pauvreté la vulnérabilité des groupes marginalisés qui sont en situation d’itinérance. Les communautés autochtones, notamment, sont aux prises avec des problèmes particuliers tels que des conditions de vie inadéquates, la surpopulation et le manque d’accès à des services essentiels.

Compte tenu de la complexité et de la gravité de la crise du logement abordable, nous avons besoin d’une stratégie nationale qui peut s’adapter aux conditions variables et qui favorise la collaboration entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et les administrations municipales tout en faisant intervenir le secteur privé.

À l’heure actuelle, la Stratégie nationale sur le logement n’atteint pas ses objectifs. Elle est souvent entravée par un manque de coordination entre les entités gouvernementales et le trop petit rôle accordé au secteur privé, lequel demeure le volet le plus sous-utilisé au Canada. La Stratégie nationale sur le logement doit se muer en un plan cohérent qui optimise l’allocation des ressources, uniformise les politiques et trouve des solutions durables pour bonifier l’offre de logements.

Une stratégie sur le logement actualisée doit établir des lignes directrices claires concernant la coordination des efforts des gouvernements pour construire des logements et en améliorer l’abordabilité. Y inclure une définition nationale d’« accessibilité à la propriété » permettrait d’uniformiser les politiques sur le logement des différents ordres de gouvernement partout au pays. Actuellement, les différents gouvernements et administrations travaillent de façon contradictoire. Ils ont besoin d’un meilleur cadre pour bien travailler ensemble.

La Stratégie nationale sur le logement devrait également libérer le secteur privé du poids fiscal prohibitif qui nuit à ses efforts pour accroître le nombre de logements. Les taxes fédérales, peu importe la forme qu’elles prennent, représente plus de 30 % des coûts liés à la construction de logements. Ce chiffre constitue le principal obstacle à ce qu’on pourrait appeler l’« accessibilité à la propriété ». Le gouvernement fédéral peut adapter sa stratégie sur le logement pour jouer un rôle plus important dans le financement et la construction de logements locatifs durables; toutefois, sans un marché immobilier résidentiel vigoureux, la crise ne fera que s’intensifier.

Les municipalités ont beaucoup trop souvent recours aux droits d’aménagement pour alléger le fardeau des taxes foncières découlant de l’entretien des infrastructures existantes qui repousse involontairement le seuil de l’abordabilité pour les acheteurs d’une première maison. Bien que les droits d’aménagement jouent un rôle essentiel quant aux coûts associés aux nouvelles constructions, ils doivent être ciblés et calibrés de manière à favoriser l’abordabilité et non pas à nuire à celle-ci. Assurer une surveillance provinciale des droits d’aménagement imposés par les municipalités fera en sorte que ces droits atteindront l’objectif visé.

La Stratégie nationale sur le logement devrait comprendre des mécanismes de collecte, d’analyse et de diffusion des données sur les logements disponibles et leur abordabilité. Une approche axée sur les données permet la prise de décisions éclairées, l’adoption de politiques fondées sur des données probantes et la mise en œuvre d’efforts ciblés afin de régler efficacement les problèmes spécifiques d’abordabilité.

En 2025, le secteur du logement au Canada demeure caractérisé par des prix à la hausse, un faible nombre de logements disponibles, un problème d’itinérance qui perdure et une mobilisation inexistante du secteur privé. Pendant que les centres urbains sont aux prises avec de graves difficultés, de nombreuses communautés rurales, éloignées et autochtones sont bloquées , des coûts de transport élevés et une infrastructure inadéquate.

Si on souhaite améliorer le sort des Canadiens à faible et à moyen revenu, il est impératif que tous les ordres de gouvernement comprennent et respectent leur rôle dans la lutte contre la crise du logement. Faisons du Canada un pays où être propriétaire est un rêve réalisable.


Le sénateur Toni Varone est membre du Groupe des sénateurs indépendant et représente l’Ontario. Tout au long de sa carrière, il a participé à diverses initiatives communautaires et gouvernementales en vue de créer des logements sûrs et abordables pour les personnes démunies.

Une version de cet article a été publiée dans le Hill Times le 29 janvier 2025 (en anglais seulement).

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