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Comment l’édifice du Sénat du Canada a façonné l’avenir du pays
17 juillet 2019
COMMENT & POURQUOI

Cet article fait partie d’une série sur le déménagement du Sénat du Canada à son emplacement temporaire dans l’ancien Centre de conférences du gouvernement. Le Sénat a été relocalisé dans l’ancienne gare, construite en 1912, alors que l’édifice du Centre du Parlement — l’emplacement permanent du Sénat — fait l’objet d’importantes rénovations.

On s’attend à ce que le Sénat occupe cet emplacement temporaire pendant au moins dix ans.


 

Il n’est pas étonnant que le Sénat du Canada s’installe temporairement dans un édifice qui a été l’hôte de rencontres qui ont été déterminantes dans l’histoire du Canada pendant 50 ans.

Selon le sénateur Serge Joyal, ministre du cabinet fédéral au moment où l’ancien Centre des conférences du gouvernement accueillait les négociations constitutionnelles menées par le gouvernement en 1981, il est très intéressant que le Sénat fasse désormais partie de la riche histoire de l’édifice.

« Les sénateurs écriront des pages d’histoire dans un édifice qui a été l’hôte d’un nombre incroyable de conférences et de négociations qui, au fil du temps, ont façonné le Canada d’aujourd’hui en particulier. »

Voici quelques points saillants de l’histoire de l’édifice du Sénat du Canada :

 

1967 : Centre de visiteurs lors du centenaire du Canada
centre

Lors du 100e anniversaire du Canada, alors que des millions de Canadiens sont attendus à Ottawa, l’absence de toilettes publiques près de la Colline du Parlement fait éviter à l’ancienne gare ferroviaire — mise hors service l’année précédente — le boulet de démolition.

À l’origine, on planifiait démolir l’édifice de 50 ans pour aménager un stationnement à l’intention des visiteurs. Une forte opposition publique se fit entendre et finalement, on a décidé de convertir l’édifice en centre de visiteurs.

1969 : Conférence constitutionnelle

En 1969, le Centre de conférences du gouvernement est le lieu de pourparlers constitutionnels, des pourparlers qui se répèteront pendant 25 ans. Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau et les dix premiers ministres des provinces de l’époque s’y réunissent pour discuter de la répartition des champs de compétences, de finances et d’écarts régionaux.

1973 : Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth

Le Canada est l’hôte d’un sommet de neuf jours qui réunit des chefs de gouvernement de 38 pays du Commonwealth, sommet qui aboutit à une déclaration qui condamne les essais d’armes nucléaires. Les leaders discutent également de questions mondiales urgentes, dont la Guerre du Vietnam, l’Accord général sur les tarifs douaniers et sur le commerce ainsi que les relations entre les États-Unis et leurs adversaires de la Guerre froide, soit l’Union soviétique et la Chine.

1981 : Conférence fédérale-provinciale des premiers ministres sur la Constitution

En 1982, la Constitution revient au pays. Le Canada a été créé par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1867 mais, pendant plusieurs années, et ce depuis 1926, il y a eu plusieurs tentatives pour que le pouvoir constitutionnel soit complètement exercé au pays. Aucune ne réussit avant 1980 jusqu’au lendemain du référendum sur la séparation du Québec. Les négociations reprirent alors et menèrent au rapatriement de la Constitution après de longues négociations qui eurent lieu au Centre de conférences en novembre 1981.

1987 : Conférence des premiers ministres sur la Constitution

La conférence aboutit à l’Accord du lac Meech, soit la première entente qui vise à modifier la Constitution canadienne. Les négociations auxquelles participent le premier ministre de l’époque, Brian Mulroney, ainsi que les premiers ministres des provinces visent à obtenir l’appui du gouvernement du Québec à la constitution refusée en 1982.

1990 : Conférence des premiers ministres sur la Constitution

Pour la troisième fois en une décennie, des pourparlers constitutionnels de haut niveau ont lieu au Centre de conférences. En juin 1990, une dernière tentative est faite pour sauver l’Accord du lac Meech. Au bout de trois ans d’efforts, plusieurs premiers ministres retirent leur soutien et la ratification officielle de l’Accord échoue.

1990 : Conférence « Ciels ouverts »

Cette conférence réunit 16 pays signataires de l’OTAN et sept pays signataires du Pacte de Varsovie. Le but est de tenter de conclure un accord historique sur le désarmement. La conférence marque un moment tournant dans la Guerre froide : les affrontements entre les pays occidentaux et les États satellites soviétiques — qui durent depuis une cinquantaine d’années — commencent alors à se calmer.

1996, 1997 : Convention d’Ottawa pour interdire les mines terrestres antipersonnel

Le Canada joue un rôle de premier plan dans la campagne internationale qui vise à interdire les mines antipersonnel dans les zones de guerre. Les négociations de 1996 et de 1997 mènent à la Convention d’Ottawa, soit la Convention sur l’interdiction de l’emploi, de stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.

Jusqu’en 2014 : Huis clos des médias

Pendant des années, le Centre de conférences du gouvernement sert à des séances d’information à huis clos à l’intention des médias; les journalistes peuvent par exemple y obtenir une copie du budget fédéral avant son dépôt officiel par le ministre des Finances à la Chambre des communes. Ainsi, les journalistes disposent de plusieurs heures pour analyser le budget et préparer leurs articles pour bien informer le public dès la sortie du budget.

2019 : Le Sénat y déménage

L’époque du Centre des conférences du gouvernement prend fin. Le centre est rebaptisé « l’édifice du Sénat du Canada »; les sénateurs y tiennent leur première séance le 19 février 2019.

 

Photo de la bannière : En 1990, la conférence « Ciels ouverts » a réuni des pays signataires de l’OTAN et du Pacte de Varsovie au Centre de conférences du gouvernement — comme on l’appelait alors — à Ottawa. La rencontre a été considérée comme un moment tournant de la fin de la Guerre froide. (Bibliothèque et Archives Canada)


Une version antérieure de cet article a été publiée le 27 avril 2018.

La Gare Union d’Ottawa, construite en 1912, est devenue le Centre de conférences du gouvernement en 1969. Ici ont eu lieu de nombreux pourparlers de haut niveau qui ont façonné l’histoire du Canada et donné à notre pays une place unique sur la scène mondiale.

En novembre 1981, le premier ministre de l’époque, Pierre Elliott Trudeau, ainsi que les premiers ministres des provinces du Canada, se sont réunis au Centre de conférences du gouvernement pour tenir des négociations qui ont mené au rapatriement de la Constitution du Canada et à l’adoption de la Charte des droits et libertés (Bibliothèque et Archives Canada).

De gauche à droite : les premiers ministres de l’Île-du-Prince-Édouard, de l’Alberta, de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Colombie-Britannique — Angus MacLean, Peter Lougheed, Brian Peckford et Bill Bennett — discutent lors de la conférence fédérale-provinciale de 1981, à Ottawa, qui a mené au rapatriement de la Constitution du Canada (Bibliothèque et Archives Canada) et à l’adoption de la Charte des droits et libertés.