Recommandations
RECOMMANDATION 1:
Qu’Anciens Combattants Canada améliore ses mécanismes de consultation et y ait recours plus égulièrement, afin de consulter davantage et de façon plus transparente les vétérans et les intervenants qui oeuvrent auprès d’eux à toutes les étapes clés de l’élaboration de nouvelles politiques les concernant, et de s’assurer que leurs expériences soient réellement prises en compte dans les décisions du Ministère.
RECOMMANDATION 2:
Qu’Anciens Combattants Canada examine périodiquement les effets de son taux maximal de remboursement de 8,50$ par gramme sur l’accès pour les vétérans aux différents produits de cannabis, y compris par le moyen d’une consultation de vétérans utilisateurs et d’experts afin de bien saisir les obstacles rencontrés en lien avec cette limite et leur incidence sur la santé des vétérans.
RECOMMANDATION 3:
Que le gouvernement du Canada investisse rapidement et de façon significative dans la recherche sur l’utilisation du cannabis à des fins médicales, incluant notamment :
- des recherches spécifiques portant sur l’utilisation du cannabis médical par les anciens combattants; et
- l’examen des problèmes pouvant résulter d’une surutilisation du cannabis,et que les données recueillies soient diffusées à la population et aux professionnels de la santé.
RECOMMANDATION 4:
Qu’Anciens Combattants Canada entreprenne un examen minutieux des effets potentiels de l’utilisation du cannabis médical sur la consommation d’autres médicaments d’ordonnance par les anciens combattants canadiens et que le Ministère publie les résultats ainsi qu’une analyse des coûts nets du remboursement du cannabis prenant en compte les économies potentielles en matière de remboursement d’autres médicaments.
RECOMMANDATION 5:
Qu’Anciens Combattants Canada, en collaboration avec Santé Canada, se penche sur la mise en oeuvre de mesures pour assurer la disponibilité du cannabis pour les vétérans qui l’utilisent à des fins médicales.
Ottawa – Le Sous-comité sénatorial des anciens combattants affirme dans un rapport publié mercredi qu’il faudra mener d’autres recherches pour déterminer les modifications à apporter aux politiques qui régissent l’accès des vétérans au cannabis à usage médical.
Les Forces armées canadiennes exigent beaucoup de ses membres. Deux vétérans sur cinq éprouvent de la douleur chronique, et un sur cinq souffre de dépression, alors qu’une même proportion vit avec le trouble de stress post-traumatique. La recherche médicale sur la valeur thérapeutique du cannabis médical n’en est qu’à ses débuts, mais les membres du sous-comité ont appris que le cannabis a des effets bénéfiques sur plusieurs vétérans et que le nombre de vétérans qui utilisent des opioïdes a diminué de manière importante, alors que celui des ordonnances de cannabis médical a augmenté.
En 2016, le ministère des Anciens Combattants a adopté une nouvelle politique qui visait à réduire la quantité de cannabis à usage médical remboursée de dix à trois grammes par jour. Il a aussi fixé le montant maximal de remboursement à 8,50 $ le gramme. Cette politique a été mise en place après que le Bureau du vérificateur général a recommandé au Ministère d’essayer de limiter les coûts du programme de cannabis médical, qui sont passés de 400 000 $ en 2013-2014 à plus de 12,1 millions $ en 2015.
Un psychiatre a informé les membres du sous-comité que des patients stables se sont remis à souffrir de symptômes après l’imposition de la limite de trois grammes, tandis que d’autres témoins ont jugé que la limite est appropriée. Quant au plafond de remboursement, des témoins ont noté que les huiles de cannabis, qui permettent un dosage plus exact, coûtent plus de 8,50 $ le gramme et que les variétés les plus puissantes pour le soulagement de la douleur sévère et chronique coûtent aussi le plus cher.
Le sous-comité formule cinq recommandations, dont l’examen périodique du taux de remboursement de 8,50 $ le gramme par le ministère des Anciens Combattants. Il recommande aussi que le gouvernement fédéral effectue des investissements importants dans la recherche sur l’utilisation du cannabis à usage médical et sur ses effets éventuels sur la consommation de produits pharmaceutiques délivrés sur ordonnance chez les vétérans, et ce, en vue de mieux éclairer les politiques du Ministère relatives à cette substance.
Faits saillants
- Entre 1998 et 2015, 26 % des membres de la force régulière ont été libérés des Forces armées canadiennes pour des raisons médicales.
- En 2016-2017, le ministère des Anciens Combattants a dépensé 64 millions de dollars pour le remboursement du cannabis à usage médical (5,7 millions de grammes pour 4 474 clients). Après la mise en œuvre de la nouvelle politique, ces dépenses ont diminué, passant à 51 millions de dollars en 2017‑2018, une somme qui a permis de payer 6 millions de grammes de cannabis pour 7 298 clients.
- En date d’août 2018, le ministère des Anciens Combattants remboursait le cannabis consommé à des fins médicales de 8 175 vétérans.
- The Globe and Mail a rapporté [en anglais seulement] en mai 2018 qu’au moment où le nombre d’ordonnances de cannabis à usage médical montait en flèche, le taux de vétérans utilisant des benzodiazépines (sédatifs) avait diminué de 43 % et de ceux utilisant des opioïdes, de 31 %, comparativement à 2012, alors que, quelques jours plus tôt, un représentant officiel du ministère des Anciens Combattants avait affirmé aux membres du sous-comité que le Ministère n’avait remarqué aucune diminution de la consommation de ces produits.
Citations
« Il reste encore beaucoup à apprendre sur le cannabis et ses effets sur la santé humaine, mais les preuves anecdotiques indiquent que celui-ci aide les vétérans à traverser des périodes difficiles. Ainsi, d’autres recherches sont nécessaires pour que le gouvernement soit en mesure de mettre en place des politiques responsables et fondées sur des données probantes, qui répondent aux besoins de tous les vétérans. »
– Sénateur Jean-Guy Dagenais, président du sous-comité
« Des signes positifs indiquent que le cannabis à usage médical peut servir de substitut efficace aux opioïdes, qui sont beaucoup plus dangereux et peuvent entraîner une dépendance. Toutefois, les coûts d’accès à des quantités appropriées de cannabis à usage médical pourraient être au-dessus de ce que certains vétérans peuvent se permettre. Nos vétérans méritent mieux. »
– Sénatrice Mobina S.B. Jaffer, ancienne vice-présidente du sous-comité
Liens connexes
- Lisez le rapport : L’utilisation du cannabis médical par les anciens combattants canadiens.
- Suivez le sous-comité sur les médias sociaux à l’aide du mot-clic #VEAC.
- Abonnez-vous au Bulletin électronique du Sénat.
Pour de plus amples renseignements :
Sonia Noreau
Agente, Relations publiques | Sénat du Canada
613-614-1180 | sonia.noreau@sen.parl.gc.ca
Les sénateurs qui ont participé à cette étude
Jean-Guy Dagenais
GSC - Québec (Victoria)
Mobina S. B. Jaffer
GSI - Colombie-Britannique
Gwen Boniface
GSI - Ontario
Terry M. Mercer
GPS - Nouvelle-Écosse (Secteur Nord, Halifax)
Paul E. McIntyre
C - Nouveau-Brunswick
David Richards
C - Nouveau-Brunswick
Pierre-Hugues Boisvenu
C - Québec (La Salle)
Marc Gold, c.p.
Non affilié(e) - Québec (Stadacona)
Diane F. Griffin
GSC - Île-du-Prince-Édouard
Marilou McPhedran
Non affilié(e) - Manitoba
Victor Oh
C - Ontario (Ontario)
Donald Neil Plett
C - Manitoba (Landmark)
André Pratte
GSI - Québec (De Salaberry)
Membres d’office du comité : Joseph A. Day (ou Terry M. Mercer), Peter Harder, C.P. (ou Diane Bellemare) (ou Grant Mitchell), Larry W. Smith (ou Yonah Martin), Yuen Pau Woo (ou Raymonde Saint-Germain)
Autres sénateurs ayant participé, de temps à autres, aux travaux : Pamela Wallin et Diane F. Griffin
