DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le soutien apporté aux enfants
5 juin 2025
Honorables sénateurs, c’est un honneur pour moi de prendre la parole pour la première fois de cette nouvelle législature. Lorsque le Sénat était suspendu, j’ai eu l’occasion de prendre part à des activités de diplomatie parlementaire et de rencontrer des parlementaires du monde entier. Le sujet qui est revenu le plus souvent fut sans doute les souffrances des enfants dans le monde.
Près d’un enfant sur cinq vit dans une zone de conflit. Selon l’UNICEF, depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza en 2023, au moins 15 000 enfants sont morts. Des dizaines de milliers d’autres ont été déplacés, et un nombre incalculable d’enfants souffriront toute leur vie de handicaps permanents, d’amputations, de troubles post-traumatiques et de différents problèmes de santé mentale.
Les organismes de sécurité alimentaire signalent que 93 % des enfants dans la bande de Gaza sont menacés de famine tandis que l’aide humanitaire est encore bloquée et perturbée. Les enfants au Soudan et dans de nombreux pays du Sud souffrent également de famine et de malnutrition, ce qui mène à des retards de croissance et des décès.
Depuis le début de l’invasion illégale et non provoquée de l’Ukraine par la Russie, au moins 20 000 enfants ukrainiens dans les zones sous contrôle russe ont été kidnappés, mais ce nombre est probablement beaucoup plus élevé. On a attribué la citoyenneté russe à ces enfants qui ont été placés de force dans des foyers russes, et certains d’entre eux ne reverront jamais leur famille. On leur a arraché leur héritage, leur langue et tout lien avec leur nation. Bon nombre d’entre eux ont été victimes de mauvais traitements, de violence et d’exploitation sexuelle.
Je ne peux m’empêcher de penser à l’expérience de ma propre famille. Mon père a été arraché à sa famille, comme beaucoup d’autres enfants autochtones de son époque. On leur a retiré, à lui et à tant d’autres, leur identité, leur culture et leur langue. À cause de son vécu dans un pensionnat, mon père ne m’a jamais appris le cri, et je vis encore aujourd’hui avec cette perte.
J’ai donné quelques exemples d’enfants qui souffrent ailleurs dans le monde, mais nous, les Canadiens, ne sommes pas à l’abri de ces difficultés. Un nouveau rapport de l’UNICEF classe le Canada au 19e rang sur le plan du bien-être des enfants. Des enfants continuent de vivre sous le seuil de la pauvreté, de souffrir de l’insécurité alimentaire et de conditions de logement inadéquates. En outre, les enfants autochtones continuent d’être retirés de leur famille par les services à l’enfance et à la famille à un taux disproportionné.
Alors, chers collègues, que pouvons-nous faire en tant que sénateurs? Dans ma communauté, nous faisons souvent référence aux sept prochaines générations pour réfléchir aux répercussions de nos propres actions sur les sept générations à venir.
Lorsque nous nous réunissons dans cette vénérable enceinte, gardons à l’esprit l’incidence que nos décisions auront sur les enfants du Canada. Chaque fois que nous nous réunissons en comité, posons-nous la question suivante : quelle sera l’incidence de cette étude ou de ce projet de loi sur un enfant de ma communauté? Merci.