LE COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES PEUPLES AUTOCHTONES
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, le mercredi 15 avril 2026
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se réunit aujourd’hui, à 18 h 53 (HE), avec vidéoconférence, pour étudier le projet de loi S-225, Loi instituant la Journée nationale de Thanadelthur; et à huis clos, pour étudier, afin d’en faire rapport, les évènements Voix de jeunes leaders autochtones.
La sénatrice Michèle Audette (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
La présidente : [mots prononcés en innu-aimun]. Vous venez de très loin. [mots prononcés en innu-aimun] le peuple anishinabe.
[Traduction]
Avant de commencer, nous savons tous, en tant que sénateurs, que nous devons prendre soin des personnes extraordinaires derrière nous qui font l’interprétation et la traduction de cette réunion, alors assurons-nous de ne pas approcher l’oreillette trop près du microphone, de l’iPhone ou du iPad. Si nous ne l’utilisons pas, nous pouvons la poser sur l’autocollant placé sur la table. Merci.
J’ai mentionné en innu-aimun le peuple anishinabe, gardien de ce territoire. Je le remercie, comme je remercie les ancêtres qui ont vécu ici, qui nous accueillent sur le territoire non cédé de la nation anishinabe, ainsi que de nombreuses autres nations également, les Premières Nations, les Métis, les Inuits, les Canadiens et quelques Québécois — dont moi, à moitié, je dirais — de toute l’île de la Tortue.
Je m’appelle Michèle Audette, je suis une Innue de Mani-Utenam et je suis présidente du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones.
J’aimerais inviter mes merveilleux collègues à se présenter.
La sénatrice Karetak-Lindell : Nancy Karetak-Lindell. Je représente le Nunavut.
La sénatrice Pate : Kim Pate. Je vis ici, sur le territoire non cédé et non restitué de la nation algonquine anishinabe.
La sénatrice McPhedran : Marilou McPhedran, sénatrice indépendante du Manitoba, qui correspond au territoire du Traité no 1, patrie de la nation métisse de la rivière Rouge.
La sénatrice McCallum : Sénatrice Mary Jane McCallum. Je suis heureuse de vous revoir. J’ai hâte de vous entendre. Je viens de la région du Manitoba.
La sénatrice Clement : Bernadette Clement, de l’Ontario. Je viens de Cornwall, en Ontario, qui se trouve sur le territoire traditionnel du peuple mohawk d’Akwesasne.
Le sénateur Tannas : Scott Tannas, de l’Alberta.
La sénatrice Sorensen : Karen Sorensen, de l’Alberta, parc national Banff, territoire du Traité no 7.
La sénatrice Greenwood : Margo Greenwood. Je suis une Nihio du territoire visé par le Traité no 6, dans ce qu’on appelle maintenant le centre de l’Alberta. Je viens de la Colombie-Britannique.
[Français]
La présidente : Merci beaucoup.
[Traduction]
Je tiens également à remercier les personnes qui sont venues hier et qui ont été des témoins extraordinaires. Je vous souhaite de nouveau la bienvenue au comité APPA.
C’est un grand honneur de poursuivre notre étude du projet de loi S-225, Loi instituant la Journée nationale de Thanadelthur.
Aujourd’hui, les témoins se joignent à nous par vidéoconférence. Vous entendrez un mélange de français et d’anglais quand je vous parlerai.
Nous accueillons Rosalie Tsannie-Burseth, éducatrice, consultante en éducation, professeure et historienne, de la Première Nation dénésuline de Hatchet Lake. De plus, à titre personnel, nous accueillons Florence Hamilton, fondatrice et propriétaire de Dene Routes.
Merci d’être ici avec nous. Même si c’est en mode virtuel, nous vous entendrons et sentirons votre esprit présent dans cette salle. Nous pouvons commencer par la déclaration préliminaire de Mme Tsannie-Burseth.
Rosalie Emilie Tsannie-Burseth, éducatrice, consultante en éducation, professeure, historienne, Première Nation dénésuline de Hatchet Lake : Bonjour. Je tiens à saluer cette éminente assemblée de sénateurs. Je m’excuse, vos noms ont défilé trop vite.
Je tiens à saluer les chefs qui sont là : Lucy Antsanen, ma collègue et amie; Modest Antsanen, mon ami et cousin; et d’autres représentants dénés. Je vois que Florence Hamilton est aussi ici aujourd’hui. Je suis très contente de vous voir.
C’est un grand jour, aujourd’hui, car nous rendons hommage à une personne dont la personnalité influence positivement la communauté dénée depuis plus de trois siècles.
Tout d’abord, je tiens à remercier la sénatrice Mary Jane McCallum de son engagement inébranlable à reconnaître la contribution de Thanadelthur.
[Mots prononcés dans une langue autochtone].
Je m’appelle Rosalie Tsannie-Burseth. Je viens de la Première Nation des Dénésulines de Hatchet Lake, dans le Nord de la Saskatchewan. Je me trouve sur le territoire du Traité no 10. Je continue d’apprendre toute ma vie.
J’ai préparé des notes, comme je le fais depuis longtemps. J’ai étudié Thanadelthur et j’ai écouté les aînés raconter son histoire.
Thanadelthur a été capturée par les Cris en 1713. Sa famille et elle chassaient dans les Barrenlands, à proximité de Chesterfield Inlet et d’Eskimo Point, maintenant connu sous le nom d’Arviat. Elle et une autre jeune femme dénée ont été capturées. Elles ont été gardées en captivité par un chef cri.
Thanadelthur et son amie dénée ont toutefois réussi à s’enfuir. Selon l’histoire orale transmise par les aînés, elle a suivi les Cris jusqu’à leur poste, tandis qu’une autre version laisse entendre qu’elle et son amie ont fui pendant que leur ravisseur assistait à une réunion tribale. Pendant leur fuite, son amie est décédée quelques jours avant que Thanadelthur ne croise la route d’hommes de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui chassaient l’oie près du fort.
Épuisée, au bord de la famine, elle s’est effondrée près de Ten Shilling Creek. Au départ, l’un des chasseurs pensait que c’était un animal, mais lorsqu’il a perçu un mouvement, il s’est approché et l’a découverte. Les hommes l’ont emmenée dans le fort pour qu’elle se rétablisse.
Pour ceux qui s’intéressent à la fiction inspirée de récits historiques et d’archives, le roman Running West de James Houston présente un récit romancé de son histoire, qui comprend des descriptions des cérémonies et des traditions dénées.
Très rapidement, James Knight s’est rendu compte qu’elle serait un atout pour l’entreprise. Elle portait une amulette en or. Il l’a interrogée à ce sujet. Elle a raconté à Knight combien il y avait d’or, de cuivre et de richesses sur sa terre natale. Le gouverneur James Knight avait un plan. Il souhaitait réunir les Dénés et les Cris dans des négociations de paix. Pendant cette période, les conflits intertribaux étaient répandus, et les Cris possédaient des armes à feu et des outils essentiels. Les Cris empêchaient délibérément les Dénés de participer au commerce, les gardant à distance jusqu’à ce qu’une jeune femme intervienne et fasse sa marque dans l’histoire du Canada.
Thanadelthur est déterminée à remplir sa mission. Pendant sa captivité, elle a observé les armes et les outils utilisés par les Cris et s’est rendu compte de leur utilité pour son peuple. Elle souhaite ardemment une vie meilleure pour eux.
Elle dirige l’expédition avec William Stuart, qui est chargé de protéger Thanadelthur en raison de l’hostilité des Cris à son égard. Thanadelthur gère tous les aspects de cette « marche pour la paix », s’appuyant sur ses enseignements traditionnels pour guider le groupe, le jour comme la nuit. Lorsqu’ils arrivent sur le territoire déné, elle reconnaît aisément le paysage boréal du Nord. La terre elle-même, ainsi que les récits ancestraux transmis de génération en génération, lui permettent de s’orienter, car ces descriptions ont longtemps guidé le peuple déné.
Les récits oraux sont au cœur de son histoire. Une grande partie de ce qu’a vécu Thanadelthur n’est toujours pas consignée dans les archives et la littérature. Son histoire reste gravée dans la mémoire du peuple déné. Elle est chérie par sa communauté, et des aînés racontent divers récits de sa vie.
Lorsqu’elle découvre que ses proches ont été massacrés, la rage s’empare d’elle. William Stuart et les Cris ne veulent pas aller plus loin. Ils ont une peur bleue des Dénés. Même si les Cris ont des armes à feu, ils craignent les Dénés. Avec leur force et leur précision dans l’utilisation des lances, ils savent que la mort les guette. Le temps qu’ils chargent leur mousquet, la lance aura atteint sa cible. Stuart déclare : « Cette mission est terminée; nous ne pouvons pas aller plus loin. C’est maintenant une cause perdue. » Thanadelthur intervient et demande : « S’il vous plaît, accordez-moi 10 jours. Je vais retrouver les gens de mon peuple et les ramener avec moi pour une négociation de paix. » Cette requête laisse les Cris plutôt sceptiques. Étant la personne déterminée qu’elle est, elle les convainc de rester. On ne lui donne que 10 jours en lui disant : « Si tu n’es pas de retour le 10e jour, nous allons repartir sans toi. »
Ces 10 jours ne sont pas consignés dans l’histoire; ils sont gravés dans la mémoire des Dénés grâce à des récits oraux. Elle commence son parcours toute seule en pays déné. Cependant, il n’est pas chose facile de convaincre son peuple. Il lui faut toute sa force et sa capacité de persuasion pour parvenir à transmettre son message. Elle s’époumone à crier à son peuple [Le témoin s’exprime en langue autochtone] « C’est moi, Thanadelthur ». Quelqu’un finit par l’entendre. Un aîné dépêche deux éclaireurs pour savoir d’où vient cette voix. Les jeunes hommes l’aperçoivent au loin. Elle porte du rouge. Ils se cachent derrière des bancs de neige dont ils jaillissent lorsqu’elle arrive à proximité. Elle passe près de s’évanouir, et on se rend compte que c’est une Dénée. Quelqu’un dit : « Nous pensions que tu étais morte. » Les éclaireurs rentrent en courant pour dire aux aînés que c’est Thanadelthur qui revient. Ils se réjouissent grandement de la retrouver saine et sauve.
Thanadelthur annonce à son peuple qu’elle a apporté des cadeaux de la compagnie et l’exhorte à faire la paix avec les Cris, en leur garantissant que cela leur permettra de s’affranchir de la peur. Elle leur offre des outils, du thé, du sucre, du tabac, des limes et des haches, que les Dénés ne connaissaient pas. Un des aînés prédit que les cadeaux aideront, mais pourraient aussi apporter la maladie.
Au camp, on patiente pendant 10 jours. Stuart et les Cris attendent Thanadelthur, et le 10e jour, à la dernière heure, on vit un moment épique de l’histoire. Elle arrive au haut d’une colline surplombant le camp. [Le témoin s’exprime en langue autochtone] et s’exclame « Je suis de retour. » Elle semble seule; les Dénés sont maîtres dans l’art du camouflage. Elle appelle ses frères et sœurs, et ils surgissent de leur cachette dans les arbres.
Au début, les pourparlers de paix stagnent en raison d’une méfiance mutuelle. Thanadelthur rassemble tout le monde autour du feu pour partager un calumet. Elle pose la question : « De qui se souviendra-t-on parmi les gens ici présents lorsqu’on se réunira autour d’un feu dans les années à venir? »
Thanadelthur a droit à différents hommages à titre posthume. On s’assure d’honorer comme il se doit sa mémoire avec des récits oraux, surtout chez les Dénés qui lui doivent en quelque sorte leur survie.
Thanadelthur est considérée comme la première Dénée à être parmi les rares femmes à s’être taillé une place dans l’histoire du Nord canadien.
En 2000, Thanadelthur est reconnue par le gouvernement du Canada comme étant une personnalité d’importance historique nationale.
En 2003, elle est désignée modèle historique pour les jeunes par le gouvernement du Canada. Cette reconnaissance est le fruit d’une initiative pilotée par le Churchill Ladies Club et le chef Powderhorn des Dénés Sayisi.
En 2017, les Dénés Sayisi de Tadoule Lake, les Premières Nations dénésulines de Black Lake et de Hatchet Lake, et Parcs Canada se réunissent pour commémorer le 300e anniversaire de sa contribution au peuple déné.
En 2017, la mémoire de Thanadelthur est honorée par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada qui dévoile une plaque commémorative à Churchill, au Manitoba. La ministre responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna, déclare alors ce qui suit :
Je suis fière de la commémoration de Thanadelthur, une femme inspirante qui a joué un rôle primordial dans le renforcement et l’expansion de la traite des fourrures dans le Nord. Son histoire met en évidence les contributions importantes des femmes autochtones dans l’histoire de notre pays, et ses réalisations, découlant de sa propension à toujours chercher à rétablir la paix, sont une source d’inspiration pour nous tous. J’invite tous les Canadiens et Canadiennes à découvrir les histoires des personnages, des endroits et des événements qui ont façonné le Canada d’aujourd’hui et à se laisser inspirer par elles.
En 2019, le maire et les citoyens de Churchill rebaptisent « Thanadelthur Square » la place auparavant connue sous le nom de « Hudson Square ».
En 2026, je travaille avec une société cinématographique québécoise, Rebelles, qui produit une série de courts métrages mettant en lumière la vie de femmes rebelles qui ont trouvé le moyen d’enfreindre les règles pour améliorer le sort de leurs congénères. Thanadelthur a été choisie parmi les 10 femmes rebelles du Canada qui ont marqué l’histoire en se laissant guider par leur passion pour un monde meilleur. On va raconter l’histoire de Thanadelthur au moyen d’animations de collages en utilisant un mélange d’archives et d’images créées par l’intelligence artificielle pour illustrer son parcours. Ce court métrage de 14 minutes devrait être diffusé sous peu.
De nombreux courts essais ont en outre été rédigés par des élèves dénés de Wollaston Lake et de nombreuses autres communautés dénées.
En son honneur, nous portons du rouge le 5 février de chaque année.
D’abord et avant tout, nous devons nous assurer qu’elle reste présente dans le cœur du peuple déné. Son héritage mérite d’être préservé dans les archives, les livres d’histoire, les programmes éducatifs et les films.
En 2017, j’ai communiqué avec la Compagnie de la Baie d’Hudson pour demander que l’on érige une grande statue en son honneur, en reconnaissance du rôle important qu’elle a joué dans la prospérité de l’entreprise. Malheureusement, je n’ai jamais reçu de réponse, et je n’ai pas besoin de vous dire ce qui est arrivé depuis à la Compagnie de la Baie d’Hudson.
Thanadelthur était une superbe jeune femme dont l’apparence a joué un rôle dans sa survie, car les Cris épargnaient les femmes agréables à regarder. Suivant les descriptions que l’on en a faites, elle avait un visage plat et un teint cuivré avec de grands yeux de biche, un nez large et beau, des lèvres charnues et des cheveux noirs foncés. Le plus remarquable, c’était ses yeux remplis de détermination et d’une intensité rarement vue chez qui que ce soit, homme ou femme. Même si elle ne mesurait que cinq pieds, elle avait un esprit fort et refusait de se soumettre à quelque homme que ce soit, à une époque dominée par le patriarcat. Elle n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait et elle était respectée, voire crainte, par son entourage. Imaginez à quel point le Canada serait différent aujourd’hui si de telles qualités avaient été plus répandues.
Son combat était si important pour elle qu’elle a déployé tous ses pouvoirs et sa force de caractère pour établir la paix, ce qui lui a valu toute l’admiration des gens qui la connaissaient, y compris le commis de l’entreprise.
William Stuart était en effet rempli d’admiration. Il l’a décrite comme suit :
Elle a vraiment un esprit diabolique et je pense qu’il suffirait d’une cinquantaine de ses compatriotes masculins ayant la même fougue et la même détermination pour expulser de leur territoire tous les autres Indiens en Amérique.
Une jeune femme remarquable, profondément dévouée à son peuple, est apparue dans notre histoire pour avoir un impact durable sur le Canada, une réalisation digne de respect. Son engagement pour la promotion de la paix et son leadership lors d’une expédition devenue célèbre ont joué un rôle important dans la prospérité du Canada. En reconnaissance de ses contributions, elle mérite un prix Nobel de la paix et une journée nationale commémorant son apport.
J’appuie le projet de loi S-225, Loi instituant la Journée nationale de Thanadelthur, le 5 février.
Elle est mon héroïne, ma princesse, ma Cendrillon. Mahsi’cho. Merci.
La présidente : Merci beaucoup. Vous avez dit Rebelles parfaitement en français. Madame Hamilton, la parole est à vous.
Florence Hamilton, fondatrice et propriétaire, Dene Routes, à titre personnel : [Le témoin s’exprime dans une langue autochtone].
Bonjour, je m’appelle Florence et je suis une Dénée Sayisi.
Salutations aux honorables sénateurs, aux distingués invités et à toutes les personnes réunies autour de la table. Je tiens à remercier tout particulièrement la sénatrice Mary Jane McCallum de son travail et de son dévouement à l’égard de ce projet de loi. Vos efforts pour promouvoir cette reconnaissance sont très importants.
Je vous remercie, madame Tsannie-Burseth, de nous avoir fait bénéficier de vos vastes connaissances en nous rappelant l’histoire de Thanadelthur.
Je m’adresse à vous aujourd’hui en tant que Dénée du Nord du Manitoba, et je suis reconnaissante d’avoir l’occasion de prendre la parole pour appuyer le projet de loi S-225, Loi instituant la Journée nationale de Thanadelthur. Ce projet de loi demande que le 5 février soit reconnu comme une journée nationale de réflexion et de reconnaissance au Canada. C’est à cette date qu’est décédée en 1717 Thanadelthur, une jeune femme dénée dont l’histoire est consignée dans les journaux de la Compagnie de la Baie d’Hudson.
Son nom n’est peut-être pas très connu au pays, mais ses actions ont joué un rôle important dans les premières relations entre les nations autochtones et dans l’expansion du commerce de la fourrure dans le Nord.
Thanadelthur est décrite comme une jeune femme dénée qui a fait preuve d’un courage et d’une intelligence extraordinaires pendant une période d’incertitude et de changement. Elle s’est employée à maintenir la communication entre les Cris et les Dénés, contribuant ainsi aux efforts de paix et de compréhension mutuelle. Son rôle est également lié à l’ouverture des premières routes commerciales qui ont contribué à façonner le Nord et, en fin de compte, le Canada lui-même.
Même si ces documents existent, je tiens à souligner quelque chose d’important. Une grande partie de ce que nous savons à son sujet provient de récits écrits en dehors de nos traditions orales autochtones. Pour cette raison, son histoire est aujourd’hui comprise différemment par les divers peuples autochtones. En tant que membre des Dénés Sayisi, je respecte le fait que les différents peuples dénés peuvent avoir des points de vue différents sur la façon dont on devrait se souvenir d’elle.
Cette diversité de compréhension est réelle, et elle a son importance. Cependant, j’estime aussi qu’il y a de la place pour une reconnaissance commune.
Pour moi, c’est profondément personnel. Je n’ai pas grandi en me faisant raconter cette histoire. Ce n’est que plus tard, alors que je renouais avec mon identité dénée, mon histoire et mes traditions, que j’ai appris à connaître Thanadelthur. J’ai alors ressenti quelque chose que je cherchais depuis un bon moment. Je me suis mise à ressentir de la fierté : de la fierté à l’égard de sa force, de son courage et de ce qu’elle représente en tant que femme dénée.
Cela m’a fait réfléchir à quelque chose d’important. Si nos jeunes pouvaient grandir en apprenant des histoires comme celle-ci — des histoires qui reflètent qui ils sont et d’où ils viennent —, nous pourrions contribuer à bâtir un fort sentiment d’identité. Nous pourrions les aider à se sentir fiers. Et lorsque les jeunes sont fiers de qui ils sont, ils peuvent évoluer dans le monde en se sentant encore plus forts.
En reconnaissant la nécessité de commémorer le 5 février au moyen du projet de loi S-225, on ne réécrirait pas l’histoire; on en étendrait simplement la portée. Il s’agirait de reconnaître que l’histoire du Canada est incomplète si on n’inclut pas les femmes autochtones comme Thanadelthur. Cette journée nationale honorerait les femmes autochtones qui ont marqué l’histoire du Canada dans des rôles souvent négligés, mais profondément significatifs.
On créerait ainsi des possibilités d’en apprendre davantage aux gens sur les premières relations dans le Nord, l’époque de la traite des fourrures et les relations entre les nations autochtones et les premières entreprises commerciales. On concrétiserait la réconciliation non seulement par la parole, mais aussi par la reconnaissance, la visibilité et l’inclusion dans notre histoire nationale. On ferait en sorte que les générations futures comprennent que les femmes autochtones n’ont pas été passives dans l’histoire, mais qu’elles ont plutôt contribué activement à la fondation de ce pays.
Honorables sénateurs, le projet de loi S-225 ne concerne pas seulement le passé. Il s’agit de la façon dont nous choisissons de reconnaître l’histoire et de la faire évoluer. La reconnaissance de la Journée nationale de Thanadelthur ferait en sorte que l’on se souvienne d’elle non seulement dans les archives historiques, mais aussi comme faisant partie de l’identité vivante du Canada. Cela enverrait aux peuples autochtones, aux Canadiens et aux générations futures le message que ces récits sont fondamentaux et que les femmes autochtones sont importantes. Je vous demande respectueusement d’appuyer l’adoption du projet de loi S-225, Loi instituant la Journée nationale de Thanadelthur. Mahsi’cho .
La présidente : Merci beaucoup.
Je ne sais pas si vous avez entendu, mais les sénateurs viennent de vous applaudir toutes les deux pour votre beau message.
[Français]
Nous allons maintenant procéder aux questions et échanges avec les témoins, si les sénateurs et sénatrices veulent poser des questions.
[Traduction]
La sénatrice McPhedran : Merci aux personnes ici présentes et à celles qui sont avec nous en ligne.
J’aimerais revenir sur un point que l’on vient tout juste de soulever concernant la fierté que cette histoire peut inspirer aux jeunes. J’aimerais que vous nous en disiez plus long à ce sujet. Nous savons que nous avons une journée, une couleur et une histoire. Comment envisagez-vous d’utiliser ces éléments en mettant tout cela en commun pour en arriver au résultat dont vous avez parlé, à savoir d’inculquer une plus grande fierté aux jeunes, et dans quelle mesure le sort des jeunes pourrait s’en trouver amélioré?
Mme Hamilton : Pour ma part, comme je l’ai dit, j’ai grandi sans lien avec mon héritage déné, et ce n’est que plus tard dans la vie que j’ai repris contact et que j’ai retrouvé ma voix en renouant avec cet héritage qui m’a remplie de fierté. Maintenant, voici ce que je fais. Je travaille au sein de la communauté pour faire connaître son histoire et faire valoir l’importance d’apprendre qui nous sommes en tant qu’Autochtones.
J’ai parlé à des milliers de personnes, à des milliers de visiteurs qui sont passés par Churchill, et pas seulement des gens d’ici, mais aussi des gens qui viennent d’autres régions du monde. Certains me disent qu’ils ont des racines autochtones et, qu’après avoir entendu mon exposé, ils vont s’intéresser davantage à ce patrimoine en rentrant chez eux.
Je sais, grâce à mon expérience personnelle et à mes contacts avec la jeune génération, que vous allumez ainsi cette lueur dans leurs yeux, et qu’elle est dans leur cœur. Nos jeunes ont cette force et ce courage, comme Thanadelthur l’avait avant eux, mais ils ne le savent pas encore. Il faut faire ressortir tout cela.
La sénatrice McPhedran : Merci. Puis-je vous demander si vous avez participé à la désignation du Thanadelthur Square à Churchill?
Mme Hamilton : Dans une faible mesure. À l’époque, je travaillais au lieu historique national York Factory. Lorsque je suis rentrée à la maison, on s’apprêtait à rebaptiser la place en question. J’y ai joué un très petit rôle, simplement en étant présente. J’avais cru comprendre que ce travail était en cours.
La sénatrice McPhedran : Merci.
La sénatrice McCallum : Merci encore à tous d’être des nôtres, aussi bien ceux qui sont ici en personne que ceux qui témoignent en ligne.
Pourriez-vous nous dire pendant combien d’années vous avez gardé son histoire vivante, et combien de bandes ou de groupes locaux ont participé aux discussions pour en arriver à déterminer qu’une journée nationale était la meilleure façon d’honorer l’héritage de Thanadelthur? Quels autres modes de commémoration ont été envisagés? Vous en avez cité quelques-uns.
J’essaie simplement de donner au comité une idée de tout le travail accompli au fil de centaines d’années pour relayer oralement ce récit, mais aussi pour organiser des rassemblements comme celui lié au Traité no 10, avec notamment des visites dans différentes communautés. Pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet? Je vais poser la question à Mme Tsannie-Burseth. Nous étions ensemble à Brochet et à Lac Brochet.
Mme Tsannie-Burseth : J’ai grandi en écoutant les récits oraux concernant Thanadelthur. J’ai été élevée pour lui rendre hommage presque comme s’il s’agissait d’une héroïne de conte de fées. J’étudie son parcours depuis des années. J’ai enseigné à l’université. J’en ai parlé devant des enseignants et des étudiants autochtones qui s’intéressent à l’histoire des Premières Nations en général. J’ai toujours un chapitre sur Thanadelthur. Je transmets son histoire. Nous avons organisé les rassemblements du Traité no 10.
Je me souviens que la première fois que j’ai pris contact avec les gens de Churchill, c’était le 18 décembre, et je savais que le 300e anniversaire approchait à grands pas. J’ai donc cherché dans l’annuaire téléphonique ou j’ai fait une recherche dans Google, et j’ai trouvé le numéro pour Churchill. J’ai communiqué avec une personne de York Factory, et je lui ai dit : « Je suis vraiment curieuse de savoir ce que Churchill va faire pour Thanadelthur, car le 300e anniversaire de son décès est à nos portes. »
Après mon laïus à son sujet, on m’a dit : « Cela ne relève pas vraiment de notre service. Je vais vous mettre en contact avec Parcs Canada. » Ensuite, j’ai fini par parler à quelqu’un qui s’appelait Mike. Je devais parler vite. C’était presque le temps des Fêtes, et j’ai appelé la toute dernière heure. Je lui ai dit que je souhaitais vraiment rassembler les Dénés. Il a dit : « Oh, mon Dieu, il y a 10 minutes à peine, nous parlions justement de cela en nous demandant si des Dénés seraient intéressés par cette commémoration du 300e anniversaire, et vous avez téléphoné juste au bon moment. » C’est ainsi que tout a commencé.
Depuis, nous avons fait deux voyages à Churchill, et nous avons emmené quelques aînés. Ce qui m’a vraiment touchée au plus profond de mon cœur, c’est d’avoir emmené ces aînés. Nous les avons emmenés faire une excursion en mer, et nous sommes allés au fort. Certains aînés ont dit... Excusez-moi. J’ai été élevée — [mots prononcés dans une langue autochtone]. Les aînés m’ont élevée. Une aînée d’environ 76 ans m’a dit qu’elle avait entendu beaucoup d’histoires au sujet de Thanadelthur, mais que jamais elle n’aurait pensé venir là pour voir cet endroit et en apprendre au sujet de cette femme sous un angle différent. Cela m’a vraiment donné envie de poursuivre le travail que j’ai entrepris à son sujet.
En tant qu’enseignants — Lucy Antsanen et tous les enseignants présents ici aujourd’hui —, vous savez que votre objectif est d’inspirer les jeunes esprits. Parfois, si vous demandez aux élèves : « Qui est votre héros? », la réponse sera très probablement « Batman », mais j’ai en quelque sorte inversé la tendance en répondant : « Thanadelthur ». Elle devrait être notre héroïne.
Je le dis sur différentes tribunes. J’aimerais poursuivre les histoires orales. J’ai beaucoup d’histoires à raconter à son sujet, donc j’aimerais continuer dans cette voie. Raconter des histoires, c’est vraiment quelque chose. On inspire les enfants. On les a devant soi, et on leur parle de cette petite fille qui, au XVIIIe siècle, essayait de changer les choses pour son peuple déné, et qui faisait preuve de force et de résilience. Cela fait partie de mon travail. J’écris beaucoup, et une partie de mes écrits porte sur elle encore aujourd’hui.
La sénatrice Clement : Madame Hamilton, vos propos m’incitent à vous raconter une anecdote personnelle.
Comme je l’ai dit dans mes discours au cours de la dernière année, il faut que nous prononcions leurs noms. C’est pourquoi je cite dans mes discours les noms des femmes qui m’inspirent. Hier, j’étais un peu intimidée à l’idée de prononcer son nom, car je ne savais pas si je pouvais le faire : Thanadelthur.
J’étais chargée du plumitif pour mon groupe de sénateurs. Concrètement, cela signifiait que chaque jour, nous examinions les projets de loi dont nous étions saisis et nous les inscrivions sur la liste afin d’en débattre. Comme vous le savez, la sénatrice McCallum travaille sur ce projet de loi depuis longtemps. Je vois ce projet de loi au Feuilleton depuis longtemps. Lors de nos réunions, nous demandions : « C’est quoi ce projet de loi? » Nous avions du mal à prononcer son nom, et nous ne le disions pas. Je le regrette aujourd’hui, car je la connais mieux maintenant, et j’aurais aimé pouvoir prononcer son nom lors de ces réunions pour montrer à quel point cette femme est importante. Merci de nous inspirer.
J’ai une question pour Mme Tsannie-Burseth. Vous parliez d’une vidéo et vous décriviez son apparence. Je trouve intéressant de décrire l’apparence d’un héros. Je l’imagine bien, avec ses grands yeux de biche et sa peau.
Je voudrais donc simplement vous interroger sur la courte vidéo que vous aviez prévu faire ou que vous avez réalisée. Cette histoire pourrait faire l’objet d’un film, à Hollywood, sans aucun doute. Elle a cette envergure. Pourriez-vous nous en dire plus sur cette vidéo et sur les projets qui l’entourent? Je sais que Mme Antsanen a évoqué le documentaire hier, mais vous parliez d’une vidéo, pour faire connaître cette histoire à un public plus large.
Mme Tsannie-Burseth : Je participe actuellement à la rédaction du scénario, car il contient quelques mots en déné. L’équipe a fait beaucoup de recherches. C’est un honneur qu’elle ait été sélectionnée parmi les 10 femmes les plus influentes de l’histoire du Canada. Nous travaillons sur cette vidéo en ce moment, mais je ne peux pas en dire plus. J’ai évoqué son anniversaire. L’équipe va en tenir compte.
C’est vraiment une belle histoire. La vidéo a un petit côté original, car il s’agit davantage d’un dessin animé. C’est une animation. Les vidéos que j’ai vues présentent des femmes qui ont marqué l’histoire, et j’aime beaucoup cela. Je trouve cela intéressant. C’est destiné aux jeunes de 12 à 16 ans, mais aussi aux adultes en général. Je suis ravie que ce projet voie le jour.
La sénatrice Clement : Merci.
La présidente : Si on vous donnait quelques orignaux, caribous ou oies, est-ce qu’on pourrait avoir un peu plus d’information? D’accord.
La sénatrice Karetak-Lindell : C’était formidable d’écouter ces récits hier et aujourd’hui. Bonjour, madame Hamilton.
Votre histoire m’a vraiment touchée, car tant de récits racontent comment, sur le tard, nous renouons avec nos racines. C’est toujours très triste d’entendre dire que nous en avons été privés pendant notre enfance. Beaucoup d’entre nous ont fréquenté des pensionnats, ce qui nous a empêchés de découvrir nos propres cultures. Le fait que vous ayez entrepris cela assez tard dans votre vie, comme vous le disiez, et que vous ayez partagé votre histoire, m’a beaucoup touchée.
Est-ce que cette histoire est enseignée maintenant dans les écoles? Mme Tsannie-Burseth pourra répondre à cette question ensuite. Fait-elle désormais partie du programme scolaire? Que faites-vous pour vous assurer que cette histoire soit enseignée dans les écoles, et non d’autres contenus auxquels nous ne pouvons pas vraiment nous identifier?
Je vais demander à Mme Hamilton de répondre en premier, et ensuite, Mme Tsannie-Burseth pourra aussi répondre.
Mme Hamilton : Bonjour, madame Karetak-Lindell.
Oui, on enseigne désormais l’histoire de Thanadelthur dans les écoles. Ici, à Churchill, depuis la découverte des 215 enfants, l’école propose désormais de nombreux enseignements sur la culture autochtone. Les élèves commencent donc vraiment à découvrir l’histoire des peuples autochtones de cette région. Quand j’allais à l’école, je n’ai jamais entendu parler de cette histoire. Je n’ai jamais entendu parler de mon peuple. Je n’ai jamais entendu parler de Thanadelthur. Il y a aussi une grande histoire au sujet de mon grand-père.
Je suis fière de dire que tout cela est enseigné à l’école aujourd’hui. Nous avons quelques enseignants autochtones dans les écoles qui travaillent avec les enfants et leur enseignent la langue. On y joue du tambour. Aujourd’hui, les écoles dispensent un enseignement culturel très riche, notamment sur l’histoire autochtone.
La sénatrice Karetak-Lindell : J’en suis bien contente.
Madame Tsannie-Burseth, voulez-vous ajouter quelque chose?
Mme Tsannie-Burseth : Oui. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la tradition orale doit perdurer, car c’est ainsi que j’ai appris, tout comme les enseignants. Vous avez demandé si cette histoire fait partie du programme scolaire. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour veiller à ce qu’elle figure dans les manuels d’histoire.
Lorsque nous sommes allés à Churchill en 2017, nous avions avec nous un groupe d’étudiants qui avaient rédigé un scénario. Nous y avons mis en scène l’histoire de Thanadelthur. Une étudiante qui nous a aidés était une jeune femme dénée qui étudiait à Toronto pour devenir scénariste. Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir compter sur elle. Nous avons choisi une jeune femme originaire de Fond du Lac. Elle correspondait à la description de Thanadelthur. Elle était très belle.
Nous avons présenté cette histoire à Churchill. En tant qu’enseignante, j’aurais dû me rendre compte d’une chose, mais, à un moment donné, nous en avons discuté. Le scénario contenait des remarques faisant référence à des « chiens sales et galeux ». Cela visait les Cris. Nous en avons discuté. Je me suis excusée. J’aurais dû prendre connaissance de cela à l’avance, mais c’était tiré des livres.
Nous constatons que les Cris ne faisaient généralement pas prisonnières les jeunes femmes lorsqu’elles étaient belles. C’est ainsi que leurs propriétaires leur donnaient la vie. [Mots prononcés dans une langue autochtone] signifie en déné « ils leur donnaient la vie », non pas au sens de leur donner naissance, mais au sens de les maintenir en vie.
Si c’était à refaire, j’aimerais que beaucoup d’enfants jouent des rôles et participent à l’écriture du scénario, et je voudrais présenter une histoire plus peaufinée sous un jour vraiment positif. À une certaine époque, les Dénés se trouvaient au centre, les Inuits au nord et les Cris au sud. Au cours de l’histoire, nous avons connu des guerres intertribales, mais aujourd’hui, nous travaillons ensemble sur les revendications territoriales. Nous sommes en train de régler les choses. Nous ne sommes plus en colère les uns contre les autres; tout cela remonte à 300 ans.
J’apprécie le fait que la sénatrice McCallum ait pris l’initiative d’entamer le processus de réconciliation avec les Cris et les Dénés. J’étais présente. C’était un moment très fort.
C’est le genre de réconciliation dont nos élèves doivent entendre parler. Il faut non seulement relater comment elle a vécu sa vie, mais aussi comment nous devons nous réconcilier. Elle incarne une autre facette de la réalité des femmes disparues et assassinées. Nous avons intégré tout cela dans le programme scolaire, et les idées ne manquent pas. Je suis moi-même conceptrice de programmes scolaires, et je sais que Mme Antsanen a écrit un certain nombre de livres. J’ai écrit un article sur Thanadelthur. J’aime écrire, et j’écris à son sujet. Je parlerais d’elle à quiconque voudrait bien m’écouter.
Quand je raconte cette histoire à propos de ces 10 jours, ce moment historique, je m’étonne moi-même de ne pas avoir les larmes aux yeux, car c’était un moment qui a marqué l’histoire. Quand une femme dit qu’elle va faire quelque chose, elle le fait. C’est ce qui a vraiment fait connaître toute cette histoire au Canada.
Le sénateur Prosper : Merci à nos témoins. Je vous suis très reconnaissant de nous avoir fait part de vos histoires et des activités que vous menez. Je constate à quel point cela crée des liens entre les peuples autochtones, et pas seulement dans votre région. Bien que cette histoire trouve son origine dans votre région, elle apporte une lueur d’espoir à tous les peuples autochtones, et aussi aux non-Autochtones.
La réconciliation est un sujet qui a été largement abordé dans le contexte des relations entre Autochtones et non-Autochtones sous le thème de la vérité et de la réconciliation, mais il existe également un autre aspect de la réconciliation qui sous-tend une grande partie de ce processus, à savoir la réconciliation entre les peuples autochtones au sein même de leurs communautés. Je ne peux qu’imaginer comment cela se traduit concrètement dans tous vos efforts, dans tout ce que vous faites, et comment cela donne du pouvoir à nos jeunes et à notre peuple.
Je voudrais revenir à ce que vous disiez, madame Hamilton. Vous avez évoqué la fierté, votre propre parcours, le lien entre fierté et estime de soi, ainsi que la manière dont nous, en tant que peuples autochtones, avons été privés de notre histoire. Lorsqu’elle est racontée, cette histoire est relatée d’un point de vue qui n’est pas le nôtre.
Je n’ai pas de question particulière à vous poser, mais je tiens à saluer votre rêve et votre travail. L’impact de votre action se fera sentir pendant de nombreuses générations. Je tenais simplement à vous le dire et à vous en remercier. Wela’lioq.
La sénatrice McCallum : Merci beaucoup, sénateur Prosper, et merci à toutes les personnes présentes dans la salle. Hier, j’ai pu ressentir l’ambiance qui régnait ici. C’était magnifique.
Je tiens à remercier les Dénés de s’être ouverts à nous et de ne pas avoir eu peur de le faire.
Je tiens à rendre hommage à mon père pour le respect et l’attention qu’il portait aux Dénés. En fait, il passait plus de temps chez eux que dans notre réserve, car c’est là que se trouvait son territoire de piégeage.
Il s’agit d’un travail générationnel que nous menons ensemble aujourd’hui, car les Cris se sont installés en 1924, et il fallait donc repartir de zéro. Je dois vous demander votre aide. Nous aurons besoin de votre soutien pour exhorter la Chambre des communes à adopter rapidement ce projet de loi. Je vous en parlerai et je ferai appel à votre leadership, aux militants et aux porte-parole qui pourraient nous aider. Nous vous en serions reconnaissants. Merci.
La présidente : Merci.
La sénatrice Pate : Je tiens à remercier tout le monde, et tout particulièrement la sénatrice McCallum d’avoir présenté ce projet de loi et d’avoir fait preuve de persévérance. Je partage l’avis de la sénatrice Clement. Nous étions nombreux à nous demander : « De quoi s’agit-il exactement? » Ce fut un immense privilège d’avoir pu en apprendre sur le sujet hier et aujourd’hui. Merci pour tout votre travail. Cela m’a donné envie d’en savoir plus.
La présidente : Nous allons maintenant passer à l’étude article par article.
Êtes-vous d’accord pour que le comité procède à l’étude article par article?
Des voix : D’accord.
[Français]
La présidente : Êtes-vous d’accord pour suspendre l’adoption du titre?
Des voix : D’accord.
La présidente : Êtes-vous d’accord pour suspendre l’adoption du préambule?
Des voix : D’accord.
La présidente : Êtes-vous d’accord pour suspendre l’adoption de l’article 1, qui contient le titre abrégé?
Des voix : D’accord.
La présidente : L’article 2 est-il adopté?
Des voix : D’accord.
[Traduction]
La présidente : L’article 3 est-il adopté?
Des voix : D’accord.
[Français]
La présidente : L’article 1, qui contient le titre abrégé, est-il adopté?
Des voix : D’accord.
La présidente : Le préambule est-il adopté?
Des voix : D’accord.
[Traduction]
La présidente : Le titre est-il adopté?
Des voix : D’accord.
[Français]
La présidente : Le projet de loi est-il adopté?
Des voix : D’accord.
La présidente : Est-ce que le comité veut annexer des observations au rapport?
Des voix : Non.
La présidente : Est-il convenu que la présidente fasse rapport de ce projet de loi au Sénat dans les deux langues officielles?
Des voix : D’accord.
[Traduction]
La présidente : Nous allons maintenant passer à huis clos.
(La séance se poursuit à huis clos.)
[Français]
(La séance publique reprend.)
La présidente : Honorables sénateurs, est-il convenu d’adopter la demande du budget relative à l’édition de 2026?
La sénatrice Pate : Oui.
La présidente : Merci, sénatrice Pate. Je vois qu’il y a consentement autour de la table.
Honorables sénateurs, le budget sera soumis au Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration pour être examiné par le Sous-comité du budget des dépenses du Sénat lors de la prochaine réunion. Cela nous amène à la fin de notre réunion d’aujourd’hui.
(La séance est levée.)