déclarations de sénateurs — La liberté d'expression

25 février 2020


[14:16]

Honorables sénateurs, ayant passé de nombreuses années dans le milieu du journalisme, la liberté d’expression dans le discours public est une chose qui me tient énormément à cœur et, même si les médias sont passés à autre chose, l’affaire reste trop importante pour ne pas en parler.

La semaine dernière, le premier ministre a convoqué une réunion de chefs politiques pour discuter du blocage du chemin de fer et des manifestations qui paralysent l’économie canadienne. Or, on a décidé d’« exclure » le chef de l’un des partis politiques d’une discussion sur les affaires du pays parce que son point de vue était différent de celui des autres — même si ce point de vue correspondait à ceux des représentants élus de la nation des Wet’suwet’en.

L’ancien président américain Harry Truman avait énoncé cette mise en garde :

Une fois qu’un gouvernement a décidé de réduire la voix de l’opposition au silence, il s’engage sur une voie bien précise, celle des mesures de plus en plus répressives [...] et crée un pays où tout le monde vit dans la peur.

Les grands penseurs, philosophes et politiciens ont été nombreux à se prononcer sur l’importance fondamentale de la liberté de parole. Le linguiste Noam Chomsky donne avec grande concision son opinion sur le sujet :

Si l’on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on n’y croit pas du tout.

JFK, lui, a dit :

Nous ne craignons pas de faire entendre au peuple américain des faits désagréables, des idées nouvelles, des philosophies qui lui sont étrangères et des valeurs contraires, car un pays qui a peur de laisser sa population faire librement la distinction entre le vrai et le faux est un pays qui a peur de sa population.

Je pourrais continuer, mais je pense que c’est clair : il s’agit d’un terrain glissant. Si vous n’aimez pas ce que quelqu’un raconte, changez de canal, annulez votre abonnement, faites une pause de réseaux sociaux ou retirez vos écouteurs. Vous n’avez pas à être d’accord avec moi, mais, de grâce, ne m’enlevez pas mon droit de dire ce que je pense. Vous ne pouvez pas m’empêcher de parler, parce que vous n’appuyez pas ce que je dis.

L’écoute, c’est la capacité d’embrasser un autre point de vue. Nous devrions écouter les autres plus souvent. Pour qu’une démocratie existe, les citoyens doivent pouvoir critiquer les dirigeants alors, luttons contre les mauvaises idées en en proposant de meilleures. Il ne faut pas exclure du débat les divergences et les différences d’opinions; il faut en apprendre quelque chose. Merci.