Aller au contenu

La Loi sur les aliments et drogues

Projet de loi modificatif--Troisième lecture--Suite du débat

1 octobre 2026


Honorables sénateurs, j’interviens pour appuyer le projet de loi S-202, Loi modifiant la Loi sur les aliments et drogues en ce qui concerne les étiquettes de mise en garde sur les boissons alcooliques.

C’est une mesure qui vise à imposer l’apposition sur les boissons alcooliques d’étiquettes de mise en garde pour la santé qui indiquent — je paraphrase — qu’il existe un lien direct entre la consommation d’alcool et le cancer. Je remercie le sénateur Patrick Brazeau de parrainer ce projet de loi important. J’aimerais dire que celui-ci arrive au bon moment, mais au fond, il a beaucoup trop tardé.

Vous savez sans doute que je suis le coprésident pour le Sénat du caucus parlementaire sur le cancer, où je siège avec des collègues de l’autre endroit, les députés Dan Albas et Jean Yip. Le caucus n’a cependant pas tenu de réunion pour prendre position au sujet du projet de loi, alors je m’exprime à titre individuel.

Dans l’ensemble, les Canadiens savent que l’excès d’alcool est mauvais pour la santé, mais ils ne sont pas aussi sensibilisés au lien entre l’alcool et le cancer. En effet, celui-ci est bien établi sur le plan scientifique, mais selon la Société canadienne du cancer, plus de 40 % de la population ignorent que la consommation d’alcool accroît le risque de cancer.

Je signale en particulier que ce lien vise sept types de cancers : cancer de la tête et du cou, cancer du sein, cancer colorectal, cancer de l’œsophage, cancer du foie, cancer de l’estomac et cancer du pancréas. Le lien n’est pas ténu, et ce n’est pas une découverte récente : il y a une quarantaine d’années que l’Organisation mondiale de la santé classe l’alcool parmi les carcinogènes.

Nous savons également que l’étiquetage relatif à la santé est un moyen efficace de communiquer cette information. Dans le Sondage sur la sensibilisation du public aux méfaits liés à l’alcool, mené par le gouvernement en 2023, 75 % des répondants ont indiqué qu’une étiquette de mise en garde les amènerait à réfléchir aux méfaits de l’alcool. De plus, 55 % des répondants étaient en faveur des étiquettes de mise en garde sur les boissons alcooliques.

À l’heure actuelle, l’alcool fait exception. L’étiquetage relatif à la santé s’applique pour les produits du tabac et du cannabis, de même que pour la plupart des produits alimentaires. Il y a plus d’information sur la santé sur une boîte de pois que sur une boisson alcoolique. C’est une lacune que ce projet de loi comblera.

Nous savons que l’industrie de l’alcool, à quelques exceptions près, s’oppose depuis des années à la mesure d’étiquetage proposée. Nous savons aussi que l’industrie du tabac a nié et embrouillé les faits pendant de nombreuses années. Essentiellement, elle a refusé de donner aux consommateurs l’information dont ils avaient besoin pour faire des choix éclairés. Cependant, l’étiquetage relatif à la santé est maintenant devenu, à juste titre, la norme pour une grande variété de produits.

Je tiens à être clair sur un point important. Ce projet de loi ne vise pas à empêcher les gens de consommer de l’alcool. Il s’agit de renforcer la liberté des consommateurs et de favoriser une bonne santé en remédiant à une asymétrie d’information. L’objectif est de donner aux consommateurs les moyens d’évaluer avec précision le rapport entre les avantages et les coûts.

Haut de page