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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'opération Reassurance

28 novembre 2024


Honorables sénateurs, je suis récemment allée en Pologne, en Estonie et en Lettonie avec mes collègues parlementaires, dans le cadre des travaux de l’Association parlementaire Canada-Europe, afin d’échanger avec des homologues gouvernementaux et de rencontrer des membres des Forces armées canadiennes servant dans les éléments de la force terrestre de l’opération Reassurance, la contribution du Canada aux vastes efforts de dissuasion de l’OTAN le long du flanc oriental de l’organisation. Avec la Lettonie comme pays hôte exceptionnel, un nombre sans précédent de 14 pays composeront la Brigade multinationale Lettonie de l’OTAN, sous le commandement de notre colonel canadien Cédric Aspirault.

C’est la plus multinationale de toutes les forces terrestres avancées de l’OTAN. Il sera extrêmement difficile de « décanadianiser » le quartier général pour réunir tous ces pays en une seule brigade cohésive. Cependant, c’est aussi un témoignage incroyable de la confiance que les autres pays accordent au Canada en tant que nation-cadre et aux dirigeants des Forces armées canadiennes.

En Lettonie, nous avons assisté à la conclusion de l’exercice Resolute Warrior, le premier exercice d’envergure en tant que brigade complète de l’une des forces terrestres avancées, mais aussi le premier exercice sur le terrain d’une brigade dirigée par le Canada en Europe en plus de 30 ans. De nombreux planificateurs du Commandement des opérations interarmées du Canada, qui ont pris part à cet exercice, se trouvent à la tribune aujourd’hui. D’un point de vue militaire au moins, la position de notre nation au sein de l’alliance est intacte grâce à l’excellence de nos soldats, marins et aviateurs.

Il est essentiel, toutefois, que le Canada poursuive son engagement. Pensez donc : l’ambassadeur de la Lettonie au Canada, qui est parmi nous aujourd’hui, était un jeune conscrit lorsque l’Union soviétique occupait la Lettonie. Il a alors courageusement critiqué ses supérieurs soviétiques. Il s’est alors fait dire que la Lettonie n’avait pas le droit d’être indépendante parce qu’elle n’avait jamais envahi un autre pays. Pensez-y un peu.

C’était le critère à remplir, selon l’État soviétique — et c’en est un aujourd’hui pour l’État russe — pour devenir un pays. La Lettonie partage ses frontières avec un pays dont le régime se sent autorisé à envahir ses voisins. C’est ce qu’il fera encore et encore si on ne l’en empêche pas. La Lettonie le sait, et les Canadiens devraient en prendre conscience.

Plus de 2 200 membres des Forces armées canadiennes étaient en Lettonie pour cet exercice. En tout, 1 700 militaires y seront déployés en permanence, à tour de rôle. Quelque 80 militaires canadiens et leur famille y sont maintenant affectés pour trois ans. Nous, parlementaires, devons donc nous assurer qu’ils ont le matériel et le soutien nécessaires.

Les décisions que nous prenons ici ont une profonde incidence sur chaque membre des forces armées. Nous ne pouvons pas leur demander de remplir leurs fonctions sans leur fournir les outils dont ils ont besoin pour y parvenir.

Au Forum d’Halifax sur la sécurité internationale, le week-end dernier, le président de HFX a déclaré que « toutes les questions internationales sont liées à la victoire de l’Ukraine sur la Russie de Poutine ».

Qu’il s’agisse de la sécurité de Taïwan ou de la stabilité du Moyen-Orient, et de toute la région, la victoire de l’Ukraine est essentielle à la paix mondiale. Je ne saurais trop insister là-dessus.

Nous n’oublierons pas les millions d’Ukrainiens qui ont été déplacés et qui souffrent énormément en raison de la Russie. Le soutien inébranlable du Canada est nécessaire aujourd’hui et le sera après la victoire non seulement pour défendre la souveraineté, de l’Ukraine mais aussi pour affirmer sa position en faveur de toutes les démocraties, de la liberté et de la dignité humaine.

Je vous remercie, Votre Honneur.

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