Les Rangers canadiens et leur rôle dans le Nord du Canada
Interpellation--Ajournement du débat
5 mai 2026
Ayant donné préavis le 15 avril 2026 :
Qu’elle attirera l’attention du Sénat sur les Rangers canadiens et leur rôle dans le Nord du Canada, affirmant la souveraineté du Canada, assurant notre sécurité nationale, et renforçant la résilience des communautés, car ils sont représentatifs des peuples du Nord et de leur connaissance du territoire.
— Honorables sénateurs et sénatrices, tandis que nous prenons de plus en plus conscience du Nord canadien, il est devenu d’autant plus important de comprendre comment notre pays affirme sa souveraineté et assure notre sécurité à travers ce territoire qui occupe une si grande partie de notre pays.
Chers collègues, alors que nous sommes de plus en plus sensibilisés au Nord canadien, il est devenu essentiel de comprendre comment le Canada assure sa sécurité nationale et sa souveraineté sur 40 % de son territoire.
La présence militaire canadienne dans le Nord comprend les rangers. Lorsque l’on évoque les rangers auprès des Canadiens, ceux-ci ont souvent en tête l’image de premiers ministres entourés de groupes de personnes vêtues de leurs vestes rouges à capuche, au milieu de vastes paysages. Dans mon allocution d’ouverture de la présente interpellation, je m’efforcerai de faire connaître l’histoire des rangers, en expliquant qui ils sont et comment ils ont établi la souveraineté canadienne, notamment en tant que présence militaire au Yukon.
Afin d’établir une « présence fédérale » au Yukon, la Police à cheval du Nord-Ouest fut déployée au col Chilkoot, à la frontière entre la Colombie-Britannique et le Yukon, pendant la ruée vers l’or de 1898. Le père de la regrettée sénatrice Ione Christensen fut officier de la Gendarmerie royale du Canada à Fort Selkirk, au confluent du fleuve Yukon et de la rivière Pelly, à partir de 1935.
L’intérêt des Yukonnais pour les efforts militaires et la sécurité nationale s’inscrit dans l’histoire du Canada avec Joe Boyle, un mineur extrêmement fortuné. En 1905, Joe a parrainé une équipe de hockey, les Nuggets de Dawson, qui a quitté le Yukon pour affronter les Silver Seven d’Ottawa dans la course à la Coupe Stanley.
Quand la guerre a éclaté en 1914, celui que l’on surnommait le « roi du Klondike » était trop âgé pour s’enrôler. Toutefois, il a fondé et financé un groupe de 50 recrues, la Yukon Motor Machine Gun Battery. Cette unité a exécuté diverses missions tout au long de la guerre, y compris à la crête de Vimy. En 1916, M. Boyle a reçu le titre honoraire de lieutenant-général de la Milice du Canada. Fier de pouvoir dorénavant porter l’uniforme militaire, il y a apposé des boutons en forme de feuille d’érable fabriqués à partir de l’or de ses mines au Klondike.
Au-delà de l’histoire haute en couleur de l’homme qu’on appelait « Klondike Joe Boyle », une présence militaire durable a été établie au Yukon lorsque l’armée des États-Unis est venue construire la route de l’Alaska. Cette route qui relie Dawson Creek, en Colombie-Britannique, à Delta Junction, en Alaska, a été entièrement construite par l’armée des États-Unis. Cette route de 1 400 milles a été construite en 8 mois en 1942. Environ 40 % de cette route — soit 550 milles — se trouve au Yukon.
Lorsque le Canada a assumé la responsabilité de la route, les fonctionnaires canadiens logeaient à un endroit qu’on appelait Camp Takhini; c’est maintenant un secteur de Whitehorse. Chacune des rues de ce secteur porte le nom d’une bataille de la Seconde Guerre mondiale. J’ai grandi dans ce quartier, sur la rue Seine Square, qui est reliée au chemin Normandy.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de l’effort de guerre, l’armée des États-Unis a également construit la route Canol en prévision d’un pipeline allant en direction sud-ouest de Norman Wells, aux Territoires du Nord-Ouest, à Whitehorse, au Yukon.
La présence militaire canadienne s’est renforcée dans le Nord avec la mise en place du réseau d’alerte avancé, aussi appelé le réseau DEW. Il s’agissait d’une chaîne de stations radars situées dans le Haut-Arctique, qui devaient détecter l’approche éventuelle de bombardiers en provenance de l’Union soviétique et donner l’alerte en cas d’invasion terrestre ou maritime. On comptait près de 60 sites, de l’Alaska à l’île de Baffin, dont la plupart se trouvaient dans les Territoires du Nord-Ouest et dans ce qui est aujourd’hui le Nunavut.
L’un des sites du Yukon se trouvait sur la côte, à la pointe Shingle, qui fait partie de la région désignée des Inuvialuits. Cette partie de la côte correspond également à la frontière maritime qui fait encore l’objet de négociations entre le Canada et les États-Unis.
Aujourd’hui, la présence des Forces armées canadiennes au Yukon est limitée. Le personnel des Forces armées canadiennes — c’est-à-dire l’effectif — affecté à cette région du Canada à la forme triangulaire connue sous le nom du territoire du Yukon se limite à trois ou quatre personnes. Ces membres des Forces armées canadiennes sont basés au casernement Boyle, un camp de cadets de l’armée situé près de la route de l’Alaska, dans une zone résidentielle rurale juste à la périphérie de Whitehorse.
La plus grande unité des Forces armées canadiennes, la Force opérationnelle interarmées du Nord, est basée à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest.
Les Yukonnais qui vivent à Whitehorse voient — et surtout entendent — souvent des avions américains atterrir à l’aéroport situé au cœur de la ville. Il y a trois semaines, parmi ces appareils figuraient quatre F-35B particulièrement bruyants en cours de ravitaillement; samedi dernier, plus d’une demi-douzaine d’autres avions militaires américains ont été clairement observés et photographiés par des habitants du Yukon à l’aéroport de Whitehorse.
Un ancien cadet de l’armée de l’air a récemment publié le message suivant sur Facebook :
De telles escales étaient monnaie courante dans les années 1960 et 1970. L’armée de l’air américaine utilisait alors Whitehorse comme escale de ravitaillement sur ses trajets à destination et en provenance de l’Alaska. Puisque le Canada fait partie du NORAD, il n’est pas rare de voir des avions des forces aériennes canadiennes et américaines faire escale à Whitehorse pour se ravitailler en carburant.
Malheureusement, les habitants de Whitehorse ont aujourd’hui rarement l’occasion de voir des CF-18 canadiens, sauf lors de cérémonies officielles. Les quelques membres des Forces armées canadiennes affectés localement sont moins visibles pour les Yukonnais, simplement parce qu’ils sont stationnés dans des casernes situées en dehors de la ville. Il ne s’agit pas là d’une critique à l’égard des Forces armées canadiennes ni des personnes dévouées qui y servent. C’est un simple constat.
Une initiative a récemment été lancée en vue de créer une division de la Réserve navale à Whitehorse, projet qui fait actuellement l’objet d’une étude de faisabilité en plusieurs phases menée par la Réserve navale de la région de l’Ouest. Les Yukonnais souhaitent en savoir plus sur le Carrefour de soutien opérationnel du Nord, dont la création à Whitehorse a récemment été annoncée.
Certains débats publics nationaux sur le renforcement de la présence militaire dans le Nord ont mis l’accent sur un périmètre s’étendant d’Iqaluit, à l’est, jusqu’à Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest, à l’ouest. Il s’agit certes d’une vaste étendue de l’Arctique, mais elle incite les Yukonnais à préciser la place du Yukon dans le Nord, qui ne se limite pas à l’Arctique.
La population du Yukon ne correspond pas à l’image traditionnelle que l’on se fait du Nord. Pour la première fois depuis longtemps, avec une augmentation de 27 % au cours des 10 dernières années, la population du Yukon dépasse maintenant celle des Territoires du Nord-Ouest. Les membres des Premières Nations forment quelque 22 % de sa population de 48 000 habitants. Par ailleurs, 11 des 14 gouvernements des Premières Nations ont conclu des accords d’autonomie gouvernementale. Plus de 4 % de la population est d’origine philippine, ce qui fait de la communauté philippine du Yukon la troisième en importance au Canada.
Qu’il s’agisse des Premières Nations qui vivent dans le Nord depuis des millénaires, de ceux qui ont choisi de s’y installer ou de ceux qui s’y sont installés pour des raisons professionnelles, une chose est sûre : ce sont les habitants qui constituent les yeux, les oreilles et le savoir-faire nécessaires pour vivre dans le Nord.
Chers collègues, la plupart des Canadiens ont, d’une manière ou d’une autre, un lien étroit avec les Forces armées canadiennes. Au Nouveau-Brunswick, il y a la Base des Forces canadiennes Gagetown. Ici, au Sénat, nous ne sommes pas loin de Petawawa. Les habitants d’Edmonton connaissent bien Cold Lake. Esquimalt et Comox sont bien connus des habitants de la Colombie-Britannique.
Les Canadiens bénéficient grandement de la présence de ces personnes dans ces installations de défense nationale, surtout lorsqu’elles habitent à proximité. Au Yukon, ce sont les Rangers canadiens qui sont présents dans chaque collectivité. Ce sont eux qui représentent l’armée canadienne et qui s’occupent de la défense et de la sécurité nationales.
Ces citoyens, de concert avec la GRC, sont nos yeux et nos oreilles; ils connaissent le terrain au Yukon, mais ils sont surtout la seule manifestation de notre force et de notre souveraineté. Au Yukon, les rangers — notre présence militaire —, ce sont les gens.
Chaque communauté au Canada et chaque personne présente dans cette enceinte connaît quelqu’un sur son lieu de travail, quelle que soit sa profession, dans son cercle d’amis ou au sein de sa communauté, qui est la « personne sur qui on peut compter ». Au cœur d’une communauté résiliente, il y a toujours une personne qui est là quand on a besoin d’elle, qui connaît tout le monde et qui sait comment faire avancer les choses. Cette personne sait où trouver du carburant pour les véhicules tout-terrain, quel est le meilleur équipement contre le froid et comment soigner les engelures. Ces personnes, dans toutes les communautés du Yukon, ce sont les Rangers canadiens.
Permettez-moi, l’espace d’un instant, de m’attarder sur un seul des rangers du Yukon : le regretté John Mitchell.
« Mitch », comme on l’appelait, est né à Arnprior, en Ontario, et il a étudié à l’Université du Nouveau-Brunswick, où il était l’un des meilleurs marqueurs de l’équipe universitaire de football. En 1976, il s’est installé à Dawson, où il a élevé des chiens de traîneau sur un territoire de piégeage. En 1984, il a contribué à tracer la piste pour la première édition de la Yukon Quest, une course internationale de traîneaux à chiens de 1 600 km entre Fairbanks, en Alaska, et Whitehorse, au Yukon. Lui et son attelage ont par la suite participé à cette course.
Quand les Rangers canadiens se sont implantés à Dawson en 1991, Mitch a été élu sergent commandant. Il a joué un rôle essentiel dans le développement des Rangers juniors canadiens partout dans le Nord. Ranger canadien le plus décoré de tout le pays, Mitch a reçu en 1995 la Mention élogieuse de commandement du Secteur du Nord des Forces canadiennes en reconnaissance de ses services exceptionnels, et il a été le seul membre des forces non régulières à recevoir l’Ordre du mérite militaire en 1997.
La liste des distinctions décernées à Mitch est longue. Il a reçu des médailles et des récompenses pour sa bravoure de la part de la Société canadienne pour les causes humanitaires, du commissaire du Yukon et du gouverneur général. Surtout, il a été honoré par le maire et le conseil municipal de Dawson, qui lui ont remis les clés de la ville, ainsi que par la communauté Tr’ondëk Hwëch’in, dont le territoire traditionnel englobe Dawson, qui lui a décerné le Gunhawk.
Chers collègues, vous reconnaîtrez peut-être Mitch, car il a lui aussi été convaincu de poser pour Canada Goose Inc. afin de promouvoir l’une de ses parkas.
Mon souvenir préféré de Mitch remonte à notre dernière rencontre, lorsqu’il m’a montré une photographie d’une patrouille d’hiver menée par des Rangers juniors en motoneige à la frontière entre le Yukon et l’Alaska, dans la contrée sauvage au nord de Dawson.
Il s’agit d’une des parties les plus nordiques de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Les rangers juniors affirmaient notre souveraineté dans le Nord et veillaient à ce que la connaissance du territoire soit transmise de génération en génération.
Il y a des rangers dans toutes les communautés. Ils sont plus de 50 à Whitehorse, et il y a une liste d’attente pour se joindre au programme.
En 2025, Richard Newell, du groupe de patrouilles des Rangers canadiens de Carcross, au Yukon, a participé à plus de 20 exercices des rangers. Il s’est vu décerner la médaille du service spécial, remise aux membres des Forces canadiennes « […] ayant participé à des activités ou à des opérations dans des circonstances exceptionnelles ».
En juin 2025, le lieutenant-colonel Travis Hanes, commandant du 1er groupe de patrouilles des Rangers canadiens, est parti de la Force opérationnelle interarmées Nord, à Yellowknife, afin de se rendre à Whitehorse pour remettre au ranger Newell une cinquième agrafe à sa décoration des Forces canadiennes. Les membres des Forces canadiennes peuvent recevoir cette distinction pour la première fois après 12 années de service, puis une nouvelle agrafe est ajoutée toutes les décennies. L’agrafe du ranger Newell lui a été remise en reconnaissance de ses 62 années de service.
Avant cette cérémonie, seules quatre personnes avaient reçu autant d’agrafes pour symboliser tout autant de décennies de service. Les autres étaient feu Sa Majesté la Reine Elizabeth, la reine-mère; feu Son Altesse Royale le prince Phillip, duc d’Édimbourg; Son Altesse Royale la princesse Alexandra; et feu le commodore de l’air Leonard Joseph Birchall. Le ranger Newell n’est que la cinquième personne à recevoir cet honneur, que l’un des deux récipiendaires encore en vie et le seul à être toujours en service.
Parmi les autres rangers de renom qui poursuivent leur carrière au sein du service public au Yukon, on peut citer Wade Istchenko, député de Kluane à l’Assemblée législative du Yukon et ministre territorial de l’Environnement, ainsi que sergent des Rangers canadiens à Haines Junction. Je tiens à souligner que le ministre Istchenko, les Premières Nations de Champagne et d’Aishihik et, tout particulièrement, les rangers de Haines Junction ont été l’un des moments forts de la récente visite au Yukon des ambassadeurs nordiques, alors qu’ils se trouvaient dans le territoire à l’occasion des Jeux d’hiver de l’Arctique.
Je tiens également à souligner que les Rangers juniors canadiens de Haines Junction comptent un nombre important de femmes issues des Premières Nations, et qu’ils ont remporté le concours national de tir des Rangers canadiens pendant cinq années consécutives.
La participation des femmes des Premières Nations au sein des rangers mérite d’être soulignée. Debra-Leigh Reti, membre de la Première Nation des Gwitchin Vuntut, est à la tête du troisième parti à l’Assemblée législative du Yukon et représente Old Crow, la collectivité la plus septentrionale du Yukon et la seule à n’être accessible que par avion.
Ces rangers exceptionnels ne représentent qu’un tout petit échantillon des centaines que compte le Yukon. Au-delà de leur rôle de membres essentiels de la collectivité, animés d’un profond respect et d’une connaissance approfondie du territoire — ils sont en effet la personne vers laquelle tout le monde se tourne dans chaque collectivité du Yukon —, permettez-moi de vous présenter l’exemple le plus récent illustrant la manière dont les rangers font valoir notre souveraineté.
Chers collègues, vous avez sans doute déjà entendu parler de la récente opération Nanook-Nunalivut 2026, menée par le personnel des Forces armées canadiennes, y compris les Rangers canadiens. Cette opération comprenait des déplacements logistiques, des essais de matériel dans des conditions difficiles et une patrouille de longue distance de plus de 5 000 kilomètres, de la frontière entre le Yukon et l’Alaska jusqu’à Churchill, au Manitoba, effectuée par les Rangers canadiens.
On ne saurait trop insister sur l’importance de ce périple vers la côte. Pour les Rangers juniors d’Old Crow, il s’agissait d’un retour aux sources, sur les terres et les sentiers que leurs ancêtres ont empruntés pendant des générations.
Une fois encore, cet effort de défense et d’affirmation de la souveraineté concerne avant tout les gens. Les rangers au Yukon avaient déjà effectué des expéditions en été jusqu’à la pointe de l’île d’Ellesmere, ce qui leur a permis d’acquérir les compétences et l’expérience mises à profit lors de cette récente opération.
Cette expédition dans le cadre de l’opération Nanook-Nunalivut, destinée à retracer l’itinéraire de Franklin, a nécessité quatre ans de préparation. Sous la direction avisée du lieutenant-colonel Travis Hanes, un groupe restreint de rangers issus de communautés de tout le Nord a voyagé pendant 52 jours dans le cadre de cette opération, alors que les journées à -40 degrés Celsius étaient considérées comme des journées chaudes.
Ce périple a permis de tisser des liens entre les personnes et les communautés de tout le Nord canadien. À l’approche de chaque communauté, la patrouille était accueillie par les Rangers canadiens et les Rangers juniors canadiens qui les accompagnaient en motoneige jusqu’au village. La communauté célébrait leur arrivée avec des mets et des danses traditionnels.
Sénatrice Duncan, votre temps de parole est écoulé. Souhaitez-vous demander plus de temps?
Chers collègues, puis-je avoir deux autres minutes?
Le consentement est-il accordé, honorables sénateurs?
L’incroyable voyage de la frontière entre le Yukon et l’Alaska jusqu’à Churchill m’a été décrit par l’un de ceux qui ont joué un rôle déterminant dans son exécution — Jim Welsh, sergent de la patrouille des Rangers canadiens de Whitehorse — comme une expérience transformatrice. L’élément le plus important a peut-être été le lien qui s’est créé entre les habitants du Nord.
Chers collègues, vous vous demandez peut-être pourquoi les rangers portent un chandail à capuchon rouge comme uniforme. Ce rouge distinctif peut être repéré dans toutes les collectivités du Yukon aussitôt que l’on en a besoin, sans avoir à le chercher — tout comme les rangers.
Il y a tant d’histoires à raconter sur chacun des rangers, sur les conditions qu’ils ont endurées lors de leur récent voyage à Churchill, sur leurs plans pour l’affirmation future de notre souveraineté, qui démontre leur compréhension du Nord, de leur propre histoire, ainsi que de l’importance et du soutien de l’armée canadienne.
Chers collègues, j’ai hâte d’entendre ce que vous avez à dire sur les rangers de votre région.
Merci. Meegwetch.