DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'Association médicale canadienne
La réconciliation avec les peuples autochtones
19 septembre 2024
Honorables sénateurs, hier, l’Association médicale canadienne a présenté des excuses historiques lors d’une cérémonie sur le territoire traditionnel des peuples Lekwungen, ce qui comprend les nations Songhees, Esquimalt et WSÁNEC.
L’association est revenue sur ses 150 ans d’histoire et sur les échecs systémiques dans le domaine de la santé qui ont eu de profonds impacts sur les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis, des impacts qui sont encore ressentis à ce jour.
Comme l’a exprimé le Dr Evan Adams, médecin des Premières Nations :
La vie des Autochtones au Canada est profondément influencée par le racisme [...] Les médecins doivent poser un regard réaliste sur le rôle du secteur médical dans les préjudices causés aux peuples autochtones tout au long de l’histoire du Canada. En tant que leaders du secteur de la santé, ils doivent prendre les devants et mettre en place des mesures pour réparer les préjudices passés tout en assurant un avenir plus équitable.
Certains se demandent peut-être en quoi consiste le racisme systémique en santé. Le système d’hôpitaux autochtones instillait le racisme systémique et la discrimination dans le système de santé canadien, parce qu’il favorisait la ségrégation et créait une situation où les patients autochtones recevaient des soins de piètre qualité et dangereux.
Des expériences médicales ont été menées sur les enfants autochtones dans les pensionnats, notamment des études sur les effets de la malnutrition et la privation des soins nécessaires. Des adultes autochtones ont été soumis à des expériences médicales sans leur consentement, notamment pour mettre à l’essai des vaccins et des traitements expérimentaux contre la tuberculose. Des Inuits ont été forcés d’aller contre leur gré dans des sanatoriums pour le traitement de la tuberculose loin de leur maison et du soutien de leur communauté sans jamais avoir donné de consentement éclairé. Bon nombre ont perdu la vie et leur dépouille n’a jamais été retournée à leur communauté.
Dans ses excuses, l’association reconnaît que le racisme, les stéréotypes négatifs, les répercussions intergénérationnelles, la méfiance, le manque d’accès adéquat aux services de soins de santé et la sous-représentation des Premières Nations, des Inuits et des Métis au sein de la profession médicale perpétuent encore aujourd’hui les préjudices causés aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis. L’association reconnaît qu’elle n’a pas respecté les normes éthiques et les normes de la profession médicale, s’engage à prendre des mesures pour améliorer la santé des Autochtones et s’engage à favoriser une véritable réconciliation.
Comme l’a dit le premier président autochtone de l’Association médicale canadienne, le Dr Alika Lafontaine, dans ces relations bilatérales, le fardeau du passé doit être partagé :
Il y a certaines parties de l’histoire dont les Autochtones doivent laisser les colons porter le fardeau. Cependant, à bien des égards, il est approprié et nécessaire que nous partagions le poids du changement.
J’ai eu le privilège de rencontrer la sénatrice Yvonne Boyer pour la première fois alors que j’étais présidente de l’Association médicale canadienne et qu’elle commençait à travailler au projet de loi S-250, Loi modifiant le Code criminel (actes de stérilisation).
En conclusion, je m’engage à porter ma part du poids de l’histoire et du changement.
Meegwetch, merci.