Le rapport
Résumé
On estime qu’environ 10% à 15% des vétérans canadiens ont reçu un diagnostic de trouble de stress posttraumatique, en plus d’autres problèmes de santé physique et mentale qui l’accompagnent fréquemment. Ces blessures de stress opérationnel doivent être traitées comme des blessures morales, comme une brisure de l’âme elle-même qui anéantit chez ces personnes tout espoir de donner un sens à leurs actions. Les vétérans canadiens se suicident plus, beaucoup plus, que les autres Canadiens et Canadiennes. Cette seule prise de conscience devrait suffire à mobiliser toutes les autorités publiques responsables, en commençant par Anciens Combattants Canada, vers la recherche acharnée, incessante et urgente de toute possibilité d’alléger la souffrance des vétérans qui souffrent parce qu’ils ont accompli leur devoir en notre nom et à notre place.
Or, au cours de la dernière décennie, une telle opportunité s’est manifestée avec la psychothérapie assistée par les substances psychédéliques, en particulier la psilocybine et la MDMA. Les études préliminaires se sont révélées prometteuses et le département américain des anciens combattants a entrepris des études cliniques visant à établir la pertinence d’offrir cette nouvelle forme de psychothérapie aux vétérans souffrant de symptômes sévères face auxquels les traitements traditionnels sont inefficaces. En juillet 2023, l’Australie a autorisé la thérapie assistée par la psilocybine dans le traitement des cas de dépression résistants aux autres traitements, ainsi que la psychothérapie assistée par la MDMA pour le traitement du SSPT.
Au Canada, le ministère des Anciens Combattants a adopté une position attentiste face à cette rare opportunité d’un nouveau traitement. Le Sous-comité considère que cette position sied mal au rôle de leadership que le ministère devrait assumer face à tout ce qui pourrait contribuer à améliorer la santé des vétérans, en particulier de ceux et celles qui ont épuisé toutes les possibilités actuelles de traitement.
C’est pourquoi le Sous-comité recommande la mise en place immédiate d’un programme de recherche robuste financé par ACC et le ministère de la Défense nationale (MDN) en partenariat avec Santé Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et tous les autres partenaires pertinents. Cela permettrait dans un premier temps d’ouvrir l’accès à un traitement bénéficiant du meilleur encadrement scientifique possible aux vétérans qui sont le plus susceptibles d’en bénéficier, et, dans un deuxième temps, de confirmer ou de nuancer les preuves de l’efficacité de ces traitements lorsqu’utilisés auprès des vétérans.
La recherche sur ces sujets évolue constamment et continuera d’évoluer. Nul ne peut prévoir si les progrès seront spectaculaires ou s’il y aura des reculs. Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est qu’il n’y a aucune raison d’attendre les résultats qui viendront d’ailleurs puisqu’il faudra confirmer de toute façon qu’ils peuvent être étendus à nos vétérans. Il est du devoir du gouvernement du Canada d’assurer aux vétérans qu’il fait tout en son pouvoir immédiatement pour respecter son engagement solennel de soutenir à tout prix ceux et celles qui ont choisi de nous défendre avec honneur.
Recommandation
Qu’Anciens Combattants Canada et le ministère de la Défense nationale, en collaboration avec Santé Canada et les Instituts de recherche sur la santé du Canada, ainsi que les autorités provinciales et territoriales appropriées, lancent et financent immédiatement un programme de recherche d’envergure sur la psychothérapie assistée par les substances psychédéliques dans le traitement des troubles mentaux et autres conditions qui ont été identifiés comme étant potentiellement des cibles thérapeutiques pour ces types d'interventions.
Ottawa, le 8 novembre 2023 – Alarmé par la prévalence du suicide et du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) chez les vétérans canadiens, le Sous-comité sénatorial des anciens combattants exhorte les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à lancer et à financer un programme de recherche d’envergure sur la thérapie assistée par les psychédéliques.
Malgré l’efficacité avérée des psychédéliques, le Canada a adopté une « position attentiste » qui fait fi des vétérans aux prises avec de graves problèmes de santé mentale, selon le nouveau rapport du sous‑comité.
Environ 10 à 15 % des vétérans canadiens ont reçu un diagnostic de SSPT et autres problèmes de santé physique et mentale qui l’accompagnent. Pire encore, le taux de suicide est 50 % plus élevé chez les hommes vétérans que dans la population générale, 200 % plus élevé chez les femmes vétéranes et 250 % plus élevé chez les hommes vétérans de moins de 25 ans, selon des données d’Anciens Combattants Canada.
Le sous-comité a appris que le SSPT lié au service militaire ou au combat ne répond souvent pas bien à la psychothérapie et aux antidépresseurs à action lente, mais que des psychédéliques comme la psilocybine (champignons magiques) et la MDMA peuvent amener des changements transformateurs. Les résultats d’études préliminaires sont suffisamment prometteurs pour que des recherches définitives soient lancées dès maintenant afin de confirmer l’efficacité de ces substances. Compte tenu des restrictions légales qui pèsent sur ces substances, la recherche clinique à grande échelle est actuellement le seul moyen de les rendre accessibles aux vétérans qui ont épuisé les autres options de traitement. Le Canada doit à ses vétérans d’explorer les traitements assistés par les psychédéliques.
Faits en bref
- En juillet 2023, l’Australie a autorisé la thérapie assistée par la psilocybine pour soigner des cas de dépression résistants aux autres traitements, ainsi que la psychothérapie assistée par la MDMA pour le traitement du SSPT. Au Canada, l’Alberta est la première province à avoir publié des lignes directrices sur l’utilisation des psychédéliques.
- On désigne les problèmes de santé physique et mentale liés au service militaire dont souffrent les vétérans — comme la dépression, le trouble anxieux généralisé et la toxicomanie — sous le terme de « troubles de stress opérationnel » (TSO).
- Le traitement le plus courant utilisé pour les TSO est la psychothérapie individuelle ou de groupe. Malgré les progrès réalisés grâce à ces approches thérapeutiques, on estime entre 30 et 40 % le taux de rémission des TSO et du SSPT.
Citations
« Nous avons recueilli des récits poignants de vétérans qui sont revenus de zones de conflit pour se retrouver face aux moments les plus sombres de leur vie. La recherche sur la thérapie assistée par les psychédéliques est trop prometteuse pour être ignorée. Nos vétérans font tellement de sacrifices que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour leur venir en aide. »
– Sénateur David Richards, président du sous-comité
« Pour la plupart des vétérans aux prises avec le SSPT et de graves problèmes de santé mentale, les méthodes thérapeutiques classiques sont lentes, douloureuses et souvent inefficaces. Les données montrent de plus en plus que les substances psychédéliques – lorsqu’elles sont associées à une psychothérapie – sont porteuses d’espoir. Nos vétérans ne peuvent pas se permettre d’attendre plus longtemps ce type de traitement. »
– Sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, vice-président du sous-comité
Liens connexes
- Lisez le rapport du sous-comité intitulé Le temps est venu : Permettre un accès équitable aux thérapies assistées par les psychédéliques.
- Suivez le sous-comité sur les médias sociaux à l’aide du mot-clic #VEAC.
- Abonnez-vous aux alertes par courriel des comités du Sénat.
- Abonnez-vous au Bulletin électronique du Sénat.
Renseignements :
Ben Silverman
Agent de communications | Sénat du Canada
343-574-4950 | ben.silverman@sen.parl.gc.ca
Multimédia
Les sénateurs David Richards et Pierre-Hugues Boisvenu, présentent des exemplaires du rapport du Sous-comité sénatorial des anciens combattants intitulé, « Le temps est venu : Permettre un accès équitable aux thérapies assistées par les psychédéliques ».

Le sénateur David Richards, président du Sous-comité sénatorial des anciens combattants, répond aux questions des journalistes lors d’une conférence de presse pour annoncer le dernier rapport du sous-comité sur les thérapies assistées par les psychédéliques pour les vétérans.

Les sénateurs David Richards, président du sous-comité, et Pierre-Hugues Boisvenu, vice-président du sous-comité, parlent du rapport du Sous-comité sénatorial des anciens combattants sur les thérapies assistées par les psychédéliques pour les vétérans lors d’une conférence de presse.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, vice-président du sous-comité, discute du rapport du Sous-comité sénatorial des anciens combattants sur les thérapies assistées par les psychédéliques pour les vétérans lors d’une conférence de presse.
Les sénateurs qui ont participé à cette étude
David Richards
C - Nouveau-Brunswick
Pierre-Hugues Boisvenu
C - Québec (La Salle)
Dawn Anderson
C - Territoires du Nord-Ouest
Marty Deacon
GSI - Ontario (Région de Waterloo)
Hassan Yussuff
GSI - Ontario
Autres sénateurs ayant participé à l’étude : L’honorable sénateur Peter M. Boeh, L’honorable sénatrice Gwen Boniface, L’honorable sénatrice Bev Busson, L’honorable sénateur Andrew Cardozo, L’honorable sénatrice Pat Duncan, L’honorable sénatrice Rebecca Patterson (Ontario)
Réponse du gouvernement
