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La recherche sur les thérapies assistées par les psychédéliques pour les vétérans est un « impératif moral » : sénateurs Richards et Boisvenu

Silhouette d’un militaire agenouillé devant un fusil, des bottes et un casque sur fond de ciel bleu.

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Il est facile, trop facile, de rejeter la valeur thérapeutique des drogues psychédéliques.

Qu’il s’agisse de l’indignation suscitée par l’idée que les contribuables financent la consommation de drogues à des fins récréatives ou de sarcasmes sur la médecine hippie, trop de gens sont prêts à négliger un traitement qui s’est avéré très prometteur pour aider les vétérans à guérir de maladies mentales débilitantes survenues dans le cadre de leur service au Canada.

Il est temps de changer ces attitudes, et – pour citer le titre du dernier rapport du Sous-comité sénatorial des anciens combattants – Le temps est venu. Les membres de notre sous-comité ont entrepris un examen sérieux des thérapies assistées par les psychédéliques et conclu qu’un programme de recherche à grande échelle sur la question était un impératif moral.

Lisez notre rapport et vous conviendrez qu’il n’y a pas de quoi rire.

Kelsie Sheren a servi comme artilleuse en Afghanistan. Après avoir été exposée à des combats intenses et avoir été témoin de la mort d’un ami, elle a été diagnostiquée comme souffrant d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Les médicaments conventionnels se sont avérés inutiles; elle a été libérée pour raisons médicales en 2011.

« J’étais suicidaire, en colère, blessée et perdue », a-t-elle déclaré à notre sous-comité. « J’avais 21 ans et j’étais sous l’effet de 11 médicaments différents. Rien ne fonctionnait ».

« Les mots prononcés de [Anciens Combattants Canada] ont résonné dans mes oreilles pendant des années : vous ne travaillerez plus jamais ».

En dernier recours, elle a essayé la thérapie assistée par les psychédéliques. Elle a dû effectuer des voyages à l’étranger, financés par une organisation à but non lucratif, jusqu’à ce qu’elle puisse enfin participer à un essai clinique canadien.

Dans son cas, les résultats ont été très positifs.

« La thérapie au moyen de substances psychédéliques est la seule raison pour laquelle je peux être une mère de famille, une épouse et une valeur auprès de la société actuelle », nous a-t-elle dit.

« La thérapie au moyen de substances psychédéliques est la seule raison pour laquelle je suis en vie. »

Le traitement conventionnel du TSPT est un processus lent et douloureux qui est trop souvent inefficace. 

Le colonel à la retraite Rakesh Jetly, ancien chef des services psychiatriques des Forces armées canadiennes, nous a expliqué que le patient doit revivre des événements traumatisants dans la salle de thérapie, et ce, encore et encore et encore jusqu’à ce qu’il se désensibilise et s’habitue.

C’est un traitement épuisant. Le taux d’abandon est élevé et, selon le colonel Jetly, le traitement ne tient pas compte du sentiment de culpabilité que ressentent certains vétérans à l’égard des actions qu’ils ont dû effectuer sur le champ de bataille.

« Lorsqu’une personne ressent de la culpabilité, en parler sans cesse […] pourrait même aggraver les choses », a-t-il déclaré.

En fait, l’ancien sénateur et lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire a qualifié de « blessures morales » les dommages psychologiques subis par certains soldats. Il a illustré ses propos en racontant l’histoire d’un tireur d’élite qui n’avait pas embrassé ses propres enfants dans les cinq années après son retour à la maison, parce que, au combat, il avait reçu l’ordre d’« éliminer » les enfants utilisés comme bombes humaines.

« Le fondement de leur existence a été attaqué », a déclaré le lieutenant-général Dallaire.

Ces types de blessures constituent une catégorie à part et expliquent pourquoi il est si difficile d’obtenir des résultats satisfaisants avec un traitement conventionnel.

Dans le même temps, il est important de ne pas surestimer l’intérêt de la thérapie assistée par les psychédéliques. Un médecin a mis en garde contre un recours trop rapide à ces substances, compte tenu du peu de données disponibles et du fait que les effets à long terme des psychédéliques tels que l’ecstasy, la psilocybine (champignons magiques) et la kétamine restent mal connus.

Le statu quo, cependant, est une condamnation à mort.

Le taux de suicide chez les vétérans est beaucoup plus élevé que chez n’importe quel autre groupe de la population canadienne : le taux de suicide est 50 % plus élevé chez les vétérans que dans la population générale; 250 % plus élevé chez les vétérans de moins de 25 ans; 200 % plus élevé chez les vétéranes.

Chacune de ces personnes a choisi de se donner corps et âme pour nous protéger, nous et nos valeurs.

La thérapie assistée par les psychédéliques peut les aider. Un programme de recherche à grande échelle pourrait fournir des données permettant de sauver des vies.

Nous devons à nos vétérans d’explorer toutes les possibilités.

L’honorable David Richards est président du Sous-comité des anciens combattants et représente le Nouveau-Brunswick au Sénat. L’honorable Pierre-Hugues Boisvenu est vice-président du sous-comité et représente la division de La Salle au Québec.

Cet article a été publié le 22 novembre 2023 dans The Hill Times (en anglais seulement).

Il est facile, trop facile, de rejeter la valeur thérapeutique des drogues psychédéliques.

Qu’il s’agisse de l’indignation suscitée par l’idée que les contribuables financent la consommation de drogues à des fins récréatives ou de sarcasmes sur la médecine hippie, trop de gens sont prêts à négliger un traitement qui s’est avéré très prometteur pour aider les vétérans à guérir de maladies mentales débilitantes survenues dans le cadre de leur service au Canada.

Il est temps de changer ces attitudes, et – pour citer le titre du dernier rapport du Sous-comité sénatorial des anciens combattants – Le temps est venu. Les membres de notre sous-comité ont entrepris un examen sérieux des thérapies assistées par les psychédéliques et conclu qu’un programme de recherche à grande échelle sur la question était un impératif moral.

Lisez notre rapport et vous conviendrez qu’il n’y a pas de quoi rire.

Kelsie Sheren a servi comme artilleuse en Afghanistan. Après avoir été exposée à des combats intenses et avoir été témoin de la mort d’un ami, elle a été diagnostiquée comme souffrant d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Les médicaments conventionnels se sont avérés inutiles; elle a été libérée pour raisons médicales en 2011.

« J’étais suicidaire, en colère, blessée et perdue », a-t-elle déclaré à notre sous-comité. « J’avais 21 ans et j’étais sous l’effet de 11 médicaments différents. Rien ne fonctionnait ».

« Les mots prononcés de [Anciens Combattants Canada] ont résonné dans mes oreilles pendant des années : vous ne travaillerez plus jamais ».

En dernier recours, elle a essayé la thérapie assistée par les psychédéliques. Elle a dû effectuer des voyages à l’étranger, financés par une organisation à but non lucratif, jusqu’à ce qu’elle puisse enfin participer à un essai clinique canadien.

Dans son cas, les résultats ont été très positifs.

« La thérapie au moyen de substances psychédéliques est la seule raison pour laquelle je peux être une mère de famille, une épouse et une valeur auprès de la société actuelle », nous a-t-elle dit.

« La thérapie au moyen de substances psychédéliques est la seule raison pour laquelle je suis en vie. »

Le traitement conventionnel du TSPT est un processus lent et douloureux qui est trop souvent inefficace. 

Le colonel à la retraite Rakesh Jetly, ancien chef des services psychiatriques des Forces armées canadiennes, nous a expliqué que le patient doit revivre des événements traumatisants dans la salle de thérapie, et ce, encore et encore et encore jusqu’à ce qu’il se désensibilise et s’habitue.

C’est un traitement épuisant. Le taux d’abandon est élevé et, selon le colonel Jetly, le traitement ne tient pas compte du sentiment de culpabilité que ressentent certains vétérans à l’égard des actions qu’ils ont dû effectuer sur le champ de bataille.

« Lorsqu’une personne ressent de la culpabilité, en parler sans cesse […] pourrait même aggraver les choses », a-t-il déclaré.

En fait, l’ancien sénateur et lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire a qualifié de « blessures morales » les dommages psychologiques subis par certains soldats. Il a illustré ses propos en racontant l’histoire d’un tireur d’élite qui n’avait pas embrassé ses propres enfants dans les cinq années après son retour à la maison, parce que, au combat, il avait reçu l’ordre d’« éliminer » les enfants utilisés comme bombes humaines.

« Le fondement de leur existence a été attaqué », a déclaré le lieutenant-général Dallaire.

Ces types de blessures constituent une catégorie à part et expliquent pourquoi il est si difficile d’obtenir des résultats satisfaisants avec un traitement conventionnel.

Dans le même temps, il est important de ne pas surestimer l’intérêt de la thérapie assistée par les psychédéliques. Un médecin a mis en garde contre un recours trop rapide à ces substances, compte tenu du peu de données disponibles et du fait que les effets à long terme des psychédéliques tels que l’ecstasy, la psilocybine (champignons magiques) et la kétamine restent mal connus.

Le statu quo, cependant, est une condamnation à mort.

Le taux de suicide chez les vétérans est beaucoup plus élevé que chez n’importe quel autre groupe de la population canadienne : le taux de suicide est 50 % plus élevé chez les vétérans que dans la population générale; 250 % plus élevé chez les vétérans de moins de 25 ans; 200 % plus élevé chez les vétéranes.

Chacune de ces personnes a choisi de se donner corps et âme pour nous protéger, nous et nos valeurs.

La thérapie assistée par les psychédéliques peut les aider. Un programme de recherche à grande échelle pourrait fournir des données permettant de sauver des vies.

Nous devons à nos vétérans d’explorer toutes les possibilités.

L’honorable David Richards est président du Sous-comité des anciens combattants et représente le Nouveau-Brunswick au Sénat. L’honorable Pierre-Hugues Boisvenu est vice-président du sous-comité et représente la division de La Salle au Québec.

Cet article a été publié le 22 novembre 2023 dans The Hill Times (en anglais seulement).

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