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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Arthur Scammell

30 mai 2019


J’ai le plaisir de présenter aujourd’hui le chapitre 59 de « Notre histoire ». Terre-Neuve-et-Labrador est bien connue pour son patrimoine et sa culture uniques. Ils se manifestent de bien des façons, en particulier dans notre musique. La province est aussi connue comme le pays de la morue. Il y a cependant une autre espèce qui fait partie intégrante de notre folklore. Je parle de l’animal marin aux grands yeux, aux huit bras et aux deux tentacules qu’on appelle le calmar. Bien entendu, un Terre-Neuvien a écrit une chanson à son sujet.

C’était il y a longtemps, en 1928. À Change Islands, un élève du secondaire alors âgé de 15 ans, Arthur Scammell, a écrit, dans le cadre d’un projet scolaire, une chanson intitulée Squid Jiggin’ Ground qui allait devenir un grand succès sur la côte Est. Les paroles, qui décrivent le mode de vie des pêcheurs terre-neuviens, sont chantées sur l’air traditionnel irlandais appelé Larry O’Gaff. La chanson a la particularité de décrire de quelle façon, avec quel équipement et dans quelles circonstances on pratique la pêche au calmar à la turlutte.

Quand Gerald S. Doyle l’a incluse dans son répertoire populaire, la chanson est aussitôt devenue l’une des préférées du public, grâce à son air entraînant et à des paroles colorées comme celles-ci :

Oh, voici l’endroit où les gens viennent pêcher

Vêtus de bottes, d’un suroît et d’un ciré

Munie de lignes et de turluttes, cette foule bigarrée

À la pêche au calmar va s’adonner

On considère généralement que la composition d’Arthur Scammell, lancée en 1943, est le premier enregistrement commercial d’une chanson de folklore à Terre-Neuve. Il a révélé que, grâce aux ventes de disques et de partitions musicales de 1942 à 1979, il a reçu 35 000 $ de redevances.

Le 1er avril 1949, lors de la cérémonie soulignant l’adhésion de Terre-Neuve à la Confédération canadienne, le carillon de la Colline du Parlement, à Ottawa, a fait résonner cette chanson en l’honneur de la province.

Il existe un enregistrement sur DVD d’un spectacle de Stompin’ Tom Connors à la Horseshoe Tavern, à Toronto, intitulé Across This Land With Stompin’ Tom Connors. On peut y entendre une excellente version de ce classique de Terre-Neuve. La chanson a aussi été enregistrée par Harry Hibbs, les Irish Rovers, George Hamilton IV, Ryan’s Fancy et même Hank Snow. C’est un incontournable pour beaucoup d’habitants de la province.

Dans les années 1930, Arthur Scammell a enseigné dans plusieurs petits villages isolés de Terre-Neuve pour ensuite aller étudier à l’Université McGill. Il a consacré la majeure partie de sa vie adulte à l’enseignement à Montréal.

Il a composé plusieurs autres chansons et rédigé divers écrits sur le mode de vie traditionnel des petites communautés isolées de Terre-Neuve. En 1977, il a reçu un doctorat honorifique en droit de l’Université Memorial et, en 1988, il a été décoré de l’Ordre du Canada. En 2011, Arthur Scammell a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. L’école de son village, Change Islands, a été renommée A.R. Scammell Academy en son honneur en 1990.

Tout au long de sa vie, Arthur Scammell a tenté de faire connaître certains aspects positifs de la vie dans une petite localité côtière isolée de Terre-Neuve. Malgré les inconvénients, il trouvait qu’on pouvait y développer un sentiment d’appartenance et y trouver une certaine satisfaction personnelle, ce qui n’est pas le cas dans les grands centres urbains. Dans l’un des couplets de sa célèbre chanson, il met en garde les citadins sophistiqués qui souhaiteraient visiter son coin de pays :

Si jamais tu as envie d’aller à la pêche au calmar avec nous,

Évite les vêtements blancs, surtout.

Et si tu ne sens pas bien sans ton mouchoir de soie,

La pêche à la turlutte n’est pas pour toi.

M. Arthur Scammell était un autre grand Terre-Neuvien passionné. Il nous a laissé un héritage incroyable. Je vous remercie.

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