Rapport du Comité spécial du Sénat sur
la Société de développement du Cap-Breton
Président : William H. Rompkey, c.p.
Vice-président : Lowell Murray, c.p.
Avril 1997
Président : L'honorable William H. Rompkey, c.p.
Vice-président : L'honorable Lowell Murray, c.p.
et
Les honorables sénateurs :
John M. Buchanan, c.p.
John G. Bryden
*Joyce Fairbairn, c.p. (ou Alasdair B. Graham)
Ronald D. Ghitter
Jerahmiel Grafstein
Joseph Landry
*John Lynch-Staunton (ou Noel A. Kinsella, intérimaire)
Finlay MacDonald (Halifax)
John M. Macdonald (Cape Breton)
Lucie Pépin
William Petten
Nick Taylor
Autres sénateurs ayant participé aux travaux du Comité :
Les honorables sénateurs :
Anderson, Austin, Bonnell, Corbin, De Bané, c.p., Forrestall, Gigantès, Milne, Moore et Stanbury.
* Membres d'office
Extrait des Journaux du Sénat du 11 février 1997 :
Que le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton soit reconstitué pour examiner, afin d'en faire rapport, le rapport annuel, le plan d'entreprise ainsi que les rapports dactivité de la Société de développement du Cap-Breton et d'autres questions connexes;
Que, nonobstant lalinéa 85(1)b) du Règlement, les honorables sénateurs Anderson, Buchanan, De Bané, Ghitter, Gigantès, Landry, MacDonald (Halifax), MacDonald (Cape Breton), Moore, Murray, Rompkey et Stanbury composent ce Comité spécial et que le quorum soit constitué de trois membres;
Que le Comité ait le pouvoir de faire comparaître des personnes et produire des documents, d'entendre des témoins, de faire rapport de temps à autre et de faire imprimer au jour le jour documents et témoignages, selon les instructions du Comité;
Que les documents et les témoignages recueillis à ce sujet et les résultats des travaux accomplis par le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton au cours de la présente session de la trente-cinquième législature soient renvoyés à ce Comité;
Que le Comité présente son rapport final au plus tard le 11 mars 1997, et que le Comité conserve les pouvoirs nécessaires à la diffusion de son rapport final, et ce jusquau 15 mars 1997.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Extrait des Journaux du Sénat du 6 mars 1997:
Que, par dérogation à l'ordre adopté par le Sénat le 11 février 1997, le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton autorisé à examiner, afin d'en faire rapport, le rapport annuel, le plan d'entreprise ainsi que les rapports d'activité de la Société de développement du Cap-Breton et d'autres questions connexes, soit habilité à présenter son rapport final au plus tard le 10 avril 1997 et que le Comité conserve les pouvoirs nécessaires à la diffusion des résultats de son étude contenus dans son rapport final et ce jusqu'au 14 avril 1997;
Que, le Comité soit autorisé, nonobstant les pratiques habituelles, à déposer son rapport auprès du greffier du Sénat, si le Sénat ne siège pas, et que ledit rapport soit réputé avoir été déposé au Sénat.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Extrait des Journaux du Sénat du 9 avril 1997 :
Que, par dérogation à l'ordre adopté par le Sénat le 6 mars 1997, le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton et d'autres questions connexes, autorisé à examiner, afin d'en faire rapport, le rapport annuel, le plan d'entreprise ainsi que les rapports dactivité de la Société de développement du Cap-Breton et d'autres questions connexes, soit habilité à présenter son rapport final au plus tard le 30 avril 1997 et que le Comité conserve les pouvoirs nécessaires à la diffusion des résultats de son étude contenus dans son rapport final et ce jusqu'au 7 mai 1997;
Que, le Comité soit autorisé, nonobstant les pratiques habituelles, à déposer son rapport auprès du greffier du Sénat, si le Sénat ne siège pas, et que ledit rapport soit réputé avoir été déposé au Sénat.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Greffier du Sénat
Paul C. Bélisle
ANNEXE : Audiences et témoins entendus
RAPPORT DE SITUATION
Le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton a été constitué le 25 avril 1996 et chargé dexaminer le rapport annuel et le plan dentreprise de la Société de développement du Cap-Breton (SDCB) et des questions connexes, et de faire rapport à ce sujet. Le Comité a déposé son rapport en juin 1996. Ce rapport-là portait sur un certain nombre de questions importantes, mais le Comité estimait quil avait besoin de plus de temps et de renseignements complémentaires pour bien étudier le plan dentreprise de la SDCB. En conséquence, il avait recommandé entre autres que le Comité soit reconstitué et autorisé à poursuivre son examen.
Le Comité spécial du Sénat sur la Société de développement du Cap-Breton a été reconstitué le 11 février 1997. Il a tenu des audiences publiques à Sydney et à Ottawa le 17 et le 20 mars respectivement. Lors de leur passage au Cap-Breton, certains des membres du Comité ont profité de loccasion pour descendre dans la mine Phalen et observer les opérations souterraines et labattage au mur 7 est. Cette visite leur a permis de se faire une bien meilleure idée du travail quaccomplissent les mineurs au Cap-Breton.
Dans son rapport de juin 1996, le Comité avait formulé un certain nombre de recommandations conçues pour aider la SDCB à réaliser son objectif de viabilité commerciale et pour amener les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse à évaluer lavenir des charbonnages du Cap-Breton. Le Comité est heureux de constater que lon apprécie son apport dans cet important dossier.
| Les recommandations du Comité ont concentré lattention de la direction et des syndicats sur des questions essentielles dont dépend lavenir de la Société. En cela, le travail du Comité a été extrêmement utile. [...] en ce qui concerne les recommandations elles-mêmes, elles identifient clairement les éléments clés du succès de la société. (Ministre des Ressources naturelles) |
Notre rapport de juin 1996 contenait un certain nombre de recommandations sur la régie de la société et la responsabilité, sur la question des coûts sociaux fixes, sur les solutions de rechange en matière de stratégie de commercialisation, sur les relations de travail et sur les activités minières à venir. Nous avions notamment recommandé que la majorité des membres du conseil dadministration de la SDCB aient lexpérience des affaires en milieu concurrentiel. La ministre des Ressources naturelles a dit souscrire à cette recommandation et fait savoir quelle considérera une expérience commerciale comme un atout lors de la dotation des postes vacants au conseil. Durant la rédaction du présent rapport, M. Alex G. Balogh, le vice-président du conseil dadministration de Noranda, a été nommé au conseil dadministration de la SDCB. Le Comité est heureux de la nomination de M. Balogh.
Conformément à la recommandation du Comité en matière de responsabilité, une firme privée, Deloitte et Touche, effectue un examen indépendant des rapports trimestriels de la SDCB. Cette firme a vérifié les données statistiques et financières contenues dans les trois rapports trimestriels produits par la SDCB jusquà maintenant. La SDCB a lintention de continuer de produire ces rapports pour tenir les parties concernées au courant de lévolution de la situation. Par ailleurs, la Ministre a indiqué que le vérificateur général sassurera que lexamen spécial actuellement en cours prend en considération toutes les questions soulevées dans la recommandation du Comité.
Le Comité avait recommandé que la SDCB, en collaboration avec le gouvernement du Canada et celui de la Nouvelle-Écosse, effectue une évaluation exhaustive de ses responsabilités environnementales et quelle élabore un plan, comprenant un budget, afin de régler cet important problème. À ce sujet, on a informé le Comité que la SDCB était en train de mettre au point un système de gestion de lenvironnement comportant une vérification environnementale, pour sacquitter de ses responsabilités en la matière.
Le Comité demeure persuadé, comme il le disait dans son rapport de juin 1996, que le plan dentreprise ne pourra être réalisé que si la direction et les travailleurs en font un objectif commun. Daprès les témoignages que nous avons entendus, les relations de travail se sont améliorées depuis le dépôt de notre rapport de juin 1996. Le Comité applaudit les efforts déployés par la direction, les syndicats et les travailleurs qui ont permis de réaliser des progrès nécessaires vers une meilleure coopération.
On a informé le Comité quon avait donné suite à sa recommandation quant à lévaluation de lavenir des mines actuelles et à lincorporation au plan dentreprise dune perspective à plus long terme sur le développement minier actuel et futur, en tenant compte des éventualités. Dans ce contexte, la SDCB a élaboré un plan de mine à long terme et est en train didentifier les réserves potentiellement exploitables aux mines Prince et Phalen.
En revanche, le Comité est davis quon na pas tenu dûment compte de ses recommandations de juin 1996 touchant trois questions en particulier, à savoir les coûts sociaux, les exportations et la réserve de charbon Donkin. Ces questions méritent quon sy attarde et sont traitées dans le présent rapport. On trouvera une section sur chacune à la suite de lexamen de la première année du plan dentreprise.
La SDCB a éprouvé des problèmes nombreux durant la première année dapplication du plan dentreprise, mais cela na pas empêché la direction et les travailleurs de la société dafficher des réalisations considérables en 1996-1997. Malgré une production et des ventes inférieures aux prévisions, la société sattend de respecter lobjectif de bilan pour la première année. Durant lannée, la direction et les syndicats se sont grandement efforcés daméliorer les communications et le niveau de collaboration à la SDCB. De plus, les deux parties demeurent convaincues que lamélioration des relations de travail reste une condition clé de la viabilité commerciale de la SDCB. Le taux dabsentéisme sest chiffré à 11,6 p. 100 en 1996-1997, ce qui représente deux points de pourcentage de moins que le taux moyen des cinq années précédentes et un niveau bien inférieur aux données antérieures. Le nombre de griefs et daffaires renvoyées à larbitrage en 1996-1997 est le plus faible quon ait enregistré depuis la création de la société. On a informé le Comité que, pour la première fois en 21 ans, des conventions collectives ont été signées avec les quatre unités de négociation sans intervention dun conciliateur ou dune tierce partie.
| ... La SDCB a réalisé des progrès importants dans lannée écoulée grâce à la direction et aux travailleurs de la société. Je crois que cela va bien au-delà de progrès importants. Je crois que nous pourrions être témoins dune relance quasi-miraculeuse. Nous ne sommes pas encore sortis de lornière, mais si lon regarde le chemin parcouru depuis deux ans, je crois que les personnes qui travaillent à la SDCB et qui vivent dans ces collectivités ont remarquablement bien saisi lenjeu de la situation et ont su réagir à temps. (Ministre des Ressources naturelles) |
Ce sont là de grandes réalisations, mais le Comité sait quil reste encore beaucoup à faire. 1996-1997 nest que le début dune série détapes conçues pour améliorer considérablement le fonctionnement global de la SDCB durant toute la période de planification.
Daprès les données présentées au tableau 1, la production marchande de 19961997 de la SDCB devrait se chiffrer à 2,26 millions de tonnes, soit environ 13 p. 100 de moins que ce qui était prévu dans le plan dentreprise. Cette différence serait imputable au fait que la production de la mine Phalen a été inférieure aux prévisions à cause de deux interruptions de production dues à de mauvaises conditions géologiques. On a fait remarquer au Comité que les chiffres de production en fin dexercice auraient été bien inférieurs encore neut-ce été des vaillants efforts des travailleurs. Les mineurs de la mine Phalen ont travaillé sans relâche pour rétablir labattage du mur 7 est, tandis que les efforts des mineurs de la mine Prince ont permis de commencer labattage au mur 15 ouest six semaines en avance sur le plan. En fait, la production de la mine Prince devrait dépasser de 166 000 tonnes le chiffre prévu dans le plan dentreprise. Manifestement, les efforts déployé par les travailleurs de la SDCB durant le dernier trimestre de 1996-1997 ont beaucoup contribué à minimiser les pertes de production accumulées durant lannée.
| Personne na travaillé plus dur que les gars du 7 est. Il y a eu de nombreux éboulements, mais ils nont jamais quitté leur poste. Ils ne sont jamais rentrés chez eux avant le temps. Ils sont restés sur place et ont travaillé. Nous avons foi dans ces travailleurs. Nous sommes persuadés que les travailleurs ont suffisamment de courage et dénergie pour redresser la situation et nous croyons en la réussite de la mine Phalen. (Président du conseil dadministration) |
On a signalé au Comité que la SDCB avait vendu plus de charbon sur le marché canadien en 1996-1997 que toute autre année. Malgré ce record, la SDCB prévoit que les ventes réalisées en 1996-1997 seront inférieures de 145 000 tonnes à lobjectif prévu dans le plan dentreprise. La différence équivaut à peu près à la quantité de charbon que la Nova Scotia Power (NSP) a importé des États-Unis au début de 1997. On a dit au Comité que cela aurait pu être évité si la direction avait adopté un plan de réserves exploitables. Comme on la dit précédemment, la SDCB a pris des mesures pour identifier les réserves de charbon exploitables aux deux mines. On a aussi dit au Comité que si la direction avait appliqué plus rapidement les ajustements techniques recommandés par les travailleurs, on aurait peut-être pu réduire lampleur et la fréquence des problèmes de production à la mine Phalen. La production de la mine Phalen a augmenté de façon notable depuis que les suggestions des travailleurs sont appliquées. De plus, la plupart des témoins que nous avons entendus, notamment les travailleurs affectés à la mine Phalen, sont davis quil est possible de surmonter les difficultés que suscitent les conditions géologiques défavorables de cette mine.
Pour réaliser ses ventes, la SDCB a dû puiser dans ses stocks tout au long de lannée afin de compléter sa production. En conséquence, elle sattend que ses stocks soient inférieurs de 184 000 tonnes à la projection figurant dans le plan dentreprise pour 1996-1997. La SDCB a lintention cette année de reconstituer ses stocks de charbon et même de les augmenter. Selon le plan dentreprise initial, on sattendait à une baisse des stocks de 25 000 tonnes en 1997-1998. Dans le plan révisé, qui porte sur la période 1997-1998 à 2001-2002, la SDCB prévoit augmenter ses stocks de charbon de 620 000 tonnes en 1997-1998, ce qui lui donnerait des stocks sensiblement plus importants que ce qui était initialement prévu pour lexercice courant.
Pour ce qui est des résultats financiers, les coûts dexploitation de 1996-1997 devraient être inférieurs denviron un million de dollars à ce qui était prévu dans le plan dentreprise. Toutefois, si lon prend en considération les différences de production, les coûts dexploitation de 1996-1997 devraient se chiffrer à 57,20 $ la tonne au lieu des 50,21 $ prévus dans le plan dentreprise. Les dépenses de capital devraient être inférieures de 6,9 millions de dollars aux prévisions, mais il importe de noter que ces coûts sont simplement différés. Les coûts correspondant aux pensions et à la stratégie de ressources humaines devraient être inférieurs de 3,3 millions de dollars aux projections pour 1996-1997. Daprès les explications données au Comité, cette différence est principalement due au fait que certaines pensions nont commencé à être versées quaprès la date prévue initialement. Les coûts totaux seront sans doute inférieurs denviron 5 p. 100 aux prévisions, comme le montre le tableau 1, mais les coûts totaux par tonne devaient être supérieurs au montant prévu.
TABLEAU 1
Production, dépenses et recettes : résumé des prévisions pour 1996-1997(1)
Plan dentreprise |
Prévisions |
|
| Production marchande (kt) | ||
| Prince | 688 |
854 |
| Phalen | 1905 |
1410 |
| Production totale | 2593 |
2264 |
| Ventes (kt) | ||
| Production marchande | 2593 |
2264 |
| De (aux) réserves | 14 |
198 |
| Ventes totales | 2607 |
2462 |
| Coûts (M$) | ||
| Exploitation | 130,2 |
129,5 |
| Capital | 14,9 |
8,0 |
| Pensions et stratégie de ressources humaines (2) | 55,6 |
52,3 |
| Coûts totaux (M$) | 200,7 |
189,8 |
| Coûts dexploitation totaux par tonne de production marchande | 50,21 |
57,19 |
| Coût total par tonne de production marchande | 77,40 |
83,83 |
| Recettes totales (M$) (3) | 165,5 |
155,7 |
| Recettes totales par tonne vendue (4) | 63,71 |
66,61 |
| Profits (pertes) (M$) | (35,1) |
(34,1)(5) |
(1) Les données prévues sont basées sur les chiffres réels pour la période
allant davril 1996 à février 1997 et sur une projection pour mars 1997.
(2) Y compris 1,5 million de dollars correspondant aux coûts de service
courants du régime de pensions non contributif.
(3) Chiffres nets des corrections pour stocks (0,6 million de dollars
relativement au plan dentreprise et 8,3 millions de dollars relativement aux
prévisions de fin dexercice).
(4) Corrections pour stocks non comprises.
(5) Net de lintérêt sur le prêt gouvernemental couvrant les dépenses
de capital et les pertes dexploitation.
Source: Société de développement du Cap-Breton
Les recettes (nettes des corrections pour stocks) de 1996-1997 devraient totaliser 155,7 millions de dollars. Les ventes ayant été moins bonnes que prévu, ce montant est inférieur de 9,8 millions de dollars au chiffre figurant dans le plan dentreprise. Comme le gros des ventes de 1996-1997 a été réalisé avant le dernier ajustement à la baisse du prix du charbon dans le cadre du contrat à long terme conclu avec la Nova Scotia Power, les recettes par tonne vendue devraient dépasser le prix estimatif moyen figurant dans le plan dentreprise.
Daprès les chiffres présentés au tableau 1, la SDCB sattend à afficher un bilan conforme aux projections en 1996-1996 et à ce que ses pertes en fin dexercice sélèvent à 34,1 millions de dollars. Ce montant se situe en deçà des limites du mécanisme de financement approuvé par le gouvernement fédéral dans le cadre du plan dentreprise.
Les coûts dexploitation de la SDCB comprennent des coûts sociaux (par ex., dépenses environnementales, pensions, indemnisation pour accidents de travail, etc. ) encourus antérieurement, en majeure partie avant le 1er avril 1995, cest-à-dire avant que la SDCB nait pour mandat de devenir commercialement rentable. Dans son rapport de juin 1996, le Comité a relevé deux éléments des coûts sociaux qui méritent une plus grande attention dans le contexte du plan dentreprise, à savoir la dette non provisionnée du régime de pension non contributif et les régimes anciens de retraite anticipée et de préretraite. Selon le plan dentreprise, les dépenses afférentes à la première devraient sélever à 23 millions de dollars durant chacune des trois premières années du plan, tandis que les coûts annuels des seconds devraient se chiffrer en moyenne à 2,7 millions de dollars entre 1996-1997 et 2000-2001. Ensemble, ces coûts devraient totaliser 82,5 millions de dollars sur la période 1996-1997 à 2000-2001. Comme une part importante de ces coûts sociaux est liée directement à la décision volontaire de nombreux travailleurs de ne pas participer au régime contributif institué en 1982, le Comité estimait que la SDCB et les travailleurs actuels de lentreprise devraient assumer une partie de ces charges. Nous avions spécifiquement recommandé que le gouvernement du Canada verse un crédit de 41,25 millions de dollars pour couvrir la moitié de la radiation de la dette non provisionnée engendrée par le régime de pension non contributif et les régimes anciens de préretraite et de retraite anticipée. Les fonds seraient versés au rythme des décaissements prévus au plan dentreprise. Le crédit fédéral serait donc de 13,2 millions en 1996-1997, de 12,9 millions en 1997-1998, de 12,8 millions en 1998-1999, de 1,3 million en 1999-2000 et de 1,05 million en 2000-2001 .(!)
Les représentants syndicaux qui ont abordé cette question durant les audiences étaient dans lensemble daccord avec le principe de cette recommandation, mais ils sont davis que les coûts sociaux passés devraient être assumés intégralement par le gouvernement fédéral, quils considèrent comme responsable de cette dette, quels que soient les résultats de la SDCB. Le gouvernement estime pour sa part que la dette non provisionnée afférente au régime de pension non contributif de la SDCB est un coût dexploitation légitime et que, les fonds en question étant destinés aux anciens employés et aux employés actuels, ils sont à la charge de la SDCB. La ministre des Ressources naturelles a dit que le gouvernement aidait la SDCB à faire face à ces coûts additionnels en lui accordant des prêts remboursables, après déduction des intérêts, couvrant les dépenses dinvestissement et les pertes dexploitation.
| ... à notre avis, le gouvernement du Canada doit assumer une grosse partie de cette dette, sinon la totalité de celle-ci. Nous continuons daffirmer quil faut radier la totalité de la dette si lon veut être en mesure de déterminer clairement la rentabilité et la viabilité de la société. On ne peut pas se faire une idée juste de la situation avec cette dette en arrière-plan.(Syndicat canadien de la fonction publique) |
Il ne fait aucun doute que, jusquen mars 1990, lorsquon a officiellement enjoint à la SDCB de devenir autosuffisante avant la fin de lexercice 1994-1995, la société était exploitée dans le contexte des mesures régionales de développement de lemploi dans les provinces de lAtlantique. Au moment de sa création, la SDCB avait pour mandat de réduire progressivement lexploitation des mines de charbon au Cap-Breton et de développer de nouvelles activités créatrices demplois en dehors des charbonnages(2). De toute évidence, la SDCB na pas abandonné lexploitation minière et, comme la fait remarquer la ministre des Ressources naturelles, les contribuables ont investi quelque 1,5 milliard de dollars dans cette société depuis sa création.
La SDCB ayant pendant longtemps bénéficié de subventions considérables, la rentabilisation de lentreprise représente un énorme défi. Comme on la dit précédemment, la SDCB doit réduire de beaucoup ses dépenses dexploitation et assumer en même temps plusieurs dépenses engagées dans le passé dont certaines ne devraient pas figurer dans le plan dentreprise selon le Comité. Si la SDCB nétait pas tenue dassumer ces coûts, le plan dentreprise prévoirait une perte bien moindre pour 1996-1997 (7,7 millions contre 34,1 millions) et des profits par la suite. Si les coûts afférents à la dette non provisionnée associée au régime de pension non contributif et aux régimes anciens de préretraite et de retraite anticipée étaient exclus, la SDCB sattendrait à un profit cumulé projeté de 72,2 millions de dollars pour la période 1996-1997 à 2000-2001 au lieu de la perte cumulée (nette de lintérêt sur les prêts consentis pour couvrir les dépenses de capital et les pertes dexploitation) de 10,3 millions de dollars prévue dans le plan dentreprise.
Nous considérons que ce sont là des coûts élevés que la société ne devrait pas avoir à assumer et qui compromettent les efforts déployés par les salariés et la direction de la SDCB pour rentabiliser lentreprise. De plus, le Comité prévoit que les prêts nécessaires pour compenser ces coûts continueront dentacher le bilan de la SDCB longtemps après la disparition de la dette non provisionnée du régime de pension non contributif. Enfin, cette dette compromet laccès de la SDCB à une réserve de capital éventuelle dont elle aura grand besoin si elle décide un jour douvrir dautres mines.
Recommandation
Que le gouvernement du Canada accorde à la SDCB une remise du montant du principal en souffrance sur les prêts quil lui a consentis pour couvrir les dépenses de capital et les pertes dexploitation durant nimporte quel exercice entre 1996-1997 et 1998-1999 à la condition que le bilan de la SDCB cette année-là corresponde à la prévision du plan dentreprise.
Dans son rapport de juin 1996, le Comité avait dit quil étudierait plus en détail la question des exportations et que la Société de développement du Cap-Breton devrait prendre des mesures en vue daccroître ses ventes de charbon à létranger. À cause des problèmes de production décrits ci-haut, la SDCB na pas pu exporter de charbon en 1996-1997. En fait, cela fait deux ans quelle ne vend pratiquement rien à lexportation et, daprès le rapport annuel pour lexercice terminé le 31 mars 1996, elle a des contrats dexportation non exécutés totalisant quelque 264 000 tonnes.
Lors des dernières audiences, les représentants syndicaux ont déclaré que la Nova Scotia Power est en train de réduire progressivement sa dépendance à légard de la SDCB comme fournisseur principal et que la SDCB ne devrait donc pas planifier ses opérations en comptant sur la clientèle de la NSP, mais chercher à développer davantage ses exportations. Nous convenons que la SDCB devrait chercher davantage de débouchés à létranger, mais il reste que ses coûts dexploitation doivent baisser davantage si lon veut que les ventes à létranger dégagent un bénéfice. Certains représentants syndicaux estiment que les pertes récemment subies par la SDCB à lexportation sont dues en partie au fait que la société privilégie maintenant les ventes sur le marché libre plutôt que les contrats à long terme, ce qui donne à entendre que les prix sur le marché libre étaient moins intéressants que ceux des contrats à long terme. La direction a répondu en disant que la concurrence est très vive sur le marché international du charbon et que la SDCB ne peut espérer y réaliser des profits que si elle réussit à réduire ses coûts de production. On nous a dit que, aux coûts de production actuels, les ventes à lexportation se solderaient par des pertes de 8 à 10 $ la tonne.
La SDCB doit pouvoir soutenir la concurrence au niveau international et au niveau intérieur, et pas seulement celle des autres producteurs de charbon, mais aussi celle des autres sources de carburant. En dépit de lopposition déclarée des syndicats à limportance que le plan dentreprise accorde à la clientèle de la Nova Scotia Power, la direction nous a dit que cette politique avait donné de bons résultats en 1996-1997. En effet, malgré les problèmes de production de lannée dernière, la SDCB a réussi à vendre plus de charbon que jamais sur le marché canadien cette année-là. En outre, on a rappelé au Comité que les ventes de charbon à la Nova Scotia Power dégagent actuellement une marge supérieure à ce que la SDCB pourrait obtenir sur nimporte quel autre marché.
En 1997-1998, la SDCB a lintention de remplir ses contrats dexportation et den décrocher de nouveaux. On nous a dit que la SDCB étudie actuellement la possibilité de vendre du charbon sur un marché tout à fait nouveau pour elle, celui de lEurope du Nord, où elle pense avoir un avantage concurrentiel par rapport aux producteurs des États-Unis et dailleurs, du fait que lemplacement du quai international lui permet doffrir des frais de transport avantageux à ses clients européens, en particulier aux pays scandinaves.(3)
Sur la foi des données, limitées, dont on dispose sur les projets dexportation de la SDCB et du plan dentreprise révisé, le Comité estime que la SDCB exportera entre 400 000 et 450 000 tonnes de charbon en 1997-1998, ce qui représente à peu près 15 p. 100 des ventes projetées, soit un peu plus de la moitié des ventes initialement prévues dans le plan dentreprise. Malgré ce recul au chapitre des plans dexportation, la direction semble admettre la nécessité de développer ses ventes à lexportation et a lintention de faire avancer ce dossier cette année.
Si la SDCB réussit à ramener ses coûts dexploitation à 43,41 $ la tonne en 1997-1998 comme il est prévu dans le plan dentreprise révisé (comparativement à 42 $ la tonne dans le plan dentreprise initial), elle devrait être en mesure de réaliser un bénéfice sur ses ventes de charbon(4). La SDCB espère ensuite devenir beaucoup plus active sur le marché international. Selon la ministre des Ressources naturelles, la SDCB prévoit que ses exportations représenteront 30 p. 100 de ses ventes totales en 1998-1999. Ces exportations devraient avoir un effet bénéfique sur le bilan de la société puisque le plan dentreprise initial prévoit une baisse des coûts dexploitation, qui devraient être ramenés à 39 $ la tonne.
Si la SDCB réussit à atteindre ses objectifs quant à la production et aux coûts dexploitation, elle devrait être en mesure de redevenir un fournisseur fiable sur le marché international et de décrocher des contrats à long terme. Cependant, en raison du manque de données détaillées, le Comité doit se contenter dexprimer un optimisme prudent quant à la réalisation des objectifs dexportation qui figurent dans le plan dentreprise.
La réserve Donkin est indubitablement le dernier bloc de charbon important du bassin houiller de Sydney. Daprès des estimations, elle contiendrait environ 1,3 milliard de tonnes de charbon exploitable avec les techniques actuelles. Les syndicats qui représentent les travailleurs de la SDCB nous ont dit que, sans la mine Donkin, les charbonnages du Cap-Breton nont aucun avenir. Ils ont indiqué que les galeries daccès sont déjà creusées et que lon peut y produire du charbon à faible teneur en soufre en pratiquant labattage sélectif. À leur avis, la mise en service de la mine Donkin coûterait de 100 à 125 millions de dollars.
| Ce sont des galeries de première classe comparativement à ce que lon trouve ailleurs. Il y a trois filons qui pourraient être exploités dès maintenant, le filon Harbour étant le principal, ... mais je pense que Donkin est le« joyau de la couronne» de la SDCB et des charbonnages de lîle. (M. Currie, ancien directeur de mine du projet Donkin) |
Le Comité est tout à fait conscient que la mine Donkin représente lavenir des charbonnages du Cap-Breton. Cependant, lactualisation de ce potentiel semble dépendre dans une grande mesure de la viabilité économique de la mine Donkin. Le potentiel économique de Donkin est incertain(5), et cest la raison pour laquelle le Comité avait recommandé dans son rapport de juin 1996 que «la Société et la province de la Nouvelle-Écosse [entreprennent] une étude permettant de confirmer le potentiel de développement et le coût de louverture de la mine Donkin»(6).
| Lanalyse des 2 700 tonnes de charbon extrait dans le cadre du projet Donkin-Morien était particulièrement encourageante. Cet échantillon a montré que labattage sélectif ... permettrait de ramener le niveau de soufre à environ 1 p. 100. Cétait dans le rapport annuel de la Société de développement du Cap-Breton de 1985, et le président du conseil et président intérimaire qui parlait de la qualité du charbon de la mine Donkin, cétait Joseph P. Shannon. (United Mine Workers of America) |
Apparemment, le conseil dadministration de la SDCB a étudié toutes les recommandations du Comité, mais a décidé de ne pas donner suite à celle qui porte sur la mine Donkin. La SDCB na pas abordé la question avec le gouvernement de la Nouvelle-Écosse. On nous a expliqué que le conseil dadministration de la SDCB ne voulait pas susciter de faux espoirs en sattardant à la mine Donkin et quil estime futile de penser à exploiter la mine Donkin tant que la SDCB naura pas appris à rentabiliser ses opérations courantes. La ministre des Ressources naturelles sest prononcée en faveur de cette attitude.
Pour sa part, le Comité nest pas daccord avec cette position et ne comprend pourquoi la SDCB et les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse ne veulent pas prendre les mesures nécessaires pour obtenir ces renseignements vitaux sur le potentiel de la mine Donkin. Compte tenu de lardeur dont ont fait preuve les travailleurs de la SDCB depuis un an, le Comité doute du bien-fondé de largument voulant que la direction et les travailleurs prêteraient moins attention à lobjectif prépondérant de viabilité commerciale si la recommandation du Comité était mise en oeuvre.
Limportance économique de la SDCB est indéniable, car elle est le principal employeur industriel du Cap-Breton. Elle a eu un apport de plus de 170 millions de dollars à léconomie du Cap-Breton en 1995-1996 : 90 millions de dollars en salaires, 46 millions de dollars en pensions, 2 millions de dollars en subventions tenant lieu dimpôt et approximativement 32 millions de dollars en achats de produits et services(7). La SDCB a aussi des retombées indirectes quon pense au moins équivalentes aux retombées directes. Le gouvernement fédéral et celui de la Nouvelle-Écosse ne peuvent pas se méprendre sur limportance économique de cette société.
Comme les deux paliers de gouvernement ont beaucoup à gagner du succès actuel et futur de la SDCB, le Comité estime quil est dans leur intérêt de déterminer le potentiel de la mine Donkin. Si la mine na pas davenir commercial, les deux paliers de gouvernement vont faire face à un tournant dans le développement industriel du Cap-Breton. Avec cette information, les gouvernements seront mieux préparés à aider des habitants du Cap-Breton à sadapter aux conditions futures.
Abstraction faite des intérêts économiques évidents de la région, le gouvernement fédéral a dautres raisons de vouloir connaître le potentiel de la mine Donkin, entre autres du fait quil a déjà investi plus de 80 millions de dollars dans la mine et quil détient le bail de cette réserve. La Nouvelle-Écosse a pour sa part un intérêt dautant plus grand quelle est propriétaire de la ressource elle-même, du moins jusquà la laisse de basse mer, et quelle toucherait des redevances si la mine Donkin était exploitée, comme elle en touche pour les mines exploitées actuellement.
Le Comité ne sait pas précisément combien coûterait lévaluation du potentiel économique de la mine Donkin. Nous savons quelle pourrait coûter très cher, mais nous persistons à croire en la nécessité de ces travaux. La Ministre nous a dit que la SDCB nallait pas effectuer cette étude, mais que le gouvernement fédéral était prêt à négocier avec quiconque serait disposé à évaluer à titre privé le potentiel économique de la réserve Donkin.
| ...si dautres parties souhaitent négocier avec le gouvernement du Canada la mise à jour ou lapprofondissement des études de faisabilité relatives à la réserve Donkin, éventuellement en vue de la mise en valeur de la mine par des intérêts privés, je suis tout à fait disposée à en discuter et à communiquer linformation dont nous disposons. (Ministre des Ressources naturelles) |
Tandis que le Comité préparait le présent rapport, il a appris que le conseil dadministration de la SDCB avait signé une lettre dintention avec une société du Cap-Breton appelée Donkin Resources Limited en vue de la vente du terrain et du transfert des concessions dexploitation du charbon relativement à la mine et à la réserve de charbon Donkin. Ni la Ministre ni le président du conseil dadministration nont parlé de lexistence de cette proposition lorsquils ont comparu devant lui le 20 mars 1997.Lalettre dintention en question a été signée environ trois semaines plus tard. Durant la première phase du projet, qui doit durer 18 mois, Donkin Resources Limited tentera de déterminer le potentiel de la réserve en analysant les données disponibles. Cette phase du projet devrait coûter 400 000 $, dont les trois quarts proviendraient de lAgence de promotion économique du Canada atlantique.
Selon le communiqué de presse de la SDCB du 17 avril 1997, la participation de la SDCB à cette initiative se bornerait à fournir toute linformation quelle possède sur la mine et la réserve de charbon Donkin. Lentente, qui doit être négociée dans les soixante jours, garantirait que la société Donkin Resources Limited est assujettie aux règles et règlements relatifs à lenvironnement et à laménagement et à lexploitation dune mine de charbon. En outre, elle protégerait la position de la SDCB sur le marché du charbon de la Nouvelle-Écosse. Ainsi, si la mine Donkin devenait opérationnelle, elle concurrencerait la SDCB sur le marché international.
Cette initiative non seulement a des répercussions sur le plan dentreprise de la SDCB, mais elle soulève aussi un certain nombre de questions de politique publique. Le Comité estime quil faut répondre à certaines questions importantes avant que la SDCB ne signe une entente en bonne et due forme. Ces questions comprennent notamment les suivantes :
- Si la mine Donkin était exploitée, la SDCB se concentrerait-elle exclusivement sur la clientèle de la Nova Scotia Power et renoncerait-elle à produire du charbon destiné à lexportation comme il est prévu dans le plan dentreprise?
- La SDCB a-t-elle, du point de vue légal ou du point de vue de la politique publique, le mandat de vendre ou de transférer un terrain ou des ressources dans lesquels les contribuables canadiens ont investi plus de 80 millions de dollars ou de transférer des concessions qui appartiennent au gouvernement de la Nouvelle-Écosse?
- Si la mine Donkin est considérée comme un investissement rentable, la SDCB devrait-elle se réserver le droit de premier refus?
Le Comité souscrit à la réalisation dune étude en vue de déterminer le potentiel commercial de lexploitation de la mine Donkin, mais tant quon naura pas répondu de façon satisfaisante à ces interrogations et à dautres questions pertinentes, il ne peut pas approuver lintention de la SDCB de conclure une entente en vue de la cession du terrain et du transfert des baux relatifs à la mine et à la réserve de charbon Donkin. Dans lattente de ces réponses, le Comité demande instamment au conseil dadministration de ne pas prendre dengagement irrévocable à cet égard.
Les membres du Comité ont consacré énormément de temps et defforts à létude du plan dentreprise de la SDCB. Nous avons déposé un rapport en juin 1996 et avons depuis réexaminé certaines questions conformément à notre mandat du 11 février 1997. Nous sommes heureux de laccueil qui a été réservé à notre rapport de juin 1996, la plupart des recommandations quil contenait ayant été appliquées en totalité ou en partie.
Nous sommes frappés par lardeur avec laquelle la direction et les travailleurs de la SDCB sefforcent dassurer la réussite de la première année du plan dentreprise. Même si certains objectifs nont pas été atteints, la SDCB a respecté son objectif de bilan de 1996-1997 et les travailleurs ont dû composer avec des conditions défavorables pour minimiser lécart entre la production prévue et la production réelle. Les ventes sur le marché intérieur ont atteint un sommet sans précédent. Contrairement à la situation passée, des signes montrent que la direction et les syndicats ont commencé à travailler ensemble dans lintérêt de la viabilité de lentreprise. Le Comité étant convaincu quune collaboration accrue est lun des facteurs clés de la réussite du plan dentreprise, tous ses membres applaudissent le personnel de la SDCB pour ses réalisations à ce chapitre. Nous les encourageons fortement à continuer dans cette voie.
Le Comité a réexaminé trois questions dans le présent rapport : les coûts sociaux, les exportations et la réserve Donkin. Comme nous lindiquions dans notre rapport de juin 1996, le plan dentreprise prévoit que la SDCB assume certains coûts liés à des activités passées. Or, il nous apparaît quil sagit de coûts élevés que la société ne devrait pas avoir à assumer et qui compromettent les efforts déployés pour rentabiliser les opérations de lentreprise. Par conséquent, nous recommandons que le gouvernement atteste les réalisations de la SDCB en accordant à celle-ci une remise des prêts annuels requis pour couvrir les dépenses de capital et les dépenses dexploitation, à la condition que la SDCB puisse respecter les objectifs de bilan qui figurent dans le plan dentreprise.
Apparemment, la SDCB prend des mesures pour rentabiliser ses exportations de charbon, ce qui nous amène à conclure, avec les réserves habituelles que suscite une information incomplète, que les objectifs dexportation figurant dans le plan dentreprise sont réalisables.
Le Comité est heureux que lon envisage la mise en exploitation de la mine Donkin, mais il estime quil faut des réponses à un certain nombre de questions importantes avant que lon puisse conclure une entente en ce sens.
Enfin, le Comité tient à remercier les témoins qui lont fait profiter de leur expérience et de leurs connaissances, les travailleurs qui nous ont aidés lorsque nous sommes allés observer les activités minières, et les personnes qui nous ont fourni des renseignements pour notre rapport. Le Comité naurait pas pu faire son travail sans leur collaboration.
| Témoin | Organisme | Date |
| Steve Drake |
Président, section 26, United Mine Workers of America |
17 mars 1997 |
| Allie MacLean | President Phalen, section 2501, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Hughie MacArthur | Section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| John MacLeod | Section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Brendon McIntyre | Section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Ron Cote | Section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Bob Burchell | Section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Eric Funari | Local 2268, section 26, United Mine Workers of America | 17 mars 1997 |
| Ricky Wiseman | Président-général, International Association of Machinist | 17 mars 1997 |
| Stanley Peach | Président local, International Association of Machinist | 17 mars 1997 |
| Victor Tomiczek | Travailleurs canadiens de lautomobile | 17 mars 1997 |
| Richie Daigle | Local 4504, Travailleurs canadiens de lautomobile | 17 mars 1997 |
| Bob Gillis | Local 4504 et Vice-président du local, Travailleurs canadiens de lautomobile | 17 mars 1997 |
| Micheal Baker | Président, section locale 2046, Syndicat canadien de la fonction publique | 17 mars 1997 |
| Brian Kane | Trésorier, section locale 2046, Syndicat canadien de la fonction publique | 17 mars 1997 |
| Angus MacEachern | Président, local 2046 Syndicat canadien de la fonction publique | 17 mars 1997 |
| Robert MacFarlane | Local 2046, Syndicat canadien de la fonction publique | 17 mars 1997 |
| Kevin MacNeil | Représentant national, Syndicat canadien de la fonction publique | 17 mars 1997 |
| Dan Currie | Ex-gérant des opérations, mine Donkin, Devco | 17 mars 1997 |
| Joseph P.Shannon | Président du conseil, Société de développement du Cap-Breton | 20 mars 1997 |
| Goerge White | Président-directeur général, Société de développement du Cap-Breton | 20 mars 1997 |
| Merrill D. Buchanan | Vice-président finance, Société de développement du Cap-Breton | 20 mars 1997 |
| Anne McLellan, c.p. | Ministre des Ressources naturelles | 20 mars 1997 |
- Le Sénat du Canada, Rapport du Comité spécial du Sénat sur la Société de
développement du Cap-Breton, Juin 1996, p. 14.
- Société de développement du Cap-Breton, Rapport annuel, exercice terminé le
31 décembre 1968, p. 1.
- John T. Boyd Company, Report, 1995, p. 12-11.
- Durant le dernier trimestre de 1996, le prix moyen «franco à bord et arrimé» de la
houille maigre aux quais de Hampton Roads et de Baltimore était denviron
56,75 $ et 50,84 $ respectivement (les prix en dollars américains ont été
convertis en dollars canadiens sur la base du taux de change moyen jusquà présent
pour 1997, à savoir 1 $US = 1,3617 $CAN (Coal Week International,
février 1997, p. 5)).
- Un programme de forage de trois ans, terminé en 1979, a été effectué dans les
réserves de Donkin. Daprès une étude complète effectuée par Montreal
Engineering Limited (MONENCO), certaines des carottes de forage nétaient pas
fiables et ne permettent pas de comprendre la géologie suffisamment bien pour estimer
correctement des taux de production. De plus, létude na pas permis
dobtenir des garanties sur le contenu en soufre du tout-venant ou sur la
faisabilité du lavage du charbon. Selon le rapport Boyd, une vaste étude de la SDCB
commandée par le gouvernement fédéral en 1995, les tests réalisés par CANMET sur le
charbon extrait des parois des galeries de Donkin donnent à penser que, une fois lavé,
le produit répondrait aux exigences de qualité de la Nova Scotia Power. Les auteurs du
rapport Boyd notent cependant que ces résultats sont contestables parce quils ne
sont pas fondés sur un échantillon représentatif de lensemble de la réserve. Le
rapport Boyd note par ailleurs que, le filon nétant pas plat, les problèmes de
contrôle de lhorizon sont tels quil est difficile dêtre sûr
quon pourrait y pratiquer un abattage sélectif.
- Le Sénat du Canada, Rapport du Comité spécial du Sénat sur la Société de
développement du Cap-Breton, juin 1996, p. 23.
- Société de développement du Cap-Breton, Rapport annuel, exercice terminé le 31 décembre 1996, p. 6.