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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Johnny Cash chasse son orignal

28 septembre 2022


Honorables sénateurs, c’est avec plaisir que je vous présente aujourd’hui le chapitre 61 de « Notre histoire ».

De nombreux amateurs de musique country à travers le monde croient connaître l’histoire de Johnny Cash, connu partout sous le nom de « man in black ». Son histoire, remplie de sommets extrêmement élevés et de vallées très profondes, a été racontée et redite dans divers livres, magazines et journaux, et même dans un film oscarisé intitulé Walk the Line.

Le chanteur de Folsom Prison Blues n’a jamais tiré sur un homme à Reno, mais en octobre 1961, Johnny Cash a tué un orignal de 500 livres dans la région du lac Victoria, juste au sud de Millertown, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une semaine environ avant son voyage dans notre province, Cash a joué lors d’un spectacle-bénéfice au Massey Hall de Toronto. À cette époque, le chanteur aux multiples talents était en difficulté. Sa carrière était à son plus bas.

Pendant cette période, un promoteur de concerts canadien à la parole facile du nom de Saul Holiff organisait des tournées canadiennes pour Cash et savait que ce dernier aimait chasser. Il a demandé au chanteur : « Avez-vous déjà chassé l’orignal à Terre-Neuve? » Bien sûr, Cash a répondu : « Non. » Holiff a poursuivi en disant : « Si je peux organiser une tournée autour d’une chasse à l’orignal en octobre, êtes-vous intéressé? » Cash a rapidement répondu : « Vous plaisantez? Comptez sur moi. »

La tournée incluait des spectacles à Grand Falls-Windsor, à Stephenville, à Corner Brook, à Argentia, à Harbour Grace et à St. John’s. Quand la chanteuse Rose Maddox a démissionné au milieu de la tournée, M. Holiff a embauché June Carter pour la remplacer. Sept ans plus tard, M. Cash l’épousait après avoir demandé sa main sur scène, à London, en Ontario.

Quand la tournée s’est terminée, Saul Holiff est devenu le gérant de Johnny Cash à plein temps de 1961 à 1973, contribuant ainsi à ce que le chanteur devienne une légende de la musique country. Les deux hommes avaient officialisé leur partenariat par une poignée de main, à l’aéroport de Gander, le 10 octobre 1961.

Avec en main son permis de chasse à l’orignal délivré par le ministère des Mines, de l’Agriculture et des Ressources, qui portait le numéro 20206 et la date du 11 octobre 1961, M. Cash et son entourage se sont dirigés vers le camp forestier du lac Victoria. Ils étaient accompagnés de Herman Whalen, un ancien agent de la faune qui leur servait de guide expérimenté et fiable. M. Whalen avait 29 ans, comme Johnny Cash, et ils avaient tous les deux déjà servi dans les forces aériennes.

M. Whalen a dit qu’ils n’étaient jamais à court de sujets de conversation, que M. Cash était très sympathique et qu’il parlait surtout de sa famille. Selon M. Whalen, M. Cash trouvait que Terre-Neuve était un endroit magnifique et il avait manifesté le souhait d’y revenir.

Au premier matin, à peine 20 minutes après que le groupe soit sorti à l’extérieur du camp forestier, M. Whalen a aperçu un orignal au loin. M. Whalen a dit à M. Cash qu’il s’agissait d’une femelle, car elle n’avait pas de bois. M. Cash a répondu : « Les bois ne se mangent pas. »

Johnny Cash a abattu cet orignal de 500 livres depuis une distance de 200 verges, et voilà que s’écrivait un autre chapitre intéressant de l’histoire de Terre-Neuve. L’orignal a été envoyé à Grand Falls, où la viande a été emballée puis expédiée à M. Cash quelques jours plus tard.

En 2012, après le décès du gérant de M. Cash, Saul Holiff, le fils cinéaste de celui-ci, Jonathan, a découvert une boîte étiquetée « Johnny Cash ». Elle contenait des centaines de photos, de lettres et d’enregistrements audio. Jonathan s’en est servi pour produire le documentaire My Father and the Man in Black.

Peu de temps après, un collectionneur de Saint John’s, qui avait en sa possession une trentaine de photos prises en 1961 lors de la visite du musicien, a communiqué avec Jonathan et lui a suggéré de raconter l’histoire du voyage de chasse de Johnny Cash à Terre‑Neuve.

Même si je suis convaincu que Johnny Cash était installé beaucoup plus confortablement au camp forestier du lac Victoria, à Terre-Neuve, qu’à la prison d’État de San Quentin, il n’y avait aucun anneau de feu. Il n’y avait que ce seul coup de feu qui a abattu un orignal et qui est passé à l’histoire de Terre-Neuve-et-Labrador.

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