LE SOUS-COMITÉ DES ANCIENS COMBATTANTS
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, le mercredi 8 mars 2023
Le Sous-comité des anciens combattants se réunit aujourd’hui, à 12 heures (HE), avec vidéoconférence, pour examiner, pour en faire rapport, les questions relatives aux Anciens Combattants, y compris les services et les prestations dispensés, les activités commémoratives et la poursuite de la mise en œuvre de la Loi sur le bien-être des vétérans
Le sénateur David Richards (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
Le président : Honorables sénateurs, soyez les bienvenus à cette réunion du Sous-comité sénatorial permanent des anciens combattants. Je m’appelle David Richards. Je suis un sénateur du Nouveau-Brunswick et je suis président du sous-comité. Je suis accompagné d’autres membres du sous-comité, à savoir la sénatrice Anderson, des Territoires du Nord-Ouest, le sénateur Boehm qui remplace la sénatrice Deacon de l’Ontario; et le sénateur Yussuff de l’Ontario.
Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude sur les traitements émergents pour les anciens combattants souffrant de traumatismes. Nous avons le plaisir d’accueillir Mme Andrea Lee, associée politique, de la Société canadienne de psychologie. Je vous remercie de vous être jointe à nous aujourd’hui. Dans un premier temps, nous vous inviterons à faire une déclaration préliminaire, qui sera suivie de questions de la part de nos membres.
Madame Lee, avant que vous ne commenciez, je demanderai aux participants présents dans la salle de ne pas parler trop près du microphone ou d’enlever leur oreillette lorsqu’ils prennent la parole. Vous éviterez ainsi tout retour de son qui pourrait avoir des répercussions négatives pour le personnel du comité dans la salle.
Madame Lee, vous pouvez commencer lorsque vous serez prête.
Andrea Lee, associée politique, Société canadienne de psychologie : Merci, monsieur le président et membres du comité, d’avoir invité la Société canadienne de psychologie, ou SCP, à témoigner devant vous aujourd’hui. Je suis Andrea Lee. Je suis associée aux politiques pour la Société canadienne de psychologie et je pratique en tant que psychologue en milieu clinique. Je suis ici aujourd’hui, accompagnée de Glenn Brimacombe, directeur des politiques et des affaires publiques de la SCP.
La SCP est l’association nationale qui se consacre à la pratique, à la science et à l’enseignement de la psychologie. Il y a environ 19 000 psychologues agréés au Canada. Dans le cadre de la discussion d’aujourd’hui sur les traitements émergents pour les anciens combattants des Forces armées canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada souffrant de traumatismes liés au stress opérationnel, nous comprenons que le sous-comité s’intéresse à l’utilisation de psychothérapies axées sur les drogues psychédéliques. Vos précédents experts et témoins ont donné un bon aperçu de l’état des connaissances scientifiques sur leur utilisation et ont formulé des recommandations appropriées sur la nécessité de poursuivre les recherches. Bien que des recherches soient en cours et qu’elles soient prometteuses, certaines mises en garde s’imposent. Comme c’est le cas pour tout traitement, il est important de disposer de données selon la population. Autrement dit, il faut savoir dans quelle mesure le traitement fonctionne avec les anciens combattants.
Une autre question tout aussi importante est de savoir si le traitement fonctionne avec tous les anciens combattants, ou seulement avec un sous-ensemble présentant des caractéristiques précises. Par exemple, les traitements psychédéliques sont souvent contre-indiqués, ou dangereux, si l’ancien combattant ou l’ancienne combattante souffre de psychose, d’un trouble dissociatif ou s’il ou elle présente un risque élevé de suicide.
Également, on ignore si les traitements axés sur les drogues psychédéliques fonctionnent pour tous les traumatismes ou seulement pour certains d’entre eux. Par exemple, traiter les traumatismes sexuels en milieu militaire de cette manière peut comporter des risques pour les patientes et patients et les prestataires de soins. Il faut garder à l’esprit que le traitement modifie la conscience dans un espace confiné, et que le traitement lui-même peut impliquer que l’ancienne combattante ou l’ancien combattant s’allonge ou soit touché. Ces caractéristiques du traitement peuvent être problématiques pour certaines personnes ayant subi un traumatisme sexuel en milieu militaire ou qui peuvent devenir plus anxieuses dans des espaces restreints ou en situation de perte de contrôle.
Si l’on veut que ces traitements fassent l’objet de plus de recherches et soient utilisés, ils doivent être assortis de protocoles bien établis, de mises en garde et d’exclusions bien étudiées le cas échéant, ainsi que de prestataires agréés bien formés à ces thérapies et à d’autres thérapies pour les traumatismes, qui comprennent bien la culture militaire.
Il est également très important de comprendre qu’il s’agit d’une thérapie axée sur les drogues psychédéliques, ce qui signifie que les drogues psychédéliques en elles-mêmes ne sont probablement pas le moteur du changement thérapeutique. Les drogues psychédéliques, et l’état qu’elles créent, aident la thérapie cognitive et comportementale à fonctionner. Les drogues psychédéliques ne sont pas une solution miracle et ne constituent pas non plus à elles seules un traitement du syndrome de stress post-traumatique, ou SSPT.
Il est tout aussi important de savoir qu’il n’existe pas de traitement universel pour chaque problème, trouble ou personne. Nous disposons déjà de traitements bien établis et fondés sur des données probantes pour les anciens combattants souffrant de traumatismes liés au stress opérationnel. Actuellement, la thérapie d’exposition prolongée, la thérapie de traitement cognitif, l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires et la thérapie d’exposition écrite ont une base de recherche établie et peuvent traiter efficacement les traumatismes.
La recherche commence également à montrer qu’un traitement intensif et quotidien utilisant sur une période comprimée la thérapie d’exposition prolongée ou de traitement cognitif peut améliorer l’efficacité de la thérapie. L’augmentation de l’intensité ou de la dose d’un traitement déjà établi peut être un facteur clé de la réussite des traitements dont l’efficacité est reconnue.
La thérapie de la reconsolidation est également une nouvelle approche. Comme pour la thérapie axée sur les drogues psychédéliques, on utilise une substance combinée à un traitement psychologique. Cette approche utilise un bêtabloquant pour diminuer l’intensité émotionnelle des souvenirs traumatisants tandis que la thérapie psychologique active les souvenirs traumatisants.
Il existe de nombreuses autres thérapies émergentes, notamment la thérapie cognitivo-comportementale de couple, qui intègre la famille dans le traitement des anciens combattants souffrant du SSPT. La thérapie de résolution accélérée permet au thérapeute de guider les clients pour qu’ils remplacent les images négatives qu’ils ont en tête et qui provoquent les symptômes du SSPT par des images positives qu’ils choisissent eux-mêmes. Ce ne sont là que quelques exemples.
La bonne nouvelle est qu’il existe toute une série d’interventions pour le traitement des traumatismes, chacune ayant sa propre base de données probantes. Pour choisir le traitement d’un patient, il faut tenir compte de plusieurs éléments. Premièrement, la recherche a-t-elle montré que ce traitement était efficace pour les personnes de cette population présentant ce type de trouble? Deuxièmement, le patient présente-t-il des caractéristiques qui pourraient faire de ce traitement un choix inefficace ou dangereux? Troisièmement, qu’est-ce qui est nécessaire pour que les bénéfices du traitement se maintiennent dans le temps?
Un prestataire de soins de santé agréé et formé doit utiliser sa compréhension de la littérature scientifique, ainsi que son jugement professionnel, pour décider si un traitement particulier convient à son patient. Afin de garantir les meilleures pratiques pour le traitement de la santé mentale, nous ne pouvons négliger l’importance de revoir à la hausse le financement de la recherche. Et si nous avons besoin de traitements fondés sur des données probantes, nous avons aussi besoin de prestataires de soins de santé mentale agréés pour les offrir. Il y a actuellement une pénurie de prestataires, notamment de psychologues, qui peuvent répondre aux besoins des anciens combattants. Idéalement, les prestataires de ce secteur doivent posséder une formation dans plus d’un type de traitement des traumatismes bien établi, afin de pouvoir adapter leur approche à chaque patient souffrant du SSPT. Ces prestataires doivent également comprendre la culture militaire et les besoins communs et uniques des personnes qui travaillent dans ce milieu.
Nous vous remercions de nous avoir donné l’occasion de nous exprimer aujourd’hui. Nous nous ferons un plaisir de répondre à vos questions.
Le président : Merci beaucoup pour vos remarques. Le sénateur Boisvenu, du Québec, nous a rejoints.
Le sénateur Boehm : Merci, madame Lee, pour votre présentation. Il y a beaucoup de points intéressants qui sont, bien sûr, également très spécifiques et quelque peu scientifiques, sur lesquels j’aimerais vous poser des questions.
Ma première question porte sur la capacité. L’année dernière, lorsque le gouvernement a introduit la Prestation dentaire canadienne, le Comité des finances nationales du Sénat — dont je fais partie — a entendu des experts dire que l’une des grandes préoccupations était qu’il n’y avait pas assez de professionnels dentaires au Canada pour faire face à l’afflux prévu de nouveaux patients. Vous voyez où je veux en venir.
Ce n’est un secret pour personne que la demande de services en santé mentale au Canada est supérieure à l’offre dans ce domaine. À votre avis, si la psychothérapie assistée par les psychédéliques était approuvée demain comme méthode de traitement pour les anciens combattants, le Canada dispose-t-il actuellement d’un nombre suffisant de professionnels de la santé mentale pour offrir ce traitement? Selon vous, combien de professionnels supplémentaires devraient suivre une formation spécifique, et quelle formation spécifique devraient-ils suivre pour qu’ils soient capables d’administrer ces psychédéliques?
Mme Lee : Oui, je suis entièrement d’accord. La réponse est tout simplement non, nous n’avons pas la capacité suffisante pour le moment. Pour ce qui est du nombre, je ne peux malheureusement pas donner de chiffre précis, mais nous avons besoin que plus de praticiens soient formés dans ce domaine. Il faut que ces praticiens exercent une profession de santé réglementée afin de garantir la protection du public. Une formation de base est nécessaire avant de pratiquer une thérapie assistée par les psychédéliques ou tout autre type de thérapie que j’ai mentionnée aujourd’hui. Il faut une formation de base, de l’expérience et des diplômes.
Je ne sais pas si j’ai répondu à tous les points soulevés. Ai-je oublié quelque chose?
Le sénateur Boehm : Non. Je suis conscient qu’il s’agit d’une question difficile, car il faut envisager les capacités à l’échelle du pays.
Sur le site Web de la clinique de santé Lee, vous indiquez que vous utilisez diverses formes de thérapie dans votre travail, telles que la thérapie axée sur les émotions, la thérapie axée sur les solutions, l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires, ainsi que la thérapie de traitement cognitif. Vous avez mentionné dans vos commentaires que chaque cas est différent, mais y a-t-il un domaine pour lequel vous avez l’impression d’obtenir de meilleurs résultats?
Puisque je parle de résultats optimaux, qu’en est-il des psychédéliques? De quels types s’agit-il? Il y a la psilocybine, la MDMA et d’autres. Y en a-t-il qui vous semblent prometteurs et utiles ou qui vous paraissent au contraire nocifs?
Mme Lee : Vous avez énuméré les types de thérapies pour lesquelles j’ai reçu une formation. Je peux en parler. Pour ce qui est des traumatismes en particulier, je dois bien sûr adapter la thérapie à chaque personne. Cependant, la thérapie neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires me semble très efficace. Cela dit, certains clients ne réagissent pas bien et j’essaie alors une autre modalité de traitement. Il faut donc savoir adapter le traitement et il est important d’avoir une formation sur les différentes modalités de traitement.
En ce qui concerne la thérapie assistée par les psychédéliques, d’après ce que j’ai compris de la littérature, c’est la MDMA qui est la plus prometteuse dans le cadre des essais de la troisième phase. Voilà ce qui semble se profiler pour ce que l’on pourrait envisager de mettre en œuvre en premier.
Au-delà de la prudence que j’ai préconisée concernant les recherches, la population étudiée et la possibilité de généraliser les résultats à l’ensemble des anciens combattants, nous devons être très attentifs à ce sujet. Bien entendu, il est important d’exclure les troubles dissociatifs, les psychoses et les risques élevés de suicide. Il est important de continuer à faire des recherches et à voir ce qui est efficace. Je pense que la psilocybine est particulièrement prometteuse pour la dépression, pas nécessairement pour le SSPT. Il est important de poursuivre les recherches dans ce domaine. Plus nous disposons d’informations, plus nous sommes en mesure d’offrir le bon traitement aux bons patients.
Le sénateur Boehm : Qu’en est-il du cannabis?
Mme Lee : En ce qui concerne le cannabis, pour être honnête, je ne connais pas très bien ces recherches. D’après ce que j’ai compris, dans les cliniques de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel et dans la population des anciens combattants, il s’agit d’un traitement d’appoint. Ils peuvent l’utiliser en cas de douleur, par exemple, mais les psychologues ne le préconisent absolument pas comme traitement de première intention pour les problèmes de santé mentale.
Le sénateur Boehm : Merci beaucoup.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : Je vais poursuivre dans la même veine que mon collègue.
On est, en quelque sorte, en train de chercher la quadrature du cercle dans le dossier du traitement des vétérans. Vous avez dit dans votre présentation qu’il y a suffisamment de thérapies, que ce soit les thérapies conventionnelles ou celles comportant des substances psychédéliques.
Vous affirmez qu’il y a suffisamment de modèles pour traiter l’ensemble des maux que subissent les vétérans à leur retour du champ de bataille.
Les processus thérapeutiques sur lesquels vous vous êtes prononcée doivent-ils absolument être supervisés par un médecin, ou des membres de corps inférieurs à un corps médical pourraient-ils traiter les vétérans?
Je pense aux 5 000 ou 6 000 vétérans qui sont maintenant des personnes itinérantes; si ces vétérans sont aujourd’hui des personnes itinérantes, c’est sans doute parce qu’ils n’ont pas eu de traitement pour les aider à reprendre une vie civile normale. Cette thérapie pourrait-elle être offerte par d’autres professionnels que des médecins? Parce que sinon, à ce moment-là, on limite vraiment le nombre d’intervenants qui peuvent traiter nos vétérans.
[Traduction]
Mme Lee : Oui, merci de votre question. Ces thérapies ne doivent pas nécessairement être administrées par un médecin ou un psychologue agréé, mais elles doivent l’être par un professionnel agréé, comme un psychothérapeute ou un travailleur social agréé. Ils peuvent être supervisés par un psychologue si cela est jugé approprié. Les capacités peuvent être renforcées en améliorant la formation des professionnels de la santé mentale dans tous les domaines.
L’important, c’est l’agrément et la qualification. Au cours d’autres réunions, on a parlé d’un cas en Colombie-Britannique où un professionnel non agréé a causé beaucoup de dégâts et de dommages au client qu’il traitait. Nous devons nous assurer que les professionnels de la santé réglementés sont soumis à des contrôles et à des vérifications. Cela pourrait être le cas pour différents intervenants dans le domaine de la santé mentale.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : J’ai oublié de m’excuser de mon retard auprès de mes collègues; notre navette avait du retard elle aussi.
Docteure Lee, selon vous, existe-t-il à l’heure actuelle des barrières professionnelles qui limitent la disponibilité de la thérapie à certains corps professionnels? Existe-t-il actuellement des barrières qui devraient être remises en question pour qu’il y ait plus de thérapeutes en mesure de traiter nos vétérans?
[Traduction]
Mme Lee : Il existe d’autres obstacles, en effet. Notamment parce que nous avons souvent besoin de psychologues pour superviser ces thérapies, voire de psychiatres. Le fait que, par exemple, les programmes de psychologie au Canada n’admettent que 3 à 10 candidats par an constitue un obstacle. Il serait essentiel d’augmenter cette capacité pour que l’on puisse accueillir 15 candidats ou plus dans les cursus professionnels. Le problème se situe à plusieurs niveaux. Cela va de la formation à la nécessité d’avoir des personnes dans les universités pour former ces thérapeutes en devenir, sans oublier la nécessité d’avoir plus de places en stage pour que les étudiants ne soient pas privés de la possibilité d’obtenir leur diplôme, d’obtenir leur licence et de passer ensuite à l’étape suivante.
Je pense qu’il faut avant tout s’occuper des études et de la formation. Une fois que les intervenants sont agréés, il faut les encourager à accepter cette activité, car l’épuisement professionnel et d’autres facteurs la rendent difficile à exercer. On constate notamment une pénurie de psychologues dans le système public. Il faut les inciter davantage à exercer ces fonctions plutôt que d’aller dans le secteur privé ou d’assumer d’autres rôles. J’espère avoir répondu à votre question.
Le sénateur Yussuff : Merci beaucoup d’être ici et de prendre le temps de nous parler un peu.
En ce qui concerne votre organisation, cette dernière a-t-elle adopté une position scientifique quant à la pertinence de l’utilisation de substances psychédéliques dans un contexte thérapeutique?
Mme Lee : Non. La science en est à un stade si précoce que la SCP ne s’est pas prononcée sur ce point. Je pense que nous attendons tous de voir comment se déroulent les essais de la troisième phase. En dehors des recommandations propres à la population spécifique — les anciens combattants —, nous n’avons pas pris de position, positive ou négative; nous souhaitons simplement obtenir davantage d’informations.
Le sénateur Yussuff : De toute évidence, votre organisation est très attentive aux résultats des études qui sont menées et publiées, et aux traitements permettant de guérir.
Dans le même ordre d’idées, l’Alberta a récemment publié une réglementation autorisant la physiothérapie associée aux psychédéliques. Estimez-vous que cela est utile pour définir des lignes directrices sur la manière dont les psychédéliques pourraient être utilisés pour aider à traiter les personnes en difficulté?
Mme Lee : Je n’ai pas entendu parler des programmes de physiothérapie. Pouvez-vous préciser ce dont il s’agit?
Le sénateur Yussuff : L’Alberta est l’un des seuls gouvernements provinciaux à avoir déclaré que l’usage des psychédéliques pouvait être autorisé sur son territoire, et elle a également publié une réglementation pour donner des directives à ce sujet.
Mme Lee : Je vois.
Le sénateur Yussuff : N’êtes-vous pas au courant de ce qui se passe en Alberta?
Mme Lee : Non, je n’étais pas au courant. En revanche, je pense que lorsque nous aurons plus d’informations et que les choses se mettront en place, il faudra faire une déclaration et adopter une position officielle, et exposer clairement les mises en garde et tout le reste. Il est certain qu’il s’agit là d’un élément important pour l’avenir.
Le sénateur Yussuff : Pour ce qui est des psychédéliques, les deux substances les plus médiatisées sont la MDMA et la psilocybine. En outre, on assiste depuis peu à une prolifération des champignons magiques, car des gens les vendent ou les utilisent illégalement. Il y a beaucoup de publicité à ce sujet.
Les professionnels s’inquiètent-ils du fait que nous ne disposons pas nécessairement de suffisamment de données et que nous évoluons au fil de l’eau sans disposer des données nécessaires pour nous guider dans la bonne direction afin d’aider les personnes qui ont besoin d’aide?
Mme Lee : Oui, je pense que c’est le cas. J’ai consulté des collègues à ce sujet et je pense qu’il s’agit là d’un thème récurrent. Bien que cette initiative soit prometteuse et que nous souhaitions faire de notre mieux pour les anciens combattants, nous ne voulons pas que les choses s’emballent et fassent encore plus de mal.
Je pense qu’il est important de répéter ce que j’ai dit : il ne s’agit pas d’une thérapie en soi. Nous ne voulons pas que le médicament lui-même soit considéré comme un remède miracle que tout le monde doit se procurer pour traiter ses troubles mentaux. Je pense qu’il est important de faire preuve de prudence et de procéder par étapes pour protéger le public.
Le sénateur Yussuff : Dans le même registre, l’organisation a-t-elle adopté une position publique pour essayer d’orienter cette initiative à l’échelle nationale, car les approches varient d’un endroit à l’autre. Certaines approches pourraient évidemment favoriser le développement et les thérapies elles-mêmes, mais, étant donné que non seulement les vétérans, mais aussi de nombreux travailleurs de première ligne subissent des préjudices dans le cadre de leur travail, encouragez-vous le gouvernement à respecter certaines lignes directrices afin qu’il y ait une certaine cohérence à travers le pays?
Mme Lee : Effectivement. Nous ne disposons pas actuellement de lignes directrices, mais c’est certainement une question à examiner.
Le président : Merci.
La sénatrice Anderson : Merci d’être ici pour témoigner, madame Lee.
Vous avez parlé de la pénurie de psychologues. En tant que psychologue agréée, quelles sont les limites de votre charge de travail?
Mme Lee : Mes limites? Laissez-moi un instant réfléchir à cette question.
Je travaille pour la Société canadienne de psychologie deux jours par semaine. Je travaille trois jours par semaine à ma clinique, et j’ai 18 séances, soit 6 par jour. C’est tout un art, et ce n’est pas une science, car, si j’accepte de nouveaux clients, je l’indique simplement sur mon site Web. Lorsque c’est le cas, je l’indique aussi dans le répertoire des psychologues d’Ottawa, ce qui me permet de prendre d’autres clients. Pour cela, je dois m’assurer que j’ai des places pour les clients actuels et qu’il y a suffisamment de suivi pour eux, car je ne peux pas continuer à prendre de nouveaux clients pour ensuite ne pas être en mesure de les voir pendant des mois après la première rencontre. Je dois garder cela à l’esprit lorsque je prends des rendez-vous. Ensuite, quand mon emploi du temps est plein, j’indique que je ne prends plus de clients.
Je ne gère pas moi-même de liste d’attente. C’est ma façon de faire, mais les psychologues ont tous une façon différente de gérer cette question. Je n’ai pas d’assistant administratif, c’est donc à moi de décider, et j’ai décidé de ne pas passer mon temps à appeler une dizaine de personnes qui sont sur une liste d’attente. J’indique simplement que je ne prends plus de clients pour le moment, mais que cela sera affiché lorsque j’en aurai à nouveau la capacité. Voilà comment je procède, et peut-être que d’autres font ainsi.
D’autres ont une liste d’attente et, une fois qu’ils ont atteint leur capacité maximale, ils mettent les noms sur une liste. Lorsqu’il y a une ouverture, ils appellent les gens.
La sénatrice Anderson : J’essaie de comprendre les liens parce que, quand nous disons qu’il nous faut plus de psychologues — question de savoir combien de gens un psychologue prend en charge — quelle est la nature de la liste d’attente? Est-ce à la personne qui est sur la liste d’attente, si elle l’est et sent qu’elle a un besoin urgent, de continuer à téléphoner et communiquer et à attendre? Y a-t-il d’autres possibilités pour elle?
Mme Lee : Oui, il y a d’autres possibilités. Il y a les cliniques pour traumatismes liés au stress opérationnel — ou cliniques TSO — spécifiquement qui ont des fonds fédéraux et, je crois, des psychologues salariés ou les Forces armées canadiennes, ce genre de chose. Ils ont probablement leur propre système où je suis certaine qu’ils tiennent une liste d’attente, et qui n’auraient pas cela comme possibilité. Il y a cela. Il y a d’autres services publics, comme Espace mieux-être Canada. Il y a aussi des programmes de thérapie comportementale cognitive qui sont gratuits.
Je suppose qu’il y a d’autres possibilités. Ce ne sont peut-être pas les meilleures, mais elles peuvent certainement offrir des ressources au client pendant qu’il attend de recevoir des services.
La sénatrice Anderson : Est-ce à la personne de les trouver?
Mme Lee : Assez souvent, oui, je crois. Ce n’est peut-être pas le cas dans une clinique TSO, cependant. Je ne pourrais dire.
La sénatrice Anderson : Y a-t-il un endroit central où la personne peut s’adresser?
Mme Lee : Non, malheureusement, non.
Les gens peuvent faire des recherches dans certains répertoires. Je pense que la Croix Bleue a aussi un annuaire de fournisseurs inscrits qui fournissent des services publics, entre autres, aux vétérans, à la GRC et aux Forces armées canadiennes. Ils peuvent consulter ces répertoires centraux et voir quels fournisseurs offrent des services avec ce système.
Autrement, dans le système privé, malheureusement, c’est un peu la confusion. Vous appelez. Vous pouvez être frustré parce que personne ne prend de clients ou on vous met sur de nombreuses listes d’attente. Cela arrive.
La sénatrice Anderson : Avez-vous une idée du temps que dure un traitement une fois commencé? Je sais que tout le monde est différent, mais avez-vous un chiffre approximatif?
Mme Lee : Je ne me rappelle pas le nombre de séances recommandées, mais je pense que c’est typiquement 15 à 20. C’est une bonne dose de traitement.
Je trouve que selon, encore une fois, la capacité du client, ses acquis, son histoire, le problème qu’il présente, 4 séances peuvent suffire ou il pourrait en falloir plus de 20. C’est une fourchette, mais je pense que la SCP en recommande 15 à 20 pour couvrir, avec un peu de chance, la plupart des gens.
La sénatrice Anderson : Merci beaucoup.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : Tout comme mes collègues, j’aimerais remercier la Dre Lee de sa grande disponibilité.
Ce que nous entendons ce matin est l’illustration d’une situation assez décourageante pour les vétérans, surtout si l’on pense à ces 6 000 vétérans qui sont devenus des itinérants. On sait que souvent, l’itinérance est synonyme de troubles mentaux.
Si vous étiez ministre des Anciens Combattants, quelle stratégie adopteriez-vous pour offrir un minimum de soutien psychologique ou thérapeutique à ces 6 000 itinérants?
S’il faut attendre de former assez de psychologues, de médecins ou de psychiatres pour traiter tous ces gens, on sera encore ici dans 10 ans et on aura alors peut-être 10 000 itinérants au lieu de 6 000. Si vous étiez ministre, quelle serait votre stratégie?
[Traduction]
Mme Lee : J’ai aussi entendu que les vétérans doivent s’acquitter de certaines formalités administratives avant même de pouvoir faire une recherche auprès de la Croix Bleue pour trouver un fournisseur. Je pense donc qu’on pourrait les informer de ce qu’il faut pour être admissible, sur les formalités administratives et sur le fait qu’ils peuvent obtenir de l’aide par l’intermédiaire de leur légion ou d’un ergothérapeute ou un travailleur social.
C’est une étape seulement pour lever les obstacles que doivent surmonter les vétérans qui cherchent à obtenir de l’aide. Oui, cela prendra du temps. Le volet information est sans contredit nécessaire, mais c’est du long terme.
À court terme, on offrirait plus d’incitatifs aux fournisseurs pour accepter ce travail, peut-être même rendre le système plus efficace et voir comment s’est passée la recherche d’un fournisseur par les vétérans. Que disent-ils des obstacles et de la frustration? Un changement dans le système à cet égard est-il possible?
Il s’agit de regarder comment le système fonctionne. Quels petits changements pouvons-nous apporter afin d’améliorer l’accessibilité? Puis, en même temps, il faut se doter des ressources humaines nécessaires et s’assurer qu’il y a suffisamment de fournisseurs pour offrir les traitements, mais aussi suffisamment d’incitatifs pour assumer ces fonctions, faire le travail et y rester. Tout cela est nécessaire pour avoir une approche à plusieurs volets.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : D’abord, vous dites qu’il faut alléger la bureaucratie — donc le processus de demande de services —, puis qu’il faut trouver des partenaires pour qu’il y ait plus de thérapeutes qui participent au programme. Enfin, vous avez parlé d’incitatifs.
Donnez-moi des exemples d’incitatifs qui n’existent pas aujourd’hui; si on les ajoutait au système, les services seraient-ils plus disponibles?
[Traduction]
Mme Lee : Prenons les psychologues qui acceptent d’assumer ces fonctions et qui doivent aussi superviser certains autres professionnels en santé mentale. Je pense que, dans bien des cas, ils touchent un salaire bien inférieur à ce qu’il faudrait à la plupart des psychologues pour accepter ces fonctions. C’est en partie une question de salaire. Il s’agit aussi de rehausser certains des avantages du poste, en assurant un bon soutien administratif et beaucoup de possibilités de formation. Il faut à la fois mettre de l’avant cette capacité et mettre l’accent sur l’équipe, sur le fait d’avoir une bonne équipe pour les entourer et alléger le fardeau. À cet égard, il arrive que la pratique privée crée un isolement et se révèle peu satisfaisante. Il est donc aussi important de mettre l’accent sur l’appartenance à une clinique, à une équipe et sur le soutien apporté.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : Vous avez dit en dernier lieu que l’on devait « écouter les vétérans ». Selon vous, les vétérans sont-ils comme les étudiants dans une classe, qui doivent être au centre du système d’éducation, ou comme les patients, qui doivent être au centre du système de soins de santé?
Dans le système fédéral de soutien aux vétérans, ces derniers se trouvent-ils au centre du système ou plutôt en périphérie du centre, alors qu’on a d’autres réseaux à l’intérieur du centre qui sont plus prioritaires qu’eux? Est-ce que les vétérans sont vraiment au centre du système de soutien au Canada?
[Traduction]
Mme Lee : Oui. Absolument. Ils sont au centre. Ils sont la priorité.
[Français]
Le sénateur Boisvenu : Alors pourquoi nous avez-vous dit qu’il fallait les écouter? Vous avez dit : « Il faut écouter les vétérans. » S’il faut écouter les vétérans, c’est que vous croyez qu’ils ne se trouvent pas au centre des préoccupations du gouvernement.
[Traduction]
Mme Lee : Je m’excuse si j’ai donné cette impression. Si je veux les consulter, c’est pour savoir ce qui les préoccupe parce qu’ils sont au centre. C’est pour cette raison que j’ai dit cela. Je ne sais pas trop ce qu’était la question.
Le sénateur Boisvenu : Je comprends. Merci.
Le sénateur Yussuff : Merci, madame Lee. Manifestement, la santé mentale retient beaucoup l’attention et nous entendons de plus en plus qu’il manque de thérapeutes pour aider les gens qui ont des difficultés. Qui plus est, les vétérans atteints du trouble de stress post-traumatique font évidemment face à des difficultés plus longtemps et c’est pareil pour les premiers répondants qui ont été témoins d’atrocités dans l’exercice de leurs fonctions.
Si vous deviez faire deux ou trois recommandations visant précisément à aider les vétérans à obtenir plus facilement du service, mais tout en reconnaissant qu’il existe de nouvelles thérapies actuellement étudiées qui pourraient leur donner espoir, quelles sont les deux ou trois choses qu’il serait utile que notre comité prenne en considération dans nos recommandations et notre étude?
Mme Lee : Je vais répéter que l’une d’elles est d’ordre administratif : qu’il soit plus facile pour les vétérans ne serait-ce que d’entrer dans le système.
Ce qui est aussi prometteur, ce sont les thérapies MAST, une forme de thérapie sociale d’aide mutuelle. Ce sont des thérapies où, au lieu de voir une personne, disons, une fois par semaine ou toutes les deux semaines, comme c’est habituellement le cas, on lui fait suivre de nombreuses séances chaque semaine pendant deux ou trois semaines. Cette approche s’est révélée prometteuse tout en augmentant la capacité à prendre des patients. On tient des séances d’orientation pour plusieurs vétérans. Il est à espérer qu’il y a de l’amélioration et il y a des suivis et d’autres choses semblables. On ne laisse pas les clients à eux-mêmes. Il y a des suivis. Puis, le fournisseur de cette thérapie peut prendre un autre groupe de clients. Les constats sont prometteurs. Ce n’est pas tant que nous avons besoin de beaucoup de nouvelles thérapies, mais le fait de pouvoir dispenser une thérapie que nous savons efficace selon l’approche MAST ou d’une manière intense et contrôlée s’est révélé une voie très prometteuse selon la recherche actuelle sur le trouble de stress post-traumatique.
Le sénateur Yussuff : Pour ce qui est des substances psychédéliques, elles sont relativement nouvelles. Les recherches sont en cours et les résultats sont publiés. Que voudriez-vous qu’il se passe en ce qui a trait au recours à ces substances? En reconnaissant, bien entendu, que les personnes aux prises avec un trouble de stress post-traumatique ont déjà suivi maintes formes de thérapies. Certaines ont été utiles, mais, dans bien des cas, elles n’ont pas aidé les vétérans atteints de ce trouble.
Qu’aimeriez-vous voir relativement aux études faites sur les substances psychédéliques qui vous aiderait comme praticienne, mais qui aiderait également les vétérans et qui rendrait ce travail beaucoup plus utile pour remédier aux difficultés qui affligent les vétérans?
Mme Lee : Je pense qu’il nous faut plus d’essais cliniques. Ainsi, les vétérans pourront contribuer à la science, manifestement, mais, du même coup, avec un peu de chance, se faire aider si c’est un domaine prometteur. Il nous en faut certainement plus.
Le sénateur Yussuff : Manifestement, il faudrait plus d’essais cliniques pour comprendre comment les substances psychédéliques pourraient être plus efficaces et utilisées, mais dans le contexte de ces substances spécifiquement, parce qu’on a démontré qu’elles donnaient des résultats jamais vus, surtout pour les difficultés des vétérans et les troubles de longue durée. Parallèlement aux essais, que souhaiteriez-vous qu’il y ait?
Mme Lee : Il serait important de sensibiliser les fournisseurs. En me préparant pour aujourd’hui et en étudiant la question, je me suis rendu compte qu’un grand nombre de fournisseurs disent que ce n’est pas leur domaine et qu’ils en savent peu à ce sujet.
Plus nous en saurons, plus nous pourrons rejoindre des gens et continuer à leur transmettre les connaissances de base sur les substances psychédéliques et ce qu’elles font, mais aussi sur les thérapies assistées et leurs caractéristiques et ce qu’elles supposent avec un client. La sensibilisation des fournisseurs est aussi un important volet.
Le sénateur Yussuff : Merci beaucoup d’être venue. Merci de nous aider dans nos travaux.
Le président : Merci. Je vais poser une question dans la foulée de la dernière question du sénateur Yussuff.
Nous avons des médicaments qui offrent des avantages assez universels, comme l’insuline, la pénicilline et les médicaments pour le cœur. Mais, d’une certaine façon, le domaine dont nous parlons nous est totalement inconnu. Cela crée un problème, n’est-ce pas? Une étude contrôlée n’est jamais entièrement garante de la stabilité future, n’est-ce pas?
Ce qui me dérangeait avec le cannabis pour traiter le stress post-traumatique dans l’armée est que, souvent, il camoufle plus qu’il ne guérit les symptômes. Je connaissais des soldats. Je connais des gens qui utilisent le cannabis à cette fin.
Que se passe-t-il après les études contrôlées? Y a-t-on réfléchi?
Mme Lee : C’est un point très important, car, ensuite, nous devons nous assurer que des mesures de protection sont en place : formation des fournisseurs, surveillance, résultats et évaluations de ce qui se passe pour prendre connaissance de l’expérience sur le terrain.
Même si les études montrent qu’une chose est efficace, cela ne veut pas dire qu’elle constitue toujours un choix sûr ou indiqué pour le client. Il doit toujours y avoir un système de surveillance en place.
D’après ce que je comprends, lors des thérapies assistées par des substances psychédéliques, deux thérapeutes sont présents, puis un suivi doit être effectué auprès du client pour s’assurer qu’il n’y a pas d’effets secondaires.
Il est certain que les essais constituent une des étapes importantes, mais, une fois qu’ils commencent, nous devons être prudents et veiller à ce qu’ils se déroulent en toute sécurité et qu’ils soient rigoureux et bien conçus et menés par des intervenants bien formés.
Le président : Nous savons ce qu’un stimulateur cardiaque fera. Nous savons ce qu’un médicament pour le cœur fera.
Mais, avec les drogues psychédéliques, c’est du cas par cas. Les gens arrivent avec leur expérience personnelle et une capacité mentale qui leur est propre. C’est ce qui peut être très dommageable.
Comment abordons-nous cela? Je sais qu’une personne pourrait prendre, par exemple, un traitement avec du LSD et se sentir bien et soulagée et cela est peut-être bénéfique. Une autre personne pourrait prendre exactement le même traitement et se retrouver encore plus traumatisée qu’au commencement. Nous le savons parce que cela arrive souvent dans la rue.
Que faisons-nous pour que cela fonctionne pour la société que nous tentons de guérir?
Mme Lee : Il faut un suivi médical avec des psychiatres, des médecins. Il faut s’assurer de voir les effets, de procéder d’une manière plus contrôlée. Comme vous avez dit, si c’est dans la rue et si ce n’est pas fait d’une manière contrôlée, on ne peut surveiller les résultats. Nous devons veiller à ce que ce soit contrôlé, à ce qu’il y ait des mesures de protection préétablies et mises en place et que nous ayons les professionnels compétents pour déterminer quels sont les symptômes et les effets secondaires. On doit voir comment la personne réagit au traitement, si nous recommandons qu’il soit poursuivi ou arrêté. Il faut faire cela soigneusement dans chaque cas.
Le président : Donc, ce que le sénateur Boehm a dit en premier est qu’il est impératif que nous ayons plus de psychiatres formés sur le terrain? Oui. Merci.
Nous en sommes à la deuxième ou la troisième série. Quelqu’un a d’autres questions pour Mme Lee?
Madame, vous allez pouvoir partir. Merci beaucoup. Nous apprécions vraiment que vous soyez venue.
Mme Lee : Merci à tous.
(La séance est levée.)