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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'industrie du crabe des neiges

26 mars 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour vous parler d’une ressource qui, bien qu’essentielle à l’économie de nombreuses communautés côtières, demeure encore méconnue de plusieurs ici même : le crabe des neiges, dont la pêche s’amorcera dans quelques jours.

Même si le crabe des neiges est un crustacé abondant et très prisé des connaisseurs, ce n’est véritablement qu’à partir des années 1950 et 1960 que la pêche commerciale a commencé. À l’époque, il s’agissait d’une activité modeste, souvent complémentaire à d’autres pêches plus traditionnelles, comme celle de la morue.

Or, avec l’effondrement dramatique des stocks de morue au début des années 1990 et le développement du marché, le crabe des neiges a connu une importante croissance. En 2023, qui a été une année exceptionnelle, la valeur estimée des débarquements se situait entre 800 millions de dollars et 1 milliard de dollars et représentait 17 % de tous les débarquements de poissons et de crustacés.

Le crabe des neiges est devenu pour plusieurs régions autour du golfe du Saint-Laurent, comme le Cap-Breton, la Péninsule acadienne du Nouveau-Brunswick, la Côte-Nord du Québec, ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador, une véritable planche de salut et le cœur même de l’activité économique. Je ne peux imaginer ce qui arriverait à mon village de Chéticamp, à Pleasant Bay ou à Neil’s Harbour, si cette pêche devait s’effondrer un jour, comme ce fut le cas pour la morue.

Cependant, cette ressource demeure fragile et particulièrement sensible aux variations environnementales, notamment au réchauffement des eaux et aux changements dans les écosystèmes marins. Les fluctuations des stocks au cours des années nous rappellent qu’une gestion rigoureuse fondée sur la science, ainsi qu’une collaboration étroite entre les pêcheurs, les scientifiques et les autorités, est de mise. En 2024 et 2025, il y a eu une baisse importante des quotas et des volumes dans plusieurs zones du golfe du Saint-Laurent, ce qui fait que la valeur totale des débarquements est maintenant en diminution.

C’est toujours un énorme plaisir pour moi de me rendre sur les quais de chez nous pour observer les débarquements de crabe, mais aussi pour ramener cette précieuse denrée à la maison pour que nous nous en délections. Cela me rappelle ces moments de ma jeunesse passés en famille et entre amis à déguster du crabe des neiges.

Je vous invite donc à porter une attention particulière à cette industrie, à son évolution et aux défis qu’elle doit relever, car, au-delà des chiffres, l’avenir de communautés entières est intimement lié à la santé de cette ressource. Pour vous qui aurez l’occasion d’y goûter, peut-être même dès le 1er avril, bon appétit!

Je vous remercie.

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