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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de la fierté

20 juin 2024


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner le Mois de la fierté. La fierté signifie se rassembler et être visible. La fierté signifie être fier, conscient, courageux, loyal et intègre dans l’affirmation de son identité et de sa dignité. La fierté signifie guérir, honorer les nouvelles idées et vivre en harmonie. Elle représente l’amour de soi, l’inclusivité, la diversité, la prise de conscience, et bien d’autres choses encore. Elle signifie être la personne pour laquelle on est né.

Comme nous l’avons entendu, il y a des pays où de telles libertés n’existent pas et où les droits fondamentaux de la personne sont bafoués, en particulier ceux des communautés marginalisées comme la communauté 2ELGBTQIA+. Ces personnes perdent leur emploi, sont ostracisées, sont emprisonnées et peuvent même être victimes d’une mort violente sanctionnée par l’État.

Nos propres droits et libertés ont été durement acquis et préservés par les militaires canadiens qui ont risqué et perdu leur vie dans des guerres, sur des champs de bataille loin de chez eux. Ils se sont battus contre la tyrannie et pour nos libertés. Les membres de la communauté 2ELGBTQIA+ font partie de ceux qui ont volontairement revêtu l’uniforme, porté des armes, hissé notre drapeau et perdu la vie pour protéger nos libertés.

Malheureusement, le Canada n’a pas besoin de gratter trop loin sous la surface pour montrer sa propre histoire d’exclusion envers les membres de cette communauté, y compris au sein des Forces armées canadiennes. Pendant des décennies, les membres de la communauté ont été contraints de cacher leur identité, de subir des abus, de voir leur carrière stagner, voire d’être emprisonnés et expulsés avec un casier judiciaire s’ils étaient découverts. Lorsque je me suis enrôlée dans les Forces armées canadiennes, en 1989, j’ai dû signer un document officiel, conservé dans mon dossier officiel, déclarant que je n’étais pas membre de cette communauté afin d’éviter tout chantage.

Face aux persécutions, et au prix de grands sacrifices personnels, des groupes d’individus se sont défendus et ont commencé à réclamer les libertés qui leur avaient été refusées.

Michelle Douglas était une officière à la carrière prometteuse. Elle a été renvoyée lors des purges de la fin des années 1980. Michelle a riposté et a intenté un recours collectif contre la discrimination officielle au sein des Forces armées canadiennes, ce qui a contribué, en 1992, à mettre un terme au traitement injuste réservé aux membres de la communauté.

Necole Belanger a pris sa retraite en tant qu’adjudante-cheffe après une carrière de 35 ans au service du Canada en tant que policière militaire et après avoir survécu aux purges. Necole a plaidé en faveur de la diversité et de l’inclusion au sein de l’armée, sensibilisant les dirigeants à la nécessité d’un véritable changement culturel. Elle a été un modèle à cet égard.

Des progrès ont été réalisés, et les institutions continuent d’évoluer. Voici ce qu’avait à dire à ce sujet un ancien membre des Forces armées canadiennes qui a passé sa carrière à être victime de discrimination, mais qui a malgré tout gravi les plus hauts échelons :

Alors que nous observons d’autres régions du monde régresser en matière d’acceptation, nous continuerons d’aller de l’avant en matière de progrès. Nous remettrons en question les normes précédemment acceptées. Nous resterons vigilants face aux traitements et aux comportements inacceptables et nous ne permettrons pas que nos droits durement acquis soient menacés. Nous serons les alliés de ceux qui nous entourent, nous défendrons les droits des personnes 2ELGBTQI+ [...]

Honorables sénateurs, je me présente en tant qu’alliée, célébrant nos militaires dans toute leur diversité. Ils servent pour protéger nos libertés, et ils servent les Canadiens avec fierté.

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