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Projet de loi sur le Mois du patrimoine caribéen

Deuxième lecture

9 juin 2026


Propose que le projet de loi S-248, Loi concernant le Mois du patrimoine caribéen, soit lu pour la deuxième fois.

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui sur le territoire non cédé de la nation algonquine anishinabe pour vous demander d’appuyer le projet de loi S-248, Loi concernant le Mois du patrimoine caribéen.

Ce projet de loi vise à désigner le mois de juillet de chaque année comme Mois du patrimoine caribéen. J’aimerais commencer par vous parler d’une expression que mes grands-parents m’ont apprise, en particulier ma grand-mère, une femme dont l’amour et la discipline ont façonné de manière indélébile la femme que je suis aujourd’hui. Si vous aviez connu ma grand-mère, vous en conviendriez. C’est une expression que mes compatriotes jamaïcains emploient depuis des générations : Wi likkle, mais wi tallawah. En patois jamaïcain, cela signifie : nous sommes petits, mais nous sommes puissants. Elle nous rappelle que notre taille ne détermine pas notre force, notre pouvoir ou notre influence. Je ne peux trouver une expression qui illustre mieux l’esprit des Caraïbes : likkle but tallawah.

Honorables collègues, je suis née à Kingston, en Jamaïque, mais j’ai passé la majeure partie de ma petite enfance à Clarendon, une paroisse agricole où, il y a des centaines d’années, mes ancêtres étaient réduits à l’esclavage et forcés de travailler dans des champs de canne à sucre pour produire du sucre destiné à la consommation européenne. En 1690, les esclaves africains de cette paroisse se sont révoltés contre la tyrannie de l’esclavage, ont résisté à l’oppression et ont vécu comme des hommes et des femmes libres dans les montagnes Mocho. On les appelait les Marrons. Plus de 300 ans plus tard, la canne à sucre pousse encore à Clarendon.

Quand j’étais enfant, mes grands-parents m’ont élevée. Mes parents, comme beaucoup de membres de leur génération dans la région, sont déménagés en Ontario pour s’y établir avant de faire venir leurs enfants deux par deux au Canada.

Mon père s’est trouvé un emploi de mécanicien à la Commission de transport de Toronto, et ma mère a travaillé comme femme de chambre à l’hôtel Fairmont pendant 25 ans, jusqu’à sa retraite. Je suis arrivée la dernière, quand j’avais 11 ans, une likkle fille avec de grands rêves dans un nouveau pays.

Je me souviens que ma tante Rose, qui n’avait jamais voyagé de sa vie, m’a donné ce précieux conseil pour survivre au Canada : « Marche vite. Il fait froid là-haut. »

Aujourd’hui, je suis ici, dans cette auguste enceinte, en tant que sénatrice du Canada, fière Canadienne, fière Jamaïcaine et l’incarnation même du terme tallawah.

Mais je ne suis pas ici pour raconter mon histoire personnelle. Je suis ici pour vous raconter la nôtre : celle de plus de 750 000 Canadiens d’origine caribéenne qui ont choisi de s’établir ici. Ce qui m’a permis de me rendre de Clarendon au Sénat, c’est la même force qui anime les Caribéens et les a poussés à construire, à contribuer et à prospérer au Canada depuis des générations. Wi tallawah, tous autant que nous sommes.

Honorables sénateurs, avant que je vous dise pourquoi faire du mois de juillet le mois du patrimoine caribéen est une reconnaissance méritée depuis longtemps, je m’en voudrais de ne pas d’abord expliquer ce que sont les Caraïbes. Trop souvent les Canadiens réduisent les Caraïbes à une destination vacances : le soleil, la mer et une plage parfaite dont on peut profiter dans tout le confort d’un hôtel tout-inclus. C’est la carte postale. Les gens et la culture n’en font pas partie. Les langues parlées dans les Caraïbes sont l’anglais, le français, le néerlandais, le créole et le papiamento. Les gens y sont accueillants et fiers.

Nous représentons un mélange de cultures, de descendants des groupes suivants :

les peuples autochtones taïno et kalina qui ont émigré d’Amérique du Sud et qui avaient des civilisations établies bien avant que Christophe Colomb ne parte en mer en 1492; les Kalinas, appelés « Caraïbes » par les colons européens, mot qui a donné son nom à la région des Caraïbes; les Africains, qui ont subi l’indignité d’être embarqués de force sur des navires marchands à partir du puits sans fond de donjons d’esclaves en Afrique de l’Ouest jusqu’à un nouveau monde dans les Caraïbes, forcés de créer de la richesse pour l’Europe par leur esclavage, privés de leurs droits fondamentaux, mais qui ont fait preuve de résilience en survivant à l’esclavage et en s’accrochant à des éléments de leur culture; les travailleurs indiens, chinois et irlandais envoyés dans les champs de canne à sucre en tant qu’engagés; et, enfin, les Européens, qui sont venus comme colonisateurs, planteurs et commerçants et dont les descendants sont restés.

Nous sommes tous nés sur la même terre, nous sommes tous façonnés par le même soleil, et nous faisons tous partie du même kaléidoscope.

Notre histoire est aussi riche que la terre où poussent nos épices de la Grenade, aussi féconde que nos autres ressources, comme le sucre d’Antigua et le pétrole du Guyana. Notre histoire nous enracine partout où nous nous déposons.

Notre fierté en tant que peuple vient de cette histoire et de notre résilience maintes fois éprouvée. Nous sommes un kaléidoscope, pas un monolithe. Nous sommes issus du colonialisme, de l’esclavage, de l’engagisme et des ouragans. Grâce à notre courage et à notre résilience, nous avons bâti quelque chose d’extraordinaire, parce que c’est ce que nous sommes : résilients, fiers et toujours présents.

Chers collègues, je veux déboulonner le mythe selon lequel les gens des Caraïbes sont arrivés au Canada récemment, après que l’histoire du Canada a déjà été écrite en grande partie. En fait, pendant des générations, nous avons été les co-auteurs de cette histoire.

Chers collègues, la relation entre le Canada et les Caraïbes date d’avant la Confédération. Pendant des générations, les mains caribéennes ont façonné l’économie, la culture et l’histoire du Canada.

Depuis aussi loin que le XVIIe siècle, le Canada et les Caraïbes ont entretenu des liens commerciaux. La morue salée de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse partait vers le sud par bateau pour nourrir les esclaves dans les plantations de canne à sucre, d’Haïti au nord jusqu’à Trinité au sud. En retour, du rhum et de la mélasse étaient transportés vers le Canada atlantique. Aux XVII et XVIIIe siècles, la prospérité du Canada atlantique reposait sur ces échanges.

Aujourd’hui, les délices caribéens faits à partir de morue salée, comme le poisson à l’aki et au sel de la Jamaïque, les acras d’Haïti, de la Martinique et de la Guadeloupe, le cook up rice de la Guyane, les beignets de poisson de la Barbade ou le buljol de Trinité existent grâce à ce commerce.

À Terre-Neuve, le rhum jamaïcain a façonné la culture ouvrière dans les villages de pêcheurs et les centres communautaires, si bien que l’initiation avec un verre de rhum jamaïcain appelée « screech-in » est devenue un rite de passage pour les visiteurs.

Aujourd’hui, le commerce de biens et de services entre le Canada et les Caraïbes se chiffre à plus de 6,3 millions de dollars par année. Et comme le Canada cherche à diversifier ses relations commerciales, les Caraïbes ont la capacité d’accroître leurs échanges commerciaux avec le Canada.

Chers collègues, il y a quelques minutes, j’ai parlé des Marrons, les descendants d’Africains qui ont fui l’esclavage en Jamaïque et qui ont fondé des communautés libres dans les montagnes. Ces colonies marronnes ont existé pendant plus d’un siècle. Cependant, en 1796, au lendemain de leur défaite lors de la deuxième guerre des Marrons, plus de 500 Marrons de la Jamaïque ont été envoyés en exil à Halifax — notre Halifax.

Pendant les quatre années qu’ils ont passées à Halifax, ces hommes et ces femmes des Caraïbes ont construit la citadelle d’Halifax, la résidence du gouverneur et la collectivité de Preston, un secteur qui constitue maintenant le cœur de la communauté afro‑néo-écossaise. La sénatrice Bernard, qui siège dans cette chambre, représente fièrement la collectivité de Preston.

La citadelle d’Halifax, qui a été construite par des Marrons jamaïcains, demeure l’une des fortifications les plus emblématiques de l’histoire militaire canadienne. Chaque année, plus de 200 000 personnes la visitent, et je suis certaine que peu d’entre elles connaissent cette histoire.

Vous voyez, chers collègues, les Caribéens ont participé concrètement à la construction du pays. Avant la Confédération, avant Calgary et avant le Canada, les Caribéens étaient déjà ici. Les Caribéens écrivaient déjà l’histoire du Canada. Les Caribéens jouaient déjà dans la cour des grands.

Cette histoire commune est complexe. Elle mérite d’être connue. Elle mérite aussi d’être reconnue.

Au XX e siècle, des habitants des Caraïbes sont venus au Canada par vagues. Lors de la première vague, dans les années 1950 et 1960, des femmes des Caraïbes comme l’honorable Jean Augustine sont venues au Canada en tant que domestiques dans le cadre du Programme concernant les employées de maison antillaises. Elles ont fait le ménage, élevé les enfants et envoyé de l’argent dans les îles pour le bien de leur famille.

Dans la deuxième vague, il y a eu des professionnels. Le système de points instauré en 1967 a attiré au Canada des milliers de médecins, d’avocats, d’enseignants et d’ingénieurs des Caraïbes. Ils sont venus. Ils sont restés. Ils ont bâti.

Mes parents ont fait partie de cette deuxième vague. À mon arrivée au Canada, ils étaient déjà établis et avaient acheté leur première maison à Toronto. Je demeure toujours aussi admirative de leur esprit de sacrifice, de leur détermination et de leur éthique de travail.

Cette génération a inculqué à ses enfants, dont je fais partie, la valeur de l’éducation et leur a appris que, s’ils travaillaient fort et s’instruisaient, ils pourraient réaliser le rêve canadien.

Dans les années 1970 et 1980, des vagues de réfugiés haïtiens comme notre ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean ont fui la dictature de Duvalier et ont fait de Montréal leur chez-eux dans des quartiers comme Bourassa et Saint-Michel.

Aujourd’hui, les Caraïbes continuent d’envoyer chez nous leur ressource la plus riche, c’est-à-dire leur population. Les étudiants étrangers enrichissent la vie sur les campus de nos collèges et de nos universités. Les travailleurs étrangers temporaires cueillent nos fruits à Bowmanville et à Niagara, tandis que les préposés aux services de soutien à la personne s’occupent de nos aînés. Les professionnels travaillent dans les banques, les tribunaux et même dans cette vénérable enceinte. Les entrepreneurs rendent le Canada plus prospère.

L’esprit du tallawah habite chacun des 750 000 Canadiens d’origine caribéenne. Où que nous allions, d’un océan à l’autre, nous fleurissons là où nous nous déposons.

Quand je regarde autour de moi dans cette enceinte, je vois des collègues comme la sénatrice Moodie, le sénateur Yussuff, la sénatrice Youance et la sénatrice Burey, qui ont des racines caribéennes. Je vois aussi la sénatrice Clement, dont le père vient de Trinité-et-Tobago. Nous avons tous pris racine dans le sol canadien, avec nos divers parcours, pour fleurir dans cette enceinte.

Dans le domaine du sport, je pense à des médaillés d’or et à des champions mondiaux comme Donovan Bailey, Perdita Felicien, Andre De Grasse, Jennifer Abel et Brendon Rodney, qui ont porté la feuille d’érable avec fierté et fait grand honneur au Canada.

Pour ce qui est de la culture, chaque été, la ville reine, ma ville, accueille le Carnaval des Caraïbes de Toronto, une célébration culturelle qui rapporte plus de 450 millions de dollars par année à l’Ontario et qui attire plus de 2 millions de visiteurs.

Dans le monde des affaires, je pense à des titans tels que Wes Hall, Frank Bayliss et Michael Lee-Chin; dans les sciences, je pense à feu la grande biologiste Juliet Daniel, dont la découverte du gène Kaiso a fondamentalement changé la recherche sur le cancer du sein. Dans le domaine de la politique, Rosemary Brown, Marci Ien, Jean Augustine, Celina Ceasar Chavannes, Marjorie Michel, Leslyn Lewis et Hedy Fry. Si mon temps de parole le permettait, je pourrais continuer longtemps à énumérer la liste des élus canadiens qui ont des racines caribéennes. Jusqu’à présent, je n’ai nommé que des femmes. Ce sont des femmes qui en ont aidé d’autres à gravir les échelons et à briser les barrières. Elles ont ouvert des portes à d’autres qu’elles, et ces autres femmes ont pu s’épanouir au Canada.

Honorables sénateurs, permettez-moi de vous emmener un instant hors des frontières du Canada, car ce dont je veux vous parler ne concerne pas seulement ce que les Caraïbes ont apporté à notre pays, mais aussi ce que de petites îles qui représentent moins de 1 % de la population mondiale ont apporté au monde entier.

Trinidad a donné au monde la soca ainsi que le steel drum, seul instrument de musique inventé au XXe siècle. Haïti a donné au monde sa première république noire. Toussaint Louverture a vaincu les armées de Napoléon et, du même coup, précipité la fin de la traite transatlantique des esclaves.

La Jamaïque a donné au monde le reggae. Plus précisément, la Jamaïque a donné au monde le grand et regretté Bob Marley ou Robert Nesta Marley, issu de la campagne jamaïcaine. Par les paroles de ses chansons, il a rappelé au peuple des Caraïbes de « s’émanciper de l’esclavage mental ». Aux peuples du monde entier, secoué par les turbulences, il a rappelé que « tout finira par bien aller ».

Il y a des endroits en Afrique, dans le Pacifique et en Europe où les gens n’ont peut-être jamais entendu parler d’Ottawa, mais où ils connaissent par cœur les paroles de la chanson « No Woman No Cry ». Pensez-y un instant.

Sainte-Lucie a donné au monde deux lauréats du prix Nobel, Derek Walcott et W. Arthur Lewis, tous deux originaires d’une île dont la population est de la même taille que celle de l’Île-du-Prince-Édouard.

Malgré le blocus dévastateur imposé par les États-Unis depuis plus de 60 ans, Cuba a donné au monde ses médecins et ses infirmières. Grâce à son internationalisme médical, ce pays a envoyé des dizaines de milliers de travailleurs de la santé dans le monde entier pour répondre à des pandémies, à des épidémies et à des catastrophes naturelles.

La Barbade a donné au monde le rhum et Rihanna, et elle joue maintenant un rôle de premier plan dans le dossier le plus urgent de notre époque : les changements climatiques.

L’Initiative de Bridgetown, qui est marrainée par mon héroïne, la première ministre Mia Mottley, a fondamentalement transformé le débat mondial sur le financement de la lutte contre les changements climatiques.

Elle a pris la parole à Davos et aux Nations unies, et elle se tient debout pour dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir en affirmant au monde entier que les règles de la finance mondiale ne sont pas conçues pour les petits États insulaires en développement, qui contribuent le moins aux changements climatiques, mais qui sont les plus durement touchés pas ces derniers. Elle a raison. Le monde est à l’écoute, et elle fait en sorte qu’il écoute un pays de 280 000 habitants.

Wi likkle, puisque notre population représente à peine 0,5 % de la population mondiale, mais wi tallawah, car notre influence est considérable.

Honorables sénateurs, le Canada a une longue tradition de désignation de mois du patrimoine : le Mois du patrimoine asiatique, le Mois du patrimoine juif, le Mois du patrimoine tamoul, le Mois du patrimoine polonais et le Mois de l’histoire des Noirs. Je pourrais continuer. Ces désignations ne sont pas seulement symboliques; elles constituent un acte de reconnaissance nationale. Je vous exhorte à appuyer le projet de loi S-248. L’appui à ce projet de loi s’inscrit dans l’engagement de longue date du Canada en faveur du multiculturalisme. Ce serait à l’image de l’appui apporté par le Sénat à d’autres mois du patrimoine. Il s’agit d’un projet de loi simple : pas d’artifices, pas de dispositions cachées, pas de conséquences financières.

En votant en faveur du projet de loi, vous direz « oui » aux plus de 500 Canadiens qui ont signé une pétition adressée à la Chambre des communes pour demander cette reconnaissance.

Chers collègues, le projet de loi bénéficie également du soutien de 26 organisations de partout au Canada, notamment l’Association canadienne indo-caribéenne — et je tiens à remercier tout particulièrement Ryan Singh de son engagement —, la St. Lucia Canada Foundation, l’Association guyanaise du Manitoba, la Barbados House de Montréal, la Jamaican Ottawa Community Association, l’Association culturelle des Bahamas de la Colombie-Britannique et la Société culturelle de Trinité-et-Tobago de la Colombie-Britannique.

Ces organisations, parmi d’autres, nous demandent d’une seule voix de reconnaître leurs contributions au Canada. Je vous exhorte à les écouter et à appuyer ce projet de loi.

En conclusion, chers collègues, je repense à cette petite fille de 11 ans de Clarendon, en Jamaïque, qui a déménagé au Canada en 1973 pour être réunie avec sa famille. Cette petite fille, qui était l’une des deux enfants noirs de sa classe à l’école publique Hillcrest, ne se voyait pas reflétée dans ses cours d’éducation civique et d’histoire et ne se voyait certainement pas reflétée dans la culture. La désignation d’un mois du patrimoine caribéen s’imposait déjà à l’époque. Il est plus que temps d’agir.

Les Caraïbes font partie intégrante du tissu du Canada depuis avant la Confédération. Nous avons construit la citadelle d’Halifax. Nous avons favorisé la prospérité de l’Atlantique aux XVIIe et XVIIIe siècles. Nous avons travaillé dans des hôpitaux, des écoles et des bureaux gouvernementaux. Nous avons conduit des autobus, et nous avons fait le ménage des chambres d’hôtel. Nous avons pris soin des enfants et des aînés. Nous sommes montés sur la plus haute marche des podiums, fiers de porter la feuille d’érable sur notre poitrine. Nous avons dansé au son mélodieux de la soca dans les rues de Toronto. Nous avons nourri ce pays grâce à nos travailleurs agricoles et à nos restaurants caribéens. Nous avons occupé des charges publiques. Nous siégeons dans cette auguste assemblée aujourd’hui. Cependant, nous attendons toujours que le Canada reconnaisse officiellement notre présence et nos contributions, et qu’il célèbre ces dernières.

Voilà le message du projet de loi S-248. Cette reconnaissance n’est pas une faveur. Ce n’est pas un cadeau. Ce n’est pas de la charité. C’est simplement la reconnaissance du fait que, comme on dit en patois jamaïcain, « Every mickle mek a muckle ». Chaque contribution, passée ou présente, d’un Canadien d’origine caribéenne compte.

Il en a toujours été ainsi, et il est temps que le Canada le reconnaisse. Wi likkle, mais wi tallawah. J’exhorte tous les honorables sénateurs à appuyer le projet de loi S-248.

Merci. Meegwetch.

L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition) [ - ]

Je tiens à féliciter la sénatrice Senior qui, comme à son habitude, a fait une intervention très réfléchie et très pertinente. Qui peut d’ailleurs contester les arguments qu’elle vient de présenter? Qui peut contester les dispositions du projet de loi S-248? La communauté d’origine caribéenne apporte une contribution considérable au Canada. Les personnes originaires de divers pays des Caraïbes ont une longue histoire dans ce pays et apportent des contributions à tous les niveaux. Je ne vais pas répéter votre excellent discours.

Chers collègues, nous devons prendre l’habitude, lorsqu’un consensus définitif se dégage autour de questions aussi importantes, de ne pas laisser le temps s’écouler en vain et d’éviter que ces points ne stagnent au Feuilleton. Si le Sénat y consent, mettons le projet de loi aux voix, renvoyons-le au comité sans tarder et attelons-nous au travail qui doit être accompli.

Son Honneur le Président intérimaire [ - ]

Les sénateurs sont-ils prêts à se prononcer?

Son Honneur le Président intérimaire [ - ]

Vous plaît-il, honorables sénateurs, d’adopter la motion?

Des voix : D’accord.

(La motion est adoptée et le projet de loi est lu pour la deuxième fois.)

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