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Le Nunavut trouve enfin sa place autour de la flamme du Centenaire
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Le Nunavut trouve enfin sa place autour de la flamme du Centenaire
10 janvier 2018

Sénateur Dennis Patterson représente le Nunavut.

Dix-huit ans après avoir officiellement obtenu le statut de territoire distinct, le Nunavut a enfin vu, le 13 décembre dernier, son écu rejoindre ceux des autres provinces et territoires canadiens autour de la flamme du Centenaire sur la Colline du Parlement.

Pour le sénateur Dennis Patterson, qui représente le Nunavut, le fait de voir l’écu prendre sa place légitime a été un moment émouvant qui marque la fin d’un long périple politique au cours duquel il a dirigé la longue suite de négociations territoriales et politiques qui ont abouti à la création du Nunavut en 1999. 

« La lutte en faveur de la création du Nunavut pour les Inuits des Territoires du Nord-Ouest remonte au début des années 1970 », a expliqué le sénateur Patterson. « Nous étions quelques personnes qui discutaient des enjeux qui touchent le tiers de la superficie terrestre du Canada. Il s’agissait du règlement de la plus importante revendication territoriale au monde et, par le fait même, d’une victoire éclatante et d’un miracle politique. » 

L’écu du Nunavut est une œuvre d’art simple, mais évocatrice, dont le symbolisme témoigne du lien affectif étroit qu’éprouvent les habitants du Nunavut pour la beauté naturelle et l’histoire uniques de leurs terres.

L’écu — qui fait partie des armoiries du Nunavut créé par l’artiste inuk Andrew Qappik — présente les principaux symboles du Nunavut : un inuksuk, un kudlik (ou qulliq) et le Niqirtsuituq.

Les inuksuit, qui sont maintenant célèbres dans le monde entier, sont les monuments de pierre qui servent à guider les voyageurs et à marquer l’emplacement de lieux sacrés et terrestres.

« Il y a des inuksuit partout dans l’Arctique », a indiqué le sénateur Patterson. 

« Sur un territoire sans arbres, ce sont des indicateurs essentiels, et pas seulement pour les déplacements car ils signalent aussi la présence d’emplacements pour pêcher, chasser, pique-niquer ou camper. Le mot inuksuk signifie ‘comme une personne’. Il représente les habitants de l’Arctique qui ont établi la souveraineté du Canada dans cette région. » 

Le kudlik est une lampe à l’huile en pierre où, selon la tradition, brûlait de la graisse de baleine ou de l’huile de phoque. Avant l’époque de l’alimentation au diesel, elle était l’unique source de chaleur et d’éclairage pendant les journées de 24 heures d’obscurité en hiver.

« Le kudlik est probablement le symbole le plus marquant de la lutte et de la survie des Inuits », a déclaré le sénateur Patterson.

« La cérémonie au cours de laquelle un ancien allume le kudlik marque toutes les réunions importantes. Cette lampe représente la force des Inuits dans le milieu le plus rude du monde. Elle ne sert pas qu’à l’éclairage, elle est aussi utilisée comme source de chauffage, pour la cuisson, pour sécher les vêtements et pour faire bouillir de l’eau. Le kudlik est un exemple de l’ingéniosité des inventions et des technologies inuites. »

Quant au Niqirtsuituq, il s’agit de l’étoile du Nord. Sur l’écu, elle est située au-dessus d’un arc concave composé de cinq cercles dorés qui symbolisent les propriétés vitales du soleil.

« Nunavut c’est le Nord, et ça, tous les Canadiens le comprennent, » a souligné le sénateur Patterson.

« On me demande souvent d’où je viens, et si je réponds ‘du Nunavut’, ce n’est pas tout le monde qui devine de quoi je parle, mais si je dis que je viens du Nord, là tout le monde comprend — c’est du Grand Nord fort et libre dont il est question dans notre hymne national en anglais. Cette étoile est donc le symbole de ce que représente le Nunavut et de sa situation géographique. »

Le sénateur Patterson, ancien ministre et premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, a déjà hâte d’emmener ses visiteurs du Nord à la flamme du Centenaire et de ne plus avoir à leur expliquer pourquoi l’écu du Nunavut ne s’y trouve pas.

« Les gens attendaient ce moment depuis 18 ans », a expliqué le sénateur. « Pour moi, l’ajout de cet important symbole à notre vénérable flamme du Centenaire est en quelque sorte une façon de tourner la page. »