déclarations de sénateurs — Le décès de J. Trevor Eyton, O.C.

19 mars 2019


L’honorable Larry W. Smith (leader de l’opposition)
[14:03]

Honorables sénateurs, c’est avec tristesse que j’interviens aujourd’hui pour rendre hommage à l’honorable J. Trevor Eyton, qui s’est éteint le mois dernier. M. Eyton a siégé pendant presque 19 ans au Sénat du Canada en tant que représentant de l’Ontario. C’était un homme franc, vaillant et réfléchi, qui a servi ses concitoyens avec dévouement. Il nous manquera beaucoup.

Dans sa jeunesse, Trevor Eyton a fait preuve de leadership en étant capitaine de l’équipe de football Varsity Blues de l’Université de Toronto. Dans la Ligue canadienne de football, les Roughriders de la Saskatchewan l’ont repêché, puis ils l’ont échangé aux Argonauts de Toronto. Après avoir passé une seule journée au camp d’entraînement, il s’est aperçu que la profession juridique était sa véritable vocation. Toutefois, ses liens avec le sport ne se sont jamais démentis. Trevor Eyton a agi pendant de nombreuses années en tant qu’administrateur et président du Panthéon des sports canadiens, à Calgary, et en tant qu’administrateur de la Fondation olympique canadienne. Il a ainsi aidé des athlètes canadiens à atteindre leur plein potentiel.

Après avoir obtenu son diplôme en droit de l’Université de Toronto en 1960, Trevor Eyton s’est joint au cabinet d’avocats Torys, sur les conseils de Bora Laskin, qui, plus tard, allait être nommée juge en chef de la Cour suprême.

Par la suite, Trevor Eyton a fait sa marque dans le milieu des affaires. Pendant de nombreuses années, il a été président-directeur général de Brookfield Asset Management et il a aussi fait partie du conseil d’administration de sociétés comme Coca-Cola Enterprises et John Labatt Incorporated.

En 1986, il a été fait officier de l’Ordre du Canada. On avait alors souligné non seulement ses réalisations considérables à titre d’homme d’affaires et avocat, mais aussi son travail bénévole et communautaire, notamment à titre de président du conseil des gouverneurs de l’Université de Waterloo et auprès de l’hôpital Sunnybrook et de la Société de l’arthrite. Cinq années plus tard, il était nommé au Sénat du Canada sur la recommandation du très honorable Brian Mulroney.

Le sénateur Eyton a vécu son baptême de feu de la politique lors du fameux débat sur la TPS tenu au Sénat, à l’époque.

Pendant les quelques années qui ont suivi, Trevor Eyton s’est consacré à son travail de sénateur avec l’enthousiasme et l’engagement dont il a fait preuve dans tous les aspects de sa vie.

Au fil du temps, le sénateur Eyton a été membre de la plupart des comités sénatoriaux permanents, notamment à titre de coprésident du Comité mixte permanent d’examen de la réglementation du Sénat et de la Chambre des communes et de vice-président du Comité des affaires juridiques et constitutionnelles. Le sénateur Eyton a aussi parrainé des projets de loi au Sénat, notamment un projet de loi en 2007 visant à offrir une plus grande protection aux clients de l’industrie des prêts sur salaire.

En mai 2009, lors de son dernier discours au Sénat avant sa retraite, le sénateur Eyton a ainsi rendu hommage à sa famille, pour son amour et son soutien :

Je suis conscient qu’ils sont en grande partie responsables de toutes les bonnes choses qui me sont arrivées. C’est une chose que je garde toujours à l’esprit.

En cette période de tristesse, je tiens à assurer à ses proches que les services rendus par le sénateur Eyton aux Canadiens ne seront jamais oubliés. Au nom de tous ses amis du caucus conservateur, et au nom de tous les sénateurs, j’offre mes plus sincères condoléances à ses enfants, Debbie, Susie, Adam, Christopher et Sarah, à ses petits-enfants et à ses arrière-petits-enfants, ainsi qu’à ses nombreux amis de partout au pays. Merci.

L’honorable Peter Harder (représentant du gouvernement au Sénat)
[14:07]

Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage à l’ex-sénateur Trevor Eyton, à son grand sens des affaires et son esprit d’équipe. Tous ceux qui ont eu le plaisir de le connaître personnellement se souviendront de son sens de l’humour mordant et de ses talents de conteur. Il y a d’ailleurs quelques-unes de ses histoires que je n’oserais jamais répéter ici aujourd’hui.

Le sénateur Eyton a connu le parcours typique du jeune homme qui part de sa petite ville pour la grande. Après ses études de droit, il s’est joint à la firme Torys, qui était alors de taille modeste et qu’il a accompagnée tout au long de sa croissance, jusqu’à ce qu’elle devienne un des cabinets d’avocats les plus prestigieux du Canada. Il s’est ensuite intéressé au monde des affaires, où son talent pour conclure des ententes, pour créer des liens avec les autres et pour mener une entreprise vers la réussite est vite devenu légendaire.

Il a beaucoup redonné à la collectivité, et plus particulièrement aux établissements d’enseignement qu’il a fréquentés, dont l’Université de Waterloo, mon alma mater, et l’Université de King’s College, à Halifax. C’est sans oublier tout ce qu’il a fait pour la construction du SkyDome de Toronto et pour les succès, aussi éphémères furent-ils, des Blue Jays.

Trevor Eyton était un bon vivant qui savait apprécier les bonnes choses de la vie et qui n’aimait rien de mieux que de passer du temps avec ses amis et sa famille.

S’il ne s’est jamais pris trop au sérieux lui-même, il en allait autrement de son travail de sénateur et des travaux du Sénat. Son sens des affaires a par ailleurs pu continuer d’être mis à profit, car il a siégé au conseil d’administration de certaines des plus grandes et des plus prestigieuses sociétés du pays parallèlement à sa carrière sénatoriale.

J’ai eu l’honneur de faire partie en même temps que lui du conseil d’administration de Magna International, et je dois avouer que j’ai beaucoup appris en voyant la manière dont il s’acquittait de son rôle d’administrateur indépendant d’une société cotée en bourse. Il faisait aussi partie du comité de sélection chargé d’élire le PDG canadien de l’année. Les honorables sénateurs seront sans doute d’accord pour dire qu’il savait ce qu’il faisait à cet égard.

Mes honorables collègues ont peut-être parlé à Trevor lorsqu’il a assisté à l’événement qui a marqué la fermeture de l’édifice du Centre.

Ceux d’entre nous qui ont assisté à cet événement ont peut-être eu l’occasion de s’entretenir avec le sénateur Eyton alors qu’il se trouvait sur la Colline probablement pour la dernière fois, en décembre.

Son dévouement envers le Sénat — et je dirais même envers l’édifice du Centre — n’a jamais faibli. J’apprécie certains des derniers conseils qu’il nous a donnés avant de prendre sa retraite. J’aimerais citer un passage de son discours de départ, dont on a déjà parlé. Il a dit :

[...] le Sénat serait beaucoup plus efficace s’il y avait moins d’esprit partisan et davantage de collégialité, en particulier en ce qui concerne son rôle de Chambre de second examen objectif.

Ces paroles sont on ne peut plus à-propos. J’espère que nous saurons tenir compte de ces conseils dans notre travail, dans les mois qui viennent, et rendre ainsi hommage à Trevor.

[14:10]

Honorables collègues, j’aimerais à mon tour rendre hommage à l’ancien sénateur John Trevor Eyton.

Le sénateur Eyton a été nommé au Sénat du Canada par l’ancien premier ministre Brian Mulroney en 1990. Il y est resté jusqu’en 2009, année de son départ à la retraite.

Originaire de la ville de Québec, le sénateur Eyton était un juriste réputé qui a aussi été entrepreneur avant de commencer sa carrière au Sénat.

Avant cela, il se dirigeait vers une carrière dans la Ligue canadienne de football. Le sénateur Eyton a été repêché par les Roughriders de la Saskatchewan, puis échangé aux Argonauts de Toronto. Toutefois, après la première journée d’entraînement, il a compris qu’une carrière en droit correspondrait davantage à ses passions, ce qui l’a amené à l’Université de Toronto, où il a obtenu un baccalauréat ès arts en 1957 et un baccalauréat en droit en 1960.

Le sénateur Eyton a voué sa vie au service public. Il a servi entre autres à titre de président du conseil d’administration de l’Université de Waterloo et à titre de chancelier de l’Université Dalhousie. Il a aussi œuvré auprès d’organismes de bienfaisance, dont la Société de l’arthrite, le Trust olympique et l’institut de recherche Sunnybrook.

En reconnaissance de son travail, l’Université de Waterloo et l’Université King’s College de Dalhousie lui ont toutes les deux décerné un doctorat honorifique en droit.

Le sénateur Eyton connaissait l’importance des relations et du commerce internationaux, en particulier en Amérique du Nord. Il a reçu la plus haute distinction civile accordée par le Mexique, l’Ordre de l’Aigle aztèque. On l’a aussi honoré pour son dévouement à promouvoir les investissements et le commerce entre le Canada et le Mexique. En fait, il a cofondé les Journées de réflexion Canada-Mexique, où des dirigeants commerciaux et de hauts responsables gouvernementaux des deux pays se rassemblaient pour faire connaissance, discuter et approfondir leurs relations.

Au nom du Groupe des sénateurs indépendants, j’offre mes condoléances à la famille et aux proches de Trevor Eyton, un athlète, un avocat, un géant des affaires, un leader de la collectivité et un sénateur distingué.

L’honorable Terry M. Mercer (leader suppléant des libéraux au Sénat)
[14:13]

Honorables sénateurs, au nom des libéraux indépendants au Sénat, j’aimerais moi aussi rendre hommage à notre ancien collègue, le regretté Trevor Eyton.

Le sénateur Eyton a siégé ici avec distinction pendant plus de 19 ans. Il possédait une aptitude innée pour entrer dans le vif du sujet, poser d’excellentes questions et soigneusement évaluer tout ce qu’il entendait dans cette enceinte et en comité.

En dehors de son travail à Ottawa, il s’impliquait dans un grand nombre d’organismes communautaires, comme Junior Achievement, le programme du Prix du Duc d’Édimbourg et la Fondation olympique canadienne.

Il a été promu au rang d’officier de l’Ordre du Canada, un honneur bien mérité pour cet homme qui a consacré sa vie et sa carrière à améliorer le sort de tous ses concitoyens.

Même si comme sénateur et comme donateur il était d’allégeance conservatrice, il avait des amis partout, à tel point qu’il était également membre du Club Laurier du Parti libéral du Canada et a participé à ses activités à plusieurs reprises. Il a été le premier membre non partisan de cette enceinte.

En tant que Néo-Écossais, je dois aussi souligner qu’il avait un lien avec ma province natale puisqu’il avait été chancelier de l’Université King’s College, à Halifax, de 1996 à 2001.

Honorables sénateurs, Trevor Eyton a brillamment réussi dans le monde des affaires et celui du droit, et il a laissé un grand héritage ici au Sénat.

Au nom des libéraux indépendants au Sénat, j’aimerais exprimer mes condoléances à ses enfants — Debbie, Susie, Adam, Christopher et Sarah —, à ses bien-aimés petits-enfants et arrière-petits-enfants, de même qu’à ses proches et ses amis. Je vous remercie.

Son Honneur le Président
[14:14]

Honorables sénateurs, je vous invite à vous lever et à observer avec moi une minute de silence pour notre ancien collègue.