DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'Aïd al-Adha
26 mai 2026
Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui souligner l’un des jours les plus saints du calendrier islamique et une célébration des trois vertus immémoriales que sont le sacrifice, la compassion et la charité, c’est-à-dire l’Aïd al-Adha, ou festin du sacrifice.
Pas moins de 1,9 milliard de musulmans de partout dans le monde, y compris dans l’ensemble des provinces et des territoires du Canada, prendront part aux festivités de demain, qui marquent également la fin du pèlerinage hadj, pendant lequel plus de 2 millions de pèlerins se sont réunis au mont Arafat, près de la Mecque.
L’Aïd al-Adha honore l’histoire du prophète Ibrahim, que les juifs et les chrétiens appellent Abraham et qui est adoré par les trois confessions abrahamiques. Ibrahim avait reçu l’ordre de sacrifier son fils chéri, mais la divine miséricorde a retenu sa main.
La leçon que nous devons en retenir, honorables sénateurs, est aussi criante d’actualité de nos jours qu’elle l’était il y a des milliers d’années : dans sa forme la plus grande, la foi n’est pas synonyme d’obéissance aveugle, mais de courage moral, et le sacrifice d’une vie humaine est rejeté de Dieu, quel qu’en soit le nom qu’on lui donne, quelle que soit la patrie on où vit et quel que soit l’âge que l’on a.
Cette perle de sagesse se retrouve à la fois dans la Torah, dans la Bible et dans le Coran : c’est l’épreuve qui révèle la foi, la miséricorde interrompt la cruauté et ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise.
Pendant des siècles, cette vérité s’est perpétuée paisiblement dans les villes et les villages du Moyen-Orient, où des voisins de toutes les confessions s’asseyaient à la même table pour célébrer l’Aïd, échanger des bons vœux et partager des biscuits ma’amoul, sans jamais rien demander en retour.
Pour les musulmans du Canada, cette célébration est aussi un moyen de dire qu’ici, au Canada, chacun peut pratiquer sa foi librement, fièrement et sans avoir à s’excuser.
Or, nous soulignons cette journée bénie alors que des conflits font toujours rage à Gaza, en Cisjordanie, en Ukraine, au Soudan et au Liban et que des dizaines de millions de personnes sont toujours déplacées.
C’est dans une période comme celle-ci que l’Aïd al-Adha a le plus de sens : foi, résilience et humanité commune.
Réaffirmons donc notre engagement, nous, Canadiens, en faveur du respect, de l’inclusion et de la compassion, prions pour toutes les personnes qui souffrent et tendons-leur la main.
Au nom des membres de ma famille, des honorables sénateurs Ataullahjan, Gerba, Mohamed, Ravalia, Yussuff et de tous les autres sénateurs, je souhaite à tous ceux qui soulignent cette fête : Aïd Moubarak.
Que l’Aïd nous apporte paix, espoir, répit et unité.
Je vous remercie. Meegwetch. Shukran.