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ILLE - Comité spécial

Drogues illicites (spécial)

 

UTILISATIONS THÉRAPEUTIQUES DU CANNABIS


Actuellement, le cannabis est utilisé comme produit thérapeutique dans le monde.

En effet, les bénéfices suivants du cannabis ont été documentés à travers la planète par divers organismes médicaux et gouvernementaux :

  • Sensation de bien-être;
  • Augmentation de la sociabilité;
  • Effet myorelaxant;
  • Effet analgésique;
  • Stimulation de l’appétit;
  • Effet antiémétique;
  • Effet anticonvulsivant;
  • Diminution de la pression intra-oculaire.

Au Canada, l’article 56 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances octroie au Ministre fédéral de la santé le pouvoir discrétionnaire d’accorder une exemption à des fins médicales aux personnes qui considèrent que l’usage du cannabis est utile pour leur santé.

Ainsi, actuellement, de nombreux malades canadiens ont obtenu de Santé Canada l’autorisation de fumer le cannabis à des fins thérapeutiques. Cependant, la culture demeure interdite.

D’autre part, Santé Canada a octroyé des fonds pour des essais cliniques visant à évaluer l’efficacité de la marijuana :

  • Community Research Initiative of Toronto (CRIT) : utilités du cannabis chez les individus atteints du VIH/SIDA;
  • Université McMaster, Hamilton : utilités du cannabis chez des patients souffrant d’épilepsie;
  • Clinique de sclérose en plaques, Saskatoon : évaluation des effets du cannabis sur la spasticité musculaire chez des personnes atteintes de sclérose en plaques;
  • Centre de réhabilitation G.F. Strong, Vancouver : évaluation des effets du cannabis sur la spasticité des membres chez des individus ayant des blessures à la moelle épinière.

 

N.B. Le mécanisme d’action du THC n’a pas encore été clairement élucidé.


 INTOXICATION AÏGUE AU CANNABIS

Effets centraux

 

  • Euphasie : Sensation de bien-être et de satisfaction;
  • Impression de calme et de relaxation;
  • Loquacité;
  • Gaieté allant jusqu’à l’hilarité;
  • Insouciance;
  • Sociabilité;
  • Augmentation de la confiance en soi;
  • Distorsion de la perception du temps, de l’espace et de l’image de soi;
  • Accentuation des perceptions sensorielles;
  • Diminution de la mémoire à court terme, de l’attention et de la concentration;
  • Réduction de l’habileté à accomplir des tâches complexes;
  • Altération des réflexes d’équilibre et de la coordination des mouvements (conduite automobile affectée);
  • Augmentation de l’appétit (surtout pour les aliments sucrés);
  • Augmentation de la libido.

 

Plus rarement :

  • Anxiété;
  • Vertiges;
  • Nausées;
  • Crise convulsive.

 

EFFETS PÉRIPHÉRIQUES

 

  • Hypotension arthostatique;
  • Tachycardie;
  • Bronchodilatation;
  • Rougeur des yeux;
  • Sécheresse de la bouche.

 

SURDOSAGE

  • Somnolence;
  • Désorientation;
  • Confusion;
  • Désorganisation;
  • Altération du jugement;
  • Hallucinations;
  • Paranoïa;
  • Rarement psychose toxique (surtout chez les personnes prédisposées).

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES DE L’ÉVOLUTION DES EFFETS

 

Action de fumer le cannabis

  • Début d’action très rapide (quelques minutes);
  • Effet maximal en 30 minutes;
  • Durée d’action : 2 à 4 heures (et effets résiduels).

 

Action d’ingérer le cannabis

  • Début d’action plus lent;
  • Effets plus progressifs et plus longs;
  • Euphorie moindre

 

 

 

INTERVENTION EN SITUATION D’INTOXICATION AÏGUE

  • Calmer et rassurer le patient;
  • Dédramatiser la situation;
  • Au besoin, sédation modérée avec une benzodiazépire

 

N.B.

  • Ces problèmes ne menacent pas la vie du consommateur;
  • Il n’y a pas d’antidote au cannabis, ne de traitement médical spécifique.

 

EFFET CHRONIQUES

 

  • Déficit de la mémoire, de l’attention et de la concentration (sont réversibles);
  • Syndrome d’amotivation : passivité, diminution de l‘initiative, apathie, perte d’intérêt;

 

  • Influence variable sur la fonction sexuelle (dans certains cas, diminution de la fertilité chez l’homme et la femme;

 

  • Troubles pulmonaires par inhalation :

 

      • Pharyngite, asthme, bronchite, emphysème;

 

      • Plus néfaste que la cigarette car le goudron présent dans la fumée de cannabis renferme une plus grande quantité d’agents cancérigènes que le goudron contenu dans la fumée de tabac - risque accru de cancer du poumon.

 

  • Diminution de la résistance aux infections.

 

TERATOGÉNICITÉ

 

* peut affecter le foetus si la femme enceinte consomme de fortes doses de cannabis;

* possibilité de mort foetale, naissance prématurée, malformations d’organes, retard de croissance, toxicité cardiaque, atteinte du système immunitaire.

 

TOLÉRANCE ET PHARMACODÉPENDANCE

  • Phénomène de sensibilisation résultant de la transpormation par le foie du THC en 11-hydroxi-THC plus actif;

 

  • Peu de tolérance chez le consommateur épisodique;
  • Tolérance marquée si les doses et la fréquence d’administration sont élevées;
  • Dépendance physique peu prononcée;
  • Dépendance psychologique peut être significative;
  • Sevrage observé chez le consommateur régulier de fortes doses;
  • Symptômes de sevrage : anxiété, agitation, nervosité, irritabilité, insomnie, dysphorie, augmentation des réflexes, maux de tête, sudation, perte d’appétit, nausées, crampes intestinales.

 

 

DIÉTHYLAMIDE DE L’ACIDE LYSERGIQUE

(LSD ou « acide »)

 

  • Synthétisé à partir de l’acide lysergique qui se trouve dans un champignon parasite de diverses graminées;
  • Vendu sous forme de comprimés, capsules ou solutions;
  • Hallucinogène très puissant;
  • Dose type : 50 à 100 mg par voie orale;
  • Caractéristiques de l’évolution des effets « per os » :
  1. Début d’action : 30 à 60 minutes après la prise
  2. Effet maximal en 2 à 3 heures
  3. Durée d’action : 2 à 12 heures
  • N’a aucune indication thérapeutique reconnue.

 

 

 

INTOXICATION AÏGUE AU LSD

 

Effets centraux

 

  • Euphonie;
  • Surexcitation;
  • Altération de la mémoire à court terme;
  • Troubles de pensée et de concentration
  • Accroissement de l’acuité sensorielle;
  • Hallucinations;
  • Altération de la perception de soi, des formes, des couleurs, du temps et de l’espace;
  • Mauvais voyage (« bad trip ») : anxiété, dépersonnalisation, instabilité affective, sensation de perte de la maîtrise de soi et de son environnement, panique, sentiment de persécution, confusion pouvant aller jusqu,à la psychose, troubles de comportement pouvant être dangereux, tendance à l’autodestruction;
  • Vertiges et troubles de coordination;
  • Convulsion.

 

 

Effets périphériques

 

  • Vision brouillée, mydriose;
  • Hypertension, tachycardie, palpitations;
  • Hyperthermie;
  • Rougeur du visage, chair de poule;
  • Sudation;
  • Nausées.

 

 

 

 

TRAITEMENT DE L’INTOXICATION AÏGUE AU LSD

 

  • Placer le patient dans un endroit calme avec un éclairage doux, le rassurer et dédramatiser la situation;
  • En général, aucune médication n’est nécessaire

  • Si fièvre refroidissement externe et antipyrétique;


  • si convulsion diazépam intraveineux;


  • si agitationbenzodiazépine orale

N.B. * Les tranquillisants majeurs sont de moins en moins utilisés car ils ont tendance à faciliter l’apparition de crises convulsives.

* Si un antipsychotique s’avère indispensable, éviter les phénothiazines (ex : chlorpromazine ou Largactil md ) car elles provoquent des dépressions suicidaires aiguës.

* Une dose excessive de LSD n’a pas été associée à des décès connus.

 

EFFETS CHRONIQUES DU LSD

  • Syndrome d’amotivation : passivité, diminution de l’initiative, apathie, perte d’intérêt;
  • Anxiété;
  • Diminution de la mémoire;
  • Troubles d’humeur (rarement : dépression prolongée)
  • « Flash-back » = l’euphorie et les hallucinations peuvent se reproduire spontanément des jours, des semaines ou des mois plus tard;
  • psychose (surtout chez les sujets prédisposés).

 

 

TOLÉRANCE ET PHARMACODÉPENDANCE

 

  • La tolérance aux effets hallucinogènes s’installe après quelques jours de consommation et disparaît aussi rapidement;
  • Tolérance croisée avec d’autres hallucinogènes;
  • Pas de dépendance physique;
  • Dépendance psychologique possible, d’intensité variable.

 

 

TÉRATOGÉNICITÉ

 

  • Malformations foetales;
  • Avortements spontanées.

 

AUTRES HALLUCINOGÈNES DU MÊME TYPE QUE LE LSD

 

 

Mescaline : (poudre, comprimés, capsules)

  • Présente dans le psyotl (cactus mexicain) ou synthétisée;
  • Par rapport au LSD : effets centraux moindres et effets périphériques plus marqués.

Dose type : 300 à 500 mg (voie orale)

 

Psilocybine : (champignons, capsules)

  • Extraits de plusieurs champignons, dont le psilocybe, effets moins intenses mais plus agréables que le LSD.

Dose type : 5 à 60 mg (voie orale)

 

 

 

HALLUCINOGÈNES STIMULANTS (drogues synthétiques)

 

 

Diméthoxyméthamphétamine (DOM, STP) : (poudre blanche)

  • Effets hallucinogènes de type LSD
  • Effets périphériques importants.

Dose type : 3 à 10 mg (voie orale, prisée, injectée)

 

Méthylènedioxyamphétamine (MDA, « love drug ») : (poudre blanche ou brune, comprimés)

  • Effets comparables au MDMA mais plus longs et moins agréables

Dose type : 100 mg (voie orale)

 

Méthylénedioxyméthamphétamine (MDMA, « Cestasy », « Adam ») : poudre blanche, comprimés

  • Très peu hallucinogène

Dose type : 40 à 150 mg (voie orale)

 

 

ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX DISSOCIATIFS

 

 

Phencyclidine (PCP, « angel dust », « mess », « peace pills »)

(poudre de couleur variée, comprimés, capsules, cristaux, pâte, liquide)

  • Souvent vendue sous de faux noms;
  • Retrouvée dans ou à la place de plusieurs hallucinogènes (ex : mascaline);
  • Incorporée dans plusieurs drogues (ex : marijuana, cocaïne);
  • Faible indice thérapeutique

Dose type : 1 à 5 mg (avalée, fumée, prisée, injectée)

 

 

Symptômes d’intoxication aiguë au PCP

  • Rigidité musculaire, diminution de la sensibilité, respiration lente et profonde;
  • Regard fixe, stupeur, mustisme, psychose, hallucinations (peuvent apparaître 4 à 6 jours après usage);
  • Possibilité de comportement très violent (verbal et physique).

 

 

TRAITEMENT DE L’INTOXICATION AIGUË AU PCP

  • Intoxication légère
    • Protéger le sujet contre lui-même
    • Calmer et rassurer
  • Intoxication sévère
    • Soutien médical intensif en milieu hospitalier (le PCP est plus dangereux que les autres hallucinogènes)
  • Durée d’observation : 4 à 6 heures
  • Traitement des complications
    • Agitation importante : diazépam (Valium md ) ou halopéridol (Haldol md);
    • Convulsions : diagépam (Valium md) ou phénytoïne (Dilantin md);
    • Arythmies cardiaques ou hypertension : propranolol (Indéral md).

 

 

TOLÉRANCE ET PHARMACODÉPENDANCE AU PCP

 

  • Tolérance importante si le sujet consomme très régulièrement ;
  • Seul hallucinogène pour lequel on observe un phénomène d’auto-administration chez l’animal.

 

SEVRAGE AU PCP

  • Terreur, tremblements, très nerveux, anxiété sévère chronique, troubles de la pensée et de la mémoire récente, problèmes d’élocution persistants;
  • « flash-back » = l’euphorie et les hallucinations peuvent se reproduire spontanément des jours, des semaines ou des mois plus tard;
  • dépression.

 

APPROCHE GÉNÉRALE DANS LE CAS D’UN « MAUVAIS VOYAGE »

 

  • Rassurer et tranquilliser (tenir la main, masser légerement le dos)
  • Éloigner des sources d’excitation (foules, endroits très éclairés ou très bruyants);
  • Ne pas tenter de remettre sur une ligne de pensée normale (peut embrouiller davantage);
  • Convaincre que cet état est passager, que le sujet ne perd pas raison et qu’il se trouve avec des personnes qui s’occupent de lui et qui n’adopteront pas une attitude critique ou hostile;
  • Encourager à accepter cet état passager, que tout va très bientôt rentrer dans l’ordre et que ce n’est pas une maladie mentale;
  • Si le sujet est agressif ou hostile :
  • Ne pas se fâcher et ne pas être seul avec lui;
  • Protéger le sujet contre lui-même tout en se protégeant soi-même.
  • En général, les tranquillisants ne devraient pas être utilisés car ils peuvent augmenter la confusion et l’anxiété et renforcer la pensée délirante qui prévaut.

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