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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le décès de Frank Hayden, C.C., O.C., O.Ont.

28 mai 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole pour rendre hommage à l’extraordinaire contribution de Frank Hayden, d’Oakville, en Ontario. M. Hayden a été l’une des figures les plus influentes de l’histoire du sport et de l’inclusion; ses recherches novatrices ont profondément transformé la façon dont la société perçoit les athlètes ayant une déficience intellectuelle. M. Hayden est décédé la semaine dernière à l’âge de 96 ans.

En tant que chercheur et professeur d’éducation physique canadien, il a remis en cause la croyance profondément ancrée selon laquelle les personnes atteintes d’un handicap intellectuel étaient inférieures et ne pouvaient pas bénéficier d’activités physiques structurées ou de la pratique de sports de compétition. Grâce à ses recherches rigoureuses et à son engagement sans faille, M. Hayden a prouvé de façon concluante que le sport et l’entraînement leur apportaient les mêmes bienfaits physiques, psychologiques et sociaux que ceux obtenus par les athlètes sans handicap. À une époque où l’exclusion était largement acceptée, son travail a véritablement changé la donne.

Les travaux de M. Hayden ont aussi permis de réfuter l’idée selon laquelle la pratique sportive chez les personnes ayant une déficience intellectuelle ne serait qu’une activité purement symbolique ou récréative. Il a démontré que ces personnes sont des athlètes à part entière : elles sont motivées, disciplinées, compétitives et capables d’atteindre l’excellence. Si on leur donne la possibilité de s’entraîner, de participer à des compétitions et d’être encadrées, elles peuvent progresser, faire des prouesses et exceller au plus haut niveau.

Ce sont ces résultats qui ont retenu l’attention d’Eunice Kennedy Shriver, qui, en 1968, s’est appuyée sur les recherches de M. Hayden pour lancer l’organisme Special Olympics. Sans la vision et les travaux de M. Hayden, le mouvement mondial tel que nous le connaissons aujourd’hui n’aurait pas eu le même impact transformateur.

Depuis 1991, j’ai eu le privilège de constater par moi-même l’habileté, la détermination et l’esprit qui animent les Jeux olympiques spéciaux et leurs athlètes. J’ai fait la connaissance de nombreux athlètes des Jeux olympiques spéciaux, comme Arthur Rea, joueur de curling, de golf et de hockey en salle, qui s’est fait le défenseur et l’ambassadeur de son sport, tout comme je le suis pour le sport en général.

Vingt-cinq ans plus tard, Arthur et moi continuions de nous rencontrer dans des événements. Nous discutions comme de vieux routiers du sport et des athlètes de la nouvelle génération, mais aussi de nos parents vieillissants, de la vie et de la chance incroyable que nous avions de faire toujours partie d’une communauté sportive qui nous apportait tant de soutien. Cette expérience commune — le fait qu’Arthur et ses camarades des Jeux olympiques spéciaux soient considérés comme des contributeurs à part entière — est l’essence même du mouvement des Jeux olympiques spéciaux. C’est pour la vie. C’est authentique. C’est le sport. C’est la vie.

Les contributions de M. Hayden sont largement reconnues. Il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada, a été intronisé au Panthéon des sports canadiens et a reçu de nombreuses distinctions pour son leadership et ses activités de défense des intérêts.

Alors que nous commémorons ses contributions, nous savons que son héritage perdure non seulement au sein des Jeux olympiques spéciaux, mais aussi dans la vérité simple et puissante qu’il a su prouver : les bienfaits du sport et de l’entraînement sont accessibles à tous.

Je terminerai par le serment des athlètes des Jeux olympiques spéciaux : « Que je sois victorieux, mais si je n’y parviens pas, que je sois courageux dans l’effort. » Reposez en paix, Frank. Merci pour l’œuvre de votre vie.

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