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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de l'histoire des femmes

31 octobre 2024


Honorables sénateurs, je souhaite aujourd’hui souligner le Mois de l’histoire des femmes, qui se conclut aujourd’hui en ce dernier jour d’octobre.

Je transmets ma gratitude aux peuples algonquins anishinaabes, qui vivent sur ces terres non cédées et non restituées et qui en prennent soin depuis des millénaires, car c’est grâce à eux que je peux prendre la parole aujourd’hui.

Nous devons prendre conscience de la multitude de réalisations, de jalons et de progrès qui ont marqué l’histoire des femmes au Canada. Cela dit, nous devons aussi reconnaître que ces avancées et ces progrès importants excluaient souvent les femmes autochtones, noires et racisées.

Ce n’est pas moi qui vous apprendrai que tous les êtres humains n’ont pas toujours été considérés comme des personnes aux yeux de la loi, mais saviez-vous que les femmes ont été incluses dans la définition d’une « personne » en droit canadien il n’y a même pas 100 ans? En 1927, la Cour suprême s’est fait demander si les femmes étaient visées par cette définition. Elle a répondu que non. Il a fallu attendre jusqu’au 18 octobre 1929 pour que le Comité judiciaire du Conseil privé de Grande-Bretagne, à Londres, modifie la loi afin que les femmes soient légalement considérées comme des « personnes ». Il s’agit d’un moment charnière dans l’histoire de l’égalité entre les sexes, mais comme chaque fois qu’on s’est approché un tant soit peu de la justice entre les sexes, on a encore une fois exclu certaines femmes. Les femmes marginalisées, y compris celles d’ascendance autochtone et asiatique, ont longtemps été exclues de la définition juridique de 1929.

Il ne faut pas oublier que les progrès vers l’égalité entre les sexes et la justice ont toujours été inégaux et que les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre sont encore trop souvent exclues d’étapes marquantes. Aujourd’hui encore, faire progresser l’égalité des genres au Canada ne se limite pas à combler les écarts entre les hommes et les femmes. Les gens se butent à des obstacles différents, selon les nombreux éléments de leur identité, notamment leur orientation sexuelle, leur race, leur identité de genre, leurs capacités et leur âge. La recherche d’une véritable égalité passe par la reconnaissance et la satisfaction des divers besoins de chacun. Nous devons toujours penser à l’intersectionnalité et appliquer cette analyse comparative critique entre les sexes aux initiatives que nous prenons, et nous devons regarder les choses sous cet angle de façon cohérente.

Que pouvons-nous faire à ce sujet? Être un allié féministe intersectionnel consiste à utiliser sa tribune et ses privilèges pour défendre l’inclusion et la diversité, ainsi qu’à soutenir les femmes et les filles qui font face à des obstacles et à de la discrimination auxquels nous ne sommes peut-être pas confrontés nous-mêmes.

Il ne fait aucun doute que nous devrions être fiers des progrès réalisés. En même temps, nous devons veiller à ce que l’histoire des femmes au Canada soit inclusive et juste et qu’elle ne laisse personne de côté. Merci. Meegwetch.

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