L'AQUACULTURE DANS LES RÉGIONS CANADIENNES DE L'ATLANTIQUE ET DU PACIFIQUE
le Comité sénatorial permanent des pêches
Rapport intérimaire
Le président du Comité,: L'honorable Gerald J. Comeau
Le vice-président,: L'honorable Joan Cook
Juin 2001
MEMBRES
37e Législature - 1ère Session
LE COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES PÊCHES
Président: L'honorable Gerald J. Comeau
Vice-président: L'honorable Joan Cook
et
Les honorables sénateurs:
Adams
Callbeck
Carney, c.p..
*Carstairs, c.p. (ou Robichaud, c.p.)
Chalifoux
*Lynch-Staunton (ou Kinsella)
Mahovlich
Meighen
Moore
Robertson
Watt
Les sénateurs suivants ont aussi participé aux travaux du Comité lors de son étude: Les honorables sénateurs Corbin, DeBané, Forrestall, Graham, Hubley, Johnson, Kenny, et Milne.
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36e Législature - 2e Session
Président: L'honorable Gerald J. Comeau
Vice-président: L'honorable Fernand Robichaud, c.p.
et
L'honorable sénateurs:
Adams
*Boudreau, c.p. (ou Hays)
Carney, c.p.
Cook
Johnson
*Lynch-Staunton (ou Kinsella)
Mahovlich
Meighen
Perrault, c.p.
Perry
Robertson
Watt
*Membres d'office
Les sénateurs suivants ont aussi participé aux travaux du Comité lors de son étude: Les honorables sénateurs Furey et Squires.
ORDRE DU RENVOI
37e Législature 1ère Session
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 13 mars 2001 :
Lhonorable sénateur Comeau propose, appuyé par lhonorable sénateur Di Nino,
Que le Comité sénatorial permanent des pêches soit autorisé à étudier, afin de présenter un rapport sur des questions relatives à lindustrie des pêches;
Que les mémoires reçus et les témoignages entendus sur la question dans la deuxième session de la trente-sixième législature soient déférés au Comité;
Que le Comité fasse son rapport final au plus tard le 31 mars 2002; et
Que le Comité soit autorisé, nonobstant les pratiques habituelles, à déposer des rapports auprès du Greffier du Sénat si le Sénat ne siège pas, et que ledit rapport soit réputé avoir été déposé au Sénat.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat
Paul C. Bélisle
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36e Législature - 2e Session
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 7 décembre 1999 :
Lhonorable sénateur Comeau propose, appuyé par lhonorable sénateur Lynch-Staunton,
Que le Comité sénatorial permanent des pêches soit autorisé à étudier, afin de présenter un rapport sur des questions relatives à lindustrie des pêches;
Que le Comité fasse rapport au plus tard le 12 décembre 2000; et
Que le Comité soit autorisé, nonobstant les pratiques habituelles, à déposer son rapport auprès du Greffier du Sénat si le Sénat ne siège pas, et que ledit rapport soit réputé avoir été déposé au Sénat.
Après débat,
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le Greffier du Sénat
Paul C. Bélisle
A. Appui du MPO à laquaculture
B. Emploi et développement économique
C. Choix des sites daquaculture
D. Préoccupations écologiques concernant la salmoniculture
E. Évasion de salmonidés délevage
F. Santé des poissons
G. Conchyliculture et mise en valeur
H. Science et recherche-développement
ANNEXES
CODE DE CONDUITE POUR UNE PÊCHE RESPONSABLE
DE LFAO, ARTICLE 9 DÉVELOPPEMENT DE LAQUACULTURE - ANNEXE I
TÉMOINS - 37e LÉGISLATURE
1ère SESSION - ANNEXE II
TÉMOINS - 36e LÉGISLATURE
2e SESSION - ANNEXE III
PIÈCES - 37e LÉGISLATURE
1ère SESSION - ANNEXE IV
PIÈCES - 36e LÉGISLATURE
2e SESSION - ANNEXE V
RENCONTRES ET VISITES - ANNEXE VI
Je veux féliciter ce Comité pour létude quil fait de laquaculture au Canada. Les problèmes que vous avez évoqués ici sont extrêmement importants, tant pour moi que pour mon ministère, et je vais faire tout mon possible pour les régler. Herb Dhaliwal, ministre des Pêches et des Océans, Délibérations, 4 avril 2000
Je pense que votre comité pourrait rendre service aux Canadiens sil attirait lattention du ministère pour lui garder la main dans le feu, si vous me permettez cette expression un peu dure. Il faut sassurer que le travail qui est planifié est effectué, et que le ministère règle les problèmes qui préoccupent votre comité, le ministère et tous les intervenants Ronald C. Thompson, vérificateur général adjoint, Délibérations, 2 mai 2001
Nous avons également demandé une copie de lexamen législatif préparé par le bureau du Commissaire au développement de laquaculture du MPO. Nous croyons comprendre que ce rapport, auquel on a mis la dernière main lannée dernière, na jamais été publié. Cette situation est représentative du traitement réservé à linformation relative à cette industrie, au niveau fédéral et provincial. Janice Harvey, Directrice du programme de conservation marine, Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, Délibérations, 24 avril 2001
Dans son document, M. Bastien veut enlever tout son mordant à la Loi sur les pêches. Lynn Hunter, spécialiste des pêches et de laquaculture, Fondation David Suzuki, Délibérations, 9 mai 2001
Sil avait évalué la salmoniculture sur les deux côtes au 1er avril 2001, le vérificateur général, me semble-t-il, aurait constaté que le ministère a déployé des efforts considérables. Si certains problèmes demeurent en suspens, la plupart ont été résolus, et nous réalisons certains progrès importants. David Rideout, directeur exécutif de lAlliance de lindustrie canadienne de laquaculture, Délibérations, 1er mai 2001
Il y a de nombreuses raisons pour entreprendre une étude de laquaculture, et la moindre nest pas que les poissons et les mollusques délevage aboutissent dans nos assiettes. Dans le monde, le secteur de la pêche traverse actuellement une période de mutation historique, par laquelle laquaculture devient la source de plus en plus de poissons et fruits de mer consommés. Au Canada, on nous dit : que laquaculture est une activité rurale qui fournit des emplois précieux et de nombreuses retombées économiques aux localités côtières durement frappées par lépuisement des stocks de poisson sauvage; quelle joue un rôle de soutien à la pêche traditionnelle; quelle fournit des possibilités incontestables dans les secteurs connexes de la technologie et des services; enfin, que ses possibilités de développement sont remarquables. On dit également aux Canadiens que les contraintes imposées à lexpansion du secteur coûtent des emplois et que, par conséquent, le gouvernement devrait approuver et appuyer cette expansion.
Fidèle à son mandat et soucieux des coûts, le Comité a tenu une série de réunions dinformation non officielles sur les côtes de lAtlantique et du Pacifique en 2000 afin de familiariser ses membres avec les problèmes qui touchent les pêches et de connaître de première main les défis et les contraintes que connaît le secteur de laquaculture. Ces discussions non officielles ont réuni divers intervenants et des membres désignés du Comité constitués en groupes de travail. Les réunions se faisaient autour dune table; nous avons également visité des établissements daquaculture et de conchyliculture (élevages de mollusques), des usines de transformation et des laboratoires de recherche. Outre les présentations orales, des mémoires et des lettres nous ont été soumis. À ces délibérations se sont ajoutées des vidéoconférences et des audiences plus officielles à Ottawa, qui ont été enregistrées.
Au Canada, laquaculture compte pour environ le quart de la valeur des débarquements de poissons et de fruits de mer. À partir de nos visites sur le terrain, nous pouvons certainement confirmer quil y a de nombreux établissements aquacoles prospères sur les deux côtes. Avec une production commerciale importante qui remonte à seulement vingt ans, le secteur aquacole canadien est relativement nouveau, mais poursuit sa croissance et son évolution. Son allure et son niveau de développement varient beaucoup dune province à lautre, et les avis à son endroit sont plus tranchés dans certaines régions. Certaines localités font de laquaculture un moteur de développement économique, tandis que dautres ont des réserves à son égard. Diverses espèces sont élevées au Canada, mais le débat le plus vigoureux et parfois le plus acerbe concerne les
conséquences écologiques éventuelles de la salmoniculture, en particulier en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, qui produisent presque tout le saumon délevage au Canada.
En général, la réglementation de lindustrie na pas répondu aux attentes des conservationnistes et des groupes environnementaux, des pêcheurs commerciaux, des peuples autochtones, des intervenants des loisirs et du tourisme, des propriétaires riverains et des autres utilisateurs du littoral. Certains estiment que laquaculture et la pêche traditionnelle sont mutuellement exclusives. On a perçu, de la part des salmoniculteurs, un manque de volonté à fournir aux autres intervenants de linformation sur leurs activités, ce qui alimente un climat général de méfiance. Les partisans de laquaculture, pour leur part, considèrent que la réglementation est lourde, coûteuse et excessivement restrictive. Les salmoniculteurs en particulier mettent en garde contre les demi-vérités et les affirmations gratuites qui circulent au sujet de leur industrie. Ils jugent prioritaire de communiquer « le bon message » au public et aux médias, opinion que partagent les critiques de laquaculture.
Laquaculture canadienne est à un point marquant de son évolution. Un des défis posés au gouvernement à lheure actuelle et pour les années à venir consiste à réaliser le difficile équilibre entre diverses utilisations concurrentes du milieu marin, qui est de propriété commune. Pour le ministère des Pêches et des Océans (MPO), dont les motivations et les plans relatifs à laquaculture ont été souvent contestés devant le Comité, cela est plus facile à dire quà faire. Les avis sur laquaculture sont partagés, mais on sentend au moins sur des intérêts et des objectifs communs. Ainsi, les deux camps veulent éviter lévasion de poissons délevage et la transmission des maladies, et les deux désirent un environnement propre et davantage de recherches. Sur certaines questions au moins, les aquaculteurs, les environnementalistes, les conservationnistes et les pêcheurs sont des alliés potentiels. La tâche sera délaborer quelque chose de concret à partir des intérêts communs et de collaborer pour que laquaculture de demain soit écologique et rentable. Une participation significative de lÉtat sera également nécessaire pour corriger la double perception du secret de lindustrie et de la passivité du gouvernement.
Un résultat positif et immédiat est survenu à la réunion que nous avons tenue à St. Andrews (Nouveau-Brunswick) le 29 février 2000 avec des représentants de la Station de biologie du MPO, du Huntsman Marine Science Centre, de la Fédération du saumon de lAtlantique, du ministère des Pêches et de lAquaculture du Nouveau-Brunswick et de lAssociation des salmoniculteurs de la province. Avant la réunion, les représentants avaient passé beaucoup de temps à sentendre sur les questions scientifiques. Les cinq groupes se sont réunis à nouveau, ce qui a débouché sur un projet de recherche commun sur lécosystème de la baie de Fundy, dans laquelle sont situées la plupart des salmonicultures de la province. On nous a dit par la suite que cet esprit de collaboration naurait pas été possible sans limpulsion donnée par la visite du Comité. Il faudrait encourager des échanges de ce genre entre des groupes aux intérêts divergents afin de créer des relations plus coopératives. Nous espérons que cela se produira dans lavenir.
Il est clair que laquaculture promet de généreuses retombées à de nombreuses régions. Cela est particulièrement vrai en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve, où laquaculture est relativement nouvelle et où les nouveaux venus peuvent profiter des erreurs du passé. Cest également le cas pour la conchyliculture et lamélioration des stocks de mollusques, généralement considérées comme écologiques et offrant des possibilités tant aux petits entrepreneurs quaux pêcheurs.
Il est également clair quil existe des craintes écologiques légitimes, en particulier si la salmoniculture connaît une expansion. Le Comité en a pris davantage conscience au gré des témoignages. À cette étape-ci du développement du secteur, on peut dire avec justesse que les données scientifiques ne favorisent ni un camp ni lautre dans le débat environnemental. En fait, notre cueillette dinformation indique la nécessité de nouvelles recherches pour confirmer bon nombre des éléments présentés ici. Cela ne sera pas une mince affaire. En Colombie-Britannique, un examen Bureau dévaluation environnementale sur la salmoniculture a été publié en août 1997 : en 5 volumes et 1 800 pages, il conclut quau niveau de production de 1997, la salmoniculture britanno-colombienne pose peu de risques à lenvironnement. Cependant, il recommande plus études, et signale quil existe de graves lacunes dans les connaissances. Cet argument a été repris comme un leitmotiv par les critiques de laquaculture.
Durant notre étude, nous avons été témoins de développements, dannonces gouvernementales et de rapports sur lindustrie. Ainsi, en août 2000, le MPO a lancé le Programme de laquaculture durable (PAD) qui prévoit 75 millions de dollars en fonds nouveaux sur cinq ans. En février 2001, le vérificateur général du Canada a déposé le chapitre 30 de son rapport de décembre 2000. Le même mois, un groupe expert créé par le Comité des groupes experts de la Société royale du Canada, organe scientifique indépendant nommé par le fédéral, a déposé un rapport sur la réglementation de la biotechnologie alimentaire qui consacre un chapitre à laquaculture. À la première phase dune revue des lois et des règlements sur laquaculture, le Commissaire au développement de laquaculture a soumis 36 recommandations au ministre des Pêches et des Océans en juin 2000; son rapport, daté de mars 2001, a été rendu public à la fin davril. Entre-temps, le MPO a élaboré un plan daction et de mise en uvre détaillé, quil a également rendu public. En Colombie-Britannique, responsable de plus des deux tiers de notre production aquacole, le gouvernement provincial nouvellement élu pourrait bien décider de changer sa politique aquacole ou de lever le moratoire imposé en avril 1995 sur la délivrance de nouvelles concessions de salmoniculture. Au moment décrire ces lignes, le Nouveau-Brunswick était à revoir les demandes de nouveaux sites de grossissement du saumon.
À bien des égards, ce rapport est un aperçu qui vaut pour un moment précis. Même si laquaculture et la mise en valeur sont en expansion dans les provinces intérieures, nous avons limité notre étude aux provinces côtières, qui dominent la production canadienne. La nature complexe et dynamique de ce secteur, pour lequel la compétence est partagée entre les gouvernements, nous force également à nous concentrer sur les grands thèmes. Le secteur pourrait très bien juger que notre document est en grande partie spéculatif et dépassé à cause des améliorations considérables dans les techniques, les méthodes délevage et le choix des sites daquaculture. La réponse du MPO pourrait très bien être que ses programmes récents, comme le PAD, ainsi que les mesures prises par le Conseil canadien des ministres des Pêches et de lAquaculture répondent aux inquiétudes exprimées ici.
Nous reconnaissons le grand intérêt porté par ceux qui ont si généreusement mis leur temps à notre disposition pour participer à notre examen : aquaculteurs, conchyliculteurs, travailleurs aquacoles, groupes dintérêts, scientifiques, vétérinaires, public intéressé, fonctionnaires fédéraux et provinciaux et, bien sûr, le ministre des Pêches et des Océans qui a comparu devant le Comité à deux reprises. Certains sujets dépassent notre mandat et ne peuvent être abordés ici. La dissolution du Parlement en novembre 2000, au déclenchement des élections, a considérablement retardé notre travail.
Le Comité permanent des pêches et des océans de la Chambre des communes a entrepris une étude analogue à la nôtre sur laquaculture. Il nous tarde de lire son rapport.
En dernier lieu, je veux remercier lhonorable Ray Perrault, de la Colombie-Britannique, et lhonorable Melvin Perry, de lÎle-du Prince-Édouard, qui ont maintenant pris leur retraite et quitté le Sénat, de leur travail inlassable et de leur contribution inestimable à cette étude. Notre comité est aussi redevable à Claude Emery, attaché de recherche de la Bibliothèque du Parlement, dont nous avons apprécié la connaissance du secteur des pêches et les compétences en recherche, en analyse et en rédaction. Nous sommes aussi reconnaissants à notre greffière, Barbara Reynolds, de ses talents hors pair dorganisatrice, quelle a manifestés notamment en organisant nos réunions dinformation. Nous remercions aussi Anne Marleau, notre adjointe administrative, qui voit au classement efficace de nos nombreux documents.
Gerald J. Comeau
Président
A. Vue densemble internationale
Je crois que laquaculture entre à lheure actuelle dans une nouvelle phase de son évolution. Jai la certitude absolue que, quand nos descendants regarderont derrière, dans les années 2100 ou 3000, si nous avons la sagesse de survivre jusque là, ils considéreront les débuts du troisième millénaire comme le point où lhumanité est passée de la pêche à laquaculture. Yves Bastien, commissaire au développement de laquaculture, Allocution, Salon aquaculture Canada 1999, Victoria (C.-B.), 27 octobre 1999
Je crois que le Canada peut se positionner adéquatement. De cette façon, les industries canadiennes de laquaculture et de la pêche du poisson sauvage pourront tirer des avantages du positionnement du Canada à titre de pays venant au premier rang mondial dans les domaines de la gestion des océans, de linnocuité des aliments, de la qualité de lenvironnement, de la santé des animaux aquatiques et des services industriels généraux. David Rideout, directeur exécutif, Alliance canadienne de lindustrie de laquaculture, Délibérations, 1er mai 2001
Dans le monde entier presque partout dans le monde , les environnements côtiers sont gravement dégradés en raison de lactivité industrielle qui y est menée depuis plus de 200 ans La salmoniculture a été, pour un bon nombre denvironnements côtiers, la goutte deau qui a fait déborder le vase On a donc affaire à des parcs dengraissement de poissons denvergure industrielle. Janice Harvey, directrice, Programme de conservation marine, Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick, Délibérations, 24 avril 2001
Laquaculture, cest-à-dire lélevage ou la culture dorganismes aquatiques poissons, crustacés, mollusques et plantes aquatiques est une pratique établie dans plusieurs parties du monde. Elle remonte à des temps très anciens. Les Chinois, par exemple, raffinent depuis des milliers dannées leurs pratiques délevage du poisson. Tout comme lagriculture, laquaculture implique une certaine forme dintervention (p. ex. apport régulier de poissons, nourrissage, protection contre les prédateurs). Au contraire de la pêche traditionnelle, laquaculture implique la propriété du poisson qui est élevé. À léchelle mondiale, la production aquacole totale poissons, crustacés et mollusques dépassait 39,4 millions de tonnes en 1998. La contribution du Canada sétablissait à moins de 3 p. 100 du total. Laquaculture a connu une croissance phénoménale, favorisée par : laugmentation de la demande (croissance démographique et changement des habitudes alimentaires); lapprovisionnement continu en produits, la qualité constante et le contrôle de la production (taille, teneur en gras, etc.) assurés par lindustrie; les progrès scientifiques dans lalimentation, la lutte contre les maladies, les techniques délevage et la génétique; les progrès techniques des installations délevage; enfin, le déclin marqué des grandes pêcheries traditionnelles du monde. Les économistes spécialistes des ressources affirment que la plupart des grands stocks commerciaux sauvages sont soit épuisés soit surexploités, et que la croissance des pêches traditionnelles est chose du passé.
En plus dêtre la source dune part croissante de produits de la mer consommés dans le monde, laquaculture serait le secteur agroalimentaire qui connaît la croissance la plus rapide ce que le Comité avait prévu il y a plus de 10 ans, dans son rapport de 1987 sur la commercialisation du poisson(1). Depuis 10 ans, la production aurait cru au taux annuel moyen de 12 p. 100, atteignant 20 p. 100 dans certains secteurs. À léchelle mondiale, les aquaculteurs produisent plus du quart des poissons et fruits de mer consommés. Au cours des 10 à 15 prochaines années, lOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO) prévoit une croissance soutenue, et une production totale atteignant entre 35 et 40 millions de tonnes dici 2010, ou entre 35 à 40 p. 100 de la production totale en poids. Jusquà 40 p. 100 des revenus générés par les poissons et les fruits de mer dans le monde pourraient provenir de laquaculture. En Amérique du Nord seulement, la demande de poissons et de fruits de mer devrait augmenter de 40 p. 100 dici 2010.
Depuis ses débuts vers 1980, la salmoniculture a connu une croissance exponentielle. En 1997, pour la première fois, la production mondiale de saumon délevage, un peu plus de
900 000 tonnes, a dépassé les débarquements de saumon sauvage, qui étaient de 728 000 tonnes. Le saumon délevage vaut plus de 7 milliards de dollars, à peu près quatre fois la valeur des débarquements mondiaux de saumon sauvage. On sattend à ce que la salmoniculture croisse encore, en particulier en Norvège et au Chili, et que la production atteigne 1,9 millions de tonnes avant 2010. À léchelle mondiale, les autres tendances comprennent la diminution des coûts de production, la diversification des produits et la rationalisation du secteur, tendance entamée dans les années 90 et qui devrait exercer une pression à la baisse sur les prix et risque dévincer les petits producteurs.
Laquaculture est souvent présentée comme la prochaine étape dune évolution semblable à celle qui nous a menés de la chasse à lélevage pour assurer la partie carnée de notre alimentation. Daucuns sont davis que laquaculture continuera de constituer un supplément à la pêche classique, sans jamais la remplacer totalement, parce que les stocks de poisson sauvage, convenablement gérés, viennent à avoir des taux de reproduction élevés autorisant une pêche assez intensive.
Enfin, on sinquiète de plus en plus de limpact possible de laquaculture sur lenvironnement ou lécosystème marin, ce qui suscite la controverse. Ainsi, alors que laquaculture est considérée par certains comme une façon logique de réduire la pression de la pêche sur les stocks sauvages en péril ou en déclin et daider à nourrir une humanité affamée, cette opinion est contestée par ceux qui soutiennent que la consommation de poisson délevage, comme le saumon, aurait plutôt leffet contraire. Dune part, la salmoniculture dépend largement daliments granulés fabriqués à partir de poissons sauvages capturés au large de pays en voie de développement (anchois dAmérique du Sud, chinchard, sardine). Dautre part, les espèces délevage sont pour la plupart de denrées de luxe vendues dans les pays développés. Beaucoup de témoins ont abordé le dilemme de la farine de poisson, quils qualifient de problème moral et économique : ils ont affirmé quil faut 3 ou 4 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de
poissons carnivores délevage (comme le saumon). Autrement dit, on gaspille des protéines de poisson dans un monde qui manquerait de protéines.
Un témoin sest exprimé en ces termes :
La salmoniculture offre un rendement particulièrement médiocre lorsquil sagit de transformer des facteurs de production biologique en produits finis. Pour « produire » les aliments quexige la salmoniculture, lentreprise délevage a besoin de sappuyer sur une superficie marine 40 000 ou 50 000 fois plus grande que la surface de la pisciculture elle-même. Les piscicultures dEurope ont besoin de 90 p. 100 de la production de la mer du Nord pour rester en activité. À lheure actuelle, par conséquent, 90 p. 100 de la production primaire de la mer du Nord alimente les piscicultures, et cest dans ce sens que nous nous orientons. La réussite actuelle de notre industrie se fait au détriment de la pêche des pays de lAmérique du Sud, qui commencent cependant à nous écarter progressivement. Nous serons obligés de tirer ces ressources dautres eaux. John Volpe, Département de biologie, Centre pour la santé de lenvironnement, Université de Victoria, Délibérations, 9 mai 2001.
Daures cependant affirment que le taux de conversion alimentaire (indice de consommation) sest grandement amélioré ces dernières années; que les poissons capturés pour servir daliments, sous forme entière ou transformée, ne sont pas généralement consommés par lhomme et nont guère de valeur commerciale; que les aliments destinés à laquaculture représentent un petit pourcentage de la production totale de nourriture animale dérivée du poisson; que les poissons produisent plus de protéines que les animaux délevage terrestres(2). Au sujet des captures nécessaires pour nourrir les poissons délevage, on nous a rappelé que lécosystème est un réseau complexe et que le fait de sattaquer à une partie de lensemble peut déclencher une chaîne de conséquences dans tout le système.
Avec des taux de croissance annuelle entre 10 et 20 p. 100, laquaculture canadienne pourrait facilement atteindre des ventes de 2 milliards de dollars par an avant 2010. M. Herb Dhaliwal, ministre des Pêches et des Océans, Délibérations, 15 février 2000
Le Canada sera-t-il un leader mondial ou un joueur secondaire en aquaculture? Nous partons, il faut le dire, avec un handicap ironique : un solide secteur de la pêche et un approvisionnement encore abondant en ressources marines. Cest à nous de capitaliser sur limmense expertise du secteur des pêches et de participer avec lui en R-D, dans des partenariats industriels et des projets conjoints pour répondre aux besoins des deux secteurs. Yves Bastien, Commissaire au développement de laquaculture du MPO, Salon aquaculture Canada 1999, Victoria (C.-B.), 27 octobre 1999
[ I] l y a un monde entre les propos des salmoniculteurs et de leurs partisans au sein du gouvernement, et ce que disent les écologistes, les Premières nations et les scientifiques indépendants. Lynn Hunter, spécialistes des pêches et de laquaculture, Fondation David Suzuki, Délibérations, 9 mai 2001
Nous navions pas lintention dexaminer la situation dans tout le pays. Nous estimions impossible de le faire pour une chose qui paraissait aussi difficile que laquaculture, si bien que nous avons limité la portée de notre vérification à la côte Ouest et aux effets de laquaculture sur les stocks de saumon sauvage. Peut-être aurions-nous pu élargir notre investigation Ronald C. Thompson, vérificateur général adjoint, Affaires internationales, Délibérations, 2 mai 2001
Au Canada, laquaculture nest pas tout à fait nouvelle. Peu après 1880, le gouvernement fédéral administrait déjà un réseau décloseries destinées à des programmes densemencement des cours deau(3). De fait, les Canadiens sont reconnus dans le monde entier comme des pionniers dans lélevage du poisson. Cependant, il faut attendre la fin des années 70 pour que débute la production denvergure commerciale. Dès après 1980, laquaculture canadienne a connu une croissance très rapide et une rentabilité offrant des retombées économiques directes et indirectes à beaucoup de localités et de régions. Aujourdhui, laquaculture constitue une mosaïque dentreprises à intégration verticale, petites, moyennes et grandes, dâge et de taille variables selon les régions. Des exploitations existent dans les dix provinces et au Yukon. Les espèces sont des poissons (saumon, truite, truite de mer ou truite arc-en-ciel, omble chevalier,
tilapia, perche, doré jaune), des plantes (une variété dalgue) et des mollusques (huître, mye, pétoncle, moule). De nouvelles espèces (morue, loup de mer, aiglefin, flétan, plies, esturgeon, bar dAmérique, oreille de mer, oursin, concombre de mer, crevette, mye et pétoncle) sont au stade expérimental ou élevées sur une petite échelle.
Plusieurs facteurs ont contribué à lessor de laquaculture canadienne : augmentation générale de la demande de poissons et fruits de mer au pays et sur les marchés dexportation; déclin des stocks sauvages; limites atteintes par la pêche traditionnelle; amélioration des méthodes de production et du transport; proximité du marché américain. En aquaculture, dès que lanimal atteint la taille voulue, on le récolte, on le traite et on lexpédie sur le marché, souvent dans les heures qui suivent sa sortie de leau. Contrairement aux pêches traditionnelles, de nature cyclique, laquaculture assure aux marchés un approvisionnement stable et prévisible.
Avec une valeur totale de 429 millions de dollars en 1998, laquaculture représentait environ le quart de la valeur des poissons et des fruits de mer produits au Canada (tableaux 1 et 2). Environ 70 p. 100 de la production canadienne est exportée, principalement aux États-Unis et au Japon. Toutefois, les producteurs canadiens occupent une place relativement modeste à léchelle mondiale : leur production représente moins de 1 p. 100 du total mondial, en valeur. Même si les producteurs jugent que la réglementation est une entrave à leur croissance, laquaculture canadienne croît à un rythme remarquable. La production, qui a doublé depuis 1989, continuerait daugmenter à un taux annuel impressionnant denviron 15 p. 100; si les prévisions de production sont réalisées, les ventes dépasseront 1 500 millions de dollars dici 2005. On dit que laquaculture a un potentiel de croissance énorme en raison de nos 244 000 km de littoral demeurés essentiellement sauvages sur le Pacifique, locéan Arctique et lAtlantique, de nos eaux douces abondantes dans tout le pays, de la réputation de qualité de nos poissons et fruits de mer, et de notre infrastructure scientifique et technologique de niveau international.
Beaucoup espèrent que, par une injection de ressources, le Canada redeviendra un grand producteur mondial de poissons et de fruits de mer, après avoir vu sa position décliner depuis 1950 environ.
Tableau 1 Production de laquaculture canadienne, 1998
(en tonnes)
TN |
ÎPÉ |
NÉ |
NB |
Qc |
Ont |
Man |
Sask |
Alb |
CB |
CANADA |
||
Poissons |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Saumon |
401 |
- |
1 785 |
14 232 |
- |
- |
- |
- |
- |
42 200 |
58 618 |
(2) |
Truite |
48 |
- |
- |
550 |
835 |
3 580 |
14 |
875 |
- |
60 |
5 962 |
(2) |
Truite arc-en-ciel |
1 316 |
- |
1 038 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
2 354 |
(2) |
Autres (1) |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
402 |
(1) |
Total poissons (3) |
1 765 |
99 |
2 823 |
14 782 |
835 |
3 580 |
14 |
875 |
- |
42 260 |
67 435 |
|
Mollusques |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Mye |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
704 |
704 |
|
Huîtres |
- |
1 974 |
377 |
286 |
- |
- |
- |
- |
- |
5 500 |
8 137 |
|
Moules |
946 |
12 459 |
835 |
680 |
98 |
- |
- |
- |
- |
- |
15 018 |
(2) |
Pétoncles |
9 |
- |
21 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
40 |
70 |
(2) |
Autres |
7 |
- |
10 |
- |
30 |
- |
- |
- |
- |
- |
47 |
|
Total mollusques |
962 |
14 433 |
1 243 |
966 |
128 |
- |
- |
- |
- |
6 244 |
23 976 |
|
Total |
2 727 |
14 532 |
4 066 |
15 748 |
963 |
3 580 |
14 |
875 |
- |
48 504 |
91 411 |
|
- Inclut lomble, autres poissons et total des poissons pour lAlberta.
- Exclut les données confidentielles.
- Exclut « autres » pour les provinces.
Note : Certaines données sont confidentielles et ne figurent pas dans les tableaux; les sous-totaux sont donc plus élevés que la somme des données. La production et la valeur de laquaculture donnent les résultats des exploitations aquacoles et excluent les écloseries et les produits à valeur ajoutée. Les données sont recueillies auprès des ministères provinciaux responsables de laquaculture.
Source : Ministère des Pêches et des Océans, Services statistiques.
Tableau 2 Production de laquaculture canadienne, 1998
(en milliers de $)
|
TN |
ÎPÉ |
NÉ |
NB |
Qc |
Ont |
Man |
Sask |
Alb |
CB |
CANADA |
Moy. $/lb. |
|
Poisson |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Saumon |
2 925 |
- |
10 540 |
106 678 |
- |
- |
- |
- |
- |
228 900 |
349 043 |
(2) |
2,70 |
Truite |
197 |
- |
- |
6 100 |
3 340 |
14 200 |
62 |
3 859 |
- |
300 |
28 058 |
(2) |
2,13 |
Truite arc-en-ciel |
6 919 |
- |
6 095 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
13 014 |
(2) |
2,51 |
Autres (1) |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 862 |
(1) |
4,36 |
Total poissons (3) |
10 041 |
882 |
16 635 |
112 778 |
3 340 |
14 200 |
62 |
3 859 |
- |
229 200 |
394 859 |
|
|
Mollusques |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Myes |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
3 619 |
3 619 |
|
2,33 |
Huîtres |
- |
4 447 |
1 186 |
788 |
- |
- |
- |
- |
- |
4 900 |
11 321 |
|
0,63 |
Moules |
815 |
15 110 |
1 458 |
1 455 |
147 |
- |
- |
- |
- |
- |
18 985 |
(2) |
0,57 |
Pétoncles |
53 |
- |
135 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
300 |
488 |
(2) |
3,16 |
Autres |
32 |
- |
23 |
- |
180 |
- |
- |
- |
- |
- |
235 |
|
2,27 |
Total mollusques |
900 |
19 557 |
2 802 |
2 243 |
327 |
- |
- |
- |
- |
8 819 |
34 648 |
|
|
Total |
10 941 |
20 439 |
19 437 |
115 021 |
3 667 |
14 200 |
62 |
3 859 |
|
238 019 |
429 507 |
|
|
Voir les notes et la source qui suivent le tableau 1.
Au Canada, lélevage des poissons représente la plus grande part de la production aquacole : 74 p. 100 de la production en poids et 92 p. 100 en valeur en 1998-1999. Le reste de la production vient de la conchyliculture : les mollusques comptaient pour 24 000 tonnes et 34 millions de dollars. Les salmonidés(4) sont les espèces les plus populaires parce que les méthodes délevage et les marchés sont bien établis. Le saumon de lAtlantique (Salmo salar) sest imposé comme le premier choix des salmoniculteurs canadiens pour plusieurs raisons : croissance rapide, tolérance aux densités de population élevées, résistance à la maladie, taux élevé de transformation de la nourriture en chair. Environ 85 p. 100 de la production canadienne est constituée de saumon de lAtlantique, les autres espèces étant la truite arc-en-ciel et, sur la
côte Ouest, les saumons quinnat et coho. Quand la salmoniculture a débuté en Colombie-Britannique dans les années 70, on élevait presque exclusivement les saumons quinnat et coho, deux espèces du Pacifique. Par la suite, pour des raisons économiques, les salmoniculteurs sont presque tous passés au saumon de lAtlantique.
La majeure partie du saumon délevage canadien provient de Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick, provinces où laquaculture est bien établie et bien développée. Par ailleurs, les exploitations sont également très concentrées dans certaines localités de la côte du Pacifique et de la côte de lAtlantique. En Colombie-Britannique, la majorité des aquacultures sont situées dans les eaux de larchipel de Broughton, sur la partie continentale qui fait face à la côte nord-est de lîle de Vancouver. Dans lAtlantique, les plus grandes concentrations se trouvent dans la baie de Fundy, où la puissance de la marée fournit semble-t-il un environnement idéal pour lélevage. En Colombie-Britannique, doù proviennent les deux tiers de la production canadienne, les saumons délevage sont devenus la plus importante exportation agroalimentaire. Ce secteur présente également le plus haut taux de propriété étrangère : deux multinationales contrôlent plus de la moitié de la production provinciale. Au Nouveau-Brunswick, la propriété est moins concentrée, mais les liens sont étroits avec lÉtat du Maine, où les producteurs du Nouveau-Brunswick ont des intérêts.
La production de salmonidés est beaucoup plus modeste à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse, qui sont des nouveaux venus, relativement parlant, mais où la croissance été très rapide ces dernières années. On prévoit que laquaculture va se développer considérablement dans ces deux provinces. À Terre-Neuve, les poissons élevés sont surtout des truites arc-en-ciel et des saumons de lAtlantique. La conchyliculture y concerne essentiellement les moules, et le plan stratégique de la province vise également le grossissement de la morue. En Nouvelle-Écosse, les espèces de poisson élevées sont surtout des salmonidés, mais il y a également dautres espèces. Contrairement à ce qui se passe ailleurs, le secteur aquacole ne semble pas se concentrer dans une région particulière; les milieux délevage sont suffisamment abondants pour permettre lexpansion de laquaculture. En Nouvelle-Écosse, on a souvent exprimé devant nous le souhait que la province devienne un leader mondial dans lélevage des espèces de remplacement.
Le cycle de la salmoniculture commence par la récolte des ufs et de la laitance des géniteurs (qui se trouvent à l établissement daquaculture, dans la nature, ou sont importés) et sélectionnés pour leurs caractéristiques désirables et connues (rapidité de croissance, résistance à la maladie, coloration de la chair, etc.). Les ufs fertilisés sont incubés en eau douce dans une écloserie (surtout dans des bassins circulaires en fibre de verre) où la température, loxygénation de leau et les autres conditions sont contrôlées. Les poissons sont ordinairement inoculés, parfois individuellement, pour prévenir les maladies; une fois quils ont atteint une taille ou un stade de développement prédéterminé, on les transfère dans les parcs de grossissement. Ceux-ci, qui constituent lessentiel de la salmoniculture, consistent normalement en une série de grandes cages en filet suspendues, qui flottent en eau salée libre près de la côte. Autour du périmètre de la cage sont souvent disposés des filets destinés à empêcher les prédateurs dapprocher. Dans les salmonicultures, les poissons sont soumis à un régime alimentaire strict composé de nourriture granulée jusquà quils aient atteint la taille voulue. La couleur de la chair et la teneur en matières grasses sont conditionnées, nous a-t-on dit, par les types de nourriture et de colorant employés. La durée de la phase de grossissement en mer dépend de lespèce et du stock, de la taille des saumoneaux au départ, de la température de leau, des pratiques de nourrissage et dautres facteurs. Pour les salmonidés, cette phase dure de 12 à 16 mois. En termes simples, il sagit délever le saumon de qualité le plus gros possible dans le moins de temps possible et au moindre coût. Avec environ 6 p. 100 de la production mondiale du saumon délevage, le Canada est au quatrième rang derrière la Norvège, le Chili et la Grande-Bretagne.
La moule, lhuître et une variété de mye sont les principales espèces utilisées en conchyliculture; la demande de ces mollusques est très forte. Née dune série dexpériences locales, la conchyliculture est devenue une activité prospère en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve, au Québec, en Colombie-Britannique et à lÎle-du-Prince-Édouard. Sur les deux côtes, les exploitations sont surtout de petite ou moyenne taille, propriété de lexploitant. À Île-du-Prince-Édouard, plus grand producteur canadien de mollusques, cinq transformateurs assurent la majeure partie de la production et la moule bleue prédomine. Les conchyliculteurs canadiens ont surtout pour concurrents les producteurs américains des États suivants : le Washington, lOregon, les Carolines, la Floride, la Virginie. Dautres concurrents sont au Chili, en Nouvelle-Zélande et en Asie.
Lélevage des mollusques commence normalement par le prélèvement du matériel reproducteur, le naissain, dans la nature ou par son achat à une écloserie. Contrairement au cas des poissons, ce sont les marées et les mouvements de leau qui assurent lalimentation des mollusques, qui sont des organismes filtreurs. Ainsi, lélevage des mollusques dépend des facteurs suivants : capacité dassurer le développement du naissain là où leau contient suffisamment de nourriture; températures de leau et courants relativement stables et prévisibles; facteurs climatiques favorables comme le vent et le temps. Selon lespèce, le grossissement peut se faire par élevage à plat (sur le fond marin ou près du fond, cest-à-dire sur des structures construites sur le fond), ou en suspension (structures suspendues dans leau entre la surface et le fond). Ainsi, la larve du pétoncle peut être ramassée dans la nature à laide de sacs de filet remplis dune substance particulière. Elle est ensuite cultivée jusquà ce quil soit temps de la transférer à des sites appropriés au fond de locéan ou sur des lignes suspendues.
Le problème [de laquaculture] provient en partie du fait de la répartition de certaines compétences entre les gouvernements provinciaux et fédéral. Il faut envisager une certaine harmonisation. M. Herb Dhaliwal, ministre des Pêches et des Océans, Délibérations, 15 février 2000
Lindustrie nest pas sur un pied dégalité avec la pêche au saumon sauvage ni avec les exploitations agricoles conventionnelles : elle fait donc face à un désavantage concurrentiel. David Rideout, directeur exécutif, Alliance de lindustrie canadienne de laquaculture, Délibérations, 1er mai 2001
[C]ompte tenu de tous les événements que je viens de vous décrire lindustrie aquacole attend avec impatience que le geste suive enfin la parole. Yves Bastien, commissaire au développement de laquaculture du MPO, Délibérations, 22 février 2000
Le Québec reconnaît la nécessité de travailler conjointement avec le gouvernement fédéral à améliorer la cohérence et lharmonisation des lois et des règlements affectant le développement de laquaculture. Le Québec croit quil faut mener de telles discussions de façon bilatérale et non au sein dun groupe fédéral-provincial. Rémy Trudel, ministre de lAgriculture, des Pêches et de lAlimentation, document déposé en réaction aux recommandations du Groupe de travail sur laquaculture et à lannonce du programme de laquaculture durable, 17 août 2000
Il y a cinq ans, la personne qui voulait obtenir un permis en vue dexploiter un site devait sadresser à 22 ministères ou organismes fédéraux et provinciaux. Ce chiffre, aujourdhui, est réduit à 15. Jerry Ward, sous-ministre adjoint des Pêches et de lAquaculture, Terre-Neuve et Labrador, Délibérations, 4 octobre 2000
Des progrès remarquables ont été accomplis dans la collaboration avec le gouvernement fédéral dans les évaluations environnementales et lapprobation des permis. Peter Underwood, sous-ministre de lAgriculture et des Pêches, Nouvelle-Écosse, Délibérations, 15 mai 2001
Laquaculture est à la frontière entre la pêche et lélevage. Ce qui est particulier au Canada, cest quelle se trouve ici dans un contexte de compétence complexe et particulier. Contrairement aux pêches traditionnelles de propriété commune, la responsabilité de laquaculture est partagée entre les provinces et territoires, dune part, et le gouvernement fédéral, dautre part.
Même si la Loi constitutionnelle de 1867 ne mentionne pas spécifiquement laquaculture, linterprétation juridique des pouvoirs indique clairement que les provinces peuvent en régir beaucoup daspects. Le pouvoir provincial le plus important couvre la propriété et les droits civils. Le portée des règlements provinciaux inclut les domaines suivants : gestion et utilisation des terres publiques; délivrance des permis daquaculture; établissement de normes visant laquaculture et les aquaculteurs; mise en marché locale et protection des consommateurs; gestion des déchets; normes du travail et de lemploi. Certaines provinces ont légiféré sur laquaculture; les autorités régionales et municipales appliquent les règlements de zonage. À une exception(5), les provinces sont responsables de la planification de laquaculture, de la concession des sites, de la plupart des autorisations relatives aux sites, de la formation et du perfectionnement en aquaculture, de la collecte des données et de la promotion des produits, et de la gestion courante des opérations aquacoles.
Le Parlement du Canada détient des pouvoirs constitutionnels relatifs à laquaculture, comme celui de légiférer sur les propriétés publiques fédérales, les pêches côtières et intérieures, la navigation et le transport maritime, les Autochtones et les terres qui leur sont réservées. Ces pouvoirs sont interprétés de façon à permettre au Parlement dadopter des lois pour protéger lhabitat du poisson sauvage, contrôler le trafic maritime et la pollution dans les eaux canadiennes, et exiger lévaluation environnementale des projets qui ont un effet quelconque sur des questions de responsabilité fédérale.
Laquaculture nest pas définie comme une « pêche » dans la Loi sur les pêches, mais les dispositions qui visent lhabitat du poisson (article 35) et le déversement de substances nocives dans les eaux fréquentées par le poisson (article 36) sy appliquent. En vertu du Règlement (général) sur les pêches de la Loi sur les pêches, le MPO peut autoriser des activités comme le prélèvement de poissons sauvages pour lensemencement ou linsémination artificielle et la libération de poissons vivants dans lhabitat naturel. Le règlement sur la Gestion de la pêche du poisson contaminé de la même Loi donne au MPO le pouvoir de fermer une pêche où la contamination dépasse un niveau inacceptable de toxicité. Le Règlement (fédéral) sur la protection de la santé des poissons exige que tous les salmonidés vivants, y compris les ufs, expédiés au Canada de létranger ou dune province à lautre proviennent dinstallations certifiées comme exemptes de certaines maladies. La Loi sur linspection du poisson et son règlement régissent linnocuité et la qualité des poissons et des fruits de mer. La Loi sur la protection des eaux navigables une des plus vieilles lois fédérales protège le droit public à la navigation. La Loi canadienne sur lévaluation environnementale, la Loi relative aux aliments du bétail, la Loi sur la santé des animaux, la Loi sur les aliments et drogues, la Loi canadienne sur la protection de lenvironnement, la Loi sur les produits antiparasitaires et la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs interviennent elles aussi en aquaculture.
Il arrive aussi que les responsabilités soient partagées entre divers ministères de chaque ordre de gouvernement. Au niveau provincial, des règlements relèvent des ministères de la Santé, de lEnvironnement, des Pêches, des Terres et Forêts, de lAgriculture, du Transport, du Travail (en ce qui concerne la sécurité des travailleurs); à cela sajoutent toutes les règles et exigences locales visant des installations aquacoles particulières. En Colombie-Britannique, par exemple, plus de 14 ministères et organismes fédéraux, provinciaux et municipaux participent directement ou indirectement, nous a-t-on dit, à la réglementation et à la gestion de laquaculture. Les règlements et pratiques obligatoires de gestion peuvent couvrir des sujets très divers, de la sécurité des travailleurs dans les aquacultures, jusquà la spécification du matériel et des fournitures servant à la construction et à lexploitation des installations (recours à des matériaux biodégradables, composition des aliments du poisson, contrôle de la qualité de leau, recours aux antibiotiques, etc.).
Au fédéral, le MPO tient le rôle principal, mais 16 autres ministères et organismes ont des responsabilités en matière daquaculture(6). Le Comité a été avisé de la création dun comité interministériel sur laquaculture, présidé par le MPO, pour traiter les questions qui appellent la consultation et les échanges interministériels. On lui a rappelé également que, depuis 20 ans, le MPO avait participé à de nombreux examens et études confirmant le potentiel de laquaculture au Canada. Voici en résumé les grandes mesures prises par le fédéral en aquaculture :
- Dans les années 70 et 80, le MPO met sur pied un noyau scientifique qui contribue à lédification de laquaculture au Canada et dans certains autres pays.
- En 1983, le MPO et le Conseil des sciences du Canada parrainent la première Conférence nationale daquaculture.
- En 1984, le premier ministre fait du MPO lorgane fédéral responsable de laquaculture.
- En 1986, les premiers ministres provinciaux conviennent dun énoncé des buts et principes nationaux relatifs au développement de laquaculture.
- Entre 1986 et 1989, des protocoles dentente précisant le partage des responsabilités entre ordres de gouvernement sont négociés et signés avec six provinces et un territoire. Sont ensuite constitués des comités de mise en uvre des protocoles. Ces protocoles sont adaptés aux besoins propres de laquaculture dans chaque province ou territoire et servent à encadrer lindustrie au fil des ans.
- En 1988, le Comité permanent des pêches et des océans de la Chambre des communes (présidé par lactuel président du comité sénatorial) dépose une étude intitulée LAquaculture au Canada dans laquelle il recommande que le ministre fédéral des Pêches joue un rôle dynamique dans le développement de laquaculture au pays. Le Comité recommande de créer un service composé de cadres supérieurs et présidé par un sous-ministre adjoint qui servirait de point central de coordination des activités aquacoles, particulièrement celles qui appartiennent au secteur scientifique.
- En 1989, le Comité sénatorial permanent des pêches déposait une étude de la commercialisation des produits de la pêche dans lAtlantique (Rapport III sur les pêcheries de la côte Est). Au cours de ses délibérations, le comité avait été saisi dune suggestion voulant que le ministère des Pêches et des Océans crée une division dans son ministère qui traiterait spécifiquement de laquaculture et coordonnerait les efforts des autres ministères. Le Comité sénatorial a recommandé que le MPO crée un service composé de cadres supérieurs et présidé par un sous-ministre adjoint pour coordonner toutes les activités relatives à laquaculture. Dans sa réponse de novembre 1990, le ministre se dit défavorable à la proposition, déclarant quil est trop tôt pour envisager la nomination dun SMA à laquaculture et quun nouveau poste de directeur de laquaculture avait été approuvé dans le but de coordonner les activités ministérielles et gouvernementales.
- En 1990, le MPO lance une stratégie de développement de laquaculture.
- En 1992, le MPO nomme un directeur à la politique de laquaculture pour donner au développement aquacole un leadership au sein du Ministère et du gouvernement fédéral. Peu après, des comités directeurs ministériels et interministériels sur laquaculture sont mis sur pied, suivis du premier Forum de planification de laquaculture à Montréal.
- En 1994, le MPO commande un sondage national qui révèle létendue de lappui du public au développement de laquaculture.
- En 1995, le MPO annonce la Stratégie fédérale de développement de laquaculture (SFDA), plan directeur pour les mesures dappui au développement du secteur. La stratégie fait de laquaculture une utilisatrice légitime de leau et des terres et une priorité fédérale; elle confirme le rôle du MPO comme ministère responsable au niveau fédéral.
- En 1996, un groupe de travail du caucus libéral présidé par George Rideout et Herb Dhaliwal conclut, dans le rapport Aquaculture: Cultivating Potential, que le gouvernement fédéral est tenu de promouvoir laquaculture et de lui consacrer une aide active. Le groupe recommande de confier la responsabilité de laquaculture à une entité distincte dirigée par un sous-ministre ou léquivalent afin de lancer, de faire avancer et de coordonner toutes les mesures aquacoles fédérales.
- En 1997, le gouvernement libéral annonce son soutien à laquaculture. La plate-forme électorale du parti en 1997, Bâtir notre avenir ensemble : Préparer le Canada pour le XXIe siècle, mentionne un soutien accru du gouvernement fédéral et de ses organismes pour accélérer la croissance de laquaculture. Le document promet la nomination dun Commissaire au développement de laquaculture, relevant du ministre des Pêches et des Océans.
- En décembre 1998, M. Yves Bastien, premier Commissaire fédéral au développement de laquaculture, est nommé pour quatre ans. La création de ce poste découle directement de lengagement électoral de 1997.
- En avril 1999, le MPO crée une direction générale de la restructuration et de ladaptation de laquaculture afin de resserrer et de rapprocher les politiques et les programmes du Ministère de concert avec nouveau commissaire.
- En juin 1999, le Ministère tient deux tables rondes une avec les intervenants et lautre avec les provinces et territoires pour étudier la situation de laquaculture et déterminer si la stratégie fédérale de 1995 est toujours pertinente. Les tables rondes confirment que la SFDA est toujours la meilleure approche pour le fédéral, et les participants exhortent le gouvernement à la mettre en uvre sans retard.
- En août 1999, Herb Dhaliwal est nommé ministre des Pêches et des Océans. Il fait immédiatement du développement de laquaculture durable une priorité.
- En septembre 1999, à Québec, le ministre des Pêches et des Océans signe une entente de coopération multipartite avec ses homologues provinciaux et territoriaux afin de déterminer les priorités partagées. Les ministres appuient unanimement le but de faire du Canada un leader mondial de laquaculture durable.
- En octobre 1999, le gouvernement fédéral annonce son nouveau Programme de partenariat en aquaculture (PPA), qui vise à aider les aquaculteurs des diverses régions à constituer des partenariats et à collaborer à des projets denvergure nationale ou régionale. En avril 2000, le ministre des Pêches et le Commissaire au développement de laquaculture annoncent des fonds de 400 650 $ pour quatre projets dans le cadre du PPA.
- En avril 2000, le Conseil des ministres des Pêches de lAtlantique (CMPA) reconnaît limportance de laquaculture au Canada en ajoutant le mot aquaculture à son titre officiel.
La SFDA de 1995 vise surtout : laide au savoir (R-D, information et formation, etc.); une politique et des règlements favorables au développement du secteur; lamélioration des rapports entre le secteur et lÉtat. Nous avons appris que sa mise en uvre a été retardée dans les années qui ont suivi son annonce, à cause des compressions budgétaires fédérales(7).
Comme il a été mentionné, le gouvernement fédéral a depuis renouvelé son appui à laquaculture. Le MPO nous a fait savoir quil avait adopté une approche polyvalente de la croissance durable de laquaculture. Il sest employé à mettre en place un cadre politique revu pour orienter décisions opérationnelles. Sous légide du Conseil canadien des ministres des pêches et de laquaculture, un groupe de travail a été chargé de la coopération et du partage dinformation entre les gouvernements. On est à rédiger un code national de laquaculture écologique quon espère faire correspondre aux codes locaux déjà élaborés.
Le Ministère sest engagé à faire des investissements stratégiques pour promouvoir et appuyer la SFDA. La création dune nouvelle direction générale au sein du MPO a été présentée comme le premier pas dans cette direction. Le 8 août 2000, le Ministre a annoncé le Programme daquaculture durable, doté de 75 millions de dollars de fonds nouveaux sur cinq ans. Les fonds sont destinés à renforcer les liens entre les ordres de gouvernement, les milieux scientifiques et universitaires et lindustrie aquacole; ils visent à offrir à lÉtat et au secteur privé des occasions deffectuer de la R-D de pointe, à renforcer les mesures de protection de la santé humaine par un contrôle plus poussé de la qualité de leau en conchyliculture et à doter laquaculture dun cadre législatif et réglementaire.
Les fonds nouveaux se répartissent comme suit : 32,5 millions de dollars pour la science et la R-D (dont 20 millions pour le programme coopératif de R-D en aquaculture ou PCRDA); 20 millions pour un programme de santé humaine; 22,5 millions pour un cadre amélioré de gestion et de réglementation. Le Ministre a également annoncé la création dun Bureau de laquaculture durable (BAD) chargé de mettre en uvre les changements relatifs à laquaculture dans la loi et les règlements, de mettre à jour le cadre de la politique du MPO pour la prise de décisions opérationnelles, de collaborer avec les provinces à établir des mécanismes de collaboration et dharmonisation, et de surveiller les investissements stratégiques fédéraux pour promouvoir et appuyer la SFDA(8).
Dans la première phase de son Examen des lois et règlements applicables à laquaculture au Canada, le Commissaire au développement de laquaculture a présenté 36 recommandations au Ministre en juin 2000; elles ont été rendues publiques en avril 2001(9). Ces recommandations concernent surtout les politiques, dont beaucoup sont considérées comme temporaires jusquà ce que les lacunes juridiques fondamentales soient comblées. À lheure actuelle, le MPO examine les recommandations qui visent la santé des organismes aquatiques, les éradications de poissons ordonnées par le gouvernement et les indemnisations connexes dans le cadre dun programme national de santé des animaux aquatiques. La deuxième phase de lexamen doit préciser les grands principes de la politique aquacole, que le Commissaire juge préalables au renouvellement du régime législatif actuel.
Le plan stratégique du MPO pour laquaculture a deux objectifs : « accroître la confiance publique envers le développement aquacole environnementalement durable et renforcer la compétitivité globale de lindustrie ». Pour atteindre ces objectifs, le Ministère a élaboré un plan daction reposant sur quatre thèmes : un environnement sain, des poissons sains et des produits de qualité, lutilisation partagée de nos ressources aquatiques et une industrie compétitive. Le plan daction comprend lui-même cinq activités fondamentales : le Programme daquaculture durable; la création dun environnement favorable sur le plan de la politique; la préparation dune stratégie et dun programme nationaux sur la santé des animaux aquatiques; lharmonisation fédérale-provinciale accrue dans diverses activités aquacoles, reconnaissant les compétences partagées dans ce secteur; la création dun environnement réglementaire favorable.
Pour ce qui est de lenvironnement réglementaire, le Ministère a pris des mesures à court terme :
- clarification du processus dévaluation environnementale en aquaculture en vertu de la LCEE et rédaction dun guide national énonçant les besoins dinformation pour évaluer les effets environnementaux de laquaculture marine;
- élaboration dun guide national pour lapplication de larticle 35 de la Loi sur les pêches à laquaculture;
- préparation dun rapport sur lapplication de larticle 36 de la Loi sur les pêches à laquaculture(10);
- parachèvement dun code sur lintroduction et le transfert dorganismes aquatiques;
- rédaction de directives nationales sur lapplication des pouvoirs de gestion du poisson à laquaculture;
- rédaction de directives sur la conception et le marquage des lieux délevage dans le cadre de la Loi sur la protection des eaux navigables (LPEN);
- examen de la durée des approbations en vertu de la LPEN.
Le Rapport du comité est disponible en format PDF (Portable Document Format). Les documents électroniques conservent ainsi leur présentation d'origine -- texte, graphiques, photos et couleurs -- et ils peuvent être visualisés sur divers systèmes (DOS, UNIX, WINDOWS, MAC, etc. ).
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