Aller au contenu

Le rapport final de l'Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat

Interpellation--Suite du débat

28 avril 2026


L’honorable Jane MacAdam [ - ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au Sénat du Canada, sur les terres non cédées de la nation algonquine anishnabe, au sujet de l’interpellation no 11 lancée par la sénatrice Coyle, ma collègue et une ardente défenseure du groupe Sénateurs pour des solutions climatiques. Je remercie sincèrement la sénatrice Coyle d’avoir attiré notre attention sur le rapport final de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat.

J’ai eu le privilège d’être dans cette enceinte lorsque les membres de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat ont présenté leur rapport final et leurs recommandations aux parlementaires. Il s’agissait d’une première au Canada, d’autant plus marquante et percutante qu’elle était portée par les jeunes. Je tiens à remercier tous les participants de leur dévouement et de leur excellent travail tout au long du processus, ainsi que de leurs propositions réfléchies qui reflètent et mettent en évidence les valeurs et les priorités de leur génération.

Chers collègues, dans son rapport, l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat a souligné que le Canada n’a respecté aucun de ses engagements climatiques à ce jour. Il serait très facile de perdre espoir en cette période tumultueuse, mais nous ne pouvons pas baisser les bras. Les données actuelles nous exhortent à agir sans tarder. Nous possédons l’expertise nécessaire pour éclairer nos décisions et nos gestes, et nous pouvons compter sur des jeunes éduqués et engagés pour renforcer notre détermination.

Le rapport de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat est un rappel opportun de la menace existentielle que représentent les changements climatiques et de la nécessité d’agir.

Je repense à il y a 10 ans. L’Accord de Paris venait d’être adopté à grande échelle, et il y avait un désir accru, partout au Canada, d’établir une feuille de route claire en vue de respecter nos obligations. À l’époque, j’étais la vérificatrice générale de l’Île-du-Prince-Édouard. Je collaborais avec les vérificateurs généraux des provinces et la vérificatrice générale du Canada pour examiner l’approche du Canada en matière de changements climatiques. À l’époque, le commissaire à l’environnement et au développement durable du Bureau du vérificateur général du Canada jouait un rôle important en matière de leadership et de coordination de nos efforts. Nous pouvions alors compter sur une expertise et des ressources précieuses.

Selon les principales conclusions de notre audit, la plupart des gouvernements n’évaluaient pas adéquatement les risques climatiques, n’étaient pas en voie de respecter leurs engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et n’étaient pas adéquatement préparés aux répercussions des changements climatiques.

Examiner la question des changements climatiques d’un point de vue provincial, territorial et fédéral a contribué à faire avancer la discussion sur nos responsabilités communes. Cela nous a également permis de souligner l’importance de la question en publiant des rapports et des recommandations pour obliger les gouvernements à rendre des comptes et à prendre des mesures.

Comme à cette époque, les changements climatiques sont encore un enjeu important pour les Canadiens et pour les générations futures. Chers collègues, après plus de 10 ans, c’est la génération future qui a dû reprendre le flambeau. Ces gens sont déterminés à apporter du changement et ils nous exhortent également à prendre des mesures décisives.

Les délégués de l’Île-du-Prince-Édouard, Kessiena et Ajit, ont dit qu’ils se sont joints à l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat pour contribuer à l’élaboration de solutions concrètes et pragmatiques en matière de lutte contre les changements climatiques. D’ailleurs, tous les participants espèrent que leurs recommandations donneront l’impulsion nécessaire à un changement qui débouchera sur des résultats positifs.

Réunissant des représentants des quatre coins du pays, cette assemblée réaffirme que la lutte contre les changements climatiques relève de notre responsabilité à tous. Chers collègues, ces jeunes Canadiens comptent sur nous.

Dans son discours sur le rapport, la sénatrice Coyle a dit que « les assemblées citoyennes sont bénéfiques pour la démocratie et qu’elles produisent des recommandations mûrement réfléchies ». En effet, les recommandations de l’assemblée sont réfléchies et pragmatiques et elles préconisent des mesures concrètes, mesurables et efficaces.

Dans l’une de ses recommandations, l’assemblée invite les parlementaires à mieux faire connaître au public la fonction de commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada. Parmi les points clés figurent le renforcement de la visibilité de cette fonction et l’amélioration de la participation du public, ce qui contribuera à demander des comptes au gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques et à instaurer un climat de confiance avec les Canadiens.

Je tiens à réaffirmer mon engagement à faire connaître le travail du commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada. Je m’appuie sur les rapports du commissaire depuis de nombreuses années, notamment pour préparer les questions que je pose au sein du Comité sénatorial permanent des finances nationales. Ces rapports font partie de l’ensemble de ressources que je continue de constituer afin de rester informée.

Dans l’esprit de cet engagement, je voudrais vous présenter brièvement le rôle du commissaire.

Au nom de la vérificatrice générale, le commissaire à l’environnement et au développement durable fournit des analyses objectives et indépendantes ainsi que des recommandations concernant les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour protéger l’environnement et favoriser le développement durable.

M. Jerry DeMarco occupe le poste de commissaire à l’environnement et au développement durable depuis 2021.

Comme l’a souligné l’assemblée de la jeunesse sur le climat, les changements climatiques ne concernent pas seulement l’environnement. Ils touchent tous les aspects de nos vies.

La profondeur et la portée des rapports du commissaire témoignent à quel point les changements climatiques touchent tous les secteurs de la société, avec des répercussions sur la santé, l’économie, les infrastructures et notre bien-être futur. Ces rapports nous aident à garder cette perspective bien présente à l’esprit.

Il y a quelques semaines, le commissaire a comparu devant le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles. Depuis 2023, le bureau examine chaque année les progrès réalisés par le gouvernement fédéral dans la mise en œuvre des mesures prévues dans son Plan de réduction des émissions pour 2030, qui constitue le premier plan élaboré en vertu de la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité.

Le message du commissaire fait écho aux principales préoccupations soulevées par l’assemblée de la jeunesse sur le climat. Je cite le commissaire :

[...] les enjeux continuent de s’aggraver chaque année. La possibilité d’atteindre la cible de 2030 ainsi que la cible à plus long terme visant la carboneutralité d’ici 2050 devient de plus en plus limitée. Le gouvernement fédéral doit accélérer le rythme de la mise en œuvre de mesures efficaces.

Les prochains rapports du commissaire porteront notamment sur la manière dont les biens, les services et les activités fédéraux sont protégés contre les changements climatiques; la cartographie des zones inondables; la lutte contre la grippe aviaire et l’abandon progressif du charbon thermique. Les parlementaires peuvent assister à des séances d’information sur les rapports du commissaire et poser des questions à ce dernier ainsi qu’à des experts en la matière. Ces informations sont également diffusées lors de conférences de presse destinées aux médias et au grand public.

Chers collègues, en terminant, je vous invite à lire le rapport remarquable produit par l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat et je vous encourage à communiquer avec les auteurs du rapport qui habitent dans vos régions respectives. Je vous exhorte également à affirmer ou à réaffirmer votre engagement à l’égard des rapports du commissaire à l’environnement et au développement durable.

Nous avons rapidement accès à des renseignements fiables et objectifs pour nous tenir informés, pour agir et pour demander des comptes au gouvernement. Comme M. DeMarco l’a souligné, nous, les parlementaires, sommes « essentiel[s] à la reddition de comptes ». Mettons-nous au défi de poser les questions difficiles. Les jeunes Canadiens s’attendent à ce que nous travaillions ensemble pour obtenir des résultats et assurer l’avenir qui leur a été promis. Merci.

Honorables sénateurs, je ne sais pas si je suis la dernière à prendre la parole ce soir. Je me tiens entre vous et votre réunion de comité ou votre dîner. Je commencerai par quatre mots seulement : gentillesse, leadership, courage et espoir. C’est de cela que je veux parler aujourd’hui.

Avec de la gentillesse, du leadership, de l’espoir et un peu de courage et de cran, on fait bouger les choses. Le changement s’amorce. Des mesures sont prises. Cela ne fait aucun doute.

Commençons par la gentillesse. C’est un excellent point de départ. Commençons par la sénatrice Mary Coyle. C’est indiscutable : elle est une des personnes les plus gentilles qui soient. Aujourd’hui, je tiens à saluer la sénatrice Mary Coyle, une leader extraordinaire et une parlementaire de premier ordre qui met en lumière des questions mondiales d’une importance cruciale. Je crois que c’est ce qui compte pour elle.

Elle ne ménage aucun effort pour faire bouger les choses, comme je l’ai dit, animée par ses valeurs, au service des Canadiens d’un océan à l’autre.

Il y a presque exactement un an aujourd’hui, à quelques jours près, j’étais une sénatrice fraîchement nommée qui n’avait pas encore prêté serment. Je pense que vous voyez où je veux en venir, sénatrice. Je m’en souviens très bien. Je déambulais dans les couloirs impressionnants de l’édifice de l’Est. J’étais sans doute un peu perdue, et pas seulement parce que je ne savais pas comment me rendre à mon bureau provisoire, qui se trouvait au sous-sol de l’édifice Est, juste à côté de la chaufferie. Le sénateur Ince connaît très bien cet endroit, car nous partagions ce bureau.

Je me disais : « Me voici donc au Sénat. Ai-je vraiment ma place ici? Par où commencer? »

Ce n’était peut-être pas un miracle, mais j’aime bien penser que ça l’était : la sénatrice Coyle est sortie de son bureau et, dans un élan de gentillesse, elle m’a invitée à la rencontrer. J’ai alors vécu ma première véritable rencontre en personne avec une sénatrice, en tant que sénatrice, pour discuter des affaires du Sénat. Je ne vais pas canaliser ma Sally Field intérieure, si vous voyez ce que je veux dire, mais cette rencontre a eu deux effets sur moi : j’ai commencé à sentir que j’avais ma place au Sénat et j’ai vu par où commencer en tant que membre du groupe Sénateurs pour les solutions climatiques. Je serai éternellement reconnaissante pour cette journée inspirante.

C’est de sa bienveillance que découle le leadership dont j’ai parlé : un leadership fort, réfléchi, inclusif, de grande envergure et pertinent. Votre leadership et votre travail sont très importants, sénatrice. Votre interpellation est très importante. Les changements climatiques sont bien réels. Vous n’avez pas besoin de chercher bien loin pour les constater et en subir les conséquences.

En fait, je vais revenir sur un article publié le 24 avril, il y a quelques jours à peine, dans le Globe and Mail :

Sous le soleil de minuit, le 14 juillet 2024, Kevin Arey se trouvait à Shingle Point — un camp estival côtier pour les familles inuvialuites sur la côte du Yukon, au bord de la mer de Beaufort — lorsqu’il s’est arrêté brusquement. Là, dans l’océan, se trouvait un castor.

M. Arey est un agent chargé de la surveillance d’Imaryuk, dont le travail consiste à protéger les poissons, la faune et les terres traditionnelles dans [...] la région la plus à l’ouest de l’Inuit Nunangat, la patrie des Inuits au Canada.

Dans sa jeunesse, il n’avait jamais vu de castor sur ces terres et dans ces cours d’eau, et encore moins en eau salée. Aujourd’hui, il dit : « Ils sont partout — dans chaque recoin du delta. »

De nouvelles recherches confirment que [...] en raison des changements climatiques, le rongeur le plus célèbre de l’Amérique du Nord s’installe dans le Grand Nord, ce qui a des conséquences en cascade sur les cours d’eau, la faune et un mode de vie.

Il faut du leadership.

Je regarde autour de moi dans cette enceinte. Il est impressionnant de voir tout le leadership qui émane des quatre coins de cette salle, de chacun d’entre vous — des années d’expérience et des parcours uniques — et pourtant, nous partageons tous un objectif commun. Peu importe où nous siégeons dans cette enceinte, ou pourquoi, ce dénominateur commun, c’est le service public, le fait d’œuvrer au nom de la population canadienne. Vous le savez tous. Vous en êtes la preuve. Vous le vivez. Je le vois. Je le ressens. Je le respecte. Je ne veux en aucun cas le minimiser, de quelque manière que ce soit. Pourtant, c’est exactement ce que j’attends des sénateurs au Sénat du Canada : du leadership.

Sans vouloir le minimiser en aucune façon, c’est pourtant l’endroit évident où chercher le leadership : le Sénat du Canada. Parfois, cependant, c’est dans cet endroit que j’ai trouvé des choses auxquelles je ne m’attendais pas. Parfois, il faut faire des vagues ou faire bouger l’aiguille dans une autre direction. Les gens des Maritimes le savent — comme les gens de partout au pays —, si l’aiguille bouge d’un degré ou si le navire bouge d’un degré, la direction change.

Ce que je nous demande de faire, c’est de nous engager dans une réflexion libre et innovante, sans être entravés par le protocole, animés par le courage et la ténacité. Il y a des voix qui sont peut-être plus discrètes que les nôtres, mais qui sont peut-être plus farouchement déterminées parce qu’elles voient un avenir qu’elles devraient pouvoir façonner, mais qui n’est pas entre leurs mains.

On trouve de jeunes leaders au sein de toutes les collectivités que nous servons. Ce sont des leaders extraordinaires, courageux et déterminés. Ce sont les leaders de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat. Beaucoup de gens disent — toujours avec tendresse, bienveillance et gentillesse, bien sûr — que les jeunes sont nos futurs leaders.

Parfois, chers amis, c’est presque une mise en scène : on rend hommage aux leaders de demain, aux jeunes et aux futurs dirigeants de nos communautés et de notre pays. Je suis catégoriquement et totalement en désaccord avec cela. Je ne suis pas d’accord. Ils ne sont pas du tout nos dirigeants de demain. Ils sont déjà des leaders, que ce soit évident ou non. Les jeunes du Canada font déjà preuve d’un leadership extraordinaire.

Il y a de nombreuses années, j’ai eu le privilège de travailler aux côtés de jeunes et j’ai toujours continué ainsi depuis. Sous l’impulsion de la jeunesse, le domaine de la santé mentale en ligne a été littéralement repensé, et cela n’avait rien de sorcier. Il s’agissait simplement d’avoir un bon sens des affaires.

En 2017, j’ai regardé qui siégeait au conseil d’administration de Jeunesse, J’écoute — et oui, je continue de promouvoir la seule solution de santé mentale en ligne accessible en tout temps pour les jeunes au Canada. Je me suis demandé comment ce groupe, composé principalement de banquiers et d’avocats de Toronto ou d’autres grandes villes d’affaires du pays, allait pouvoir agir avec discernement « au nom des jeunes ».

J’ai eu une révélation. Ils ne devaient pas agir « au nom des jeunes ». Ce qu’ils devaient faire, c’était agir « aux côtés des jeunes ».

En fait, ce n’est pas sorcier. Nous avons modifié nos règlements — c’est très simple — pour exiger qu’un membre d’office ayant droit de vote au conseil d’administration et au sein de chaque comité permanent de ce conseil soit issu de notre conseil national de la jeunesse. Sinon, le conseil d’administration se trouverait en situation de non-conformité, ce qui constituerait un véritable problème de gouvernance.

Parallèlement, depuis que nous avons pris cette mesure — en modifiant les règlements —, nous avons fait de même pour le conseil consultatif autochtone et notre conseil consultatif des Noirs. Des jeunes ont ainsi été intégrés au conseil d’administration en tant que membres votants d’office et, maintenant, 50 % des membres de tous ces conseils sont des jeunes d’un bout à l’autre du pays.

Qu’est-ce que cela a donné? Les jeunes ont co-créé chaque programme de service. Les jeunes ont réorienté la stratégie d’une organisation nationale. Ils se sont présentés à ces tables de gouvernance prestigieuses, préparés et prêts à servir. Ils ont fait entendre leur voix avec courage.

Pouvez-vous imaginer être en première année d’université et vous retrouver assis autour d’une table avec des gens comme nous? C’était assez intimidant, et pourtant, ils l’ont fait. Ils ont en fait libéré le potentiel de Jeunesse, J’écoute, notamment grâce à sa nouvelle image de marque et à son engagement envers l’innovation. Si nous nous sommes lancés dans l’intelligence artificielle, c’est grâce à la jeunesse. Puis, une pandémie mondiale a paralysé le monde. C’était avant la pandémie, et depuis, Jeunesse, J’écoute a connu une croissance de 250 % dans tous les domaines de l’organisme : des activités de première ligne au financement. Cela n’aurait pas été possible sans la présence de jeunes leaders dans tous les processus décisionnels.

Les jeunes ont incarné et incarnent le leadership. Je vous raconte cette histoire, car il ne devrait pas être difficile de faire preuve d’inclusion, en invitant ceux que nous servons à prendre part aux prises de décision. Cela ne devrait pas être difficile. De plus, chers collègues, c’est une bonne décision sur le plan commercial.

En tant que dirigeants adultes du monde des affaires, notre rôle, ce n’est pas de nous contenter de saluer le leadership dont font preuve les jeunes, de les féliciter chaleureusement ou d’être fiers d’eux, pour ensuite passer à autre chose. Notre rôle est d’inviter ces leaders d’aujourd’hui aux discussions, de les écouter, de les prendre en compte et de veiller à ce qu’ils participent activement à l’élaboration des décisions qui définiront l’avenir de nous tous.

C’est pourquoi je ressens une grande urgence et un énorme respect pour le travail de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat. Cet incroyable groupe de leaders s’est assis ici même, dans cette enceinte, dans nos sièges de décideurs, l’automne dernier. J’adore ce symbolisme. Ce fut un moment marquant pour moi.

Vous m’avez peut-être déjà entendue dire : « Sachez qui vous êtes et vous saurez où vous devez aller. » Les jeunes assis dans cette enceinte savaient qui ils étaient, et ils savaient exactement où diable ils devraient et où nous devrions aller en matière de climat. Ils le savaient vraiment. L’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat est importante. Elle fait bouger les choses, et j’adore la façon dont elle a présenté son message.

La voix des jeunes était claire. Leur message aux parlementaires était clair : ne vous contentez pas de parler des changements climatiques, engagez-vous en faveur de changements concrets. L’avenir en dépend.

Le rapport qu’ils ont rédigé est novateur, et il faut en tenir compte. Ce rapport aborde ouvertement l’écoanxiété, le chagrin, la frustration et la détresse émotionnelle liés aux changements climatiques. C’est le reflet d’une génération qui porte un véritable fardeau émotionnel lorsqu’elle envisage ce que l’avenir pourrait lui réserver. Cela a une importance capitale.

Vous savez que je devais consulter les données, et celles-ci révèlent les répercussions des changements climatiques sur les jeunes et sur leur bien-être. Il y a quelques années, pour la première fois, l’anxiété liée au climat ou à l’environnement faisait partie des 10 principales raisons pour lesquelles les jeunes faisaient appel à Jeunesse, J’écoute, et cette raison se classait au sixième rang.

Pour vous donner une idée de l’ampleur de la situation, soulignons que cela fait l’objet de 4,5 millions d’interactions par année. C’est beaucoup. C’est l’un des 10 sujets qui font partie de ce palmarès peu reluisant. Soulignons par ailleurs que les jeunes qui parlaient d’anxiété climatique étaient également plus susceptibles de parler de désespoir.

Parlons maintenant d’espoir. Il y a la gentillesse, le leadership, le courage et l’espoir, le mot que je préfère, car je suis remplie d’espoir.

J’ai rencontré les leaders de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat au Sénat. Ils n’étaient pas complètement désespérés. Ils avaient de bonnes idées. Ils n’étaient pas là pour nous demander de l’aide. Pas du tout. Ils étaient évidemment très inquiets, très préoccupés, voire quelque peu découragés, mais ils étaient très dynamiques, et ils ont proposé une foule de solutions et de stratégies concrètes. Elles se trouvent dans ce rapport.

Ils ne se déchargeaient pas de cette responsabilité sur les adultes ou sur des gens comme nous. Ils nous ont demandé de l’assumer — tout comme eux le font — en tant que chefs de file siégeant au Sénat, et c’est précisément cela qui me donne tant d’espoir : cette bienveillance, ce courage, cet espoir et ce leadership. Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin. Il suffit de se tourner vers les jeunes d’aujourd’hui. C’est une évidence.

Je vous remercie, sénatrice Coyle, ainsi que tous les membres du groupe Sénateurs pour des solutions climatiques, pour le travail que vous faites, car il est essentiel. Je remercie les jeunes qui ont pris place dans cette enceinte. Leur leadership est indéniable.

Merci beaucoup.

Haut de page