CHAPITRE VII
LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
A. Construction,
réparation et entretien des routes
B Éducation
C. Cours de conduite automobile
et permis
D. Transport de matières dangereuses
E.
Application des lois et adoption dun code national de sécurité
CHAPITRE VIII
LES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ TOUCHANT LE TRANSPORT AÉRIEN
A.
Les problèmes de sécurité touchant le transport aérien dans le Nord canadien
B. La navigation
aérienne sur la côte ouest canadienne
C. La sécurité et la
sûreté des aéroports
D. La
privatisation des services de navigation aérienne
E. La sécurité des hélicoptères
CHAPITRE IX
LES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ DE DEMAIN
CHAPITRE VII
Cest la sécurité du camionnage qui est à lorigine des discussions préliminaires qui ont débouché sur la création du Sous-comité et du Comité spécial. Le Sous-comité a donc voulu étudier cette question en détail. Des décès récents, et de nombreux accidents, en Ontario, causés par des roues qui sétaient détachées de camions, ont par ailleurs conféré un sens durgence à cette partie de notre mandat détude.
Le tableau 4 donne le nombre de collisions et de décès liés au transport par poids-lourds au Canada. Nous espérons que notre travail dans ce domaine amènera une importance réduction du nombre daccidents mortels résultant de collisions avec des camions gros porteurs.
La sécurité routière couvre plusieurs aspects. Elle touche la construction et lentretien des routes, léducation, le transport des matières dangereuses, la formation des conducteurs, lexécution des lois et lapplicabilité du Code national de sécurité des transporteurs routiers. Nos audiences sur ce sujet ont mis en relief les problèmes de sécurité créés par la présence sur nos routes de camions plus gros et plus nombreux. Nous navons pas lintention de donner le mauvais rôle aux compagnies de camionnage dans le monde de la sécurité routière. Tous les témoins sinquiètent de lintense concurrence dans lindustrie du camionnage. Il est donc probable que cette lutte pour la survie commerciale, combinée à des marges bénéficiaires minces, entraîne certains compromis du côté de la sécurité. Dailleurs, la relation entre rentabilité et sécurité est une grande source de frustration pour lindustrie du camionnage comme la exprimé un représentant de lAssociation canadienne du camionnage :
Beaucoup de nos clients exigent que leurs transporteurs produisent une certification ISO, appliquent un programme de qualité totale, et que sais-je encore. Mais lorsque les offres arrivent, et les offres de ceux qui ne répondent pas aux conditions sont toujours accueillies, cest le meilleur prix qui lemporte. Nous essayons daméliorer les choses, mais le prix est toujours la considération prépondérante. (10:15)
Nous admettons limportance du bilan financier, mais nous espérons que le travail et les recommandations du Sous-comité feront reconnaître limportance dune « culture » de la sécurité dans tous les aspects et dans tous les modes de transport, une culture qui prévaudra sur les considérations financières.
A. Construction, réparation et entretien des routes
Le Sous-comité a entendu de nombreux témoignages au sujet de la détérioration du réseau des grandes routes au Canada. Le témoignage suivant de lAssociation canadienne des automobilistes est représentatif à cet égard :
Une autre question est extrêmement importante pour les conducteurs de tout le pays, à savoir létat des routes. Nous lavons constaté nous-mêmes, car nous revenons tout juste dune tournée qui nous a amenés partout au Canada pour faire la promotion dun programme routier national.
Pour beaucoup de Canadiens, cest la sécurité qui est la question la plus importante. Durant notre voyage, beaucoup de gens nous ont fait part de leurs préoccupations au sujet du mauvais état de lasphalte, de létroitesse des voies et des accotements et de lintensité du trafic de camions sur nos routes. La congestion des routes augmente, les fonds consacrés aux routes diminuent, et létat des routes du Canada empire chaque jour.
Vous avez peut-être entendu parler de la campagne de lACA pour que 20 p. 100 des recettes tirées de la taxe daccise fédérale de 10 cents le litre dessence soient affectées à un programme routier national à frais partagés. Cest bien peu pour sauver 160 vies et éviter 2 300 blessures par an. (2:49)
LAssociation des transports du Canada souscrit à ce mode de financement dun programme routier national. Elle nous a signalé que le Canada était lun des rares pays occidentaux à ne pas sêtre encore doté dune politique routière nationale.
Létude nationale des routes de 1989 que de nombreux témoins ont citée avait révélé que près de 40 p. 100 des grandes routes du Canada ne répondaient pas aux normes. Comme la signalé lAssociation canadienne des automobilistes, lamélioration de notre réseau routier va sauver des vies et réduire considérablement le nombre de blessures causées par les accidents. Le British Columbia Safety Council a fort bien illustré le nombre des décès et des blessures imputables aux accidents de la route et leur coût pour les Canadiens.
Le nombre des victimes de la route a diminué ces dernières années pour tomber à environ 3 500 dans lensemble du pays et 550 en Colombie-Britannique. Cette réduction considérable du nombre des décès peut nous donner lillusion que nous avons des raisons de nous réjouir, mais elle ne présente pas un reflet exact de la situation. Durant toute la période où les taux de mortalité ont diminué, les taux daccidents ont continué de grimper. Les accidents de la route ont produit dans tout le pays une véritable armée de personnes blessées et handicapées. En Colombie-Britannique, les accidents de la route font un mort à peu près toutes les 16 heures et un blessé toutes les 12 minutes. Depuis que je suis entré dans cette pièce, deux personnes ont déjà été blessées. Les coûts annuels que cette situation entraîne pour les citoyens et pour le gouvernement de la province sélèvent à plusieurs milliards de dollars en secours durgence, en soins médicaux et en réadaptation.
LInsurance Corporation of British Columbia verse plus de deux milliards de dollars par année pour les soins médicaux immédiats, les services de réadaptation et les salaires perdus des victimes de la route. Daprès des estimations, les coûts du secteur privé représentent environ trois fois ce montant, à savoir une autre tranche de six milliards de dollars. Je pense que les coûts pour les personnes, en termes de réduction de leur potentiel de gains durant le reste de leur vie, sont probablement encore plus élevés.
Il faut absolument faire baisser le nombre daccidents et de blessés. Le Comité spécial est davis que le gouvernement fédéral doit collaborer avec les provinces à la création et au financement dun réseau routier national. (5:99)
À notre avis, lidée de lACA de consacrer une partie des recettes de la taxe daccise sur lessence à lamélioration du réseau routier présente beaucoup dintérêt. À Washington, nous avons appris que les États-Unis appliquaient de nouveaux modes de financement de la construction routière. La route menant à laéroport de Dulles est financée par des sources privées. Des banques de lÉtat sont utilisées pour intéresser des investisseurs privés au financement des infrastructures.
On a aussi beaucoup investi dans la technologie en vue de créer des « routes intelligentes ». Larchitecture du système routier intelligent comporte quatre éléments : gestion des déplacements; utilisation de matériel de haute technologie; localisation automatique des véhicules grâce au GPS; et conduite des véhicules, avec matériel de détection embarqué.
Nous avons appris que les États-Unis sefforçaient de mettre au point des normes nord-américaines sur les systèmes routiers intelligents et nous pensons que le Canada devrait pouvoir jouer un rôle important dans ce domaine.
La France est à établir un système daudit routier pour évaluer létat de son réseau routier afin den planifier lamélioration. Elle estime que les défauts dinfrastructure interviennent dans la moitié des accidents, et que lamélioration des routes améliorerait la sécurité.
Il faut certes améliorer la qualité de nos routes, mais il est important également que les Canadiens connaissent et comprennent le fonctionnement de leur véhicule. LAssociation canadienne des automobilistes réclame un programme déducation pour sensibiliser les automobilistes à la nécessité de choisir un véhicule qui leur convient, cest-à-dire répondant à leurs besoins et à ceux de leur famille, et qui correspond à leur mode de vie.
Le British Columbia Safety Council a exprimé des vues analogues. Il a signalé au Sous-comité que beaucoup de conducteurs ne saisissaient pas la différence fondamentale entre la traction avant et la propulsion arrière. On nous a dit aussi que de nombreux conducteurs dont les véhicules sont équipés de freins anti-blocage nen comprennent pas le fonctionnement et ne savent pas comment les utiliser. Dans certains cas, cette situation nuit à la sécurité. (5:101)
Les témoins affirment que les véhicules sont mieux conçus, mais que, comme la plupart des conducteurs nont pas appris comment en tirer parti, la sécurité sen trouve compromise.
C. Cours de conduite automobile et permis
La formation des conducteurs a des liens étroits avec léducation sur lachat des automobiles et des camions et la capacité de tirer profit des progrès techniques des véhicules. Le British Columbia Safety Council a signalé quen Colombie-Britannique, les conducteurs de camion professionnels ne sont pas tenus de suivre des cours de formation professionnelle à part un cours sur les freins à air comprimé.
Donc, quand vous verrez des trains routiers pesant dans les 150 000 livres passer sur nos routes, rappelez-vous que 93 p. 100 du territoire de la province est montagneux et que, pour linstant, on nimpose aucune formation professionnelle à ces conducteurs. (5:103)
Le Safety Council est davis que des tests et de normes dattribution de permis sérieux favoriseraient léducation et la formation des conducteurs professionnels. Les tests et les permis devraient être plus coûteux pour ceux qui nont pas suivi de cours de formation. De même, les personnes qui font passer les tests devraient être pleinement qualifiées pour conduire les véhicules en cause, ce qui nest pas toujours le cas actuellement.
LAlberta Safety Council a soumis une proposition intéressante qui pourrait compléter les suggestions proposées en Colombie-Britannique.
Le conseil estime quun dégrèvement fiscal à légard des coûts de formation assumés pour soi-même ou pour une personne à charge constitue une solution intéressante qui encouragerait les gens à suivre des cours de conduite. (4:6)
Lindustrie du camionnage est elle aussi daccord avec ces objectifs. LAssociation canadienne du camionnage a fait ressortir limportance de la formation des conducteurs lorsquelle a comparu devant nous :
La plupart des conducteurs de véhicules commerciaux sont extrêmement conscients de lénorme responsabilité qui pèse sur leurs épaules lorsquils manoeuvrent un véhicule lourd dans la circulation au milieu de piétons, de cyclistes, dautomobiles et de véhicules légers. Les transporteurs sûrs voient à la formation et au perfectionnement de leurs conducteurs et de leurs autres employés. Après tout, les conducteurs de véhicules commerciaux travaillent la majeure partie du temps sans surveillance et leur transporteur leur confie du matériel et des produits valant des centaines de milliers de dollars. Une formation adéquate et de bonnes relations de travail avec le conducteur sont essentielles pour garantir la sécurité du matériel et du chargement, sassurer la fidélité du client, sans parler de la protection des vies. Beaucoup de transporteurs acceptent exclusivement les conducteurs formés dans des écoles accréditées par le Conseil canadien des ressources humaines en camionnage, et dautres ont leurs propres programmes de formation. (10:8)
Le groupe de transport Irving de Halifax atteste du sérieux dont font preuve certaines compagnies de camionnage en matière de formation des conducteurs. Cette importante société de transport possède environ 3 500 pièces déquipement, 1 050 tracteurs et emploie 1 850 personnes dans ses gares routières et bureaux. Ses représentants ont exprimé limportance de la formation à leurs yeux en termes simples :
Les transporteurs qui ont recours à des conducteurs et à des courtiers pour le transport de leur marchandise assument une importante responsabilité. On suppose demblée que tout conducteur de camion possédant son permis est qualifié pour faire ce travail en toute sécurité. Nous pensons pour notre part que cest faux et que les transporteurs devraient être tenus doffrir à leurs nouveaux employés une formation suffisante pour quils puissent faire le travail efficacement et en toute sûreté.
Nous avons entendu dire que lassociation américaine du camionnage prônait ladoption dun permis de conduire commercial national pour améliorer la sécurité des camions. Une banque de données centrale sur les conducteurs (par exemple sur les infractions au code de la route) permettrait de se renseigner sur un conducteur quel que soit son lieu de travail. Le permis national ferait partie intégrante du dossier du conducteur. (8:104)
Le Sous-comité entend poursuivre ces échanges avec les sociétés de camionnage et avec leurs diverses associations en vue de recommander un régime obligatoire et acceptable de formation et dattribution de permis pour tous les conducteurs.
D. Transport de matières dangereuses
Le Sous-comité na pas traité de cette question en profondeur. Les témoignages que nous avons entendus provenaient de deux grands groupes industriels, et les autres témoins ont abordé cette question indirectement.
Le Sous-comité a été particulièrement impressionné par les exposés faits à Edmonton par lAssociation canadienne des fabricants de produits chimiques et lAssociation canadienne du gaz propane. Le mémoire de lAssociation canadienne des fabricants de produits chimiques en décrit le Programme de gestion responsable, qui insiste sur une sécurité et une prudence extrêmes dans le transport de matières dangereuses. Les participants au programme, 70 compagnies représentant 90 p. 100 de la production chimique canadienne, simposent des règlements plus stricts que ceux de Transports Canada.
Par ailleurs, comme il sagit dun programme émanant de lindustrie, son efficacité nest pas compromise par le manque de ressources financières du gouvernement.
LAssociation canadienne du gaz propane a décrit au Sous-comité la nouvelle organisation dintervention durgence établie pour intervenir lors daccidents de transport mettant en cause des gaz de pétrole liquéfiés. Là encore, ce programme dépasse les exigences de Transports Canada sur le transport des marchandises dangereuses. Après avoir établi un réseau canadien dintervention durgence, cette organisation est en train délaborer des programmes intégrés mettant laccent sur la prévention des accidents.
Le Sous-comité va discuter plus à fond avec ces deux organisations de la mise en oeuvre de leur programme dintervention durgence.
Parmi les autres témoins qui ont traité de la question, mentionnons le directeur de port de la Société du Port de Saint John qui a fait valoir quil faut intégrer davantage, avec les autres organismes concernés, le transport routier et ferroviaire des matières dangereuses une fois quelles ont quitté le port. Dans un mémoire, lAlberta Transportation and Utilities Commission insiste pour que lon sintéresse davantage à la prévention des problèmes dans le transport des marchandises dangereuses quaux mécanismes dintervention après les accidents.
Le Sous-comité traitera en détail de cette question dans lavenir. Nous nous intéresserons en particulier au transport de matières dangereuses par larmée, car les témoins que nous avons entendus jusquà maintenant nont pas pu nous renseigner à ce sujet.
E. Application des lois et adoption dun code national de sécurité
Plusieurs questions doivent figurer sous cette rubrique. Y a-t-il lieu de modifier les heures de travail et les périodes de repos des conducteurs de camions qui font de longs trajets? On effectue actuellement des études sur les effets du manque de sommeil et de lirrégularité des heures de travail sur la vigilance des conducteurs et ce, pour tous les moyens de transport.
Devant le Sous-comité, les représentants de lAssociation canadienne du camionnage ont parlé des heures de travail et de repos. Daprès les études réalisées jusquà présent, il semble que lirrégularité des heures de travail est une cause importante du manque de vigilance. Les études montrent en outre que les conducteurs présentent plus de signes de fatigue durant la période entre minuit et laube quà nimporte quel autre moment de la journée. Comme lont dit les représentants du Groupe Irving, « la réglementation actuelle des heures de travail est sans doute dépassée et manque defficacité. Les autorités canadiennes et américaines continuent de mener de vastes études qui semblent aboutir à la conclusion quil faudrait sy prendre autrement pour remédier à la fatigue des conducteurs. » (8:104)
Nous estimons que, dici la fin des les études de la question, on devrait faire confiance au bon sens, comme le recommande Project Alert: Straight talk on Fatigue and Alertness, document que nous a remis lAssociation canadienne du camionnage.
On peut faire beaucoup pour améliorer la vigilance des conducteurs en sinspirant du gros bon sens, par exemple en considérant comment lhorloge biologique influe sur notre rendement, en dormant suffisamment et bien, en apprenant à reconnaître les signes de grande fatigue et en intervenant lorsquils apparaissent.
Nous avons hâte de connaître les résultats des études sur la fatigue et nous aborderons cette question plus en profondeur lors daudiences futures.
Une autre question pourrait faire lobjet dune étude par les responsables de la réglementation à Transports Canada : le rechapage des pneus de camion. Lors des audiences à Montréal, nous avons entendu des représentants de lAssociation canadienne de lindustrie du caoutchouc et M. Harvey Brodsky, le directeur général du Tire Retread Information Bureau. Après audition de ces deux témoins, le Sous-comité est convaincu que la fabrication de pneus neufs est bien réglementée et que le recours à des pneus rechapés est une pratique nécessaire, sûre et économique de lindustrie du camionnage.
Comme la expliqué le représentant de lAssociation de lindustrie du caoutchouc, le plus gros problème avec nimporte quel pneu, quil soit neuf ou rechapé, cest sa pression. Si elle est insuffisante, le pneu va prendre une cambrure excessive, ce qui entraîne une accumulation de chaleur ou abîme les plis des flancs, au point où le pneu peut être gravement endommagé ou même se désintégrer. (7:75)
Cest peut-être la principale cause de léclatement des pneus, mais le Sous-comité demeure préoccupé par labsence de réglementation sur le rechapage des pneus. LAssociation ajoute :
Il nexiste aucune norme pour les pneus rechapés Tout dépend de la façon dont le pneu neuf a été utilisé. Il a peut-être été utilisé par quelquun de très soigneux qui la bien entretenu, et lenveloppe est peut-être encore en bon état. Un autre pneu a peut-être été mal utilisé, et celui qui fait le rechapage doit bien examiner lenveloppe. Beaucoup le font au moyen de rayons X, mais cela doit être fait très soigneusement pour sassurer que lenveloppe peut être rechapée. (7:83)
Trois questions concernant la loi actuelle sont liées : les écarts dans lapplication des lois régissant le camionnage, le fait que ces lois diffèrent selon les provinces, et le fait que le Code national de sécurité na pas force de loi. Le groupe Irving a signalé les problèmes qui découlent des écarts dans lapplication de la loi. Il nous a dit que, dabord, les lois manquaient duniformité dune province à lautre, et quensuite, il y avait aussi un manque duniformité dans leur application.
Lorsque lapplication des normes de sécurité nest pas uniforme, lexploitant qui respecte ces normes est défavorisé par rapport à celui qui en fait fi. Ainsi, le conducteur soucieux de la sécurité qui remplit dûment son carnet de route peut effectuer des trajets moins longs et gagner moins dargent que celui qui ne sen préoccupe pas. Cest la même situation pour les sociétés de transport qui les emploient lorsquelles annoncent leurs tarifs. La société qui assume des coûts additionnels pour garantir la sécurité de ses opérations a plus de mal à concurrencer celles qui ne font pas une grande place à la sécurité. Labsence duniformité dans lapplication de la loi tend à décourager lexploitant soucieux de sécurité de continuer de lêtre. Nous devons nous doter de mécanismes qui encouragent ladoption de mesures qui favorisent la sécurité. (8:105)
Le groupe Irving est davis quil faut punir toute infraction aux règlements, et reconnaître et récompenser ceux qui les respectent. Les transporteurs qui ont un bon dossier de sécurité et qui sont bien notés aux inspections et aux vérifications devraient être exemptés de certaines inspections routières. Ainsi, on récompenserait les compagnies qui respectent les règles de sécurité, tout en faisant porter le travail des inspecteurs sur transporteurs dont le dossier est peu reluisant.
Nous félicitons le groupe Irving pour ses suggestions. Nous espérons discuter de solutions comme celles quil propose avec Transports Canada et avec les ministres provinciaux des transports.
Nous comptons également suivre de près le travail que fait lOntario pour faire appliquer les règles de sécurité aux camions. Comme on la dit, des routes détachées des camions ont causé des blessures graves et même des décès en Ontario. Le gouvernement de la province a instauré des sanctions sévères pour les camions trouvés en infraction lors des inspections. Les propriétaires exploitants sont passibles damendes allant de 2 000 à 50 000 $.
En cas de non-paiement de lamende, le directeur de limmatriculation des véhicules automobiles suspendra le permis dexploitation du transporteur. Il sera intéressant de voir si ces mesures ont un effet dissuasif. Nous espérons que des représentants de lOntario viendront témoigner devant nous de lefficacité de ces mesures et des résultats de la multiplication des inspections routières des camions.
Tous les témoins qui ont abordé le transport routier devant nous estiment que le Canada devrait se doter dun Code national de sécurité ayant force de loi. Ce code prend actuellement la forme de normes élaborées conjointement par les provinces et le gouvernement fédéral, en consultation avec lindustrie. Ladoption dun code au national assurerait luniformité des normes dans tout le pays.
Cette proposition est appuyée par les trois conseils provinciaux de sécurité que nous avons entendus et par lAssociation canadienne du camionnage. Selon le représentant de la Commission des transports des provinces de lAtlantique :
La CTPA souscrit aux efforts déployés par lindustrie du camionnage et les autorités fédérales et provinciales en vue de la mise en oeuvre des diverses dispositions du Code national de sécurité. Il importe cependant de veiller à luniformité de la réglementation en matière de sécurité et de lapplication de ces règles. Luniformité est nécessaire à lobservation. Il faut aussi éviter que la réglementation ne devienne un obstacle au commerce interprovincial ou international. Les routes et le transport routier relèvent des autorités provinciales. Le gouvernement fédéral a néanmoins un rôle nécessaire de coordonnateur de lélaboration et de la mise en oeuvre des règlements de sécurité dans le but duniformiser lapplication et lobservation des règles. (8:15)
Nous comprenons le point de vue des tenants du Code national de sécurité. Cette mise en oeuvre exigera cependant la collaboration de tous les gouvernements provinciaux et du gouvernement fédéral, ce qui nous apparaît possible compte tenu de lobjectif visé, à savoir la sécurité de tous les Canadiens.
Au cours de notre mandat, nous nous efforcerons de rencontrer le plus possible de représentants provinciaux en vue dobtenir une entente sur lapplication du Code national de sécurité.
TABLEAU IV
Préparé en réponse au message télécopié du Sous-comité sénatorial de la sécurité des transports à Marc Fortin, directeur, données sur les incidents, analyse et rapports, AAEO |
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Mis à jour le 20 novembre 1998, ASF, Sécurité routière et réglementation automobile. |
||||||||||
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
||
Question 3. |
Collisions impliquant des véhicules à moteur |
|||||||||
Décès |
4246 |
3965 |
3691 |
3500 |
3614 |
3260 |
3347 |
3082 |
3064 |
|
Blessures |
284937 |
262604 |
249198 |
249821 |
247582 |
244975 |
241800 |
230885 |
221186 |
|
Question 4b. |
Victimes de collision impliquant des camions gros proteur |
|||||||||
Décès |
436 |
438 |
394 |
344 |
369 |
371 |
409 |
349 |
||
Collision impliquant un camion gros porteur |
21253 |
20738 |
18131 |
17748 |
18100 |
20627 |
20002 |
19233 |
||
Question 4a. |
Dimensions des véhicules commerciaux aux fins de statistiques sur les collisions |
Dans la base de données (TRAID) sur les accidents de la circulation, les véhicules commerciaux sont ceux qui sont assujettis au Code |
||||||||
national de sécurité régissant les transporteurs routiers. Le Code national de sécurité définit un véhicule commercial come étant |
||||||||||
a) un camion, un tracteur, une remorque, ou une combinaison de ceux-ci dont le poids dépasse le poids brut enregistré de 4 300 kg, ou |
||||||||||
b) un autobus conçu, construit et utilisé pour le transport de passagers et ayant une capacité de plus de 10 sièges incluant le |
||||||||||
chauffeur, mais en excluant son opération pour usage personnel. |
||||||||||
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
||
VÉHICULES COMMERCIAUX |
||||||||||
Total des décès dans des collisions |
||||||||||
impliquant un véhicule commerical |
767 |
728 |
662 |
587 |
670 |
639 |
605 |
556 |
||
Total des véhicules impliqués dans des |
||||||||||
collisions avec un véhicule commercial |
125922 |
116293 |
102276 |
100305 |
96711 |
104392 |
99016 |
96682 |
||
Collisions impliquant un véhicule commercial* |
63170 |
60447 |
53171 |
51975 |
50278 |
54093 |
51674 |
50193 |
||
Véhicules immatriculés |
||||||||||
Véhicules commerciaux** (en millier) |
3962 |
4000 |
3516 |
3461 |
3457 |
3520 |
3545 |
3704 |
3720 |
|
*Le nombre de collisions impliquant un véhicule commercial a été révisé de manière à compter chaque collision une fois. Si un camion et un autobus sont impliqués dans une collision, |
||||||||||
chaque type de véhicule compterait pour une collision. Toutefois, lorsqu'on compte le total de collisions impliquant tous les véhicules commerciaux, chaque collision serait comptée |
||||||||||
une fois seulement. |
||||||||||
**Comprend les camions, les camions gros porteur, les autobus, les autres véhicules (ambulances, camion d'incendie) et les camions léger et fourgonnettes portant une immatriculation |
||||||||||
commerciale. |
||||||||||
Source: Statistique Canada, no de cat. 53-219-XPB, Véhicules automobiles, immatriculations. |
||||||||||
LES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ TOUCHANT LE TRANSPORT AÉRIEN
À noter dentrée de jeu que le tableau 5 indiquait que le nombre daccidents aériens a diminué progressivement depuis 1988. Toutefois, plus que toute autre composante du secteur des transports, lindustrie du transport aérien a connu de grands bouleversements depuis 15 ans : déréglementation, ciels ouverts, cession des aéroports à des administrations locales, accroissement de la concurrence, augmentation du nombre de passagers et privatisation du système de navigation aérienne du Canada. Nimporte lequel de ces changements aurait pu compromettre la sécurité des équipages comme des passagers sil avait été mis en oeuvre à la hâte ou sans porter attention aux détails. Comme le Sous-comité, le Comité spécial a constaté que la question nécessitera une analyse détaillée lors de ses prochains travaux. En effet, cest le premier mode de transport que le Comité spécial examine. Toutefois, le Sous-comité a entendu bien des témoignages sur la sécurité du transport aérien, et il convient de faire rapport sur ce que nous avons entendu et sur les conclusions que nous avons tirées.
A. Les problèmes de sécurité touchant le transport aérien dans le Nord canadien
Le ministère des Transports des Territoires du Nord-Ouest a démontré pourquoi il était nécessaire doffrir des déplacements aériens sécuritaires dans le Nord. La majorité des collectivités nont pas accès au réseau routier et les déplacements aériens constituent donc leur seul moyen de transport durant toute lannée. Afin de garantir que ce mode de transport soit exploité de la manière la plus sécuritaire possible, ce ministère est davis quil faut absolument maintenir le système de navigation aérienne existant. On ne souhaite nullement délaisser le système CARS (station radio daéroport communautaire) pour les prévisions météorologiques et les autorisations de décoller au profit du système AWOS (système automatique dobservation météorologique) tant que ce dernier système ne sera pas en mesure de fournir la même information que le premier.
On a précisé au Sous-comité que toute mesure visant à changer le présent
système devrait être prise en consultation avec le ministère des Transports des Territoires du Nord-Ouest et les parties concernées.
La Northern Air Transport Association de même que les transporteurs aériens nordiques sont davis que Transports Canada devrait créer une région du nord afin de résoudre les problèmes uniques posés par les services aériens offerts dans le Yukon et les territoires du Nord-Ouest. On a aussi exprimé lopinion que les besoins du transport aérien dans le Nord sont réellement mal compris dans le sud du Canada. Les témoins estiment que les heures de vol dans le Nord nont pas à être les mêmes que dans le Canada méridional. De plus, la Loi sur le transport des marchandises dangereuses devrait être modifiée afin de tenir compte des besoins uniques tant des résidents du Nord canadien que de leurs transporteurs aériens.
Le Comité spécial devra déterminer sil faut établir des politiques sur la sécurité qui soient spécifiques à chaque région. Convient-il de procéder ainsi dans un pays aussi vaste et diversifié sur le plan géographique que le Canada, ou cette décision naccroîtrait-elle pas la confusion et nentraînerait-elle pas une détérioration de la sécurité des transports aériens par rapport à la situation qui prévaut actuellement avec une seule politique nationale? Cest la question à laquelle le Comité spécial tentera de répondre. Le Comité spécial est aussi au courant de létude permanente de Transports Canada sur les exploitants canadiens de taxis aériens. Les taxis aériens comprennent des hélicoptères ou des avions, mais non les appareils à réaction qui transportent neuf passagers ou moins, et font partie dun service de transport aérien commercial. Ils sont en service principalement dans le nord du Canada, et nous avons lintention dexaminer les résultats de cette étude sur la sécurité de leur fonctionnement lorsquelle sera terminée.
B. La navigation aérienne sur la côte ouest canadienne
Le British Colombia Aviation Council nous a fait part de manière énergique de ses préoccupations concernant le système dobservation météorologique utilisé sur la côte ouest de la Colombie-Britannique. Ses représentants croient que lintroduction des systèmes AWOS menacent la sécurité là où ils ont été mis en place et quil continuera den être ainsi. Ils estiment que le système AWOS peut être utilisé dans un certain nombre de secteurs, mais quil ne devrait pas constituer le principal système dobservation météorologique.
Il est important que les aviateurs soient en mesure de parler à des gens et non à des machines. La configuration unique de la côte ouest canadienne, son climat varié et changeant, de même que le très grand nombre de petits avions qui y circulent obligent les autorités à conserver un élément humain pour la collecte et la diffusion de linformation météorologique dans certains endroits. La question que le Comité spécial devra résoudre est de savoir comment assurer des prévisions météorologiques uniformes et fiables sur cette côte en tenant compte du désir du gouvernement de désaffecter autant de phares que possible.
C. La sécurité et la sûreté des aéroports
Au cours de nos audiences, nous avons pu faire une visite guidée de laéroport international de Vancouver en compagnie du directeur de la sécurité. Nous avons également entendu le témoignage de représentants de ladministration portuaire locale de Vancouver, de ladministration aéroportuaire locale de Calgary ainsi que du directeur de la politique et coordonnateur des aéroports de Montréal. Le Comité spécial a eu loccasion de visiter les installations de sécurité de laéroport de Dorval.
Les témoins semblaient satisfaits de la réduction du rôle joué par Transports Canada. En fait, ladministration aéroportuaire locale de Calgary est très enthousiasme à lidée de pouvoir gérer laéroport comme une entreprise commerciale. Les autorités aéroportuaires sont contentes de pouvoir sadapter aux exigences locales.
Les discussions avec ladministration aéroportuaire locale de Vancouver ont révélé un problème de sécurité unique dû à la présence doiseaux qui nichent près de laéroport.
La fréquence des collisions entre avions et oiseaux est y la plus élevée au Canada. Il sagit dune préoccupation constante pour les autorités aéroportuaires de Vancouver qui ont pris de nombreuses initiatives uniques afin de tenter de résoudre ce problème.
La question de laccès aux pistes de laéroport préoccupe le Sous-comité. À Vancouver, les employés de laéroport sont munis de laissez-passer à micropuce. Toutefois, si vous êtes détenteur dun laissez-passer, vous navez pas à faire lobjet dun filtrage lors de votre entrée dans les aires de sécurité. Tant à laéroport de Montréal quà celui de Vancouver, les préposés à lentretien des avions et à lembarquement des repas ont fait lobjet dune vérification de sécurité et portent des cartes didentification. Toutefois, aucune procédure systématique nest suivie pour sassurer que les aliments placés à bord des avions sont vérifiés afin de garantir que chaque mets emballé est entièrement sécuritaire.
Le fait quon ne procède pas à un filtrage quotidien des employés et la facilité avec laquelle les employés soccupant des repas et pouvant ne pas avoir fait lobjet dune vérification de sécurité peuvent avoir accès aux pistes préoccupe le Sous-comité. La question du filtrage des employés des aéroports de même que des passagers et de leurs bagages inquiète également le Conseil international des aéroports, à Washington, DC. On a signalé au Sous-comité quil était très difficile dembaucher et de garder en poste des préposés au filtrage compétents et travailleurs. Une solution serait peut-être de rehausser leurs postes afin que ceux-ci reflètent les responsabilités assumées. Chaque jour, la sécurité de millions de voyageurs dépend du travail de ces agents.
Leur statut et leur rémunération doivent en tenir compte.
Le Sous-comité a visité les installations de sécurité des aéroports de Schiphol, Heathrow et DeGaulle. À Schiphol, tous les bagages des passagers seront inspectés en lan 2003. On y met également au point des conteneurs qui résisteront à certaines explosions. Ici, les préposés à linspection des bagages sont bien rémunérés et sont soumis à une vérification de sécurité des services secrets.
À Heathrow, le gouvernement britannique émet des directives de sécurité et a ses propres enquêteurs. Laéroport travaille en étroite collaboration avec la police métropolitaine dont 350 agents sont affectés à laéroport. Les employés de laéroport sont soumis à une vérification de sécurité du ministère des Transports ainsi quà une vérification antiterrorisme. Les employés sont soumis à une vérification de sécurité complète lorsquils entrent dans une zone daccès limité de laéroport.
En ce qui a trait aux bagages, on a mis en place un système complexe qui inspecte dans le moindre détail 30 p. 100 des bagages des passagers. Puis, si des bagages semblent toujours suspects, ils sont mis de côté et ouverts en présence du passager qui en est propriétaire.
Heathrow possède son propre service dincendie et son propre bureau de prévention des incendies.
Laéroport Charles De Gaulle à Paris est divisé en zones de sécurité et les employés nont accès quà certaines zones. Cest la police locale qui, en dernier ressort, détermine qui peut travailler à laéroport. Quiconque a affaire à laéroport est soumis à une vérification de sécurité.
Charles De Gaulle se spécialise dans le transport des marchandises. On inspecte méticuleusement chaque colis avant son embarquement pour voir sil contient des explosifs.
On ne saurait trop insister sur la sécurité des aéroports aux États-Unis et en Europe à cause du risque élevé dattaque terroriste dans les grands aéroports de ces pays.
Au sortir de Dorval, le Comité spécial se propose de poursuivre son travail sur la sécurité des aéroports en visitant laéroport international Pearson et laéroport dHalifax afin dexaminer les mesures et les systèmes de sécurité qui y sont en place.
D. La privatisation des services de navigation aérienne
Lun des plus récents changements à survenir dans la gestion de la circulation aérienne au Canada a été la création de NAV CANADA. Il sagit dune société privée à but non lucratif qui est composée de représentants du gouvernement, des syndicats et de lindustrie. Cette société est responsable de lexploitation du système de navigation aérienne civile au Canada et est propriétaire des installations utilisées à cette fin.
Lors de leur exposé devant le Sous-comité, les représentants de NAV CANADA ont souligné quils étaient fermement résolus à garantir la sécurité des équipages et des passagers et à fournir la formation voulue au personnel. Bien quimpressionnés par ces déclarations, les sénateurs sinquiètent de lâge et de lefficacité du matériel que NAV CANADA a acquis et utilise actuellement
Lors de son séjour à Edmonton, le Sous-comité a eu loccasion de visiter le centre de contrôle de la circulation aérienne responsable de la majeure partie de lespace aérien situé au-dessus du centre et de louest du Canada.
Il est difficile de procéder à une évaluation réelle de ces installations au cours dune si brève visite, mais le Sous-comité a été impressionné par la technologie qui est utilisée. Les employés nont pas ménagé leurs efforts afin de nous expliquer les procédures complexes suivies pour diriger et suivre les aéronefs dans ce vaste territoire. On nous a aussi fait part des innovations informatiques mises au point par ce groupe et qui ont été communiquées à dautres centres de contrôle de la circulation aérienne.
Le Comité spécial continuera de suivre le travail de NAV CANADA afin de sassurer en particulier que les aéroports canadiens utilisent le matériel le plus moderne et le plus efficace qui soit pour garantir la sécurité dans les couloirs aériens au Canada.
E. La sécurité des hélicoptères
À Vancouver, le Sous-comité a entendu des témoignages concernant le caractère unique des zones côtières. Le relief montagneux de cette région du Canada et le grand nombre de lacs et de rivières quon y trouve obligent les gens à recourir à lhélicoptère pour avoir facilement accès à des endroits isolés où il ny a pas suffisamment de terrain plat pour aménager une piste datterrissage.
Cest durant le témoignage du British Columbia Aviation Council que la question de la sécurité des hélicoptères a été soulevée. Voici comment on a répondu à une question à ce sujet :
Il est possible quil y ait un peu plus daccidents dhélicoptère en Colombie-Britannique que daccidents daéronef à voilure fixe de la même taille en raison des conditions dans lesquelles ils volent. Cest un environnement très exigeant.
La plupart des accidents dhélicoptère ainsi que des accidents davion sont dus à une erreur humaine. Les conditions météorologiques peuvent avoir une incidence, mais si un avion heurte le flanc dune montagne, on ne peut pas blâmer les conditions météorologiques, mais bien le pilote qui a décidé de ne pas en tenir compte. Il sagit souvent dune erreur de jugement. On a essayé de régler ce problème ces dernières années en offrant des cours de formation intensive sur la façon dexercer son jugement aux nouveaux pilotes ainsi quaux pilotes dexpérience. (5:26)
Cela a incité le Sous-comité à examiner davantage les problèmes liés à la sécurité des hélicoptères. À Halifax, nous avons entendu le témoignage du gestionnaire de la sécurité des vols pour la plus grande compagnie dhélicoptères du Canada : CHC Helicopter Corporation. Le conseil dadministration de cette société, qui a son siège social à St. Johns, Terre-Neuve, est dirigé par M. Craig L. Dobbin, qui a été nommé en 1996 Personnalité de lannée dans le domaine des transports au Canada.
Ce gestionnaire de la CHC nous a garanti que « la sécurité constituait leur première préoccupation dans tout ce quils faisaient ». Lors dune discussion franche quil a eue avec le Sous-comité, il a fourni des explications concernant les erreurs de pilotage qui surviennent dans le transport par hélicoptère. Il a parlé de « pertes subites de jugement », principalement observées chez des pilotes expérimentés qui tentent de plaire à un client ou de se sortir dune situation risquée.
Afin de lutter contre ce problème, la société CHC Helicopter a lancé un programme de formation des pilotes dune durée de deux ans qui porte sur la prise de décisions. Les pilotes daéronef comptant plusieurs membres déquipage doivent suivre un cours sur la gestion de léquipage.
Ce cours nous a été décrit dans les termes suivants :
Un cours sur les relations humaines où nous souhaitons que nos pilotes soient ouverts à toute suggestion permettant de faire les choses dune manière plus sécuritaire et dutiliser toutes les ressources à bord de lappareil et dans le poste de pilotage pour prendre la bonne décision. (8:124)
Dautres mesures de sécurité ont également été expliquées :
Nous appliquons également un programme visant à informer davantage nos pilotes des accidents qui sont survenus, de leurs causes et de la façon des prévenir à lavenir.
Il nous faut informer le pilote quil a lappui de toute la direction, cest-à-dire du président-directeur général et du président du conseil dadministration jusquau gestionnaire local. (8:124).
De plus, en ce qui touche la sécurité, on nous a informés que la compagnie dhélicoptères conservait des dossiers informatisés sur la durée de vie de toutes les pièces de ses appareils.
On nous a également assurés que les règlements canadiens sur les vols par hélicoptère et les heures de vol effectuées par les pilotes sont parmi les plus sévères au monde.
Nous espérons pouvoir rencontrer dautres compagnies dhélicoptères de même quassurer un suivi de lefficacité des programmes de sécurité mis en place par CHC Helicopters.
F. La sécurité du transport aérien en général
Dans le cadre de la visite que le Sous-comité a effectuée à Montréal, nous avons eu loccasion de visiter limposant centre de réparation et dentretien dAir Canada situé à Dorval, au Québec. Ces installations comprennent des hangars où lon effectue les réparations et lentretien, des ateliers dusinage, des centres de réparation informatisés et tout léquipement nécessaire pour assurer la bonne marche de la flotte dAir Canada.
De plus, les agents de bord reçoivent à cet endroit des cours de formation et de perfectionnement au moyen de simulateurs.
Lentretien constitue une préoccupation constante, des avions étant amenés de façon régulière pour vérification et réparation. Toutes les réparations sont effectuées à linterne, ce qui simplifie la vérification de la qualité des travaux.
Les ordinateurs de bord sont réétalonnés à tous les six mois par les techniciens dAir Canada. Ces gens sont aussi formés par Air Canada. La compagnie dispose également de son propre atelier dusinage où des pièces de remplacement peuvent être fabriquées.
Après la visite, le Sous-comité a échangé avec les représentants dAir Canada responsables de la sécurité, de même que des réparations et de lentretien. On leur a demandé leffet que la déréglementation a sur la compagnie. On nous a affirmé que cet effet était négligeable. En fait, Air Canada dépasse les exigences de Transports Canada, les travaux dentretien et de réparation étant effectués à un rythme permettant à la compagnie de faire voler ses appareils dune manière sécuritaire quels que soient les règlements de Transports Canada.
Air Canada est davis quelle a mis sur pied des systèmes qui lui permettent réellement de garantir la sécurité des appareils. Il faut toutefois continuer à vérifier ces systèmes afin de sassurer quils fonctionnent dune manière efficace.
Le Sous-comité a également entendu comme témoins les Lignes aériennes Canada 3000, une compagnie de transport internationale organisant des vols réguliers et des vols nolisés, ainsi que les Lignes aériennes Canadien. Selon Canada 3000, les compagnies aériennes ne souhaitent pas que Transports Canada perde sa capacité dexercer une surveillance, mais il nest pas nécessaire non plus que Transports Canada scrute à la loupe les sociétés aériennes 24 heures par jour.
Canada 3000 est daccord avec le Bureau de la sécurité des transports du Canada pour affirmer que les principaux problèmes de sécurité touchant les sociétés aériennes sont les suivants :
- lattitude de la direction des entreprises à légard de la sécurité
- la sensibilisation aux accidents avec impact sans perte de contrôle
- lautomatisation des cabines de pilotage
- les horaires de travail et de repos
Le témoin a également mentionné que les « passagers agressifs et turbulents », la réduction des services dintervention durgence ou de sauvetage et dextinction des incendies, de même que laccroissement du terrorisme dans le monde constituaient dautres problèmes de sécurité.
Les Lignes aériennes Canadien ont fait part au Sous-comité de leur engagement à légard de la sécurité indiquant que leurs techniques de formation étaient axées sur la collaboration de tous les membres déquipage pour assurer la sécurité en vol.
Le Sous-comité a également eu la chance de recevoir un mémoire de lAssociation du transport aérien du Canada. LATAC est une organisation nationale fournissant des services à lindustrie canadienne du transport aérien commercial. Ses membres sont actuellement responsables de plus de 95 p. 100 de tous les revenus générés au Canada dans le domaine du transport aérien commercial.
LATAC a souligné que les systèmes aériens ont atteint un tel niveau de développement que « très peu daccidents surviennent maintenant à la suite dune panne dun appareil, comparativement aux premières années de laviation, après la Seconde Guerre mondiale ».
Par conséquent, lATAC a signalé que de nos jours, « les accidents sont plus souvent attribuables à un facteur humain quà un mauvais fonctionnement des appareils ». LAssociation est davis que la formation des pilotes et des membres déquipage devrait être axée sur les communications, la résolution de problèmes, le règlement des conflits et la prise de décisions. Il est pratiquement acquis que les équipages reçoivent une formation technique suffisante et ce nouveau type de formation devrait donc contribuer à créer un esprit déquipe, permettre un partage des tâches et susciter une réaction appropriée dans les situations de crise.
LATAC a aussi signalé au Sous-comité que les nouveaux règlements canadiens sur laviation réduiront le nombre maximal dheures de vol et dheures de service par mois. Ils augmenteront également le nombre de périodes de repos et la durée de celles-ci. Les pilotes sont maintenant limités à un nombre maximal dheures de vol par semaine et les employeurs sont tenus de leur attribuer de nouvelles périodes de repos sur une base hebdomadaire ou bihebdomadaire. LATAC est daccord avec ces nouveaux règlements.
De plus, ces règlements exigent également que les sociétés aériennes créent des centres de régulation des vols. LATAC est daccord avec cette exigence parce quelle permet de libérer les pilotes dun certain nombre de tâches routinières concernant la planification et la surveillance des vols durant ces derniers.
Autre initiative nouvelle importante, il faut dorénavant que chaque compagnie aérienne établisse un comité de la sécurité des vols de même quun plan dintervention durgence. En ce qui touche Transports Canada, lATAC préférerait une centralisation du contrôle plutôt que cinq zones distinctes.
Le Sous-comité est conscient que la position de lATAC sur les heures de travail et la centralisation du contrôle va à lencontre des points de vue exprimés par les transporteurs aériens du Nord canadien. Nous avons lintention de non seulement réfléchir à ces opinions contradictoires, mais également de chercher des solutions durant la prochaine phase de nos travaux.
Pendant son séjour à Washington, D.C., le Sous-comité a participé à une séance dinformation sur le rapport de la « Commission Gore » sur la sécurité de laviation. Cette commission est venue à la conclusion quil faudrait avant tout sefforcer de prendre des mesures afin quil y ait cinq fois moins daccidents dici une décennie. Pour y parvenir, il faut restructurer les programmes de réglementation et daccréditation de lagence fédérale responsable de laviation, la FAA. Ainsi, cette agence devrait soccuper daccréditer les compagnies qui embauchent des agents de sûreté dans les aéroports. Il faudra également resserrer les processus daccréditation pour les nouvelles sociétés aériennes.
Pendant que nous étions à Washington, nous avons également appris que les petits avions sont maintenant équipés de parachutes. Compte tenu du grand nombre de ces petits appareils qui volent à basse altitude au-dessus des côtes et dans le nord du pays, il ne serait que logique dexiger quils soient munis de parachutes, ce qui préviendrait les atterrissages en catastrophe. Il sagit là dune question que le Sous-comité examinera avec les fabricants davions durant ses prochains travaux.
À Londres, le Sous-comité a entendu des représentants de la British Airways qui lui ont fait part de leurs objectifs en matière de sécurité :
- Favoriser une culture de transparence, rapports détaillés, dispositions punitives. Évaluer les risques dincidents et trouver les ressources financières en conséquence
- Mettre au point un logiciel de gestion de la sécurité
- Utiliser les enregistrements des boîtes noires pour maintenir un suivi quotidien de la sécurité.
British Airways a aussi procédé à une simulation sur ordinateur dun incident réel. Il est possible de retracer des incidents, voire des accidents, sur un disque dordinateur, puis de les visionner sur écran. On peut ensuite analyser les images portées à lécran, puis partager les résultats avec dautres transporteurs aériens.
Lors de la deuxième Conférence mondiale sur la sécurité des transports, tenue à Delft, on a insisté sur la nécessité des échanges de renseignements de sécurité, surtout en matière de transport aérien et de transport maritime. Par exemple, certains ont souligné que plus il y a dincidents et daccidents signalés et analysés, plus on alimente la base de données qui servira à déterminer les causes et à mettre au point des plans de prévention. On a proposé que lOACI soit chargée de recueillir auprès des États membres des données sur les accidents et les incidents, puis de les traiter. Elle pourrait ensuite transmettre les résultats aux pilotes, aux contrôleurs aériens, aux lignes aériennes et aux fabricants.
Le Comité spécial espère discuter de ces propositions en matière de sécurité avec lOACI, les transporteurs aériens canadiens et Transports Canada, afin de déterminer comment le Canada et les lignes aériennes qui font affaire au Canada pourraient participer à un tel projet.
LES PROBLÈMES DE SÉCURITÉ DE DEMAIN
Au Congrès mondial sur la sécurité des transports tenue à Delft, on a clairement démontré au Sous-comité que la sécurité, et en particulier la sécurité aérienne, était devenue un problème et une préoccupation à léchelle mondiale. Il ne suffit plus que les pays développés du monde se préoccupent de sécurité quà lintérieur de leurs frontières. En dautres mots, nous devrions nous assurer que les Canadiens voyagent de manière sécuritaire non seulement au Canada, mais également partout sur la planète.
Un rapport de la Commission européenne présenté au Parlement européen et au Conseil de lEurope traitait du problème des transporteurs hors-normes des pays du tiers-monde qui utilisent des aéroports européens. Il contenait les recommandations suivantes pour les pays-membres :
- Établir des mesures pour évaluer la sécurité des transporteurs individuels de même que la capacité de lÉtat denregistrement de faire en sorte que les normes internationales de sécurité soient respectées.
- Encourager lOACI à prendre une position plus ferme en matière de sécurité (ententes bilatérales contenant des dispositions sur la sécurité, droit de faire des vérifications des transporteurs étrangers). Cela pourrait se faire par des vérifications à laire de trafic aux aéroports européens.
- On pourrait établir des «certificats dexploitant aérien étranger».
- La simple évaluation des déficiences en matière de sécurité nest pas suffisante. Il faut également offrir de laide technique aux organismes étrangers.
On a également souligné à Delft que linterdiction des lignes aériennes des États dont les organismes de réglementation de laviation civile ne fonctionnent pas bien peut produire des résultats à court terme, mais néglige les causes et crée des problèmes économiques, politiques et sociaux. Il serait préférable de reconnaître que de nombreux pays ont besoin dune aide extérieure et quil faudrait en faire une responsabilité mondiale. Les organismes nationaux ne sont pas les seuls responsables de la sécurité aérienne il sagit dune responsabilité internationale.
Le Comité spécial a lintention de continuer à étudier cette facette mondiale du problème de la sécurité en rencontrant les organismes concernés afin de déterminer le rôle que le Canada peut jouer sur ce plan. Notre pays possède un dossier enviable sur le plan de la sécurité et nous croyons que la communauté internationale pourrait profiter de lexpertise de notre industrie des transports.
Pour que le Canada mette à profit lexpérience dautre pays le président et le vice-président du Comité spécial, ont fait une tournée dinformation en Nouvelle-Zélande et en Australie et ont été impressionnés par les mesures prises dans ces deux pays pour garantir la sécurité des transports. Le Comité spécial étudiera leur rapport qui est joint à lannexe I afin de déterminer les aspects de la sécurité des transports qui pourraient faire lobjet dune étude plus approfondie en collaboration avec ces pays.
Nous croyons également quil est important de regarder plus loin et de chercher à isoler les problèmes de sécurité qui se présenteront entre 2005 et 2015.
Peu de témoins ont parlé des problèmes de sécurité du XXIe siècle, mais nous avons eu la chance dentendre à Washington le témoignage de M. Charles Heuttner, directeur de la recherche sur la sécurité aérienne à la NASA. Il nous a parlé de la révolution technologique qui touche tous les modes de transport, mais en particulier le transport aérien. Il est davis que la sécurité des transports doit être le fruit dune collaboration de toutes les parties concernées dans un mode de transport donné et ne doit plus être la prérogative exclusive de la personne de plus haut rang ou de celle qui est aux commandes du moyen de transport.
Selon M. Heuttner, la sécurité doit être considérée comme une responsabilité partagée en raison des progrès de la technologie de linformation, des impératifs financiers et de la mondialisation. Ce sont là des facteurs qui influent à des degrés divers sur tous les moyens de transport. Citant laviation en exemple, il nous a expliqué que la nouvelle philosophie de la sécurité mettrait en rapport pour la première fois toutes sortes dintervenants de ce secteur. Le processus décisionnel sera dorénavant assumé par les diverses personnes qui seront touchées par les conséquences des décisions. Il sera moins centralisé. Les systèmes de gestion de vol assurent pratiquement à eux seuls le pilotage des avions, si bien que le rôle du pilote revêt un caractère plus stratégique, tandis que les contrôleurs aériens deviennent des gestionnaires de systèmes et des surveillants.
Il faut espérer que cette nouvelle répartition des responsabilités permettra de déceler les problèmes avant quils ne causent des accidents.
Lintégration de ces technologies modernes exigera dimportants investissements et lappui du gouvernement, de lindustrie et du public. Cette transition à de nouveaux systèmes de gestion du trafic aérien et cette modernisation des appareils pour les adapter aux techniques numériques vont entraîner des coûts.
M. Heuttner a expliqué ces changements au plan de la sécurité dans le contexte de laviation, mais il a précisé quils allaient toucher aussi le camionnage, le transport maritime et le transport ferroviaire. Ils nécessiteront également la collaboration des fabricants, des gestionnaires du trafic, de même que des personnes chargées de la répartition, de lentretien et de lexploitation des gares.
Le Comité spécial compte se pencher sur lavenir de la sécurité des transports pendant la durée de son mandat. Il tournera maintenant son attention vers la sécurité aérienne et espère présenter un rapport détaillé à ce sujet au printemps 1999.
Respectueusement soumis,
Le président
J. MICHAEL FORRESTALL