DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le jour du Souvenir
20 novembre 2025
Honorables sénateurs, voici quelques réflexions personnelles à la suite du jour du Souvenir. Il y a deux semaines aujourd’hui, notre chère collègue la sénatrice Yonah Martin a affirmé qu’elle devait la vie à l’armée canadienne. Elle faisait référence au fait que l’armée canadienne s’était comme toujours démarquée et avait empêché l’autoritarisme de conquérir par la force toute la péninsule coréenne. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Corée du Sud est aujourd’hui un pays libre, prospère et joyeux, tandis que la Corée du Nord est un camp de concentration.
Comme je vous l’ai confié pendant mon premier discours au Sénat, il y a un an, même si je ne suis jamais allé à Auschwitz, cet endroit m’a toujours habité, mais mon amour pour le Canada vaincra toujours mes cauchemars de camp de concentration. Je dois ma vie à l’armée canadienne.
Il y a deux semaines et deux jours, le ministère des Anciens Combattants a organisé une cérémonie à la chandelle au Musée canadien de la guerre. C’est là que, pour la première fois, j’ai pu voir la couverture de coquelicots du Manitoba et y toucher. C’est une création de Sheilah Lee Restall, dont le message a été transmis à tous par la présidente du conseil municipal de Winnipeg, Devi Sharma. D’une longueur de 85 pieds, cette couverture est composée de 8 000 coquelicots crochetés et tricotés envoyés à Winnipeg, ainsi que de 2 000 rubans portant le nom de Canadiens qui ont perdu la vie au service du pays.
Pendant la cérémonie, j’ai rencontré des vétérans et des militaires en service. J’ai pu voir une multitude de visages venus du monde entier et la diversité du Canada. J’ai constaté que cette diversité trouvait son sens dans l’unité. Ce soir-là, la diversité trouvait son sens dans l’uniforme militaire canadien.
La diversité est la poésie du Canada. L’unité en est la prose. Je vois la même belle histoire canadienne ici, au Sénat : de beaux visages du monde entier qui arborent tous l’épinglette du Sénat canadien.
Il y a neuf jours, le 11 novembre, on m’a demandé de déposer une couronne au cénotaphe de Winnipeg. On m’a présenté comme « représentant le Canada ». En déposant cette couronne, j’ai pensé aux parents de Yonah Martin et aux miens.
Au son de la cornemuse, je me suis trouvé à prier pour ceux qui ont péri afin que les parents de la sénatrice Martin, les miens et ceux de millions d’autres puissent vivre. En rentrant chez moi, j’ai réfléchi à ce que cela signifiait pour moi d’être considéré comme un représentant du Canada. J’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant, un lien avec quelque chose de beaucoup plus grand que moi.
Aucune réalisation personnelle ou professionnelle ne m’a jamais semblé aussi pleine de sens. Quand je regarde autour de moi, je vois mes chers collègues, mais plus de la même façon. Avant le 11 novembre, je vous considérais comme des Canadiens intelligents et très accomplis. Aujourd’hui, je vois en chacun d’entre vous le pays auquel je dois ma vie. Je vous aime tous. Je t’aime, Canada.
Merci.