Aller au contenu
AGFO - Comité permanent

Agriculture et forêts


LE COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DE L’AGRICULTURE ET DES FORÊTS

TÉMOIGNAGES


OTTAWA, le mardi 24 février 2026

Le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts se réunit aujourd’hui, à 7 h 31 (HE), pour étudier le projet de loi S-230, Loi concernant l’élaboration d’une stratégie nationale pour la protection, la conservation et l’amélioration de la santé des sols.

La sénatrice Mary Robinson (présidente) occupe le fauteuil.

[Traduction]

La présidente : Je m’appelle Mary Robinson et je préside ce comité. Bienvenue aux membres du comité, aux témoins et à ceux qui nous regardent en ligne.

J’aimerais d’abord reconnaître que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine anishinaabe.

Avant d’entendre les témoins aujourd’hui, je demanderais aux sénateurs de se présenter.

Le sénateur Black : Rob Black, de l’Ontario.

Le sénateur McNair : John McNair, du Nouveau-Brunswick.

La sénatrice Burey : Sharon Burey, de l’Ontario.

La sénatrice McBean : Marnie McBean, de l’Ontario.

La sénatrice Sorensen : Karen Sorensen, de l’Alberta, parc national de Banff, territoire du traité 7.

La sénatrice Muggli : Tracy Muggli, territoire du traité 6, en Saskatchewan.

La présidente : Je demanderais à tous les sénateurs de consulter les cartes sur la table qui présentent les directives visant à prévenir les incidents de retour de son. Je tiens aussi à rappeler à tous les participants d’éviter de changer de langue au milieu d’une phrase et de ne pas parler trop vite. Un son clair permet une interprétation, une transcription et des sous-titres exacts.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude du projet de loi S-230, Loi concernant l’élaboration d’une stratégie nationale pour la protection, la conservation et l’amélioration de la santé des sols. Nous sommes ravis d’accueillir à la table Catherine King, vice-présidente, Affaires corporatives; et Frank Annau, directeur de la gérance des produits de Fertilisants Canada. Merci de vous joindre à nous.

Nous allons commencer par entendre votre déclaration liminaire avant de passer aux questions des sénateurs. Madame King, la parole est à vous pour cinq minutes.

Catherine King, vice-présidente, Affaires corporatives, Fertilisants Canada : Merci de nous donner l’occasion de tous vous parler du projet de loi S-230.

Comme la présidente l’a mentionné, je m’appelle Catherine King et je suis vice-présidente aux affaires corporatives de Fertilisants Canada. Je suis accompagnée de Frank Annau, notre directeur de la politique des nutriments.

Fertilisants Canada représente les producteurs, les fabricants, les importateurs, les grossistes, les détaillants et les distributeurs de suppléments fertilisants et de nutriments culturaux essentiels, comme l’azote, le phosphore, la potasse et le soufre. Le secteur des engrais génère plus de 42 milliards de dollars de rendement économique annuel et soutient plus de 118 000 emplois dans toute la chaîne d’approvisionnement au Canada. Je représente aussi Fertilisants Canada au conseil d’administration du Conseil canadien de conservation des sols, qui demeure une priorité pour nos membres.

Fertilisants Canada est le principal promoteur de la gérance des nutriments 4B, qui aide les agriculteurs à utiliser la bonne source d’engrais, au bon endroit, au bon taux et au bon moment. Parmi nos membres, nous comptons plus de 500 agronomes désignés 4B partout au Canada dans nos 90 détaillants et 28 installations certifiées 4B en Ontario.

Nous remercions le sénateur Black d’être un chef de file dans l’étude des sols au Sénat et de reconnaître l’importance de la gérance des nutriments 4B. Comme votre étude le souligne, l’adoption des 4B garantit que les nutriments sont appliqués le plus efficacement possible pour améliorer l’efficience, protéger les sols agricoles et soutenir la productivité à long terme. Nous devons continuer de nous concentrer sur les actions pratiques qui bénéficient directement aux agriculteurs tout en communiquant clairement aux Canadiens le rôle essentiel que jouent des sols sains pour la sécurité alimentaire et la résilience du climat.

Sur ce, je vais céder la parole à mon collègue, M. Annau.

Frank Annau, directeur de la gérance des produits, Fertilisants Canada : Je m’appelle Frank Annau, directeur de la gérance des produits de Fertilisants Canada. Nous saluons le projet de loi pour sa promotion de pratiques de gestion améliorées grâce à la formation professionnelle et à des services de vulgarisation pour les agriculteurs.

Chez Fertilisants Canada, la formation reconnue à l’échelle nationale que nous dispensons aide les agronomes et les conseillers agricoles certifiés à devenir des experts en gérance des nutriments 4B pour donner aux producteurs la confiance dont ils ont besoin avec les orientations qu’ils reçoivent. Nous recommandons que la stratégie sur les sols reconnaisse officiellement et soutienne les programmes comme le nôtre, ainsi que les services fournis par les experts désignés 4B partout au Canada et les installations certifiées 4B en Ontario.

Nous saluons le soutien du projet de loi envers la recherche pour améliorer les pratiques durables sur les sols. La recherche universitaire partout au Canada montre qu’une utilisation plus efficace des nutriments renforce les systèmes racinaires, rehausse l’activité biologique des sols et soutient la structure des sols à long terme.

Bon nombre de nos membres développent aussi des produits biostimulants novateurs pouvant améliorer la santé des sols, dont la teneur en matières organiques. L’enregistrement de ces produits est en hausse partout au Canada, et le rendement peut varier selon les types de sol et les régions de culture du pays. Nous croyons donc que la stratégie doit soutenir la recherche qui aide les producteurs à déterminer quelles solutions fonctionnent le mieux pour leurs conditions de croissance précises.

Les tests sur les sols sont aussi mentionnés dans le projet de loi et sont essentiels pour établir le bon taux d’engrais nécessaire pour optimiser l’utilisation des nutriments et réduire l’incidence sur la santé des sols. Nous sommes d’accord que la stratégie doit appuyer les mesures visant à ce que les agriculteurs mènent ces analyses et consultent de près les producteurs afin de faire des échanges des données volontaires qui respectent la confidentialité des renseignements commerciaux et indemnisent adéquatement les agriculteurs pour leur participation.

Nous croyons que la stratégie présente une importante occasion de réaliser ces avantages partout au pays. Comme le projet de loi le souligne, le gouvernement s’engage à aider les agriculteurs à conserver les sols dans le Partenariat canadien pour l’agriculture. Nous croyons aussi que la stratégie doit viser à soutenir la recherche, la formation et les mesures de vulgarisation de la prochaine politique agricole commune.

J’aimerais également vous mettre en garde contre l’article du projet de loi qui porte sur les cibles. Vous vous rappellerez sans doute qu’il y a plus de cinq ans, le gouvernement a présenté une cible de réduction des émissions provenant des engrais sans véritable consultation auprès du secteur agricole au Canada. Ce manque de mobilisation a créé beaucoup d’incertitudes chez les producteurs, surtout du fait que les données de référence n’étaient pas probantes à l’époque.

Pour éviter de répéter cette expérience, les cibles prévues par la loi doivent se fonder sur des données robustes et, surtout, sur une mobilisation concrète des producteurs et du secteur agricole en général. Ces cibles doivent être réalisables, appropriées selon la région, viables économiquement et bien sûr refléter les réalités à la ferme.

Nous vous recommandons respectueusement d’amender le projet de loi pour exiger la mobilisation et la consultation des producteurs agricoles sur les cibles élaborées en vertu de la loi. À cet effet, la mobilisation du secteur est déjà en cours.

Comme Mme King l’a mentionné, Fertilisants Canada siège au Conseil canadien de conservation des sols aux côtés de groupes de producteurs, d’organisations de conservation et d’autres partenaires de l’industrie. Le rapport d’étape récent du conseil présente une feuille de route robuste en matière de mobilisation et de coordination avec le secteur pour atteindre les objectifs du projet de loi.

En terminant, nous reconnaissons que la santé des sols constitue un actif national stratégique et nous sommes ravis que cela soit reflété directement dans le projet de loi. Nos membres et nous sommes engagés à une application efficiente d’engrais pour aider à garantir la santé et la productivité des sols au Canada. Il est essentiel que le gouvernement identifie la recherche, l’éducation et la vulgarisation 4B comme des priorités dans l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale sur la santé des sols.

Merci à nouveau de nous donner l’occasion de témoigner sur cet enjeu important. Nous répondrons à vos questions avec plaisir.

La présidente : Merci à vous deux de votre déclaration liminaire.

Le sénateur McNair : Bienvenue aux témoins. Merci d’être ici ce soir.

En 2024, votre organisation — et vous en avez parlé — a salué notre comité pour son important travail relatif à la santé des sols et le rapport publié récemment à ce moment-là intitulé Terrain critique: Pourquoi le sol est essentiel à la santé économique, environnementale, humaine et sociale au Canada.

Votre président de l’époque avait dit :

La collecte de données, la recherche, l’innovation et la technologie, y compris la gérance des nutriments 4B, de même que le financement adéquat seront essentiels pour protéger la santé des sols au Canada

À votre avis, comment ce projet de loi reflète-t-il ces éléments? S’il est édicté, comment le projet de loi S-230 va-t-il intégrer ces éléments et tenir compte des différences régionales dans les conditions de santé des sols au Canada?

M. Annau : La meilleure occasion que j’y vois, c’est la partie où je faisais référence à l’échantillonnage et l’analyse des sols pour colliger des données sur les types de sols les plus réceptifs, surtout à l’application des nutriments. Bon nombre de nos membres détaillants offrent ces services. Leurs experts 4B aident les agriculteurs à sélectionner le bon taux d’engrais à utiliser selon leurs différents types de sols.

Les détaillants prennent la confidentialité très au sérieux, mais si nous mobilisons les agriculteurs et surtout les producteurs efficacement, ces données peuvent nous donner beaucoup d’information sur la santé des sols au Canada. Dans notre cas, nous nous intéressons surtout à la réceptivité des sols à certains types de nutriments.

Comme je l’ai dit, la recherche sur les produits biostimulants offre aussi beaucoup de potentiel, puisque les différentes conditions des sols au Canada pourraient nous aider à donner un coup de pouce en matière de productivité nationale. La recherche peut beaucoup nous aider à établir quels produits utiliser et quels conseils donner aux agriculteurs ainsi qu’à générer des données. Ces données, combinées à la mobilisation des agriculteurs, pourraient garantir la protection des renseignements commerciaux confidentiels et nous informer sur les sols.

Le sénateur McNair : Merci. Madame King, voudriez-vous ajouter quelque chose?

Mme King : Je suis d’accord avec M. Annau concernant les produits nouveaux et novateurs. Nos membres investissent sans conteste dans ces produits et mènent des recherches. C’est donc une priorité pour nous de les rendre accessibles aux agriculteurs canadiens. Nous avons une excellente relation de travail avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments, que nous renseignons en obtenant toute l’information nécessaire sur les nouveaux produits. C’est essentiel de donner aux agriculteurs canadiens l’accès aux produits novateurs pour améliorer la productivité et conserver la santé des sols dans les années à venir.

Le sénateur McNair : Merci. Votre site Web est intéressant et il donne de l’information sur les 4B et le reste. Dans quelle mesure devez-vous sensibiliser non seulement les producteurs, mais aussi la population canadienne? Je pose la question, car les engrais ont parfois mauvaise réputation.

Mme King : Notre association sœur, la fondation Nutriments pour la vie, a pour mandat de sensibiliser les jeunes à l’importance des nutriments culturaux, non seulement des engrais, mais de tout le système des engrais, autant les minéraux que le fumier. Ses représentants vont dans les classes d’école pour sensibiliser les jeunes à la bonne façon d’utiliser les engrais. S’il y a un jardin à l’école, nous aidons les jeunes à en prendre soin. C’est extrêmement important.

Nous sommes fiers de siéger au conseil d’administration du Conseil canadien de conservation des sols, qui a un formidable programme intitulé « Soil Your Undies » dans lequel nous mettons un sous-vêtement de coton en terre avec des écoliers. Nous faisons cela autour du mois d’avril, puis nous déterrons le sous-vêtement en juin pour voir comment le coton s’est désintégré et les micronutriments qui s’y sont accrochés. Avec un peu de chance, il ne reste pour finir que la bande élastique. Parfois, il reste une plus grande partie du sous-vêtement, et parfois il en reste moins. C’est un programme merveilleux, et c’est gratuit; il en va de même pour le matériel éducationnel de la fondation.

Le sénateur Black : Merci de votre présence. Je dois obtenir une précision. Dites-vous qu’il faut amender le projet de loi pour assurer une meilleure mobilisation des agriculteurs et des producteurs?

M. Annau : Oui, tout à fait.

Le sénateur Black : Sous « consultations publiques », il est écrit :

Pour élaborer la stratégie nationale, le ministre entreprend en outre des consultations publiques auprès:

a) des parties prenantes, notamment des représentants du secteur agricole et d’organisations de ce secteur;

b) des personnes intéressées.

Est-ce que vous suggérez d’ajouter les agriculteurs et les producteurs à cet endroit?

M. Annau : Tout à fait. C’est juste une précision, pour s’assurer que c’est mentionné explicitement, oui.

Le sénateur Black : Merci. Quels éléments de votre travail actuel seraient les plus touchés si le projet de loi était adopté? Avez-vous des réflexions à nous faire part là-dessus? Votre travail sera-t-il plus facile, plus difficile? Est-ce que certains nutriments seront retirés?

M. Annau : Allez-y.

Mme King : Le fait que le gouvernement ait une priorité qui reconnaît le sol comme le fondement de la santé humaine et agricole va aider non seulement Fertilisants Canada, mais tout le secteur agricole en général. Les gens ne pensent pas souvent au sol, mais nous interagissons avec lui tous les jours. Nous marchons sur le sol. Parfois, il est simplement recouvert de béton. C’est extrêmement important que le gouvernement le reconnaisse. La dernière fois, c’était dans l’étude du Sénat de 1984, donc cela fait longtemps.

À mon avis, cette reconnaissance va aider non seulement Fertilisants Canada, mais aussi tout le secteur agricole.

Le sénateur Black : Merci. Vous avez parlé d’identifier les sols comme un actif stratégique national, et je le comprends.

Voyez-vous la valeur d’un défenseur national des sols, qui est prévu dans le projet de loi? Je pose simplement la question. Voyez-vous vous la valeur d’un défenseur qui agirait en votre nom et celui du Conseil canadien de conservation des sols?

Mme King : Je dirais personnellement que oui. S’il ne s’agit pas d’un emploi à temps plein, cela peut devenir une tâche qui reste sur le coin du bureau. Je pense que c’est un aspect extrêmement précieux du projet de loi. Ce défenseur pourrait faire de la sensibilisation et nous représenter.

C’est aussi important de tenir compte de tous les avis sur les sols. On peut entendre une vaste gamme d’opinions sur leur importance. Ce serait bien qu’un défenseur de la santé des sols puisse tenir compte de toutes les consultations, élaborer une stratégie et en faire la promotion.

Le sénateur Black : Madame King, vous siégez au Conseil canadien de conservation des sols. J’ai dit très clairement que nous ne cherchons pas à entrer en concurrence avec le travail que vous faites. Si le projet de loi est adopté, pensez-vous que nous pourrions réunir nos efforts? Y a-t-il assez de marge de manœuvre et de travail qui reste à faire pour qu’il n’y ait pas de dédoublement, mais nous ne voulons pas dire non plus...

Mme King : Bien honnêtement, c’est presque nécessaire. Nous réalisons un excellent travail en matière de conservation des sols. Nous élaborons la stratégie nationale sur la santé des sols et nous avons d’autres initiatives, mais ce projet de loi insufflerait une nouvelle vie au conseil, ce que nous cherchons à faire. Il nous redonnerait de la vigueur, ce qui améliorerait notre travail.

Le sénateur Black : Pensez-vous que la stratégie pourrait nous aider à atteindre nos objectifs en matière de climat, de protection de la biodiversité et de résilience agricole?

M. Annau : En un mot, oui. Fondamentalement, surtout dans le contexte de la gérance des nutriments 4B, où nous défendons non seulement la santé des sols, mais aussi la résilience économique des exploitations agricoles, la réduction de l’application d’engrais et la réduction des émissions et des incidents de ruissellement. Tous ces aspects se rejoignent, en particulier dans nos propres programmes, et nous constatons qu’ils s’inscrivent parfaitement dans la stratégie relative aux sols, oui.

Le sénateur Black : Merci.

La sénatrice Sorensen : Merci de votre présence

Fertilisants Canada a fait de « l’innovation » — vous en avez parlé à deux ou trois reprises — un élément central dans l’amélioration de la gérance des nutriments. Pouvez-vous expliquer à quelqu’un comme moi, qui en sais peu sur les sols, de quel type d’innovation il est question? Vous avez parlé de produits novateurs. Peut-être que vous pourriez me donner quelques exemples.

Comment la stratégie nationale sur la santé des sols peut-elle tenir compte des innovations en question et accélérer leur adoption? Encore une fois, dans vos remarques, vous avez dit que la stratégie doit soutenir la recherche, mais j’aimerais que vous nous en disiez un peu plus à ce sujet.

M. Annau : J’ai ici un aide-mémoire que je peux consulter pour vous donner quelques renseignements généraux sur les biostimulants, auxquels j’ai fait référence. Il ne s’agit pas des engrais que nous connaissons, comme ceux contenant de l’azote, du phosphore et du potassium. Ils sont plutôt destinés à être utilisés comme produits complémentaires.

Les biostimulants, par exemple, peuvent améliorer la santé des sols, principalement en augmentant la matière organique du sol. Il s’agit là de certains types de biostimulants. D’autres, par exemple, sont davantage axés sur la plante que sur les aspects liés au sol. Dans ce contexte, la matière organique serait formée à partir des résidus de cultures qui resteraient au-dessus et en dessous du sol. Les biostimulants qui augmentent la biomasse des cultures contribueraient à augmenter la quantité de résidus dans le sol. Il en résulterait...

La sénatrice Sorensen : Je ne peux m’empêcher de penser au sous-vêtement, mais veuillez poursuivre.

M. Annau : Il est vrai que nous aurons parlé de la mise en terre de sous-vêtements au Sénat. Ce sera inscrit au compte rendu.

En augmentant la production de biomasse, on améliore à la fois les rendements et la teneur en matière organique du sol, ce qui contribue à la santé des sols. Comme je l’ai dit, il y a deux avantages : c’est bon pour la productivité, mais c’est aussi bon pour la santé des sols, ce qui, en soi, est évidemment étroitement lié à la productivité.

La sénatrice Sorensen : Merci. Ma prochaine question porte sur les indicateurs de la santé des sols. J’ai entendu ce que vous avez dit au sujet de la participation des agriculteurs. Je pense que c’est une démarche tout à fait raisonnable — consulter les acteurs de l’industrie pour définir des objectifs, car on a besoin de personnes qui savent réellement ce qui constitue un objectif réaliste. Je dirais la même chose pour les indicateurs.

Je vous pose ma question. Quels devraient être les indicateurs prioritaires dans une stratégie nationale? Existe-t-il déjà des outils de mesure standards qui pourraient être utilisés dans le cadre de la stratégie, ou faudrait-il investir dans la création de nouveaux éléments?

M. Annau : Absolument. La productivité des cultures serait sans aucun doute l’indicateur essentiel. Elle dépend fortement de la santé des sols, en ce qui concerne le rendement des investissements des agriculteurs. C’est l’élément clé que nous voulons retrouver dans l’aspect économique pour nous assurer que cela reflète les moyens de subsistance des agriculteurs.

L’indicateur de la matière organique du sol a été utilisé à Agriculture et Agroalimentaire Canada, ou AAC, ces dernières années.

La sénatrice Sorensen : Vous me regardez comme si je le savais.

M. Annau : Dites-moi où il faut chercher. Je me ferai un plaisir de lancer l’enquête.

Une bonne quantité de données et d’analyses ont été reçues et il est certainement temps de mettre à jour ces différents points de données. Encore une fois, la productivité des cultures serait l’un des éléments importants pour déterminer ce qui fonctionne sur la base de la santé des sols partout au Canada et pour nous assurer que cela reflète la composante des moyens de subsistance des agriculteurs.

Mme King : Puisque nous représentons Fertilisants Canada et que nous avons parlé de la gérance des nutriments 4B, j’ajouterais que, concernant l’étendue de l’adoption des pratiques 4B par les agriculteurs, l’équipe de M. Annau mène une enquête sur l’utilisation de fertilisants. Il s’agit d’une enquête, donc on ne parle pas ici de données concrètes, mais c’est un moyen de déterminer combien d’agriculteurs mettent en œuvre les pratiques de gérance des nutriments 4B. Comme M. Annau l’a mentionné, l’analyse des sols en est un élément essentiel qui contribue à la santé des sols. Il pourrait également être utile d’inclure ce type de mesure.

La sénatrice Sorensen : Très bien. Merci.

La sénatrice McBean : Concernant la gérance des nutriments 4B, parle-t-on de quelque chose de concret? Vous venez de dire que c’est mis en œuvre. Je pensais que c’était juste un truc éducatif qui m’aurait été très utile lorsque, avec les meilleures intentions du monde, j’ai complètement brûlé ma pelouse une année. Est-ce un vrai truc? Renseignez-moi à ce sujet.

M. Annau : Absolument. On parle d’un programme de désignation que nous offrons aux conseillers agricoles canadiens ainsi qu’aux agrologues professionnels. Une fois qu’ils ont obtenu leur certification dans le cadre des programmes, ils peuvent suivre notre formation pour la désignation 4B afin d’aider les exploitations agricoles à choisir la bonne source d’engrais à utiliser, à la bonne dose, au bon endroit et au bon moment.

Il s’agit d’une formation que nous offrons en ligne, à Fertilisants Canada, comme programme de certification à l’échelle du pays. En Ontario, on va même plus loin. Certaines installations qui obtiennent la certification 4B font l’objet d’une vérification par un tiers, qui examine leurs dossiers afin de vérifier la qualité des conseils qu’elles fournissent aux agriculteurs et de s’assurer que leurs dossiers sont tenus à jour d’une année à l’autre. Oui, on peut certainement dire que c’est quelque chose de bien concret.

La sénatrice McBean : Toutes mes excuses. Je pensais que c’était une sorte de devise des guides ou quelque chose du genre.

À votre avis, de quelle façon le projet de loi S-230, la stratégie nationale sur la santé des sols proposée, favorisera-t-il et accélérera-t-il l’adoption de ces pratiques?

M. Annau : Honnêtement, c’est une question de point de vue. Espérons qu’il aidera les exploitations agricoles à peut-être investir dans les conseils sur la gérance des nutriments 4B, à obtenir l’avis des agrologues qui ont suivi la formation nécessaire à cet égard partout au Canada et à faire cet investissement initial.

Même sur le plan consultatif, Fertilisants Canada fait de son mieux pour s’assurer que les conseillers qui aident les exploitations agricoles disposent d’outils numériques. C’est vraiment quelque chose qui doit fonctionner de manière coordonnée. Non seulement il faut qu’il y ait un soutien à l’échelle de l’exploitation agricole concernant les conseils sur la gérance des nutriments 4B, mais il faut aussi que les conseillers bénéficient d’outils leur permettant d’assurer un tel niveau d’analyse et de tenue de dossiers. Il peut s’agir simplement de passer de l’utilisation de dossiers papier à des services numériques, ce dans quoi nous nous investissons beaucoup. Il s’agirait vraiment d’une bonne chose pour la stratégie sur les sols.

La sénatrice McBean : Il est toujours agréable d’avoir un petit cahier.

M. Annau : C’est vrai. Je suis d’accord. J’en ai toute une collection.

La sénatrice McBean : Dans le même ordre d’idées, quel rôle les incitatifs économiques, les programmes de partage des coûts, le financement de la recherche et les mécanismes du marché du carbone devraient-ils jouer pour encourager les agriculteurs à adopter des pratiques favorables à la santé des sols et à l’amélioration de la gestion des nutriments?

M. Annau : Ils ont un rôle important à jouer. Il est certain qu’offrir des incitatifs aux agriculteurs, c’est exactement ce qu’il faut ici, même en ce qui concerne l’échange de données.

Chez Fertilisants Canada, par exemple, nous élaborons un protocole de réduction des émissions d’oxyde nitreux, que nous espérons voir adopter dans le cadre du marché réglementaire canadien. L’objectif est de pouvoir offrir aux exploitations agricoles un moyen de recevoir des incitatifs financiers pour communiquer les données, dans ce contexte, sur leurs réductions d’émissions. Cependant, si l’on a quelque chose de similaire à des protocoles sur le carbone dans le sol, par exemple, ce qui est également en cours, le fait de pouvoir s’en servir comme mécanisme pour inciter les agriculteurs à communiquer leurs données, en s’assurant qu’il en résulte un rendement économique, est un bon moyen de garantir que cela se produise.

La sénatrice McBean : Selon vous, comment pourrait-on concevoir la stratégie nationale afin qu’elle constitue un complément aux initiatives provinciales et aux programmes dirigés par l’industrie plutôt que de créer des dédoublements? Je crois que le sénateur Black a soulevé également la question.

Comment élaborer un bon programme qui soit efficace et novateur, sans créer de dédoublement et sans imposer un fardeau réglementaire supplémentaire aux producteurs dans le secteur des engrais?

M. Annau : Nous devrions déterminer ce qui fonctionne bien et le renforcer. Évidemment, le Fonds d’action à la ferme pour le climat, par exemple, a offert de nombreux incitatifs financiers aux exploitations agricoles pour qu’elles adoptent des pratiques exemplaires novatrices. Nous devrions donc nous appuyer sur cette base, l’élargir et permettre l’adoption de pratiques plus nuancées.

Dans notre cas, une plus grande variété de pratiques 4B, allant des niveaux de nutriments directs aux biostimulants potentiels, comme je l’ai dit, fonctionnerait bien à l’échelle des exploitations agricoles. Il serait judicieux de pouvoir inclure un éventail plus large de pratiques bénéfiques pour la santé des sols.

Mme King : Pourrais-je ajouter quelque chose à propos de votre observation sur le milieu urbain? Nous avons un programme, principalement en Ontario, qui vise à informer les propriétaires sur la manière d’utiliser, de partager et de conserver correctement leurs engrais, mais qui s’inscrit également dans l’approche 4B.

La sénatrice McBean : Cette information m’aurait été utile. La méthode d’épandage manuel n’était pas correcte. J’en ai tiré une leçon.

La sénatrice Muggli : J’ai rencontré aujourd’hui des producteurs de grains qui sont très préoccupés par les compressions budgétaires qui touchent certains centres de recherche.

Pensez-vous que le projet de loi insiste suffisamment sur les mesures relatives à la recherche qui y sont énoncées?

Ils ont fait valoir que si nous ne poursuivons pas nos activités de recherche-développement, nous ne pourrons pas rester à l’avant-garde et obtenir un rendement élevé, et c’est là que nous commencerons à perdre de l’argent et des agriculteurs.

M. Annau : Oui, j’adhère tout à fait au point de vue des agriculteurs. Il y a toujours moyen, surtout dans le cadre de la stratégie, de renforcer l’aspect recherche. Chez Fertilisants Canada, nous investissons beaucoup dans la recherche partout au Canada. Nous avons, par exemple, un réseau de recherche 4B composé de chercheurs qui nous fournissent des conseils sur notre politique fondée sur la science visant à garantir la poursuite de ces recherches. En ce qui concerne le secteur privé, c’est une priorité absolue pour nous. Il ne fait aucun doute que nous serions ravis que le projet de loi renforce cet aspect.

La sénatrice Muggli : Est-ce que le projet de loi le dit assez clairement? Il contient une disposition qui stipule que l’on doit favoriser des pratiques de gestion efficaces, notamment au moyen, premièrement, de programmes de recherche qui contribuent au développement et à l’application de pratiques durables de gestion des sols.

M. Annau : Bien sûr. Cela pourrait être dans le mot « favoriser » ou peut-être un terme plus fort. Oui. Peut-être.

La sénatrice Muggli : Je veux souligner que nous devons... J’ai presque l’impression que c’est la chose la plus importante à faire pour que tout le reste soit possible, mais...

M. Annau : « Soutenir ». N’importe quelle variante. Cela devrait également favoriser un certain nombre d’interprétations différentes.

La sénatrice Muggli : Oui. Ce n’est peut-être pas assez fort.

M. Annau : Oui, je suis d’accord. Je vous encourage à avoir différentes interprétations. C’est une bonne chose. Un pouce levé et un bon gazouillis représentent l’idée de « favoriser », mais...

La sénatrice Muggli : Oui. Il s’agirait peut-être de proposer un amendement favorable plus tard.

Vous avez dit que vous étiez ravis de voir que les sols étaient reconnus à titre de patrimoine national stratégique dans le projet de loi. Dites-moi pourquoi vous étiez ravis de le voir. Qu’est-ce que cela signifie?

M. Annau : Oui. Partout dans le monde, où nous travaillons avec un certain nombre d’organisations différentes, même dans l’Union européenne, par exemple, la notion de patrimoine stratégique revient souvent dans nos discussions. Nous nous sommes dit que nous allions nous assurer de le souligner. Nous allions parler de cet élément au gouvernement et nous assurer de l’inclure dans notre message. En lisant le projet de loi, nous avons vu qu’il était dans le texte. C’est excellent.

Mme King : Disposer de sols sains et investir dans leur préservation est essentiel pour la culture de nos aliments. Nous avons tous besoin de nourriture. Depuis très longtemps, l’industrie agricole canadienne doit faire davantage. Investir dans nos sols est l’une des premières étapes pour atteindre notre plein potentiel et devenir une superpuissance mondiale dans le domaine agricole. La reconnaissance des sols comme patrimoine national stratégique me semble tout à fait logique.

La sénatrice Muggli : Merci. Je me disais qu’il faudrait commencer notre rapport par un paragraphe exprimant toute notre passion pour le sujet. « Nous devons comprendre qu’il est question ici d’un patrimoine stratégique. »

Mme King : Oui, mais si nous n’avons pas de sols sains, nous ne pouvons pas cultiver les aliments dont nous avons besoin. Que ferons-nous, alors?

La sénatrice Muggli : Vous dites que l’on en parle davantage sur la scène internationale également.

Mme King : Oui.

La sénatrice Muggli : Il y a donc d’autres pays qui prennent conscience de leur importance.

M. Annau : Tout à fait. J’ai été très heureux de faire connaître le libellé du projet de loi et de souligner que la question prend de l’importance au Canada. C’était formidable à voir. Oui.

La sénatrice Burey : Merci de votre présence. J’ai deux ou trois questions à vous poser. Je trouve que le projet de loi est excellent, tout comme les travaux que nous avons accomplis sur les sols qui ont mené à la préparation de notre rapport intitulé Terrain critique. Je rebondis sur la question du sénateur Black au sujet de l’aide que vous offrez aux agriculteurs pour l’analyse des sols, la teneur en azote, l’eau et la matière organique.

Nous avons eu la chance de nous rendre en Saskatchewan et en Alberta dans le cadre de nos recherches pour Terrain critique. Au Collège Olds, nous avons pu constater tout cela.

J’ai été frappée par la question des petits agriculteurs et la manière dont ils accèdent à toutes ces données qui leur permettront d’améliorer leurs pratiques exemplaires de gestion en utilisant un système comme le vôtre. L’une des choses auxquelles nous avons été confrontés, l’une des choses que j’ai entendues, c’est « nous n’avons tout simplement pas les fonds, nous ne pouvons pas obtenir les données ». Le projet de loi sur la stratégie relative aux sols s’appliquera-t-il aux petits agriculteurs qui ont plus de mal à obtenir les données et à améliorer leurs rendements? Veuillez me faire part de vos observations à ce sujet.

M. Annau : Bien sûr. Cela concerne même la méthode utilisée pour recueillir les données. Par exemple, il existe des équipements agricoles de précision qui permettent une collecte de données avancée. Le GPS permet d’éviter les chevauchements excessifs lors de l’épandage d’engrais, ce qui réduit le compactage du sol. Ainsi, la technologie agricole de précision est bénéfique pour les sols. Évidemment, l’investissement peut être assez important. Il y a sept ans, en 2019, dans ce que nous appelons « le temps d’avant », un rapport indiquait que des exploitations agricoles de 500 acres ou moins n’auraient probablement pas les moyens de se procurer ce type d’équipement. Il serait donc utile de rendre cette technologie de pointe plus abordable, et même de faciliter l’accès à des sources de financement si cela passe par le Fonds pour les technologies propres en agriculture. Il faut que ce soit une option.

La sénatrice Burey : Pensez-vous que ce projet de loi pourrait contribuer aux efforts en ce sens? Je pose la question parce qu’on nous a notamment fait valoir que c’est tout simplement impossible pour les petits agriculteurs. Comme vous le savez, leurs marges sont nettement plus réduites. Nous voulons conserver le plus de terres agricoles possible. Je pense à la situation dans son ensemble, à l’amélioration des terres agricoles et au maintien des exploitations existantes. Estimez-vous que ce projet de loi pourrait être d’une grande utilité en améliorant les choses sur tous ces tableaux?

M. Annau : Je pense que oui.

La sénatrice Burey : Ma prochaine question porte sur les émissions. J’aimerais que vous nous parliez davantage des cibles en la matière. Qu’est-ce qui a mal tourné? Quels ont été les effets pervers et les conséquences indésirables?

M. Annau : Je vais devoir m’en remettre au document en espérant ne pas me tromper. Ce serait très embarrassant pour moi, vu que nous avons eu le privilège de coprésider avec Agriculture et Agroalimentaire Canada le groupe de travail à l’origine de la stratégie de réduction des émissions liées aux engrais. Sauf erreur, l’objectif fixé au départ était de 30 % d’ici 2030.

Le problème à l’époque était qu’une grande partie des émissions du secteur était attribuée aux expéditions et aux ventes d’engrais. Il s’agissait des données d’entrée qui devaient être fournies par Statistique Canada. Les gens de l’industrie savaient pour leur part que c’est la façon dont on épand l’engrais — à quel moment, suivant quel dosage, à quel endroit, etc.; les 4B en fait — qui détermine le niveau des émissions.

On tentait d’estimer les émissions en fonction de la quantité d’engrais expédiés et vendus, alors que cela dépendait essentiellement de la manière dont ces engrais étaient utilisés. Ainsi, même si l’on parle explicitement d’une cible pour les émissions liées aux engrais, on s’intéresse en fait à la réduction de l’utilisation d’engrais à la lumière de paramètres très concrets. Nous voulons donc nous assurer que les meilleures pratiques utilisées par les agriculteurs, comme les 4B, et leur contribution à la réduction des émissions, sont mises en valeur dans notre rapport national sur les émissions, de telle sorte que ce soit clair pour tout le monde, et surtout dans notre rapport aux Nations unies.

Mme King : Je peux vous dire que lorsque cette cible a été annoncée, il n’y a pas eu de consultation sur la façon dont on devait parvenir à l’atteindre. On s’attendait simplement à ce que l’industrie fasse le nécessaire. Je tiens à rappeler aux fins du compte rendu que cela devait se faire sur une base volontaire.

Cependant, l’industrie agricole et le secteur des engrais ont été très proactifs pour assurer la durabilité, notamment au moyen des pratiques utilisées. Au lieu de venir nous voir pour nous demander : « Qu’est-ce que nous devrions mettre dans le rapport? Comment pouvons-nous collaborer avec vous pour y parvenir? Nous cherchons à atteindre cet objectif. Comment pouvons-nous y arriver? » Ils nous ont simplement dit : « Nous visons cette cible », avant d’ajouter : « Faites en sorte que cela se produise. »

Il est donc important de consulter l’industrie et de bien saisir la teneur des programmes déjà en place, comme les 4B, et les mesures qui pourraient y être intégrées. Ce sont des aspects primordiaux. Je sais bien sûr que vous entendez actuellement divers témoignages à ce sujet, et que plusieurs éminents spécialistes comparaîtront devant vous jeudi. Je constate donc que vous faites déjà ce qu’il faut en menant des consultations pour chercher à déterminer ce que l’on devrait retrouver exactement dans ce projet de loi. C’est très apprécié, du moins de notre côté.

M. Annau : Vous posez les bonnes questions.

La présidente : Lorsque cet objectif de réduction de 30 % a été annoncé, je me souviens d’avoir entendu quelqu’un dire que c’était comme si l’on vous disait que vous deviez perdre 30 % de votre poids, mais sans vous indiquer combien vous pesez. Ensuite, il y a toutes ces nuances quant à la source et au taux d’émission.

J’aimerais vous poser quelques questions à ce sujet, si vous me le permettez. Premièrement, la sénatrice Sorensen vous a parlé de la technologie. Il y a toute une série d’avancées technologiques intéressantes dans le domaine des engrais. Je pense à une solution écologique comme l’ESN, et je ne sais pas si vous pourriez nous indiquer brièvement de quoi il s’agit.

J’aimerais également que vous preniez une minute pour nous parler des protocoles d’entente que vous avez signés en précisant avec quelles entités vous avez eu ces échanges et quel en a été le résultat. Je sais que certains de ces protocoles sont en vigueur depuis assez longtemps déjà. J’aimerais comprendre comment l’industrie s’est approprié cette démarche de votre point de vue.

M. Annau : L’ESN est un engrais à libération lente. Il est libéré suivant un rythme calculé pour satisfaire aux besoins réels en nutriments du type de sol cultivé. Je dirais que c’est l’une des principales innovations à avoir été lancée au cours des dernières années. Il va de soi que nous n’avons pas cessé de faire pression pour obtenir le soutien nécessaire à son utilisation, surtout par les différentes exploitations agricoles. Nous avons constaté avec le Fonds d’action à la ferme pour le climat que certaines solutions ont bénéficié d’un soutien plus senti, et nous aimerions que l’on rectifie le tir si de nouveaux projets en viennent à être financés.

La présidente : Pour le commun des mortels, j’utiliserais la comparaison entre une friandise Smartie et un chocolat Kisses de Hershey non enveloppé dans votre poche. Lequel va fondre le plus vite? Pour moi, l’engrais ESN est une pastille d’azote recouverte de polymère qui ne disparaît pas dès qu’il pleut. On le met dans le sol avec la semence et il est conçu pour être libéré au moment où la culture en a besoin. Donc, au lieu de voir le chocolat Kisses faire un gâchis dans votre poche au mauvais moment, vous avez le revêtement de la Smartie qui la garde intacte jusqu’à ce que vous en ayez besoin.

M. Annau : C’est une excellente analogie que je m’empresse de prendre en note, madame la sénatrice.

La présidente : C’est le genre de technologie dont nous parlons. C’est à la fois compliqué et simple; c’est vraiment très intéressant. Désolée, je vous ai interrompu. Vous étiez sur le point de parler des protocoles d’entente.

Mme King : Fertilisants Canada a reconnu, aux alentours de 2011, que nos meilleurs partenaires pour l’adoption de la gestion 4B étaient les instances provinciales responsables, car les sols ne sont pas les mêmes partout. Les besoins à l’Île-du-Prince-Édouard sont très différents de ceux en Ontario, et aussi très différents de ceux en Colombie-Britannique. Et même en Ontario, la situation peut différer d’une région à l’autre quant aux moyens à prendre pour l’optimisation des sols. Les partenaires provinciaux sont donc les mieux placés pour nous aider à mettre en œuvre notre programme des 4B.

En 2013, nous avons signé notre premier protocole d’entente avec la province de l’Île-du-Prince-Édouard. C’était avec la Fédération de l’agriculture de l’Île-du-Prince-Édouard, la Commission de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard, la Kensington North Watersheds Association et le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, parce qu’il était également très important pour nous d’obtenir l’adhésion du gouvernement à l’égard des 4B. Nous avons créé un groupe de travail pour discuter des pratiques exemplaires sur l’île ou ailleurs, afin de favoriser la mise en œuvre des meilleures pratiques 4B pour ces types de sols et de donner aux détaillants des conseils qu’ils peuvent transmettre à leurs clients agriculteurs.

Depuis 2013, nous avons signé un certain nombre de protocoles d’entente pour la gérance 4B. Nous en avons ainsi un avec le Québec, non pas avec le gouvernement provincial, mais avec l’association locale de détaillants de produits pour l’agriculture. En Ontario, nous avons un groupe assez solide qui réunit le gouvernement, les céréaliers membres de Grain Farmers of Ontario, la Fédération de l’agriculture de l’Ontario et la Fédération des agriculteurs chrétiens de l’Ontario. Nous avions intégré un bassin versant à ce partenariat, mais je ne sais plus trop ce qu’il en est exactement. Au Manitoba, c’est le gouvernement du Manitoba et Keystone Agriculture Producers. En Saskatchewan, il n’y a que le gouvernement de la province. Notre plus récent protocole d’entente a été conclu l’an dernier avec Alberta Grains et le gouvernement de l’Alberta.

Nous sommes tous déterminés à faire en sorte que les agriculteurs bénéficient des meilleures pratiques de gestion des sols en sachant ce qu’ils font avec leurs engrais. L’équipe de M. Annau administre donc tous ces protocoles d’entente. Dans chacun des cas, on s’emploie, sous l’égide d’un comité directeur, à éduquer les détaillants agricoles locaux. Nous avons notre programme de désignation 4B que j’ai mentionné. Nous avons donc des agronomes certifiés 4B qui se rendent sur place et établissent un plan de gestion des nutriments dans les exploitations agricoles.

En Ontario, c’est un peu différent. Il s’agit d’un programme de certification dans le cadre duquel les détaillants sont soumis à une vérification. Nous avons établi un cadre assez solide pour notre travail avec les provinces qui est vraiment crucial. Merci de votre leadership à cet égard, madame la présidente.

La présidente : Nous passons à notre deuxième tour de questions.

Le sénateur McNair : Monsieur Annau, vous avez mentionné à quelques reprises que les données doivent être de qualité, sans quoi elles ne valent pas grand-chose pour vous. Je sais que votre organisation mène un sondage sur l’utilisation des engrais. Pouvez-vous m’en décrire l’utilité pour les producteurs et les cultivateurs? Mais avant d’en arriver là, par simple curiosité, je vois que toutes les provinces du Canada, à l’exception de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, sont inscrites sur la liste pour ce qui est de l’utilisation des engrais. Est-ce parce que vous n’avez pas signé de protocoles d’entente avec ces deux provinces?

Mme King : Nous avions une entente avec le Nouveau-Brunswick. Elle est arrivée à échéance, et nous ne l’avons tout simplement pas renouvelée. Mais nous sommes toujours à la recherche de nouveaux partenaires. Nous n’avons pas non plus de protocole d’entente en Colombie-Britannique. Nous y travaillons, et j’espère que nos efforts porteront fruit. Il en va de même pour la Nouvelle-Écosse. Nous avons eu des discussions, mais nous avons simplement accordé la priorité à d’autres régions.

Le sénateur McNair : Faut-il en conclure qu’il n’y a tout simplement pas d’intérêt pour l’adoption du système 4B?

M. Annau : C’est peut-être aussi simplement attribuable au temps nécessaire pour participer au sondage qui vise essentiellement à sensibiliser les agriculteurs et à élargir la clientèle. S’ils ont le temps pendant les mois d’hiver, en particulier de novembre à janvier, de répondre à l’enquête sur l’utilisation des engrais, ils peuvent profiter de cette occasion qui leur est offerte. Nous souhaiterions en faire davantage à ce chapitre. Nous collaborons avec le ministère dans le cadre du programme Agri-science pour mettre au point une application afin d’étendre l’enquête à un plus grand nombre de régions au Canada et à un plus grand nombre de cultures de manière à obtenir des données encore plus précises.

Pour ce qui est de l’utilité de ce sondage, il est certain que nos membres nous donnent un aperçu des quantités d’engrais utilisées, de la source, des meilleures pratiques mises en place, ainsi que des perceptions de l’industrie à l’égard du programme 4B et de la question consistant à savoir s’ils appliquent eux‑mêmes les critères 4B directement dans leur exploitation ou s’ils font appel à des experts du programme qui les guident dans cette démarche. Nous avons ainsi une meilleure idée des moyens à mettre en œuvre pour mieux cibler nos efforts en matière d’éducation. C’est une ressource très précieuse pour nous sur le plan stratégique et aussi du point de vue de nos détaillants membres. En outre, les exploitants agricoles peuvent savoir à quels endroits au Canada les différentes pratiques exemplaires sont mises en place au Canada, quels types d’engrais sont utilisés et en quelle quantité.

Nous avons recours à l’entreprise Stratus AG Research qui mène le sondage pour nous et compile les données d’une année à l’autre, en effectuant la publication initiale de ces renseignements avant de produire un rapport général au printemps. Mais c’est fondé sur le principe de l’autodéclaration. Les agriculteurs sont très généreux de leur temps quand vient le moment de nous parler de l’usage qu’ils font des engrais à la ferme. À ce titre, si nous voulons bénéficier d’un niveau plus précis de données fournies par les producteurs, nous cherchons à leur offrir cet incitatif direct. Les protocoles de compensation sont importants à cet égard. Ainsi, nous maintenons un protocole de compensation pour la réduction des émissions d’oxyde nitreux, un incitatif économique direct pour les producteurs disposés à nous communiquer des données atteignant le degré de précision recherché.

Le sénateur McNair : Avez-vous pu assister en quelque sorte à des conversions alors que des gens qui ne croyaient pas nécessairement au départ aux vertus des 4B, ou qui avaient certaines hésitations, se sont rendu compte que cela fonctionnait bel et bien?

M. Annau : Tout à fait. Il y a effectivement eu de ces moments de révélation où ce sont principalement les perceptions qui ont changé. Les agriculteurs peuvent en effet constater un rendement économique amélioré, ce que nous ne manquons pas de faire valoir dans nos propres messages. Dans le contexte de l’adoption d’une perspective plus axée sur l’économie à l’échelle du gouvernement fédéral, nous comptons déterminer plus précisément et communiquer plus largement les avantages financiers que peuvent procurer les 4B. Sans négliger pour autant les aspects environnementaux, nous voulons nous assurer que les gens comprennent bien qu’il est rentable de le faire.

Le sénateur McNair : Comme la sénatrice McBean, je me demandais si le programme 4B était fondé sur la science : la bonne source, le bon moment et le bon endroit. Ajoutez à cela les chocolats Kisses de Hershey et les Smarties, et vous avez...

M. Annau : Il ne faut pas oublier les Smarties.

Mme King : En ce qui concerne l’enquête sur l’utilisation des engrais, j’ajouterais que nous avons un groupe avec lequel nous travaillons pour nous assurer que nous posons les bonnes questions et que nous interprétons correctement les réponses qui nous sont données. Nous essayons aussi de mettre en valeur l’apport de ce groupe.

Si la chose vous intéresse, nous publions chaque année les résultats et les données brutes. Tout cela est disponible sur demande, et nous tentons de faire un suivi pour savoir qui sont les intéressés.

Le sénateur McNair : Vous êtes assez généreux en matière d’accès.

Mme King : Oui.

La sénatrice Muggli : La Chambre des communes va nous soumettre un autre projet de loi sur la prévision des sécheresses et des inondations. J’aimerais savoir à quel point vous estimez important de pouvoir prévoir les sécheresses et les inondations. Dans quelle mesure cela peut-il être bénéfique pour la santé des sols en facilitant la planification des épandages? Recueillez-vous ce genre de données, ou y avez-vous accès?

M. Annau : Nous faisons de notre mieux, surtout dans le cadre de notre programme de certification en Ontario. L’un des dossiers vérifiés au niveau de la vente au détail recense le moment où l’engrais est épandu.

Les prévisions locales sont prises en compte pour s’assurer que l’on ne procède pas à l’épandage juste avant une forte pluie qui va tout emporter, et ce, à grands frais pour l’agriculteur. Il va de soi que l’on veut aussi éviter les répercussions environnementales du ruissellement. C’est quelque chose qui est absolument...

La sénatrice Muggli : Je parle des prévisions à plus long terme, soit de la capacité de prédire ce qui va se passer dans les mois à venir, surtout pour ce qui est des sécheresses.

M. Annau : C’est quelque chose qui serait extrêmement bénéfique pour nous, mais nous ne nous sommes pas encore penchés sur la question. Je vais essayer de voir ce qu’il en est, notamment pour ce qui est de la synchronisation des efforts.

La sénatrice Muggli : Bien. Merci.

La présidente : Êtes-vous au courant de ce qui s’est passé — je pense que c’est arrivé en deux occasions — à l’Île-du-Prince-Édouard, où une sécheresse a persisté tout au long de la saison? Les semences ont été mises en terre; des engrais ont été ajoutés dans le semoir; il n’y a pas eu de pluie; rien n’a poussé; et au moment des piètres récoltes à la fin de la saison de croissance, il y a eu un problème avec les données sur le sol. Lorsque des échantillonnages ont été effectués, il y avait encore dans le sol de l’engrais non dissous sous forme de perles.

Je pense à la question de la sénatrice Muggli sur la prévision des sécheresses à long terme qui pourrait être très utile, mais seulement si elle offre un bon degré de précision. Je ne sais pas si vous avez quelque chose à dire à ce sujet.

M. Annau : C’est un aspect que nous voyons dans le projet de loi qui prévoit un soutien à la recherche. Cela pourrait certes prendre la forme d’une prévision à long terme des sécheresses ou des pluies excessives, ce qui serait à n’en pas douter une priorité à privilégier dans tout effort de recherche.

La présidente : Nous vivons constamment de tels événements qui sont censés ne se produire qu’une fois tous les 700 ans. Si je comptabilise ceux dont j’ai eu connaissance de mon vivant, je devrais avoir environ 43 000 ans aujourd’hui.

Mme King : Parmi les critères 4B, bien des gens se préoccupent surtout de la source et du dosage, pendant que la question du moment choisi est négligée parce qu’on s’imagine bien la maîtriser. Mais le fait d’avoir un peu plus de prévisibilité serait en fait extrêmement bénéfique. Il serait peut-être temps de nous concentrer sur la question du moment retenu.

La présidente : Ma dernière question est la suivante : vous avez parlé de conseillers agricoles certifiés, et je pense aussi de planificateurs en gestion des nutriments. Vous avez mentionné un troisième groupe spécialisé dont je ne me souviens pas. Pouvez-vous nous parler de ces désignations? Pourquoi existent-elles? Comment se concrétisent-elles, notamment pour ce qui est de l’obtention et du maintien de la certification? Est-ce une initiative de l’industrie?

M. Annau : Oui, tout à fait. Les conseillers agricoles certifiés se distinguent quelque peu de notre désignation 4B. Si je comprends bien, il s’agirait de fournisseurs de conseils généraux en matière de cultures.

Je ne suis pas moi-même un conseiller agricole certifié et — c’est un peu gênant — je n’ai pas non plus la désignation 4B, mais ce sont les qualifications préliminaires à obtenir pour entreprendre notre formation.

Il s’agirait de combiner ces conseils agricoles généraux avec les conseils de niveau supérieur 4B qui devraient être appliqués à l’échelle de l’exploitation agricole. Cela concernerait les conseillers agricoles certifiés ainsi que les agrologues professionnels, selon la province ou le territoire.

En Ontario, nous avons des spécialistes de la gestion des nutriments, un type de spécialisation 4B qui serait également une formation de haut niveau permettant d’obtenir la désignation 4B.

Chaque province ou territoire détermine les qualifications essentielles requises, leurs chevauchements et leurs correspondances.

Mme King : À mon avis, un conseiller agricole certifié est — je vais faire une comparaison plus tard avec les désignations 4B — un héros que peu de gens connaissent au Canada. On ne pense probablement pas à eux jusqu’à ce que leur présence soit nécessaire sur l’exploitation agricole.

Devenir un conseiller agricole certifié, c’est presque comme devenir un avocat. Il faut passer un examen. Je ne me souviens pas des statistiques, mais la dernière fois que j’ai vérifié, le taux de réussite au premier essai à cet examen n’était pas très élevé, car c’est un examen extrêmement difficile.

Obtenir cette qualification est un grand honneur. Je ne suis pas non plus une conseillère agricole certifiée, mais j’ai énormément de respect pour le travail que font ces gens.

Leur formation ne s’arrête pas là. Chaque année, ils doivent obtenir un certain nombre de crédits d’éducation permanente, ou CEP. Ils doivent toujours s’informer des dernières tendances pour connaître les meilleures façons d’aider leurs agriculteurs. Ils jouent un rôle essentiel dans la santé des sols et l’industrie agricole.

Dans le cadre de certains de nos cours désignés, dont M. Annau a parlé, nous offrons des CEP parce qu’il faut beaucoup de temps pour suivre certains des cours de la désignation 4B. C’est le résultat final, mais ils sont extrêmement importants.

M. Annau : Dans le cadre de notre processus continu, nous communiquons les crédits d’éducation permanente aux conseils régionaux de conseillers agricoles certifiés pour s’assurer que les conseillers agricoles certifiés sont reconnus.

La présidente : Je suis gênée de le dire, mais je suis conseillère agricole certifiée. Vous avez très bien expliqué cette désignation. Il faut effectivement passer un examen régional et international, réussir ces deux examens, puis obtenir 40 crédits d’éducation permanente par année, c’est-à-dire par cycle. Il faut aussi respecter de nombreuses exigences dans chaque catégorie, par exemple la gestion des nutriments, le sol et l’eau, et bien d’autres.

C’est une initiative de l’industrie. C’est la réponse de l’industrie au fait que les services de vulgarisation ont plus ou moins été éliminés par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux. Les fonds nécessaires pour ces services n’étaient plus disponibles, mais l’industrie a compris que les producteurs avaient besoin de spécialistes qui pouvaient leur faire des recommandations.

Ces relations ne datent pas d’hier. Un conseiller agricole certifié tient à s’assurer qu’il... Ces conseillers ont prêté serment. Ils veulent formuler des recommandations appropriées aux producteurs, car ils veulent que ces producteurs soient toujours en activité l’année suivante lorsqu’ils retourneront leur vendre d’autres produits.

Le sénateur McNair : Je présume que cela vise des cultures précises.

La présidente : Non.

Le sénateur McNair : Cela concerne donc l’ensemble des cultures?

La présidente : Cela concerne l’ensemble des cultures. Cependant, un conseiller agricole certifié tient compte de la composante régionale lorsqu’il formule ses recommandations.

La sénatrice McBean : Y a-t-il suffisamment de conseillers agricoles certifiés?

La présidente : C’est une bonne question, sénatrice McBean.

La sénatrice McBean : Non, y en a-t-il suffisamment?

Mme King : Je ne connais pas la réponse à cette question, mais je vous reviendrai là-dessus.

La présidente : Il y a différents types de conseillers. Il y a les agronomes professionnels et les agrologues, et les agronomes professionnels ne sont pas en reste. Comme lorsque vous consultez une infirmière praticienne, il y a différents intervenants dans ce domaine.

C’est une bonne question. Nous entendrons bientôt des témoins de la Fédération canadienne de l’agriculture. Si nous les avertissons que nous leur poserons cette question, ils pourront peut-être y répondre lors de leur comparution.

C’est ce qui met fin aux questions. Merci beaucoup. Merci d’avoir pris le temps de comparaître devant le comité aujourd’hui. C’était une séance très informative, et nous vous sommes reconnaissants de votre contribution à l’étude de ce projet de loi.

Je rappelle également aux honorables sénateurs que le comité doit commencer l’étude article par article du projet de loi jeudi matin après avoir entendu un dernier groupe de témoins. Les membres qui envisagent de proposer des amendements ou de faire des observations sont invités à les envoyer à l’avance à la greffière et à autoriser leur communication au comité. Veuillez noter que ces documents seront traités de manière confidentielle et qu’ils ne seront pas communiqués aux autres membres du comité avant la réunion, à moins que la greffière ne soit autorisée à le faire. Cela permettra certainement d’accélérer notre processus. Les membres qui ne souhaitent pas fournir ces documents à l’avance sont priés d’en apporter 20 exemplaires dans les deux langues officielles pour les distribuer lors de la réunion.

Merci aux interprètes, aux pages, au personnel de soutien, aux techniciens et à toutes les personnes qui veillent à ce que nous, les sénateurs, puissions effectuer nos travaux en comité en temps opportun.

(La séance est levée.)

Haut de page