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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le décès de Jean-Pierre Ferland

30 avril 2024


Chers collègues, c’est avec une certaine tristesse que je prends la parole aujourd’hui afin de rendre hommage à M. Jean-Pierre Ferland, brillant et sensible Québécois, auteur-compositeur et interprète, décédé le samedi 27 avril 2024.

Dans une communauté, il y a différentes catégories de personnes. Il y a les grands et il y a les autres. Parmi les autres, il y a les plus grands que les grands; on les appelle les géants. Ainsi, c’est un géant de la chanson qui nous quitte. Depuis l’annonce de son décès, les témoignages sentis et empreints d’affection pour l’homme troubadour résonnent aux quatre coins du Québec et au-delà de nos frontières.

Jean-Pierre Ferland a profondément marqué le Québec et toute la Francophonie par ses paroles chaleureuses, amoureuses et engagées et par sa musique moderne, envoûtante et berçante. Dire de Jean‑Pierre Ferland qu’il était un géant est un euphémisme. Il fait partie intégrante de notre patrimoine culturel. Il faut toute une vie pour écrire, chanter et produire plus de 30 albums aussi populaires les uns que les autres, notamment son fameux album Jaune, lancé en 1970, qui a marqué un tournant dans sa carrière, emboîtant le pas à la Révolution tranquille. Cet album ouvrait les volets de notre demeure québécoise pour y faire entrer un vent d’optimisme et de possibles. Jean-Pierre Ferland a enfourché comme pas un cette époque effervescente et a su, tel un orfèvre des mots, faire briller les passions, les rêves et les émotions de tout un peuple.

Aux côtés des Charlebois, Léveillée, Leclerc, Forestier, Deschamps, Reno, Vigneault, Castel, Renée Claude et de beaucoup d’autres complices de la chanson, Jean-Pierre Ferland a fait vibrer de belle manière l’âme des Québécois. Il a transformé l’amour en œuvre d’art, a porté avec bienveillance les blessures de cœur et a magnifié, un peu cabotin, les rêves d’enfance.

La qualité de ses textes, sa voix chaude, son sourire immense, ses yeux coquins et sa générosité débonnaire ont fait de lui un enfant chéri des Québécoises et des Québécois ainsi que des francophones, qui pleurent aujourd’hui le départ d’un membre de la famille.

Une chance qu’on l’a, qu’on l’a eu et, j’en suis persuadé, qu’on l’aura pour l’éternité, tapi dans notre mémoire et dans nos cœurs.

Un peu plus haut, un peu plus loin, après être devenu un homme, Boule de gomme s’est transformé en ange harmonique et polira pour toujours nos vies, nos rêves et nos amours, comme Jean-Pierre l’a fait avec passion pendant plus de 60 ans.

Veille sur nous, petit roi! Merci.

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