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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les élections provinciales à Terre-Neuve-et-Labrador

21 novembre 2024


Honorables sénateurs, c’est avec plaisir que je présente aujourd’hui le chapitre 85 de « Notre histoire ».

Le premier premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Joseph R. Smallwood, a dominé la scène politique de notre province pendant des décennies. Il a fait entrer Terre-Neuve-et-Labrador dans la Confédération en 1949 et a ensuite remporté six élections générales consécutives. Le 18 janvier 1972, M. Smallwood démissionne de son poste de premier ministre et est remplacé par Frank Moores, chef du Parti progressiste-conservateur. Ainsi prennent fin 23 ans de règne du Parti libéral, mais la transition n’est pas de tout repos.

Le 6 octobre 1971, M. Smallwood annonce que des élections provinciales auront lieu le 28 octobre. À la fin du dépouillement, le 29 octobre, le résultat est très proche de l’égalité. Les progressistes-conservateurs remportent 21 sièges, les libéraux, 20 et le New Labrador Party, 1. Six circonscriptions sont départagées par moins de 100 voix, et même dans un cas par une marge de huit voix seulement. On demande des recomptages dans les six circonscriptions, car les résultats ne permettent pas de dégager un vainqueur hors de tout doute.

Le parti formant le gouvernement, quel qu’il soit, aurait à élire l’un de ses membres à la présidence de la Chambre, ce qui veut dire qu’il aurait un siège de moins. S’ensuivent deux mois de recomptages et de poursuites judiciaires. En attendant, le résultat serré des élections sème la confusion et alimente les intrigues politiques. MM. Moores et Smallwood cherchent tous deux à obtenir le soutien de Tom Burgess, le seul et unique membre du New Labrador Party, qui détient la balance du pouvoir.

Le 12 novembre, M. Burgess annonce qu’il soutient les progressistes-conservateurs, ce qui leur donne une très faible majorité. Cependant, 10 jours plus tard, on apprend qu’il est impossible d’effectuer le recomptage des voix dans St. Barbe, car, après avoir compté les bulletins de vote, la scrutatrice du bureau de vote 13 de Sally’s Cove, une dame du nom d’Olive Payne, les a accidentellement mis dans le poêle à bois et les a brûlés, de sorte qu’aucun recomptage n’est possible puisque 106 bulletins de vote ont disparu.

L’affaire est portée devant les tribunaux, mais le juge conclut que la destruction des bulletins de vote est un malheureux accident, que Mme Payne n’a pas de motif politique et qu’elle n’a pas commis de crime. Le Parti progressiste-conservateur est donc à nouveau en territoire majoritaire, mais pas pour longtemps. Tom Burgess, le candidat du New Labrador Party qui avait joint le Parti progressiste-conservateur, déclare que le chef du Parti progressiste-conservateur lui avait promis un poste au Cabinet. Étant donné qu’il ne l’a pas obtenu, M. Burgess décide de quitter les rangs des progressistes-conservateurs et de joindre ceux des libéraux. Un autre député progressiste-conservateur, Hughie Shea, mécontent de ne pas avoir été nommé au Cabinet de M. Moores, quitte lui aussi le parti et rejoint les rangs des libéraux.

Cependant, comme le dit le vieil adage, « ce n’est jamais fini tant que ce n’est pas fini ». En effet, en un court laps de temps, Augustus Oldford et William Saunders, deux députés libéraux nouvellement élus, décident de renoncer à leur siège. Par conséquent, lorsque la Chambre d’assemblée commence enfin ses travaux le 1er mars 1972, 20 progressistes-conservateurs font face à 20 libéraux. Le progressiste-conservateur James Russell est élu Président. Le gouvernement ne compte donc plus que 19 élus contre 20 dans l’opposition.

Ce soir-là, le premier ministre Moores demande au lieutenant-gouverneur de dissoudre la Chambre d’assemblée et de déclencher des élections. Le lieutenant-gouverneur acquiesce à la demande, et cette élection générale, qui a lieu le 24 mai 1972, fournit une solide majorité aux progressistes-conservateurs, qui font élire 33 députés contre 9 pour les libéraux.

Après avoir perdu la course à la direction du Parti libéral en 1974, Joey finit par démissionner en juin 1977 à l’âge de 76 ans. Le règne de Joey sur Terre-Neuve-et-Labrador prend ainsi fin.

Merci.

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