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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le jour J et la bataille de Normandie

5 juin 2025


Honorables sénateurs, le 8 mai 2025, le Canada et le monde ont célébré le 80e anniversaire de la victoire en Europe contre le fascisme des nazis. Cette victoire n’aurait pas été possible sans les efforts des forces armées canadiennes, américaines et britanniques pendant la bataille de Normandie, soit l’invasion de la France par les Alliés.

Le 6 juin 1944, qui est maintenant appelé le jour J, cinq plages françaises ont été le théâtre du plus grand débarquement amphibie de l’histoire, alors que les Alliés tentaient de percer le mur de l’Atlantique érigé par Hitler. C’est sur la plage Juno que les Canadiens ont pris les devants. Les combats se sont poursuivis pendant 12 semaines, dans le cadre de la bataille de Normandie, marquant le début de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Certains des navires, régiments et escadrons qui se sont lancés à corps perdu dans cette bataille sont représentés ici aujourd’hui par des membres des Forces armées canadiennes qui servent actuellement ou ont servi dans des unités dont l’histoire remonte à ce jour. Je souhaite attirer l’attention sur trois unités qui ont participé au jour J et qui ont aujourd’hui des liens avec Ottawa.

Le NCSM Ottawa, un destroyer de la Marine royale canadienne, a escorté les forces d’invasion lorsqu’elles ont traversé la Manche. Le NCSM Ottawa d’aujourd’hui, quatrième du nom, est une frégate de la classe Halifax qui sillonne toujours la planète pour soutenir l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, l’OTAN, ainsi que la diplomatie en Asie-Pacifique et la lutte contre le terrorisme.

En 1944, le NCSM Ottawa a très bien pu escorter des membres du régiment de mitrailleuses Cameron Highlanders of Ottawa (Duke of Edinburgh’s Own). Aujourd’hui, les Cameron sont un régiment d’infanterie qui entretient des liens étroits avec la ville d’Ottawa; les deux partagent la même devise : EN AVANT.

De plus, le 412e Escadron, qui faisait partie de la force aérienne tactique en ce jour fatidique, quadrillait le ciel afin d’intercepter les chasseurs et escorter les bombardiers alliés. De nos jours, le 412e Escadron transporte des dignitaires et offre des services d’évacuation médicale; il est basé ici même, à l’aéroport d’Ottawa.

Parlant d’évacuation médicale, je m’en voudrais de ne pas souligner les efforts incroyables des ambulanciers de campagne du Corps royal de santé de l’Armée canadienne, qui ont débarqué aux côtés des forces d’assaut pour donner les premiers secours aux blessés et récupérer les dépouilles sur la plage Juno alors que la bataille faisait rage autour d’eux.

Honorables sénateurs, nous gagnons le droit de porter le titre d’honorable quand nous sommes nommés au Sénat. Pourtant, il n’y a à mes yeux aucun geste plus honorable que celui d’offrir volontairement sa vie — son avenir — pour défendre quelque chose de plus grand que soi. C’est ce qu’un très grand nombre de nos compatriotes canadiens ont fait le jour J.

Le soldat Leslie Neufeld, de la Saskatchewan, était l’un d’eux. Dans la lettre qu’il a écrite à sa famille le 4 juin 1944, il dit ceci :

Nous savons très bien ce que nous avons à faire. Nous nous sommes entraînés pour nous battre dans toutes les conditions et dans toutes les circonstances. Nos chances sont plutôt bonnes [...] S’il devait m’arriver quelque chose, ne soyez ni tristes ni accablés, dites-vous plutôt que j’aurai servi mon pays jusqu’au bout.

Le soldat Neufeld est l’un des 359 Canadiens tués sur la plage Juno.

Souvenons-nous de leur sacrifice, mais souvenons-nous aussi que nous avons la responsabilité de défendre les valeurs pour lesquelles ils se sont battus, de prendre soin de ceux qui ont servi leur pays et qui continuent de le servir et de soutenir les familles qui portent le terrible poids de ce dévouement.

En cet anniversaire du jour J, puissions-nous renouveler notre détermination à honorer ce devoir. N’oublions jamais.

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