déclarations de sénateurs — La politique économique

11 mars 2020


[14:13]

Honorables sénateurs, la Saskatchewan et l’Alberta traversent actuellement une crise économique et sociale. Les entreprises dans le secteur des ressources naturelles, qui offrent de vrais emplois pour les familles et qui sont souvent des chefs de file dans le domaine de l’innovation et de la recherche, accumulent aujourd’hui des dettes insoutenables, perdent des investisseurs, quittent le pays ou ferment tout simplement leurs portes. Les gens sont sans emploi et ils n’ont pas de solutions de rechange raisonnables. Le sort des projets de Cenovus et de Teck, voire de celui de gaz naturel liquéfié d’Énergie Saguenay, découle de la même peur, soit l’incertitude politique qui règne au Canada.

L’agriculture, autre moteur essentiel de l’économie canadienne, est également en difficultés. Je pense au différend commercial avec la Chine qui n’est toujours pas résolu, qui a mis en péril 70 % des exportations de canola et qui a coûté — je devrais plutôt dire, qui nous a fait perdre — 1 milliard de dollars; à l’adoption du projet de loi C-69 et à toutes ses conséquences imprévues; à la grève du rail, puis aux barrages qui ont entraîné un arriéré de 10 000 wagons à chargement complet de grain à exporter; et, maintenant, aux répercussions de la COVID-19 sur les chaînes d’approvisionnement internationales. La situation dans les Prairies est alarmante.

Il ne faut dont pas s’étonner que les mouvements qui prônent la séparation des provinces de l’Ouest gagnent des appuis. C’est très troublant. Nous savons tous ce que le séparatisme a coûté aux Québécois : les investisseurs se sont enfuis, des entreprises ont fermé leurs portes, et les biens immobiliers ainsi que les épargnes et les fonds de retraite des gens ont été dépréciés ou se sont évaporés.

Dans ce genre de contexte, tout le monde finit par être perdant. Je sais que certains se disent que, puisque l’Alberta et la Saskatchewan n’ont pas voté pour le gouvernement, eh bien, tant pis pour elles. Maintenir l’unité du pays devient toutefois impossible quand les gens se campent sur leurs positions. Je prie donc le gouvernement d’aborder le processus de transition avec réalisme. Nous ne pouvons pas simplement éliminer des secteurs entiers, qui jouent un rôle clé dans le niveau de vie des Canadiens, si nous ne disposons pas d’un plan B réaliste.

Le surintendant des institutions financières, Jeremy Rudin, a fait valoir que les politiques du gouvernement en matière de changements climatiques pourraient poser « de nouveaux risques considérables ». Les secteurs de l’énergie, du transport et des services publics seront profondément perturbés. Le deuxième cycle de risque commencera ensuite, quand la chute des bénéfices et de l’emploi dans les industries perturbées aura des effets en chaîne sur l’ensemble de l’économie.

M. Rudin affirme que nous ne disposons pas encore de l’information dont nous avons besoin. Nous serions donc prudents de nous préparer à la possibilité d’une transition fortement négative.

Écoutons ses conseils. Faisons des changements, certes, mais seulement lorsque toutes les parties de l’économie canadienne seront prêtes. Merci.