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Projet de loi sur la médaille de reconnaissance pour les donneurs vivants

Deuxième lecture

2 juin 2026


Honorables sénateurs, c’est avec plaisir que je prends la parole aujourd’hui à titre de porte-parole pour présenter une critique constructive du projet de loi C-234.

Comme plusieurs d’entre vous, je suis personnellement touché par cette question. Grâce à la générosité désintéressée de donneurs vivants, deux de mes amis proches sont encore parmi nous aujourd’hui. Ils font partie des rares chanceux qui ont bénéficié de greffes qui leur ont sauvé la vie.

En 1998, l’un de ces amis a reçu une greffe de moelle osseuse de son frère. En 2019, l’autre a reçu une greffe de cellules souches d’une personne qu’il n’avait jamais rencontrée auparavant.

J’ai travaillé pendant des années au sein du gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick, et j’ai toujours été fier du travail accompli par le Nouveau-Brunswick pour promouvoir le don d’organes.

Quelle que soit leur couleur politique, les gouvernements successifs de notre province ont pris des mesures importantes pour encourager les gens à faire ce sacrifice essentiel.

En fait, avec la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick est l’une des deux provinces canadiennes à avoir mis en place un programme de refus du don d’organes post mortem. Cela signifie que les adultes sont automatiquement considérés comme des donneurs après leur décès, à moins qu’ils ne remplissent activement un formulaire de refus. Je mentionne cela pour souligner le large consensus qui existe à travers tout le spectre politique sur des questions comme celle-ci. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont réussi à faire avancer ces politiques, parce que les responsables politiques ont mis leurs divergences de côté et ont œuvré pour le bien commun.

L’adoption récente du projet de loi C-234 par la Chambre des communes illustre encore ce large consensus. Comme l’a souligné le parrain du projet de loi dans son discours, les députés de tous les partis étaient impatients de se rallier à cette initiative.

Bien sûr, le projet de loi ne concerne pas les dons posthumes. Nous parlons de quelque chose d’encore plus remarquable. Le projet de loi vise à accorder une reconnaissance — que certains jugeraient d’ailleurs attendue depuis longtemps — aux donneurs vivants.

Avant de poursuivre, je vais prendre un instant pour rendre hommage au parrain initial du projet de loi à la Chambre des communes, le député Ziad Aboultaif, qui est lui-même donneur vivant. Le 8 décembre 2003, il a fait don d’une partie de son foie pour sauver la vie de son fils Tyler.

Dans son discours, M. Aboultaif s’est empressé de souligner qu’il n’était pas le seul. Il a dit :

Partout au Canada, des centaines de personnes sont en vie aujourd’hui parce que quelqu’un a courageusement et généreusement donné de manière altruiste une partie de son corps à une autre personne pour lui sauver la vie.

Il a ajouté : « Les donneurs vivants incarnent les idéaux les plus élevés d’altruisme. Toutefois, le Canada ne dispose pas d’un système officiel pour célébrer leur contribution. »

Le projet de loi C-234 rendra hommage à ces personnes remarquables en créant la médaille de reconnaissance pour les donneurs vivants.

Comme beaucoup d’entre vous, j’en suis sûr, j’ai été ravi de constater que la portée du projet de loi avait été élargie grâce aux amendements adoptés par le comité. Ce qui était au départ un projet de loi destiné à rendre hommage aux donneurs d’organes vivants a été étendu à l’ensemble des donneurs vivants, y compris ceux qui font don de cellules souches et ceux qui ont fait preuve d’un engagement exceptionnel tout au long de leur vie en faveur du don de sang.

Je crois comprendre que le parrain du projet de loi a accepté ces modifications avec enthousiasme.

Il y a de nombreuses raisons d’appuyer ce projet de loi. Tout ce que nous pouvons faire pour encourager davantage les donneurs vivants est du temps et de l’argent bien investis.

Il y a actuellement environ 4 700 personnes au Canada qui attendent une transplantation d’organe. Les trois quarts de ces personnes attendent un rein. Ils pourraient tous être aidés par des donneurs vivants.

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, les dons de donneurs vivants sont beaucoup plus efficaces que les dons posthumes. Les donneurs compatibles sont plus faciles à trouver lorsque le donneur est vivant, et la capacité de planifier la transplantation à l’avance se traduit par de bien meilleurs résultats en matière de santé. D’un point de vue médical, un don posthume est une solution de dernier recours.

Outre de meilleurs résultats en matière de santé, les dons de donneurs vivants présentent d’autres avantages. Imaginez que vous êtes sur une liste d’attente pour un don posthume et qu’on vous dit que vous ne pouvez pas être à plus d’une heure de votre hôpital local. Les receveurs potentiels peuvent se retrouver dans une telle incertitude pendant des années. Pendant ce temps, leur santé continue de se détériorer. Ils se sentent terriblement mal. Dans bien des cas, ils ne peuvent plus travailler et ils sont moins présents qu’ils ne le souhaiteraient pour leur famille.

Les dons de donneurs vivants libèrent les gens d’un mode de vie que la plupart d’entre nous ne peuvent même pas imaginer.

En raison de mon expérience à la tête d’un ministère provincial de la Santé, je peux vous dire qu’il est rare que faire ce qu’il faut permette également de réaliser des économies. Cependant, les dons d’organes de donneurs vivants en sont un parfait exemple. Les chiffres ne mentent pas. Le coût annuel du traitement par dialyse s’élève à environ 100 000 $, et celui d’une greffe s’élève à 70 000 $. Encourager les dons d’organes de donneurs vivants est non seulement un geste humain, mais aussi une décision judicieuse.

Je suis fermement convaincu que ce projet de loi — comme la reconnaissance qu’il instaure — permettrait de sensibiliser davantage le public et de susciter un débat sur le don d’organes de son vivant. Il encouragerait aussi d’autres personnes à s’intéresser au don d’organes et à l’impact inestimable qu’il peut avoir. Je suis fermement convaincu que cette initiative permettra de sauver plus de vies.

Si ce projet de loi est adopté, le Canada deviendrait le deuxième pays au monde à intégrer les donneurs vivants dans son système national d’honneurs. En rendant hommage aux donneurs vivants, le Canada pourrait montrer l’exemple, souligner l’importance du don d’organes de son vivant et rendre hommage à ceux qui offrent le don de la vie.

J’espère que vous vous joindrez à moi pour soutenir cette initiative très louable.

Merci. Meegwetch.

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