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Le Sénat

Motion tendant à reconnaître que les changements climatiques constituent une urgence--Suite du débat

8 février 2022


L’honorable Robert Black [ - ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au sujet de la motion de la sénatrice Galvez tendant à reconnaître que les changements climatiques constituent une urgence. Comme l’indique la motion, les changements climatiques constituent bel et bien une urgence qui exige une réponse immédiate et ambitieuse de la part des gouvernements, des industries et des particuliers d’un océan à l’autre.

Comme vous le savez, je suis un fervent défenseur de l’agriculture — c’est ce que je connais le mieux. Par conséquent, comme vous pouvez le supposer, je me concentrerai aujourd’hui sur les répercussions des changements climatiques sur la communauté agricole, ainsi que sur le rôle de l’industrie dans la lutte contre les changements climatiques.

Les changements climatiques ont eu des effets étendus sur presque tous les secteurs. En raison de la nature du travail et des processus concernés, l’agriculture est souvent le premier secteur touché par ces effets. Par exemple, les agriculteurs ne savent que trop bien que l’agriculture dépend fortement des conditions météorologiques. Bien que de nombreuses méthodes, techniques et technologies modernes aient rendu les exploitations agricoles d’aujourd’hui plus productives, elles comptent toujours sur dame Nature pour faire sa part. Au bout du compte, le succès de l’agriculture dépend de l’obtention de la bonne quantité de pluie et de la bonne quantité de chaleur au bon moment, et ce, chaque année.

De la grande exploitation agricole au plus petit jardin, le secteur agricole et agroalimentaire dépend du climat à chaque étape du cycle de production. Comme nous le savons, le climat est en train de changer. Nous avons tous constaté la destruction provoquée par les phénomènes météorologiques extrêmes. Ces incidents, autrefois rares et peu communs, sont de plus en plus fréquents dans notre monde en mutation. En fait, les phénomènes météorologiques extrêmes survenus en 2021 ont pulvérisé des records dans le monde entier.

L’année 2021 a été difficile pour les agriculteurs. Des chaleurs extrêmes, des sécheresses, des inondations et des incendies de forêt ont touché des exploitations agricoles de tout le pays. À la fin de l’année dernière, la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, a été dévastée par les eaux. Ces inondations et les coulées de boue qui ont suivi ont détruit d’innombrables vies et moyens de subsistance, particulièrement dans les collectivités rurales et agricoles de la Colombie-Britannique. Des milliers d’animaux de ferme ont péri, et des milliers d’autres ont nécessité des soins critiques. La semaine dernière, le Comité de l’agriculture de l’autre endroit a commencé à étudier cette question et les efforts ultérieurs de rétablissement.

Plus tôt en 2021, des centaines de milliers d’animaux ont succombé au dôme de chaleur qui a recouvert l’Ouest canadien, et d’innombrables fermes ont éprouvé des difficultés lors des sécheresses de l’été dernier. En fait, l’autre endroit a également tenu un débat d’urgence en décembre dernier, où il a discuté et débattu de ces mêmes préoccupations. Les agriculteurs ont l’habitude de planifier l’incertitude, mais les changements climatiques apportent de nouveaux extrêmes, des changements saisonniers et une variabilité accrue qui sont susceptibles de repousser les limites du climat au-delà de tout ce qu’ils ont l’habitude de gérer.

Les effets des changements climatiques sont nombreux et vastes. Selon une étude menée par l’Université Cornell, la productivité agricole mondiale est 21 % moins élevée que ce qu’elle aurait pu être sans les changements climatiques. Cela revient à perdre environ sept années de hausses de productivité agricole depuis les années 1960.

Ariel Ortiz-Bobea, professeur agrégé à la Charles H. Dyson School of Applied Economics and Management de l’Université Cornell, a déclaré ceci :

On constate que les changements climatiques ont essentiellement effacé environ sept années d’améliorations en matière de productivité agricole au cours des 60 dernières années. C’est comme si on avait arrêté d’accroître la productivité en 2013 et qu’il n’y avait eu aucune amélioration depuis.

Une telle tendance ne peut se poursuivre. Le Canada est un chef de file dans les secteurs agricole et agroalimentaire. Nous devons collaborer afin de contrer les effets des changements climatiques et veiller à ce que nos agriculteurs, nos producteurs, nos transformateurs et nos épiceries puissent continuer à nourrir les familles canadiennes.

Il n’est pas surprenant que l’industrie agricole ait aussi un rôle important à jouer dans la lutte contre les changements climatiques. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, en 2016, l’agriculture a contribué à environ 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui n’inclut pas une proportion additionnelle de 7 % à 14 % causée par des changements dans l’utilisation des terres. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, 10 % des émissions de gaz à effet de serre au Canada sont attribuables à la culture et à l’élevage. Ce chiffre ne comprend pas les émissions attribuables à la consommation de combustibles fossiles ou à la production d’engrais.

Ce sont des chiffres considérables, qu’il faut voir à réduire. Cette responsabilité ne peut toutefois pas revenir seulement aux agriculteurs et à l’industrie agricole. Ceux-ci triment dur pour nous fournir des aliments, et la plupart d’entre eux sont de bons intendants de la terre. En leur qualité d’intendants de la terre, les agriculteurs sont profondément engagés dans la lutte contre les changements climatiques et l’atténuation de leurs effets. Après tout, ils mangent ce qu’ils produisent, eux aussi.

En fait, beaucoup d’agriculteurs ont mis en place des façons novatrices de réduire les émissions et adoptent des pratiques d’utilisation des terres qui contribuent à ralentir les changements climatiques. Bon nombre d’entre eux ont déjà fait des changements, au fil des ans, pour faire de leurs terres une exploitation sans labour. Cette technique accroît la rétention de la matière organique et le cycle des nutriments, ce qui augmente le piégeage du carbone. Nombre d’entre eux ont également inclus des cultures fourragères vivaces, qu’ils utilisent. Il y a plus de carbone dans les sols sous les fourrages vivaces que sous les cultures annuelles, en partie parce que les premiers transfèrent mieux le carbone au sol. En fait, la Fédération canadienne de l’agriculture a indiqué que les agriculteurs ont maintenu leurs émissions stables pendant 20 ans tout en doublant presque leur production, ce qui a permis de réduire de moitié l’intensité des émissions de gaz à effet de serre. Ce secteur offre beaucoup de possibilités au chapitre des innovations techniques qui pourront à la fois atténuer les changements climatiques et procurer des avantages économiques.

En outre, Agriculture et Agroalimentaire Canada reconnaît que l’agriculture contribue à ralentir les changements climatiques en stockant le carbone dans les terres cultivées. Le stockage, ou la séquestration, du carbone dans la matière organique du sol, la végétation pérenne et les arbres réduit la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

De nouvelles percées technologiques et solutions innovatrices ont été mises de l’avant, comme l’agriculture de précision et le recours à l’intelligence artificielle et aux drones, ce qui contribue à diminuer les effets environnementaux négatifs tout en augmentant la rentabilité. Nous pourrions aussi envisager la possibilité d’accroître la portée des technologies qui ont déjà fait leurs preuves pour donner des résultats positifs sur le plan environnemental.

Les agriculteurs ont recours à de nombreuses autres solutions innovatrices pour protéger l’environnement sans sacrifier la rentabilité. À titre d’exemple, ils réintègrent le bétail et les cultures sur les fermes en ajoutant la gestion des pâturages, ce qui augmente l’apport de nutriments des animaux et la matière organique dans le sol.

De plus, l’agriculture verticale et l’agriculture urbaine gagnent en popularité depuis quelques années. Ces méthodes innovantes de pratiquer l’agriculture permettent de faire pousser des végétaux dans les villes dans des espaces restreints. Il y a aussi la culture hydroponique, autrement dit faire pousser des plantes directement dans de l’eau enrichie de nutriments plutôt que dans le sol.

Le défi que doit relever le secteur de l’agroalimentaire est de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en s’adaptant aux changements climatiques sans mettre en péril la sécurité alimentaire. Afin d’y arriver, les producteurs agricoles canadiens et les entreprises de transformation d’aliments auront besoin du soutien du gouvernement pour modifier leurs procédés de manière à les rendre plus écoresponsables. Le gouvernement devra aussi les aider à changer des pratiques et des procédures vieilles de très nombreuses décennies.

Nombre d’organismes, y compris la Fédération canadienne de l’agriculture, la Fédération de l’agriculture de l’Ontario, la Canadian Cattlemen’s Association, les Producteurs laitiers du Canada et le Conseil canadien du porc, entre autres, ont dit être déterminés à aider le Canada dans sa lutte contre les changements climatiques. Chaque secteur a évidemment des préoccupations par rapport à certaines questions comme la tarification équitable du carbone, ainsi que d’autres facteurs pouvant avoir des effets sur la durabilité de l’industrie et du secteur, mais, ultimement, le secteur agricole canadien sait qu’il a un rôle crucial à jouer comme intendant des terres, notamment lorsqu’il s’agit de préserver les écosystèmes et les ressources, comme les sols et l’eau, et de réduire les effets de ses activités sur l’environnement en adoptant de bonnes pratiques agricoles.

En décembre, j’ai assisté à une réunion organisée par la Canadian Cattlemen’s Association durant laquelle a projeté le documentaire intitulé Guardians of the Grasslands, que j’encourage tout le monde à visionner. Ce bref documentaire a été produit par un groupe de dévoués écologistes, éleveurs de bétail et documentaristes.

Dans le film, on explore l’état actuel d’un des écosystèmes les plus menacés du monde, les prairies des grandes plaines, et le rôle que joue le bétail dans sa survie. Malheureusement, 74 % des grandes plaines sont déjà disparues. Il importe de souligner que les grandes plaines abritent plus de 60 espèces canadiennes à risque et constituent l’un des puits de carbone les plus stables au monde. Il ne s’agit que d’un autre exemple d’environnement que nous devons nous efforcer de protéger.

Je suis fier de souligner la contribution des éleveurs qui font de leur mieux pour conserver les prairies naturelles, notamment en faisant paître les bovins de boucherie de manière à ce qu’ils jouent un rôle semblable à celui des bisons qui, en paissant dans cet environnement, ont contribué à façonner ce territoire sur des milliers d’années.

J’aimerais maintenant citer Kristine Tapley, de Canards Illimités Canada, qui a dit ceci:

L’industrie du bœuf inclut les prairies dans son cycle de production, et l’écosystème des prairies a besoin des effets du pacage pour le renouvellement des herbes et des plantes. C’est une relation nécessaire et symbiotique. Lorsque des élevages disparaissent, l’herbe disparaît avec eux.

Honorables collègues, nous savons que la lutte aux changements climatiques représente l’un des plus grands défis que le monde d’aujourd’hui devra relever, et il est évident que l’industrie agricole le comprend et répond à l’appel à l’action dans ce dossier.

En tant que gardiens des terres, ces gens continuent de voir de près les effets négatifs des changements climatiques, et ils font partie des premiers intervenants dans les efforts de lutte. Comme je l’ai mentionné plus tôt, les agriculteurs sont le plus durement touchés par les changements climatiques, et à bien des égards, le secteur agricole canadien souffre grandement de ses effets. La fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes a doublé depuis les années 1990. Il y a eu une hausse du nombre d’inondations, de sécheresses, de feux de forêt et de tempêtes qui, sans surprise, perturbent des activités comme les semailles et les récoltes et touchent donc de façon démesurée les exploitations agricoles de toutes les tailles.

Bien que nous reconnaissions que l’agriculture fasse partie du problème des changements climatiques, le secteur agricole n’a cessé de s’améliorer depuis de nombreuses années, alors que les émissions d’autres secteurs ont augmenté avec le temps. Ainsi, l’agriculture a le potentiel formidable de faire partie intégrante de la solution.

Tout cela étant dit, nous en demandons beaucoup aux agriculteurs. De nombreuses exploitations agricoles dépendent de pratiques remontant à plusieurs décennies et ces pratiques viennent tout juste d’être jugées comme néfastes à l’environnement. Les nouvelles technologies sont coûteuses, et même si je n’ai jamais entendu parler d’un agriculteur qui cherchait uniquement à faire de l’argent, un virage de la sorte peut avoir des conséquences sur la viabilité de son entreprise.

J’en profite donc pour demander une fois de plus au gouvernement canadien de collaborer avec le secteur agricole afin de faciliter sa transition vers la durabilité environnementale. Il peut et il doit faire partie de la solution, mais nous devons lui donner les outils pour ce faire. Ces outils doivent être fondés sur la science et harmonisés avec nos partenaires commerciaux partout au pays et dans le monde entier pour qu’ils demeurent des participants pertinents dans la lutte contre les changements climatiques.

Je suis persuadé que l’industrie agricole — qui fait preuve d’innovation depuis le début de son existence — continuera de se montrer à la hauteur de la situation. Évidemment, tous les secteurs doivent unir leurs efforts et prendre les mesures qui s’imposent. Le gouvernement doit travailler en collaboration avec les industries pour atteindre les cibles en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’avant-dernier point présenté dans la motion de la sénatrice Galvez souligne que l’incapacité de répondre aux changements climatiques a des conséquences catastrophiques, surtout pour les jeunes Canadiens, les peuples autochtones et les générations futures. Honorables sénateurs, je sais que beaucoup d’entre vous ont des enfants et des petits-enfants. Si nous ne travaillons pas ensemble pour lutter contre les changements climatiques, je crains que les prochaines générations vivent dans un monde entièrement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Quantité d’agriculteurs canadiens travaillent partout au pays pour faire en sorte que nos écosystèmes, comme les prairies, soient protégés pour les générations à venir. Le changement climatique n’est plus à démontrer. Faisons de notre mieux pour soutenir tous les secteurs qui s’efforcent de sauver notre planète.

Merci, meegwetch.

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au sujet de la motion de la sénatrice Galvez tendant à reconnaître que les changements climatiques constituent une urgence qui exige une réponse immédiate et ambitieuse.

Une telle motion n’est pas sans précédent. En fait, le 17 juin 2019, la Chambre des communes a adopté une motion présentée par l’ancienne ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, qui visait à reconnaître qu’il y a une urgence climatique nationale au Canada.

Comme la sénatrice Galvez l’a dit :

En adoptant cette motion, le Sénat démontrera la solidarité tant attendue par nos concitoyens, et nous enverrons un message fort à la Chambre des communes et au gouvernement selon lequel le Sénat est enfin prêt à être à la hauteur de la situation et qu’il s’attendra dorénavant à une réelle action climatique plus ambitieuse.

En date du 4 décembre 2021, une urgence climatique a été déclarée dans plus de 2 000 États et administrations locales, représentant 1 milliard de personnes dans le monde. Au Canada, plus de 500 administrations locales, qui représentent 99 % de la population, ont déclaré une urgence climatique.

Nous commençons l’année 2022 en étant bien conscients des catastrophes qui ont eu lieu l’an dernier : des inondations, des incendies et des vagues de chaleur insupportable. En Colombie-Britannique, le service du coroner a finalement rapporté que 526 personnes étaient mortes dans la province à cause de la chaleur. Une analyse du World Weather Attribution, une initiative qui repose sur la collaboration d’un groupe de scientifiques, a plus tard déterminé que la vague de chaleur dévastatrice aurait pratiquement été impossible sans les changements climatiques causés par l’activité humaine. Si nous ne voulons pas que la crise s’aggrave, nous devons prendre des mesures concrètes.

Depuis près de trois décennies, les Nations unies rassemblent presque tous les pays de la planète, y compris le Canada, pour des sommets mondiaux sur le climat. Au fil du temps, les changements climatiques, naguère une question marginale, sont devenus une priorité mondiale.

Pour la première fois de l’histoire, à Paris, en 2015, tous les pays ont convenu de travailler ensemble pour limiter le réchauffement climatique bien en dessous du seuil de 2 degrés et de respecter la limite de 1,5 degré.

De plus, il y a un consensus scientifique voulant que les changements climatiques soient attribuables à l’activité humaine et qu’il faille réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Lors des réunions à la COP26, tenues l’année dernière à Glasgow, on a souligné en particulier la nécessité de faire d’importants nouveaux investissements pour lutter contre les changements climatiques.

Il est évident pour toutes les parties qui s’impliquent dans ce domaine que cela prendra des mesures concertées pour atteindre ces objectifs ambitieux. D’autres députés qui ont pris la parole au sujet de cette motion ont parlé avec éloquence de l’ampleur de la crise climatique et des mesures qui s’imposent. Je ne reviendrai donc pas sur ces arguments à ce stade-ci.

Le but premier de ma brève intervention aujourd’hui est de tenter de comprendre comment les Canadiens eux-mêmes perçoivent les changements climatiques et si nous sommes prêts à relever le défi. Récemment, j’ai lu un article du Globe and Mail qui décrivait l’essor mondial de la demande pour les voitures de luxe. Ces structures massives de trois tonnes dont la consommation d’essence se situe autour d’un gallon aux 12 milles — quoiqu’elle peut atteindre un gallon aux 17 milles sur l’autoroute — se vendent comme de petits pains chauds. Quand on lit cela, il y a de quoi se demander comment un tel mépris pour l’environnement peut coexister avec les changements climatiques que nous connaissons.

Néanmoins, j’aimerais tenter de comprendre les sondages d’opinion publique par rapport à certains aspects des changements climatiques. On peut examiner à quel point les Canadiens sont conscients de l’existence des changements climatiques, quelle est l’ampleur de leurs connaissances en la matière, quelles sont les conséquences perçues des changements climatiques et, le dernier et non le moindre, ce que les Canadiens sont prêts à faire pour lutter contre ce problème.

Les enquêtes internationales de même que les sondages réalisés au Canada seulement confirment que les Canadiens ont beaucoup amélioré leur compréhension des changements climatiques. Un rapport du Yale Program on Climate Change Communication présente les résultats d’une enquête internationale réalisée dans plus de 30 pays et territoires dans le monde en février et mars de l’an dernier. On y conclut notamment que 89 % des Canadiens affirment que oui, les changements climatiques sont bien réels, ce qui porte le Canada au cinquième rang dans le monde pour ce qui est de la reconnaissance de ce fait fondamental. Imaginez, quatre autres pays ont obtenu un résultat supérieur à 89 %.

Par ailleurs, un sondage mené en octobre 2021 par la firme Abacus Data indique que pratiquement tous les Canadiens — 93 % — croient qu’il y a au moins quelques preuves du réchauffement planétaire. Cela inclut 69 % des répondants qui disent qu’il existe des données probantes ou solides concernant le réchauffement des températures moyennes planétaires au cours des dernières décennies. Ce pourcentage a augmenté comparativement aux six années précédentes et l’augmentation est particulièrement marquée dans le nombre de Canadiens qui disent aujourd’hui qu’il existe des données probantes concernant le réchauffement.

La reconnaissance de la responsabilité des activités humaines quant au réchauffement planétaire augmente également. En 2015, 71 % des répondants étaient d’avis que le réchauffement planétaire était causé par l’activité humaine. Selon Abacus, ce nombre atteint aujourd’hui 75 %. Des résultats comparables ont été obtenus dans l’étude de Yale, 86 % des Canadiens ayant affirmé que les changements climatiques sont en majeure partie causés par l’activité humaine ou causés de façon égale par l’activité humaine et par les changements naturels.

D’après ces données et celles de nombreuses autres études, j’en conclus que la population est fortement sensibilisée aux changements climatiques. Cependant, qu’en est-il de l’urgence climatique qui est au cœur de la motion à l’étude? Un sondage mené par l’Institut Angus Reid en novembre dernier — soit il y a à peine quelques mois — montrait que les trois quarts des Canadiens croient que les changements climatiques représentent une menace sérieuse pour la planète. Un sondage de Léger Marketing effectué récemment indiquait que 85 % des Canadiens considèrent que le réchauffement planétaire est une menace grave pour l’humanité.

Comme la sénatrice Galvez l’a noté dans son discours sur sa motion, la façon dont nous devrions nous attaquer au problème des changements climatiques a suscité de nombreux débats et des délibérations intenses. Cependant, puisque le Canada s’est fixé, dans le cadre de l’Accord de Paris, l’objectif ambitieux de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, il est clair que des mesures sérieuses s’imposent.

Les Canadiens sont-ils prêts à prendre de telles mesures?

Les initiatives individuelles ne permettent pas de le déterminer clairement. En examinant certains sondages, j’ai été déçue de constater le manque de volonté des Canadiens à prendre des initiatives vraiment efficaces pour atténuer les changements climatiques. Par exemple, dans un vaste sondage Ipsos mené en 2020, avant la pandémie, seulement 20 % des Canadiens environ ont dit qu’ils utilisaient les transports en commun et qu’ils évitaient de se déplacer par avion ou par voiture, dans la mesure du possible, pour réduire les émissions de carbone. Encore moins de 20 % ont dit qu’ils limitaient leur consommation de viande et de produits laitiers, qu’ils circulaient à bicyclette ou qu’ils utilisaient des sources d’énergie renouvelable pour réduire les émissions.

Comment concilions-nous le fait que la population est fortement sensibilisée aux changements climatiques, mais que, même si elle en reconnaît l’existence, elle n’est pas très désireuse de prendre des initiatives pour lutter contre ce problème? C’est en raison du gouvernement. Que cela nous plaise ou non, les Canadiens s’attendent à ce que le gouvernement prenne les mesures qui s’imposent pour combattre les changements climatiques.

Par exemple, l’enquête menée par Yale en 2021, que j’ai mentionnée plus tôt, révèle que 7 Canadiens sur 10 estiment que les changements climatiques devraient être l’une des grandes priorités du gouvernement, et qu’un pourcentage aussi élevé croit que le gouvernement fédéral devrait en faire bien plus pour combattre les changements climatiques. Six personnes sur dix appuient fortement la participation du Canada à l’Accord de Paris.

Les gouvernements disposent d’un vaste arsenal de politiques, notamment des mesures fiscales, des subventions et des règlements. Le soutien du public varie pour un certain nombre d’initiatives politiques.

Par exemple, selon un sondage Léger mené en 2021, 7 Canadiens sur 10 sont en faveur du plafonnement et de la réduction de la pollution provenant du secteur des hydrocarbures jusqu’à l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050; deux tiers des Canadiens sont en faveur d’une politique visant à mettre fin à l’exportation de charbon d’ici 2030; et 6 Canadiens sur 10 sont en faveur de mettre fin aux subventions qui aident les sociétés pétrolières et gazières à exercer et à étendre leurs activités à l’extérieur du Canada.

Selon divers sondages et les questions posées, environ la moitié des Canadiens appuient l’initiative de tarification du carbone du gouvernement fédéral, qui est la plus importante politique de réduction des émissions de carbone de ce dernier en place actuellement.

Cela dit, il faut reconnaître que la pandémie de COVID-19 et les difficultés qu’elle a posées pour la santé des Canadiens et l’économie ont quelque peu détourné l’attention vers d’autres questions du programme national, surtout récemment. De plus, la question de l’inflation a pris de l’importance au cours des derniers mois ainsi que lors de la récente campagne électorale fédérale, et cette préoccupation s’ajoute aux inquiétudes existantes entourant l’emploi et la sécurité du revenu.

Néanmoins, il est important de souligner que, même dans ce contexte économique difficile, les Canadiens accordent au moins autant d’importance aux préoccupations environnementales qu’aux préoccupations économiques. C’est ce qu’a montré un sondage réalisé en 2021 par l’Environics Institute. De plus, selon un sondage réalisé en 2020 par Nanos Research, 49 % des Canadiens donnent la priorité à l’environnement, même si cela entraîne une baisse de croissance et des pertes d’emplois, par rapport à 39 % qui se préoccupent davantage des emplois et de la croissance que de la protection de l’environnement.

Chers collègues, à l’aide de mes brefs commentaires d’aujourd’hui, j’ai essayé de brosser un tableau de certains aspects de l’opinion publique liés à l’urgence climatique. Je conclurais que les Canadiens ont grandement amélioré leur compréhension de la crise climatique. Ils sont conscients que les changements climatiques sont réels, ils le comprennent et ils voient que leur impact est immense. Ils attendent du gouvernement qu’il prenne des mesures et ils appuient l’établissement d’orientations stratégiques sérieuses.

Je crois également que les Canadiens sont ouverts à plus de changements sur le plan personnel. S’il est possible de persuader plus de 80 % d’entre nous à recevoir deux doses de vaccin en l’espace d’un an, c’est-à-dire de passer de 0 à 80 %, je pense que nous pouvons également réaliser des progrès dans le cadre de la promotion de meilleures mesures écologiques individuelles.

Si le Sénat adopte cette motion, je crois qu’il pourra apporter notre voix forte au débat et continuer à faire avancer le Canada et les Canadiens dans une direction positive. Je vous invite tous à adopter la motion avec enthousiasme. Merci. Meegwetch.

L’honorable Marilou McPhedran [ - ]

Bonjour, tansi. En tant que sénatrice du Manitoba, je reconnais que je vis sur le territoire du Traité no 1, le territoire traditionnel des peuples anishinabe, cri, oji‑cri, dakota et déné, ainsi que la patrie de la nation métisse.

Je reconnais également que le Parlement du Canada est situé sur le territoire non cédé des nations algonquine et anishinabe.

J’ai l’honneur d’appuyer cette motion de la sénatrice Rosa Galvez, qui est celle d’entre nous ayant le plus de connaissances dans le domaine des changements climatiques. Si cette scientifique nous avertit de l’impérieux besoin de déclarer une période d’urgence climatique nationale, nous aurions intérêt à réagir soigneusement, judicieusement et rapidement.

Nous sommes extrêmement chanceux de la compter parmi nous. Elle apporte de la crédibilité au Sénat et au Canada dans des contextes multilatéraux partout dans le monde.

Je félicite également la coalition pour une action climatique urgente du Sénat du Canada, et plus particulièrement les sénateurs Coyle et Kutcher pour l’initiative dont ils ont fait preuve en formant ce groupe de travail inclusif. Je veux dire par cela qu’en temps que sénatrice non affiliée, je peux y participer comme n’importe quel autre sénateur, car ce dossier est plus grand que n’importe quelle affiliation.

Ce soir, j’espère faire preuve de respect envers l’intelligence et la ténacité des jeunes leaders qui ont réagi à cette crise bien avant la plupart d’entre nous. Pour la première fois, chers collègues, le Canada est devenu un pays âgé. En effet, le recensement de 2016 a révélé une nouvelle réalité : notre pays compte davantage d’habitants dans la fourchette d’âge des personnes ici présentes que dans celle des plus jeunes générations. C’est un changement qui n’augure rien de bon pour le Canada, à moins que nous n’augmentions les mesures communes intergénérationnelles.

Depuis l’âge de 12 ans, Autumn Peltier s’inscrit dans la continuité d’une lignée de matriarches autochtones et se fait entendre haut et fort à titre de protectrice des eaux. Elle nous rappelle que nous ne pouvons pas manger l’argent ni boire le pétrole. Elle a aussi souvent répété qu’elle ne se sentait pas respectée ni entendue, peut-être parce qu’elle est une jeune femme autochtone. Selon Autumn, on a presque l’impression que les politiciens « ne croient pas à la réalité des changements climatiques. Les changements climatiques sont bien réels, mais ils ne s’en rendent pas compte ».

Quand le travail d’Autumn a été récompensé pendant la rencontre des puissantes élites du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, elle a dit que les gens la récompensaient, mais a ajouté ceci :

« Je ne veux pas de vos récompenses. Si vous voulez me récompenser, récompensez-moi en m’aidant à trouver des solutions, récompensez-moi en m’aidant à changer les choses. »

Aucun coin de la planète n’est à l’abri des effets dévastateurs des changements climatiques. La hausse des températures entraîne une dégradation de l’environnement, des désastres naturels, des phénomènes météorologiques extrêmes, de l’insécurité concernant l’approvisionnement en aliments et en eau potable, des perturbations économiques, ainsi que des conflits et du terrorisme à l’échelle nationale et internationale. Le niveau des mers monte; l’Arctique fond; les récifs de corail meurent; les océans s’acidifient; les forêts brûlent.

Ce ne sont pas des paroles alarmistes. C’est la réalité tragique de notre époque. La fréquence et la sévérité des catastrophes climatiques ne cessent d’augmenter. Comme d’autres sénateurs l’ont énoncé au cours du présent débat, nous n’avons qu’à constater les événements récents qui se sont produits ici, au Canada, par exemple les incendies de forêt, les inondations, la destruction des infrastructures et des écosystèmes, les dômes de chaleur et la détérioration de la zone arctique. Il n’y a pas d’exemple plus flagrant que nous sommes en pleine crise et qu’il faut agir de manière urgente. Il n’y a plus aucun doute que le maintien du statu quo est illogique, inefficace et immoral. Il a été dit que nous nous leurrons nous-mêmes si nous pensons que nous pouvons tromper la nature. Alors que les coûts astronomiques des changements climatiques grimpent continuellement et de manière irréversible, il devient de plus en plus inutile de parler, de débattre et de négocier pour trouver des solutions. Il ne s’agit pas d’une négociation climatique parce qu’il est impossible de négocier avec la nature. Il faut agir en gardant à l’esprit que nous sommes dans une situation d’urgence.

Dernièrement, j’ai été inspirée par Dominique Souris, la fondatrice et directrice générale de l’organisme Youth Climate Lab, quand elle a déclaré ce qui suit :

[...] les vraies actions et le vrai leadership ne se démontrent pas à la table des négociations, mais sur le terrain. Les jeunes et les collectivités locales sont les moteurs de ce changement.

Dominique a expliqué ainsi pourquoi elle a créé cet organisme :

[...] nous étions frustrés du manque d’engagement de la part des jeunes et c’est pourquoi nous avons créé le Youth Climate Lab.

[...] les jeunes d’aujourd’hui, surtout ceux aux premières lignes de la lutte contre les changements climatiques, ont le plus à perdre et le plus à gagner pour leur avenir. C’est pourquoi Youth Climate Lab se consacre à soutenir les jeunes pour concevoir et mettre en œuvre des solutions à la crise climatique, car c’est leur génération qui est la plus durement touchée par ceux-ci.

Tout comme Dominique Souris, je crois que les jeunes leaders font partie des personnes les plus collaboratives, intersectionnelles et innovantes qui résolvent les problèmes et créent les solutions dont nous avons besoin. Nous ratons une belle occasion en ne considérant pas les jeunes comme des partenaires pour résoudre le problème. Elle ajoute qu’il s’agit même d’une erreur morale.

Parlant de jeunes leaders, je suis honorée d’être en mesure de travailler sur une gamme de sujets avec des membres de mon comité consultatif composé de jeunes de nombreuses régions du Canada. Aleksi Toiviainen, qui étudie maintenant à l’Université de Toronto, fréquentait l’école secondaire lorsqu’il m’a suggéré de mettre sur pied le groupe de jeunes conseillers sur la justice climatique, qui est maintenant actif et suit de près ce que le Parlement fait au sujet de la crise climatique. Ces jeunes savent pertinemment qu’ils vivront bientôt les répercussions des décisions que les parlementaires prennent aujourd’hui.

Chers collègues, il est impératif que nos discussions sur les changements climatiques ne soient pas réduites, par manque de vision, à un simple compte rendu sur la température. Comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou GIEC, l’établit clairement dans son rapport avec une rigueur scientifique implacable et des données hors pair, le changement climatique touche déjà chaque région de la planète à de multiples égards. Nombre des changements climatiques observés sont sans précédent depuis des milliers d’années et certains changements qui sont déjà en branle, comme l’élévation du niveau de la mer, sont irréversibles.

Les changements climatiques intensifient le cycle de l’eau, ce qui entraîne des chutes de pluie, des inondations et des sécheresses plus intenses dans beaucoup de régions.

Dans les régions côtières, le niveau de la mer continuera de monter tout au long du XXIe siècle, ce qui causera des inondations plus fréquentes et plus graves sur la côte, la dégradation rapide de l’écosystème de l’Arctique, y compris la disparition de la couverture de neige saisonnière, la fonte des glaciers et des nappes glacières, et la disparition de la glace de mer de l’Arctique en été.

Les changements dans les océans, comme le réchauffement, les vagues de chaleur océaniques plus fréquentes, l’acidification des océans et la baisse du taux d’oxygène, ont été clairement reliés à l’activité humaine.

Les centres urbains ne sont pas à l’abri de la dégradation de ces conditions, qui se manifestent par une hausse des températures en milieu urbain, des inondations, des incendies, et des pénuries d’aliments et de ressources. Tout cela a de lourdes conséquences pour les services de base, les infrastructures, le logement, ainsi que les moyens de subsistance et la santé de la population.

La technologie a contribué à cette crise climatique, mais de nouvelles technologies efficaces peuvent nous aider à réduire les émissions nettes et à créer un monde plus écologique. Des solutions technologiques facilement accessibles existent déjà pour plus de 70 % des émissions produites de nos jours.

Je ne parle pas des propositions de l’industrie nucléaire. Ce n’est pas une solution technologique viable pour lutter contre la crise climatique.

Par ailleurs, des solutions naturelles peuvent nous donner une certaine marge de manœuvre pendant que nous nous attaquons à la décarbonisation de l’économie. Ces solutions nous permettent de réduire notre empreinte carbone dans une certaine mesure tout en favorisant des services écosystémiques essentiels, la biodiversité, l’accès à de l’eau douce, l’amélioration des moyens de subsistance, l’alimentation saine et la sécurité alimentaire. Les solutions naturelles comprennent l’amélioration des pratiques agricoles, la restauration des sols, la conservation et l’écologisation des chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Honorables sénateurs, je vous invite à réfléchir aux propos que M. Andreas Kraemer — fondateur de l’Ecologic Institute et associé principal du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, qui est situé au Canada — a tenus au sujet de la COP26. Il a décrit comment nous avions :

[...] raté l’occasion d’amorcer un véritable changement, en particulier d’intégrer les océans dans la lutte contre les changements climatiques, et les dommages qui sont sur le point d’être causés aux écosystèmes marins s’élèveront à des billions de dollars.

Des liquidités excédentaires de plusieurs billions de dollars américains ou d’euros dorment actuellement dans des comptes bancaires. Elles ont été accumulées pendant la pandémie et attendent la levée des restrictions pour être dépensées. À ce moment, la demande refoulée renforcera les tendances économiques existantes et accélérera la destruction qui a cours depuis longtemps.

M. Kraemer poursuit ainsi :

Le réchauffement de la planète est stimulé par les tendances dominantes de production, de commerce et de consommation, lesquelles sont renforcées par les subventions et les règles fiscales aux effets pervers. En plus des conditions climatiques qui se détériorent, des inégalités accrues et de l’esclavage moderne, un cocktail de produits chimiques qui empoisonnent la vie sur terre et dans l’eau, la disparition rapide de la diversité biologique et les perturbations des cycles naturels sont les conséquences directes des choix de politiques et des pratiques d’affaires. Environ 15 % des activités économiques pourraient être durables; 85 % ne le sont manifestement pas. Celles qui appartiennent aux 15 % devraient prendre plus de place. Celles qui relèvent des 85 % doivent être réduites rapidement.

M. Kraemer ajoute ensuite :

Les programmes nationaux de relance sont bien modestes par comparaison, et les investissements dans les infrastructures qui s’appuient sur des pratiques néfastes sont encore trop élevés. Tous les yeux se tournent vers la volonté de « rebâtir en mieux » au lieu de « rebâtir en favorisant le développement durable ».

Le sommet COP26, tenu en Écosse en novembre dernier, a produit des résultats mitigés. En dépit des nombreux progrès et des nouveaux engagements pris durant ce sommet, le consensus voulait que l’événement de Glasgow ait mis en lumière les conséquences des promesses non tenues et des objectifs non atteints, ainsi que la perte grandissante de confiance du public envers la capacité et les engagements nationaux.

Comme le sénateur Forest l’a judicieusement souligné dans ses observations, faut-il s’étonner que la confiance du public envers les promesses fédérales s’évanouisse et que celui-ci se tourne plutôt vers des solutions locales, municipales, communautaires et qui émanent de la base?

Un groupe de chercheurs canadiens et écossais en droit de l’environnement et en gouvernance de l’Université d’Ottawa, de l’Université de Cambridge et du Centre québécois du droit de l’environnement font une évaluation plutôt sévère du sommet COP26.

Tout en reconnaissant que l’objectif d’augmentation de la température de 1,5 degré demeure viable, ces scientifiques soulignent que cette cible est menacée, étant donné le manque de mesures concrètes pour y parvenir. On nous dit que, dans le cadre du Pacte de Glasgow pour le climat, les États n’ont pris aucun nouvel engagement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les résultats positifs du sommet COP26, on compte le renforcement de certaines alliances entre les États. Par exemple, ce fut le cas pour le groupe Alliance : Énergiser au-delà du charbon, cofondé par le Canada, qui cherche à éliminer l’utilisation de l’énergie produite au moyen de centrales au charbon. Ce groupe compte maintenant 165 membres, dont 28 qui s’y sont joints durant le sommet COP26.

On retrouve aussi la Beyond Oil and Gas Alliance, qui cherche à éliminer progressivement l’utilisation des combustibles fossiles. Le Québec s’y est joint, mais pas le Canada.

Ces ententes, conclues en parallèle avec les négociations principales, pourraient permettre aux États de prendre des mesures à l’égard de questions sur lesquelles il n’y a toujours pas de consensus international.

À la COP26, le Canada, de même que plus de 130 pays, a signé une déclaration visant à freiner et à faire reculer la perte forestière et la dégradation des terres d’ici 2030. La déclaration porte sur plus de 3,6 milliards d’hectares de forêts partout dans le monde. Cependant, 40 pays, y compris le Canada, ont signé une entente semblable en 2014, la Déclaration de New York sur les forêts, pourtant, la perte forestière a augmenté de 40 %.

Son Honneur le Président [ - ]

Je suis désolé, sénatrice McPhedran. Je m’excuse de vous interrompre, mais votre temps est écoulé. Demandez-vous cinq minutes de plus?

La sénatrice McPhedran [ - ]

Je vous en saurais gré. Je peux terminer en une minute, Votre Honneur.

Son Honneur le Président [ - ]

Que les sénateurs qui s’opposent à cette demande veuillent bien dire non.

Sénatrice McPhedran, vous avez la parole.

La sénatrice McPhedran [ - ]

Merci beaucoup.

J’appuie cette motion de la sénatrice Galvez. Je m’engage à me servir de mes fonctions et de mon privilège de sénatrice pour contribuer aux changements nécessaires. L’urgence climatique est une course que nous perdons, mais c’est une course que nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner.

Permettez-moi de conclure avec un message que j’ai reçu hier d’Aleksi Toiviainen, le membre de mon conseil consultatif des jeunes qui a suggéré la création de notre groupe de travail sur la justice climatique. Voici ce qu’il veut dire à chacun d’entre vous.

Le directeur parlementaire du budget a récemment signalé que ce sont les contribuables qui assument les frais du nettoyage des puits de pétrole et de gaz abandonnés au lieu des industries fautives. La vérificatrice générale de l’Ontario a découvert une histoire semblable sur les déversements de produits toxiques dans cette province.

À eux seuls, ces deux faits indiquent quelles sont les véritables priorités du gouvernement. Le gouvernement fédéral prétend vouloir assurer une transition équitable et atteindre la carboneutralité d’ici 2050, tout en poursuivant le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain et de nouveaux projets pétroliers qui produiront des dizaines de millions de barils de pétrole chaque année.

Les jeunes ne sont pas dupes. Ils savent que nous attendons qu’ils grandissent pour leur refiler cette responsabilité. Voilà ce que signifient les promesses d’avenir du gouvernement. C’est pourquoi nous devons déclarer une urgence climatique.

Merci, meegwetch.

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