PÉRIODE DES QUESTIONS — Les finances
Le Fonds pour un Canada fort
29 avril 2026
Monsieur le leader du gouvernement, le fonds d’investissement souverain proposé par le gouvernement a laissé les Canadiens, et même les marchés, plus perplexes que rassurés. Après tout, le principe de base d’un tel fonds est simple : un pays doit d’abord générer et maintenir un surplus budgétaire. Or, le bilan des libéraux au cours des dernières années démontre le contraire : ils ont alimenté l’inflation avec des politiques coûteuses qui ont laissé le pays avec une dette de près de 1,3 billion de dollars. Si vous ne me croyez pas, consultez le rapport économique mondial de la Banque Scotia sur le fonds d’investissement souverain proposé. Selon ce rapport, le Canada n’est pas un épargnant net et ne satisfait donc pas aux critères les plus élémentaires pour disposer d’un fonds d’investissement souverain.
Sénateur Moreau, pourquoi les Canadiens devraient-ils investir leurs économies dans le « fonds de dette souveraine » du premier ministre Carney alors que même Bay Street exprime de sérieux doutes quant à sa viabilité?
Je vous remercie de votre question, sénateur Housakos. Elle me donne l’occasion de dire aux Canadiens que le fonds souverain, qui appartient à toute la population canadienne, offrira aux particuliers la possibilité d’y investir. Ce fonds ne se limitera pas à un secteur en particulier et il visera des investissements à long terme.
Les consultations que le gouvernement mène actuellement aideront à définir la conception exacte du fonds ainsi que les pratiques exemplaires internationales dont on peut tirer parti. Je suis à peu près certain, sénateur Housakos, que ce fonds sera un succès.
Monsieur le leader du gouvernement, nous savons tous ce que font les fonds d’investissement et comment ils sont gérés, mais il s’agit de fonds d’investissement et non de fonds qui s’appuient sur des dettes. Le recyclage des actifs ne change rien au fait qu’en réalité, ce fonds est financé par l’accroissement de la dette, ce qui n’offre pas la base stable et crédible qu’il lui faudrait pour attirer les capitaux privés nécessaires à l’atteinte de ses objectifs.
Concrètement, qu’est-ce qui distingue le « fonds de dette souveraine » imaginé par le premier ministre des nombreux instruments d’investissement que les libéraux ont utilisés au cours de la dernière décennie, qui n’ont pas vraiment produit de résultats outre des déficits accrus? Quelle est la différence entre ce fonds et tout ce que vous avez fait par le passé?
Hier, votre question portait sur la manière d’attirer les investissements dans les activités publiques. C’est exactement l’objectif de ce fonds. On permettra aux particuliers et aux entreprises d’investir des fonds privés afin de contribuer à la solidité de l’économie canadienne, de mener à bien des projets d’envergure et d’investir dans l’économie pour créer des emplois. C’est là tout l’intérêt de ce fonds. Je pense que cela répond à la question d’hier, mais aussi à celle d’aujourd’hui.
Monsieur le leader du gouvernement, vous avez fait une longue et brillante carrière à Montréal en tant qu’avocat chevronné et ancien ministre et vous avez également travaillé dans le milieu des affaires montréalais. Ne pensez-vous pas que la réduction de la dette et l’élimination des formalités administratives constituent les moyens les plus fondamentaux d’encourager l’afflux de richesses et d’investissements privés au Canada à partir de diverses sources? Ne pensez-vous pas que l’augmentation de la dette, de la réglementation et des formalités administratives ne constitue pas forcément le meilleur moyen d’attirer la richesse?
Je le répète : tous les fonds souverains du monde — qu’il s’agisse de celui de la Norvège ou de l’Alberta — reposent sur le principe selon lequel les excédents sont investis afin de générer de la richesse. Est-ce le cas pour ce fonds souverain?
La meilleure réponse est que les mesures prévues dans la mise à jour économique du printemps injecteront 37,5 milliards de dollars dans l’économie au cours des six prochaines années. Le gouvernement est déterminé à renforcer l’économie, et c’est exactement ce que montre la mise à jour économique du printemps. Non seulement nous investissons dans l’économie, mais nous réduisons aussi le coût de la vie pour tous les Canadiens. Nous investissons dans la création d’emplois, le secteur de la santé, le secteur du logement et le sport. La semaine dernière, on nous a posé une question au sujet de nos investissements dans le sport. C’est exactement ce que nous faisons avec cette mise à jour, qui prévoit des investissements sans précédent.
Je pensais que le temps était écoulé. Il s’agit d’une mise à jour si importante qu’une minute ne suffit pas pour répondre aux questions et parler de toutes les bonnes choses que nous faisons.
Ce que l’énoncé économique montre, c’est que le prix du pétrole sur les marchés internationaux est extrêmement élevé, que les taxes sur le pétrole et le gaz au Canada sont extrêmement élevées et que cela a permis au gouvernement d’empocher des recettes exceptionnelles aux dépens des travailleurs canadiens. C’est à peu près la seule chose que l’énoncé économique a révélée.
Pouvez-vous nous donner une réponse simple à cette question. Connaissez-vous un pays ou un fonds souverain dans le monde qui fonctionne avec un niveau d’endettement et de déficit comme celui que connaîtra votre gouvernement?
Dans votre préambule, vous avez parlé du prix élevé du pétrole et du gaz dans le monde. La semaine dernière, vous avez demandé pourquoi le gouvernement avait suspendu temporairement la taxe d’accise fédérale sur le carburant. Il faut être cohérent. La semaine dernière, vous disiez que c’était une mauvaise idée, et cette semaine, vous dites que ce n’est pas suffisant. Hier, vous disiez que nous dépensions trop, et aujourd’hui, vous dites que nous ne dépensons pas assez. Vous devez vous décider, sénateur.