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Le Sénat

Adoption de la motion tendant à reconnaître le 23 octobre de chaque année comme la Journée du patrimoine hongrois

6 octobre 2026


Conformément au préavis donné le 1er octobre 2026, propose :

Que le Sénat du Canada :

1.reconnaisse officiellement le 23 octobre comme Journée du patrimoine hongrois au Canada;

2.encourage le gouvernement du Canada et les institutions publiques à souligner cette journée chaque année;

Que cette reconnaissance constitue une première étape vers l’intégration officielle de cette journée au calendrier des journées nationales reconnues par le gouvernement du Canada.

 — Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour présenter une motion portant que le Sénat du Canada reconnaisse le 23 octobre comme la Journée du patrimoine hongrois au Canada.

En cette période de crise pour notre pays, j’ai longuement hésité avant de présenter cette motion. Nous devons relever des défis qui concernent toute une génération, et je suis avant tout Canadien. Mais je suis convaincu que l’adoption de cette motion permet de mettre en valeur ce que le Canada a à offrir au monde.

Ce pays nous a tant apporté, à moi et à mes compatriotes canadiens d’origine hongroise. En retour, notre attachement à la démocratie et à la liberté a résonné, par l’entremise de ces liens, jusqu’à mon pays natal et a largement contribué à ce que la Hongrie parvienne à résister aux tentatives des autoritaires et des totalitaires. La Hongrie a tiré des leçons de notre expérience — de bonnes leçons — et j’en suis fier.

L’histoire de l’immigration hongroise au Canada remonte à bien longtemps. On considère que le premier Hongrois à avoir posé le pied sur le territoire qui allait devenir le Canada était Stephanus Parmenius, originaire de Buda, la ville située juste à côté de Pest. Budapest est composée des deux villes jumelles de Buda et de Pest. Il a débarqué en 1583 sur le territoire qui allait devenir St. John’s, à Terre-Neuve.

On le considère comme le premier Européen à avoir écrit des poèmes ici, au Canada. Cela n’étonnera personne qui est hongrois : la poésie occupe une place très, très importante pour les Hongrois. La Hongrie est un pays passionné, avec une poésie passionnée.

Trois siècles plus tard, les Hongrois ont commencé à arriver par vagues. Les premiers étaient des agriculteurs et des ouvriers. Au départ, ils se sont installés aux États-Unis, mais au XIXe siècle, ils ont pris la sage décision de se déplacer vers le nord. Ils ont établi des communautés agricoles dans ce qui allait devenir la Saskatchewan de Pamela Wallin. Au début du XXe siècle, environ 26 000 Hongrois sont arrivés. Ils cherchaient de nouvelles possibilités après l’effondrement de l’empire austro-hongrois.

Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont été environ 12 000 à venir au Canada pour fuir le communisme. À la suite de la révolution hongroise du 23 octobre 1956, le Canada a ouvert ses portes à plus de 37 000 réfugiés hongrois. Il en a accueilli plus que tout autre pays à l’époque par rapport à sa population. Une fois de plus, le Canada a fait plus que sa part quand il a offert la liberté et l’égalité aux réfugiés du communisme. Ce fut l’un des plus vastes efforts de réinstallation de réfugiés de l’histoire du Canada.

Cette cohorte comprenait ma mère, mon père et moi. Je n’avais que deux ans et demi. Mon père m’avait fait sortir clandestinement de la Hongrie communiste dans un sac à dos. Les Hongrois qui sont arrivés au Canada après avoir fui la violence de 1956, comme nous, ont pu ressentir pour la première fois un sentiment de liberté.

À une époque où Internet et les communications internationales rapides n’existaient pas encore, cette liberté a joué un rôle crucial. Les gens restés en Hongrie ont été inondés d’histoires sur le Canada et ce qu’il avait à offrir, et sur la façon dont un gouvernement représente ses citoyens et travaille pour eux et pour la démocratie, et non pour servir les intérêts personnels des gens au pouvoir.

Même si le « communisme du goulache » était relativement moins restrictif que celui des autres pays du bloc de l’Est, il s’agissait tout de même de communisme, bien loin de la liberté dont nous jouissions ici.

Pendant les 30 années qui ont suivi le soulèvement de 1956, les Canadiens d’origine hongroise ont exploité les fissures qui se formaient dans le régime Kadar. Fort de ces liens transatlantiques, le premier programme d’études canadiennes a vu le jour en 1980 à l’Université Eotvos Lorand, à Budapest. Bien sûr, le communisme s’est effondré à la fin de cette décennie et, le 23 octobre 1989, la Hongrie s’est déclarée une république, créant une démocratie qui, bien qu’elle ait été mise à l’épreuve, s’est montrée résiliente.

Chers collègues sénateurs, je suis conscient de vous avoir demandé si nous pouvions voter sur cette motion plus rapidement que d’habitude. Après avoir rencontré l’ambassadeur hongrois, Miklos Lengyel, plus tôt cette année pour discuter du 70e anniversaire prochain de la révolution hongroise, je me suis dit que c’était une bonne façon de reconnaître notre histoire commune, et j’ai donné préavis de la motion à l’étude rapidement après notre retour. Le 23 octobre n’est plus qu’à quelques séances et, comme nous le savons, nous n’arrivons pas toujours à aborder cette partie de l’ordre du jour autant que nous le souhaiterions.

Comme vous le savez, le 23 octobre est une date historique, non seulement pour mon pays natal, mais aussi pour les plus de 340 000 Canadiens d’origine hongroise qui vivent ici aujourd’hui. C’est une date importante parce qu’elle marque le moment où le Canada nous a ouvert ses portes il y a sept décennies, et nous a donné la possibilité de construire librement notre vie et de faire de ce pays notre foyer. Je serai éternellement reconnaissant à ce lieu, à ce pays, à cette terre et à mon foyer de m’avoir accueilli il y a tant d’années.

Je demanderais respectueusement à mes collègues du Sénat de se joindre à moi pour exprimer notre gratitude en proclamant le 23 octobre Journée du patrimoine hongrois au Canada. Merci. Meegwetch.

L’honorable David M. Wells [ - ]

Honorables sénateurs, je voudrais dire quelques mots au sujet de la motion du sénateur Adler relative à la journée du patrimoine hongrois au Canada.

J’ai eu la chance de me rendre en Hongrie à plusieurs reprises. Quand j’étais jeune, avant d’avoir des enfants et un vrai travail, j’ai sillonné le pays avec mon sac à dos. Je me souviens d’un petit village où je me suis rendu en train depuis Budapest : Kőszeg. Juste en dehors du village, alors que nous arrivions en train, j’ai aperçu, dans ce petit coin perdu de l’Ouest de la Hongrie, une station-service Petro-Canada. Je n’en croyais pas mes yeux. J’ai eu l’occasion d’y disputer quelques tournois de hockey, et j’y suis récemment retourné dans le cadre d’une mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe visant à observer les élections. Les dernières élections ont donné lieu à un phénomène plutôt spectaculaire : tout le pays s’est mobilisé d’une seule voix.

Je suis conscient des contributions remarquables que les Hongrois ont apportées et continuent d’apporter au Canada, et je remercie le sénateur Adler d’avoir rappelé que St. John’s a été la porte d’entrée pour de nombreux immigrants qui ont entrepris leur voyage vers une terre plus libre. Évidemment, cela remonte à l’époque où Terre-Neuve-et-Labrador n’avait pas encore rejoint le Canada. J’appuierai sans réserve la motion du sénateur Adler, et j’encourage mes collègues à faire de même.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Vous plaît-il, honorables sénateurs, d’adopter la motion?

Des voix : D’accord.

(La motion est adoptée.)

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